Maine-et-Loire

L'Enquête

JDE Edition Maine-et-Loire 49

Palmarès Les agglos les plus dynamiques

ajouté le 6 juillet 2012  -  - Mots clés : Actualité, Fait du mois, palmarès, agglomérations, dynamisme

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 Palmarès  Les agglos les plus dynamiques

Quelles sont les agglomérations françaises qui attirent le plus, qui créent le plus d'emplois, qui se développent ? Le palmarès 2012 des agglomérations les plus dynamiques, établi par le Journal des entreprises, consacre Toulouse, Montpellier, Rennes et Nantes.

Nos métropoles doivent-elles encore rougir face aux grandes villes allemandes, espagnoles ou britanniques ? C'est vrai : Bordeaux n'est pas Francfort, Lille ne joue pas encore dans la même cour que Barcelone. Mais en deux décennies, nos villes ont su mobiliser leurs énergies et changer leurs visages. Rénovations urbaines, émergence de quartiers d'affaires... Toutes ont tenté avec plus ou moins de succès de quitter leurs habits de villes provinciales endormies pour endosser ceux de métropoles de rang européen. Aujourd'hui, plus d'un Français sur trois vit dans une des trente agglomérations de plus de 200.000 habitants. Elles concentrent les centres de décision de leurs régions, irriguent l'économie locale au-delà de leurs propres frontières, attirent à elles les investissements privés et les projets structurants publics ou publics-privés.

Toulouse et Montpellier
Présent dans la plupart de ces grandes villes, observateur de leur développement économique, le Journal des entreprises a cherché à faire émerger celles d'entre elles qui connaissent le développement le plus fort et le plus harmonieux. Un exercice forcément délicat. D'où l'importance de se baser sur des critères particulièrement objectifs et des indicateurs de moyen et long terme (voir page suivante). Quelles sont ces agglomérations qui ont la croissance la plus forte, qui créent de l'emploi, qui sont un terreau de créateurs d'entreprises ? Sans surprise, ce sont les grandes villes de l'arc littoral Ouest-Sud-Ouest-Sud-Est qui monopolisent les premières places de notre classement : Toulouse, Montpellier, Rennes et Nantes. L'atout commun de ces quatre agglomérations : leur situation géographique. Le soleil pour Toulouse et Montpellier, la qualité de vie pour Nantes et Rennes. Si elles ont été les plus dynamiques durant la dernière décennie, c'est tout simplement parce qu'elles ont su créer de l'emploi. Le seul exemple de Toulouse est éloquent : à peine de plus de 300.000 emplois dans l'agglomération en 1999, près de 100.000 de plus dix ans plus tard ! Toulouse gagne 160 habitants par semaine depuis dix ans. Soit un immeuble de 50 à 60 appartements ! Alors que Le Havre perd près de 30 habitants chaque semaine.

Deux fractures
Attention, ce dynamisme économique ne s'accompagne pas toujours d'un dynamisme démographique. Dans notre classement, sur la dernière décennie, seules cinq agglomérations ont profité d'une expansion démographique plus forte que la moyenne française : Bordeaux, Montpellier, Nîmes, Rennes et Toulouse. Les autres sont en-dessous de la moyenne, voire ont perdu de la population. A cela, une explication : la santé économique des grandes villes profite souvent plus à leur grande périphérie qu'à leur propre périmètre (lire l'interview ci-dessous). Accessibilité ferroviaire et aéroportuaire, mise en réseau des entreprises innovantes, pôles de compétitivité, émergence de filières fortes : les agglomérations porteuses, leurs acteurs économiques et leurs élus ont tous su actionner la plupart de ces leviers. Au-delà de ces constats, notre classement dessine deux fractures. La première entre les grandes métropoles et les agglomérations moyennes. Douze des quinze dernières villes de ce palmarès ont moins de 300.000 habitants alors que dix des quinze premières en comptent plus de 400.000.Les moteurs du développement sont clairement moins dynamiques au Mans, à Dijon et à Caen qu'à Montpellier et Lille. Seconde fracture : entre l'arc Rennes-Nantes-Bordeaux-Toulouse-Montpellier et les agglomérations du Nord et de l'Est de l'Hexagone. «Les grandes villes de l'Ouest bénéficient d'un développement global très harmonieux», note Olivier Portier, analyste territorial. «Elles associent dynamisme productif et économie résidentielle forte grâce à leur qualité de vie et leur attractivité.»

Lille en pointe
Mais le destin économique d'un territoire s'écrit en permanence. Si les agglomérations de l'Ouest ont été dans les années 50 à 70 en période de «rattrapage», celles du Nord, et de l'Est cherchent aujourd'hui à réorienter leur développement économique, dépendant pendant des lustres de l'industrie lourde. Un exemple fort dans le Nord : celui de Lille, qui pointe à la dixième place de notre classement, devant Strasbourg ou Grenoble. Elle est aujourd'hui une ville de diplômés et de cadres, son PIB par habitant flirte avec celui de Lyon. Plus au Sud, Saint-Etienne, en pleine mutation, s'est engagée en 2010 dans une démarche «Attractivité» pour redynamiser son image, axée prioritairement sur le design (avec la cité du design) et ses forces industrielles (technologies médicales, optique, mécanique...). Les voies choisies, ce sont celles de l'innovation et de la collaboration avec Lyon, à travers le pôle métropolitain. Et celle du refus de la fatalité.

Angers. À la recherche de la notoriété

 Palmarès  Les agglos les plus dynamiques

15 e/30: Angers se positionne pile au milieu de notre classement exclusif des agglomérations françaises les plus dynamiques. À l'ombre de Nantes, au carrefour de réseaux routiers et ferroviaires, dans la vallée de la Loire, Angers rassemble les critères typiques de la métropole française moyenne (263.000 habitants). Mais depuis un an, elle a décidé de se démarquer de ses homologues en utilisant le marketing territorial. "Angers Loire Valley, la vie en grand": c'est le nom et la signature choisis par la collectivité pour combattre l'image d'Epinal de la petite ville où, vu de l'extérieur et surtout de Paris, il ne se passe rien. Une première étude, réalisée en 2010, a porté à 4% le taux de notoriété d'une ville peu localisée, peu identifiée sauf pour sa douceur... «Et jamais pour la vie étudiante, notre culture, notre recherche et notre innovation, confirme Daniel Loiseau, vice ? président d'Angers Loire Métropole en charge du développement économique. Notre ambition est de porter les valeurs d'un modèle de métropole qui combine dynamisme et qualité de vie. Après un an, les institutions et chefs d'entreprise l'ont compris et trouvent positif que le territoire soit fier de lui à l'extérieur.» Car la cible de la campagne est davantage économique et culturelle. Pour ce faire, 250.000euros ont été investis dans un plan plurimédias d'une quinzaine de jours début septembre: supplément dans Le Monde, spots de pub sur Europe 1, France Info et campagne web sur www.lemonde.fr et www.telerama.fr. Après ce lancement national, la Ville a décidé de concentrer les efforts sur son territoire pour que les Angevins deviennent ses ambassadeurs. Elle profite de chaque manifestation, salon, événement pour afficher sa marque Angers Loire Valley. Pour juger de la réussite de ces actions, une nouvelle étude de notoriété devrait être effectuée dans deux ans.ZOOM

«Des machines à créer de la richesse»


Notre enquête le montre. Les grandes agglomérations, au-delà de 400.000 habitants, affichent une meilleure santé économique que les agglomérations moyennes. Pourquoi?
Les très grandes agglomérations ont un profil de métropoles. Elles sont des pôles économiques lourds mais aussi des pôles administratifs. Stable, l'économie publique y joue un rôle d'amortisseur. Souvent, elles disposent de l'atout touristique, spécifique à ces très grandes villes. Et leurs tissus productifs sont souvent plus diversifiés que les agglomérations moyennes. Trop de spécialisation peut affaiblir un tissu productif local.
Les élus locaux peuvent-ils vraiment peser sur le développement économique de leurs agglomérations?
On a beaucoup fantasmé sur les dynamiques économiques territoriales. Au niveau macro-économique, la croissance crée de l'emploi, de la richesse. Au niveau d'un territoire, les mécanismes sont plus complexes. La richesse créée localement peut partir ailleurs, à travers les transferts de salaires hors de l'agglomération. La grande ville crée de la valeur mais, dans ce cas, n'en profite pas totalement. À mes yeux, les élus doivent donc agir sur la qualité de l'environnement, la capacité de leur territoire à retenir les jeunes actifs.
Peut-on accuser les grandes métropoles de capter la richesse au détriment des autres territoires?
C'est vrai, ce sont de superbes machines à créer de la richesse. Mais elles en redistribuent aussi beaucoup, à travers notamment les revenus de ceux qui travaillent dans les agglomérations mais vivent hors de leurs frontières. Elles irriguent ainsi des zones moins urbaines qui profitent de ce développement.

Samuel Petit

JDE | Édition Maine-et-Loire 49 | 6 juillet 2012

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