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JDE Edition Loire-Atlantique - Vendée 44

Management. Dirigeants, formez-vous !

ajouté le 4 juillet 2017 à 18h06 - Mots clés : dossier , management , formation

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Management. Dirigeants, formez-vous !

Si les dirigeants d’entreprise pensent à former leurs équipes, ils oublient souvent qu’eux aussi auraient bien besoin d’une remise à niveau. Devenir chef d’entreprise n’est pas inné. Cela s’apprend !

Pour beaucoup de dirigeants, accepter de se former c’est avouer que l’on n’est pas compétent. Ceux qui vont suivre des formations plus ou moins longues sont ceux qui ont pris conscience qu’il fallait être agile. En revanche, ceux qui auraient le plus besoin d’être formés n’en ont pas forcément conscience ».
Cette phrase prononcée en 2014, dans nos colonnes, par Jean-Louis Muller, directeur associé au sein de Cegos, leader de la formation professionnelle et continue en France, est malheureusement toujours d’actualité. « Les dirigeants d’entreprise, que ce soit en phase de création ou de reprise, ne sont pas suffisamment formés et préparés à ce qui les attend », confirme Nicolas Vedovato, serial entrepreneur et dirigeant fondateur d’Entrepreneur.fr, une plateforme communautaire spécialisée dans des ventes privées de services à destination des entrepreneurs. 


De nombreuses carences
 

Et de poursuivre : « La méconnaissance financière et fiscale des dirigeants de PME fait qu’ils se retrouvent souvent dans une position de soumission vis-à-vis des banquiers et des experts-comptables. Or une formation de base en finance, comptabilité et gestion permettrait de rééquilibrer cette relation et d’avoir un regard plus éclairé sur la gestion de leur entreprise ».
Idem sur la partie management. « Elle fait très souvent défaut notamment dans les plus petites entreprises. Or, il faut bien comprendre qu’être dirigeant ne signifie pas être un manager. Cela s’apprend », assure Nicolas Vedovato. « Autant sur la partie commerciale, cela s’arrange avec les années, autant sur tout ce qui touche au juridique, au management et plus globalement aux ressources humaines, cela pèche beaucoup. Il y a de vraies carences et un manque cruel de formation chez les patrons de PME », constate pour sa part Xavier Tedeshi, dirigeant du cabinet Latitude RH. Bref, les carences sont multiples et les dirigeants de PME, faute de temps et aussi parfois par méconnaissance des systèmes de financement de la formation, font souvent l’impasse sur l’acquisition de compétences, essentielles au pilotage de leur entreprise. 


Des enjeux majeurs 

Pourtant, entre les cycles courts et le digital, il existe de nombreuses solutions pour concilier un agenda surchargé et une montée en compétences. D’autant que les enjeux sont majeurs ! « Les marchés, les techniques, les technologies, les réglementations… : tout évolue de plus en plus vite. Il est donc essentiel de se former pour être toujours à niveau et compétitif. Et puis la formation redevient un vrai outil de support de la stratégie de l’entreprise. Il faut former tout le monde pour avoir une adhésion à cette stratégie et les compétences pour la mettre en place. Et quand je dis tout le monde, je pense en premier lieu au patron de l’entreprise », développe Jérôme Lesage, P-dg de Place de la formation. 


Rompre la solitude 

Dans un monde constamment en mouvement, se former pour ne pas rapidement devenir « has been », est de plus en plus indispensable. Et puis, la formation est aussi l’occasion pour le dirigeant de sortir le nez du guidon de son entreprise, de prendre du recul, de recontrer d’autres chefs d’entreprise, d’échanger et de partager… Bref de rester en éveil et de rompre avec la célèbre solitude du dirigeant. Alors n’hésitez plus, formez-vous !

Réseaux d’entreprises. La formation en partage, la solitude en moins !

Des journées d’information et de formation, moins formelles, axées sur le partage d’expérience, c’est ce que proposent les réseaux et clubs d’entreprises. 


À défaut de suivre des formations longues dans des grandes écoles ou des formations plus courtes via des organismes de formation privés, certains chefs d’entreprise misent sur les réseaux et clubs d’entreprises. 


Le partage d’expérience 

Ces derniers proposent de nombreuses conférences-débats, ateliers de travail et journées de formation thématiques à leurs adhérents. Moins formelles, ces formations-informations n’en sont pas moins intéressantes pour les chefs d’entreprise.
« C’est super-formateur car on n’est pas obligé de sortir le paper board, parce qu’il y a un échange, parce que c’est plus interactif et que le chef d’entreprise se retrouve au milieu de ses pairs. Le fait d’être dans un cadre différent d’une formation classique, de pouvoir échanger et partager des expériences avec d’autres chefs d’entreprise est très formateur. L’expérience des uns peut servir de ressources aux autres », lance Xavier Tedeshi, dirigeant du cabinet Latitude RH.
« C’est l’intérêt de ses formats de formations qui sont en fait plus des informations. On va assister à une conférence, un atelier sur la dernière réglementation entrée en vigueur dans son secteur d’activité. On est avec ses pairs et on est tout de suite dans la pratique, l’échange et le partage d’expérience », abonde Jérôme Lesage, P-dg de Place de la formation. 


Rompre la solitude
 

Autre intérêt et non des moindres : se constituer un réseau et par-là même « rompre avec la traditionnelle solitude du dirigeant », constate Jérôme Lesage.
« Faire partie d’une communauté, s’ouvrir, aller voir, s’aiguillonner fait le plus grand bien. Souvent les dirigeants n’osent pas le faire et prétexte qu’ils n’ont pas le temps, mais il n’empêche que l’on fait très vite la différence entre un patron qui a le nez au vent et celui qui a la tête dans le guidon », conclut Xavier Tedeshi du cabinet Latitude RH.

Quelles aides pour se former quand on est dirigeant ?

Les dirigeants ne bénéficient pas des mêmes dispositifs de financement que leurs salariés pour se former. Mais il existe quand même des solutions pour abaisser la facture.


Contrairement aux salariés, les dirigeants d’entreprise ne bénéficient pas de dispositifs comme le compte personnel de formation ou les périodes de professionnalisation pour se former. S’il n’est pas actionnaire majoritaire de sa société et qu’il opte pour le statut assimilé salarié, il intègre alors le régime général et peut se faire financer ses frais de formation au même titre qu’un salarié classique de l’entreprise. Si ce n’est pas le cas et qu’il relève du statut des travailleurs non salariés, il existe néanmoins des solutions pour se faire financer tout ou partie de ses formations. Encore faut-il savoir où s’adresser. 


Pour l’industrie, le commerce et les services
 
Les dirigeants de l’industrie, du commerce et des services, inscrits au registre du commerce et des sociétés, peuvent faire une demande auprès de l’Agefice, une association de gestion et de financement de la formation des chefs d’entreprise. En contrepartie de leur contribution à la formation professionnelle, ils peuvent bénéficier d’une enveloppe de 2.000 ¤ nets de taxe par année civile et par cotisant ou ressortissant, plafonné à 50 ¤ de l’heure, pour une formation débouchant sur une qualification officiellement reconnue (diplôme d’État, titre professionnel, certificat de qualification professionnelle) ou une formation en langues étrangères.
Le montant maximum de prise en charge est de 1.200 ¤ par année civile, plafonné à 50 euros de l’heure pour les formations obligatoires légalement imposées, ainsi que pour les formations métiers ou transversales. À cette enveloppe viennent s’ajouter des financements complémentaires pour les formations de l’opération "Mallette du dirigeant". Comptabilité, nouvelles technologies et compétences numériques, marketing et communication, RH et management… : ces formations visent à accompagner les mutations économiques et font donc l’objet d’une prise en charge hors budget annuel de 2.000 euros. Les frais de déplacements et d’hébergements ne sont en revanche pas pris en charge. 


Pour les artisans 

Les chefs d’entreprise inscrits au répertoire des métiers ou ceux qui bénéficient de la double immatriculation peuvent se tourner vers leur chambre régionale de métiers et de l’artisanat (CRMA). En effet, leur contribution au financement du Fonds Régional de la Formation leur donne le droit à une prise en charge totale ou partielle soit par la chambre de métiers, soit par le Fonds d’assurance formation des chefs d’entreprises artisanales (FAFCEA). Sont pris en charge, les stages professionnels (qualité, gestion et management spécifique, validation des acquis de l’expérience), les formations transversales (bureautique, internet, langue étrangère, logiciel de gestion d’entreprise) et les stages spécifiques (permis de conduire, formations diplômantes et certifiantes). 


Pour les professions libérales 

Pour les dirigeants relevant du régime des professions libérales, il existe le Fonds interprofessionnel de la formation des professionnels libéraux (FIF PL). La prise en charge dépend du code NAF et de la thématique de la formation. En contrepartie de leur Contribution pour la Formation Professionnelle, ils peuvent ainsi bénéficier d’enveloppe dont le plafond moyen se situe à hauteur de 1.200 ¤ par année civile.

Le top 5 des formations utiles

1. Les langues
« Les formations en langues font partie des formations les plus demandées par les chefs d’entreprise. Et en particulier l’anglais. Que ce soit pour faire de la conquête à l’export, pour développer sa capacité à négocier dans le cadre d’une fusion, d’un rachat… Les langues étrangères deviennent incontournables pour se faire une place à l’international », lance Jérôme Lesage, P-dg de Place de la formation. 

2- Le management
C’est le deuxième sujet qui revient chez les dirigeants d’entreprise qui souhaitent se former. « Les chefs d’entreprise ont souvent des carences sur ce sujet et sont demandeurs de formations pour apprendre à mieux manager leurs équipes », confirme Jérôme Lesage. 

3. Le leadership
Très en vogue également, toutes les formations qui touchent de près ou de loin aux questions de leadership. « Les dirigeants ressentent de plus en plus le besoin de se renforcer sur tout ce qui touche à leur manière de communiquer, à la prise de parole. Ils cherchent à développer leur charisme et leur leadership car ils ont souvent une bonne approche métier mais ne sont pas suffisamment armés pour s’imposer naturellement comme des leaders au sein de leur entreprise », développe le dirigeant de Place de la formation. 

4. Les relations sociales
Moins demandées et pourtant très utiles, les formations en lien avec les relations sociales au sein de l’entreprise. « Beaucoup de dirigeants ont des carences importantes sur tout ce qui touche à la gestion des partenaires sociaux. Ils ne savent pas comment travailler avec un comité d’entreprise, quels sont leurs obligations et devoirs, jusqu’où ils peuvent aller et encore moins ce qu’ils peuvent proposer de malin, d’ambitieux et moderne pour améliorer les relations sociales », argumente Xavier Tedeshi, dirigeant du cabinet Latitude RH. 

5. RH et gestion des talents
Parmi les formations utiles aux dirigeants, on peut également citer les formations dans le domaine des RH et de la gestion des talents. « Il y a de plus en plus de gens bien formés, qui s’intéressent aux PME et dont le talent gâché par leur employeur. Ces talents se retrouvent en parking avec des ambitions et des attentes auxquelles le chef d’entreprise ne répond pas. Chef d’entreprise qui en général ne réagit qu’une fois qu’il a reçu la lettre de démission du dit salarié. En étant un peu plus formé à cette gestion des talents, on pourrait éviter d’en arriver là », regrette Xavier Tedeshi.

Que faut-il penser des formations digitales ?

Mooc, e-learning… : tous ces nouveaux outils, qui sont le fruit de la digitalisation des entreprises, s’adaptent parfaitement au rythme de travail des chefs d’entreprise. 



« Les formations digitales et plus globalement les formations à distance ont le principal intérêt d’aller droit au but. Le dirigeant ne perd pas de temps. Il va chercher ce qu’il veut, au moment où il le veut avec cette logique de souplesse extrêmement forte qui caractérise le digital. Il peut se former le soir chez lui, le matin en prenant son café ou même en attendant son avion à l’aéroport. C’est là le véritable intérêt des formations digitales », développe Jérôme Lesage, P-dg de Place de la formation. 


Pas que des avantages 

Pour autant, le digital n’est pas l’alpha et l’oméga de la formation des dirigeants. « Il faut aussi regarder la qualité du contenu. Il y a encore des progrès à faire notamment sur les Mooc (NDLR, formations en ligne ouvertes à tous). Cela étant, la qualité n’est pas forcément toujours présente en présentiel non plus. Ce qui est certain c’est que la digitalisation rend plus accessible les formations, à la fois financièrement et opérationnellement », argumente Nicolas Vedovato, dirigeant d’Entrepreneur.fr, un réseau social dédié aux dirigeants, spécialisé dans des ventes privées de services dont des formations.
Si la question de la qualité peut représenter une limite, celle de l’isolement du dirigeant en est une autre. « C’est le gros inconvénient : l’absence de connexion réelle avec d’autres dirigeants. Ce qui est encore le point fort du présentiel », confirme Nicolas Vedovato. 


Besoin de se retrouver

Et Jérôme Lesage d’abonder : « Le digital seul dans son coin engendre une perte du sens collectif de la formation et des notions de partage et de retour d’expérience qui en découlent. C’est une des raisons qui explique que les formations 100% digitales n’explosent pas. On le voit avec les Mooc ou les étudiants de grandes écoles comme Harvard éprouvent le besoin de se retrouver ensemble dans une salle pour suivre le Mooc. C’est aussi pour cette raison que l’on voit émerger le blended learning qui permet de mixer apprentissage digital et présentiel. On apprend le tronc commun sur son smartphone ou sa tablette et on se retrouve en collectif pour partager avec ses pairs. »

Cycle long ou court : quelle formation faut-il choisir ?

Formation diplômante ou non, grandes écoles ou modules courts... Il y en a pour tous les goûts. Tout dépend de ce que l’on cherche vraiment !


Formations diplômantes ou non, en cycle long dans une grande école réputée ou en cycle court via un organisme privé… L’offre pléthorique et pas toujours très lisible des formations à destination des dirigeants d’entreprise complique singulièrement leur choix.
« Ce choix va dépendre avant tout de ce qu’ils recherchent », lance Jérôme Lesage, P-dg de Place de la formation. 


La recherche de l’étiquette 

En effet, si le dirigeant cherche avant tout à se donner une légitimité, il aura plutôt tendance à s’orienter vers un cycle long dispensé par une grande école.  « C’est la recherche de l’étiquette. On va se tourner vers des grandes écoles de commerce, des écoles de renommée comme Harvard, vers des MBA, des formations longues et diplômantes dans un souci de développer son employabilité. On retrouve ça souvent chez des dirigeants salariés de grands groupes. Cela peut aussi intéresser certains patrons de PME qui peuvent rechercher une certaine légitimité en tant que nouveau chef d’entreprise, qui souffrent d’un problème de confiance et qui veulent gagner en stature et en charisme. Mais cela reste très rare », argumente Jérôme Lesage. 


Complexe d'infériorité  ?

Et pour cause, les patrons de PME ont souvent bien d’autres problématiques à traiter avant de soigner un éventuel complexe d’infériorité. « Ils sont dans la recherche de l’efficacité et se soucient peu de l’étiquette et encore moins de l’employabilité. C’est leur entreprise et l’opérationnel avant tout. Comme ils n’ont pas le temps, il faut que les formations soient rapides et efficaces et qu’elles répondent à un budget souvent limité. C’est pour cette raison qu’ils privilégient les formations courtes et non diplômantes, mais qui vont leur assurer un retour sur investissement quasi immédiat », développe Jérôme Lesage.
 

Rapidité et efficacité 

« La contrainte du temps fait que les dirigeants de PME s’orientent plutôt sur des modules de formation d’une à deux journées maximum, si cela peut se faire à distance, via des Mooc par exemple, c’est encore mieux. S’ils peuvent avoir la rapidité et l’efficacité, sans trop bouleverser leur agenda, c’est idéal. Bref, il faut des formations qui correspondent au timing et au rythme de vie des dirigeants. Et puis, il ne s’agit pas de devenir un expert dans chaque domaine (marketing, commercial, RH…) mais plutôt d’avoir une vue globale pour pouvoir ensuite piloter les experts qui sont autour de nous. Les formations courtes répondent parfaitement à cet objectif », conclut Xavier Tedeshi, dirigeant du cabinet Latitude RH.

Dossier réalisé par Gilles Cayuela

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