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JDE Edition Loire-Atlantique - Vendée 44

Reportage. La première éolienne flottante de France se construit à Saint-Nazaire

ajouté le 10 janvier 2017 à 18h03  -  - Mots clés : éolien flottant, ideol, bouygues, centrale nantes, eolienne, chantier saint Nazaire, EMR

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Reportage. La première éolienne flottante de France se construit à Saint-Nazaire

La première éolienne flottante de France est en train de voir le jour sur le port de Saint-Nazaire. Elle sera opérationnelle à l’automne. Ce projet porté par Bouygues Travaux Public, Ideol et Centrale Nantes, est un démonstrateur qui pourrait bien servir d’exemple pour d’autres projets à venir. A terme, l’éolien flottant français pourrait fournir 6 gigawatt, soit l’équivalent de 3,6 centrales nucléaires.

C’est un enchevêtrement d’armatures en acier qui prend chaque jour un peu plus de hauteur, amarré du côté du port de Saint-Nazaire, pile en face de l’immense grue rouge des chantiers STX. C’est là, sur le Quai des Charbonniers, à même la Loire, que se construit la première éolienne flottante de France, la 7ème dans le monde.

Une première française
Une première française qui sera opérationnelle à l’automne prochain. Reste encore à assembler l’éolienne en elle-même. Le mât de 60 mètres et ses immenses pâles de 80 mètres seront posées au printemps sur l’immense socle en béton de 36 mètres de côté qui flotte dans le port de Saint-Nazaire. L’ensemble, de plus de 5.000 tonnes, sera remorqué au large du Croisic cet été, sur le site d’expérimentation en mer SEM-REV construit par Centrale Nantes et le CNRS du Croisic. C’est un convoi exceptionnel qui durera 5 jours entiers.

L'éolien flottant, beaucoup plus rentable

Cette éolienne flottante de 2 mégawatt, raccordée au réseau électrique, servira alors de démonstrateur. L’Etat, qui a apporté, via l’Ademe, 5,7 millions d’euros pour ce projet de 25 millions, s’en servira pour faire des essais pendant deux ans. Ils serviront à vérifier le système d’exploitation, la maintenance et prouver aussi ce dont Ideol, la société qui a conçu le système de fondation flottante, est déjà certaine : l’éolien flottant est beaucoup plus rentable que l’éolien terrestre et même l’éolien marin posé. « Une éolienne flottante en mer produit, à équivalent pleine charge un jour sur deux, une éolienne posée dans l’eau, plus proche des côtes et plus loin du vent, elle, produit un jour sur trois et une éolienne à terre un jour sur quatre. Sans compter que la structure flottante, elle, est construite à quai puis remorquée in fine, ce qui se révèle beaucoup moins cher que de mobiliser des équipes plusieurs semaines pour poser en mer des éoliennes », explique Paul de la Guérivière, P-dg d’Ideol.

Le Japon va faire construire la même éolienne flottante

Son entreprise, qui réalise 4 millions d’euros de chiffre d’affaires, se prépare à répondre à d’ autres appels d’offres, que va lancer l’Etat, pour construire une ferme de 50 éoliennes flottantes. La concertation sur les lieux propices à ces installations est en cours. Des éoliennes flottantes pourraient alors voir le jour en Bretagne, et peut-être en Loire-Atlantique. En attendant cette décision, qui pourrait bien être remise en question avec les élections présidentielles, Ideol va réaliser cette année la première ferme éolienne en méditerranée, au large de Gruissan et un autre démonstrateur au Japon pour la mi-2018. 

« La France est dans la course mondiale pour avoir un leadership dans cette filière »

Si la jeune société de La Ciotat intéresse le Japon, c’est parce que le système de fondation flottante qu’elle a conçu serait, selon son P-dg, beaucoup plus abordable que les éoliennes flottantes existantes toutes construites en acier et donc beaucoup plus lourdes. Ideol propose une structure en béton allégé, fabriquée par Bouygues Travaux Publics. L’Ecole Centrale de Nantes, elle, a conçu les lignes d’ancrage en nylon qui serviront à stabiliser la structure et absorber les effets de la houle. C’est un consortium mené par Le Béon Manufacturing qui les a fabriquées, dans son usine de Plouay, dans le Morbihan. « A terme, avec notre concept, on devrait arriver à proposer un prix de 100 euros le mégawatt, ce qui serait aussi abordable que les éoliennes à terre », indique Paul de la Guérivière.

A part Gruissan et Saint-Nazaire, l’Etat a lancé trois autres projets d’éolien flottant de 25 mégawatt chacun : sur les sites de Groix, Leucate et Fos-sur-Mer. Ils devraient être installés courant 2020-2021. Le potentiel français en matière d’éolien flottant est estimé à 6GW, soit l’équivalent de 3,6 centrales nucléaires. « La France est dans la course mondiale pour avoir un leadership dans cette filière », estime le P-dg d’Ideol. Actuellement, il existe six éoliennes en mer flottante dans le monde. Une en Norvège, une au Portugal et quatre au Japon. En tout, on dénombre 3 200 éoliennes en mer dans le monde soit près de 12 GW de capacité installée.

A Saint-Nazaire, le chantier fait travailler 70 personnes localement. Il mobilise aussi des fournisseurs nazairiens tels que Artelia ( maîtrise d’œuvre), Ceteal ( études techniques), Point P-Trouillard ( fourniture béton), Shipelec ( travaux électriques), Tosot ( logistique), TGO ( logistique et stockage), Mécasoud ( fondation d’ancrage), ou encore Octra ( location des barges de construction).

Amandine Dubiez

JDE | Édition Loire-Atlantique - Vendée 44 | 10 janvier 2017

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