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jeudi 17 mai 2012

Fait du mois

JDE Edition Maine-et-Loire 49

Créateurs-repreneurs. Cinq ans après, que sont-ils devenus ?

ajouté le 2 décembre 2011  - 

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IP Focus, Deux Filles en Fil, Novea Energies, Hadet la Chapelle et Altasys Conseil fêteront leur cinquième anniversaire en 2012. À elles cinq, ces entreprises, créées ou reprises dans le Maine-et-Loire, comptabilisent 55 personnes.

Ils ont créé ou repris leur entreprise en 2007. Claire Batardière, Philippe de la Chapelle, Isabelle Bernard... Le Journal des Entreprises avait relaté le démarrage de leur activité dans ses colonnes. Alors qu'ils passeront le cap fatidique des 5 ans en 2012, où en sont-ils?

Jean-François Reynouard, IPFocus (Beaucouzé)

«Pour piloter une entreprise, il faut avoir un très bon tableau de bord. Chez nous, il est suivi au mois.» Voici une des clefs de la pérennité, selon Jean-François Reynouard. En mai2007, à 40 ans, après un parcours professionnel dans les télécoms et l'informatique au sein de grands groupes et d'une start-up, ce Saumurois d'origine, ingénieur en informatique industrielle de formation, a repris deux sociétés aux activités complémentaires, ECC (câblage informatique, téléphonie et fibre optique, installateur de systèmes de contrôle d'accès et de vidéo) et STD (téléphonie d'entreprise). Il les a regroupées au sein d'IP Focus. Principale difficulté: l'arrivée brutale de la crise de 2008. «Il fallait structurer, en même temps que le marché était en train de s'écrouler.Mais cela a aussi été un accélérateur dans l'optimisation du travail.» Aujourd'hui, le groupe compte 28 personnes et réalise 3,2millions d'euros de chiffre d'affaires. Jean-François Reynouard insiste sur la nécessité d'un «accompagnement par des spécialistes.Cela fait partie du budget de reprise. Il faut également faire attention à ne pas s'isoler. Faire partie de clubs de chefs d'entreprise qui ont les mêmes préoccupations est important. Tout seul, on ne résout rien.»

Claire et Karine Batardière, Deux Filles en Fil (La Séguinière)

Les créations Deux Filles en Fil sont aujourd'hui distribuées dans plus de 170 boutiques à travers le monde. Pour Claire Batardière, l'aventure a démarré à la fin de ses études à l'école supérieure des arts appliqués Duperré. Florence Bourget, une amie modéliste, l'aide alors à concrétiser son projet d'accessoires de mode modulables. Le succès est au rendez-vous dans les salons de jeunes créateurs et Claire fonde son entreprise, en duo avec sa belle-soeur, Karine Batardière. Deux Filles en Fil crée et commercialise des sacs et petits accessoires, vendus à plat et à monter soi-même. Ils sont fabriqués par des sous-traitants choletais, à partir de chutes de cuir et textile provenant des excédents d'industriels locaux. L'entreprise compte aujourd'hui quatre personnes et a réalisé 240.000€ de chiffre d'affaires au cours de son dernier exercice. Plus de 70% de son activité est réalisée à l'export. Le développement à l'international a pu être intensifié grâce à la présence, pendant un an, d'un contrat de VIE (Volontariat international en entreprise) en Allemagne, où se déroulent des salons importants. Le challenge auquel sont désormais confrontées les deux créatrices, alors que leur activité grossit: «Trouver de nouveaux ateliers de fabrication et de nouvelles matières, en complément, tout en restant dans notre démarche écologique et éthique.»


Rudy et Jean-Pierre Belliard, Novea Energies (Angers)

La plus grande satisfaction de Rudy Belliard: «Avoir embauché.» Novea Energies compte neuf personnes et devrait réaliser un peu plus d'un million d'euros de chiffre d'affaires en 2011. Un duo atypique est à l'origine de l'entreprise: un père, Jean-Pierre Belliard, et son fils, Rudy (photo), âgés respectivement 54 et 27 ans au moment de la création. Tous les deux ingénieurs, le premier était professeur au lycée La Baronnerie, où il enseigne toujours, le deuxième était responsable recherche et développement au sein du groupe Zodiac, à Angers. «Se lancer en famille est risqué. Mais, en ce qui nous concerne, c'est une chance. On se soutient mutuellement. Nos rôles sont bien distribués: je m'occupe de la gestion quand mon père se charge de la R & D.» Leur entreprise conçoit et commercialise des solutions d'éclairage énergiquement autonomes (solaire et éolien). Les produits sont assemblés localement. Elle s'adresse aux collectivités et aux entreprises. «Le marché était inexistant en 2007. Il a fallu tout créer.» Aujourd'hui, l'entreprise compte plus de 300 réalisations. Rudy Belliard souligne «le rôle primordial» d'Angers Technopole dans le lancement réussi de l'activité. Novea Energies a en effet été créée après une incubation de deux ans. «Innover sans cesse» constitue, selon lui, un des moteurs de la pérennité. Le mois dernier, à l'occasion du Salon des Maires, la société a présenté sa nouvelle gamme design, dont les trois premières lanternes seront installées sur l'île de Saint-Barthélémy, dans les Antilles.

Philippe de la Chapelle, Hadet la Chapelle (Beaufort-en-Vallée)

Philippe de la Chapelle envisage d'embaucher une à trois personnes en 2012 pour accompagner le développement national de son entreprise, spécialiste du travail de la pierre (restauration et création de maisons et cheminées, mobilier design). Ancien officier des forces spéciales françaises, Philippe de la Chapelle a rejoint le monde économique à l'âge de 43 ans. Il a été directeur au sein de grands groupes avant de suivre une formation de tailleur de pierres - sa «passion depuis 55 ans» -, à l'Afpa. Il a ensuite racheté l'entreprise Hadet, qui devait fermer ses portes faute de repreneur. Alors qu'elle n'employait plus qu'un salarié en 2007, l'entreprise compte aujourd'hui neuf personnes et réalise 600.000€ de chiffre d'affaires. «Je me suis imposé de me verser un salaire très faible, de construire une trésorerie solide et je me suis interdit de charger l'entreprise. Aujourd'hui, 100% du personnel est en production et je suis le seul administratif, explique le repreneur. La finalité n'est pas de gagner de l'argent, elle est avant tout de se faire plaisir. Un métier doit être une passion, c'est la clef de la réussite.» Multipliant les projets, Philippe de la Chapelle a ouvert, cet été, à Saumur, un magasin, vitrine de son activité. Il se lance aussi dans un autre savoir-faire en co-gérant une toute nouvelle coopérative de six entreprises, Coop-PBC, spécialisée dans la projection de béton de chanvre pour isoler, notamment, les bâtiments en pierres.


Isabelle Bernard, Altasys Conseil (Angers)

«Quand on a atteint les quatre années d'existence, on a vraiment vu la différence, en terme de crédibilité, dans le regard des clients. Aujourd'hui, on a passé un cap et on est installé dans le paysage», observe Isabelle Bernard. Ex-responsable logistique et gestion de production chez Bosch systèmes de freinage, diplômée Iserpa-Cnam, elle a créé, en mai2007, son cabinet de conseil et formation spécialisé dans le développement durable, à destination des entreprises et des collectivités. Elle a réalisé son premier recrutement en juillet2009. Sa société compte aujourd'hui trois postes et demi, avec l'objectif d'atteindre les «quatre à cinq consultants». Son secteur géographique d'intervention s'étend désormais au-delà du département et le cabinet attire de plus en plus de grosses entreprises. Elle devrait réaliser 280.000 € de chiffre d'affaires en 2011. Pour durer, Isabelle Bernard croit en «l'exigence, la remise en question et le partage avec ses collaborateurs».

Altasys Conseil

Tél. : 02 41 88 57 39 www.altasys-conseil.fr Deux Filles en Fil Tél. : 02 41 58 46 28 www.deuxfillesenfil.fr Hadet la Chapelle Tél. : 02 41 57 26 06 www.hadetlachapelle.com IP Focus Tél. : 02 41 22 00 10 www.ip-focus.fr Novea Energies Tél. : 02 41 36 53 98 www.novea-energies.com
EN SAVOIR PLUS

La pérennité des entreprises varie selon le profil du créateur

D'après une étude de l'Insee parue en février dernier, sur les 12.000 entreprises créées en 2006 dans les Pays de la Loire, les deux tiers (67%) ont atteint leur troisième anniversaire. Dans le Maine-et-Loire, le taux de survie est estimé à 62,5%. L'institut de la statistique montre que la pérennité des entreprises à trois ans varie selon le profil du créateur. Créer dans une activité où l'on a exercé son métier principal fait grimper le taux de pérennité à 74%. Il atteint 70% pour les diplômés de l'enseignement supérieur et tombe à 54% pour les créateurs sans diplôme. Ceux qui ont été partiellement financés par un emprunt bancaire atteignent 77% de taux de survie, tandis que ceux qui ont démarré avec moins de 8.000€ ne sont plus 56% à mener leur entreprise à bon port. À souligner que, dans la région, le critère de l'âge a peu d'impact: 70% des entreprises dont le créateur est âgé de 50 ou plus et 68% de celles fondées par une personne de moins de 30 ans survivent. Le taux chute à 58%, au niveau national, pour les entreprises créées par des jeunes. À noter aussi que les chances de survies des entreprises sont quasi identiques, que le créateur soit un homme ou une femme.EN CHIFFRES

Stéphanie Bodin

JDE | Édition Maine-et-Loire 49 | 2 décembre 2011

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