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JDE Edition Loire-Atlantique 44

L'émergence des biotechnologies

ajouté le 7 décembre 2012  -  - Mots clés : Actualité, Réseaux, deloitte

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«Dans notre activité, il faut quinze ans d'investissement avant d'atteindre la rentabilité», indique Franck Grimaud, président de Vivalis qui a enregistré plus de 1.000 % de croissance de son chiffre d'affaires en cinq ans.

Pour la première fois depuis la création du prix, il y a douze ans, le palmarès Deloitte Technology Fast 50, dévoilé début novembre à Nantes, est remporté dans l'Ouest par une entreprise de biotechnologies, Vivalis, qui développe des lignées cellulaires pour l'industrie pharmaceutique. Le petit monde des biotechs fait même mieux, puisqu'une autre entreprise nantaise, In Cell Art, se hisse à la troisième marche du podium des entreprises à forte croissance et que Vivalis double la mise en raflant le prix Nyse Euronext pour les entreprises cotées. Ces deux entreprises montrent la montée en puissance de ce secteur qui n'est plus seulement composé de jeunes start-up prometteuses mais déjà d'entreprises qui génèrent de l'activité commerciale et des emplois. Des 45 entreprises de l'Ouest qui ont candidaté cette année au Deloitte Technology Fast 50, la majorité d'entre elles (26) sont toutefois issues du secteur du logiciel et des services informatiques. Preuve que le numérique n'a pas fini d'envahir notre quotidien et qu'il réserve encore énormément de gisements de croissance pour les entrepreneurs. Au-delà du secteur, le Deloitte Technology Fast 50 Ouest montre clairement la relation directe entre innovation technologique et développement économique. «Les taux de croissance affichés par les candidats 2012 sur cinq ans témoignent de l'investissement d'entrepreneurs passionnés qui, en ces temps de crise, se positionnent comme les moteurs de notre économie», indique Thierry de Gennes, associé Deloitte et responsable du Deloitte Technology Fast 50. Le chiffre d'affaires cumulé des 45 entreprises ayant participé cette année au prix est ainsi passé de 0,7 à 1,2milliard d'euros en cinq ans. Dans ce laps de temps, ces entreprises ont créé 1.500 emplois.

Vivali s. La société de biotechnologies récolte les fruits de ses investissements

«Dans notre activité, il faut quinze ans d'investissement avant d'atteindre la rentabilité», indique Franck Grimaud, président de Vivalis qui a enregistré plus de 1.000 % de croissance de son chiffre d'affaires en cinq ans.

Premier Prix OUEST (+ 1.085 % de CHIFFRE D'AFFAIRES SUR CINQ ANS) et Prix Nyse Euronext. Après une décennie d'investissements, Vivalis enregistre ses premiers succès dans le domaine des vaccins.


Coup double pour Vivalis qui s'adjuge cette année le premier prix Ouest du Deloitte Technology Fast 50 et le Prix Nyse Euronext. Créée en 1999, la société biopharmaceutique nantaise se positionne sur les technologies de production de vaccins. Après de lourds investissements en R & D, Vivalis entend maintenant capitaliser sur ses technologies, et notamment sur sa lignée cellulaire phare, l'EB66. Le Japonais Kaketsuken vient ainsi d'obtenir, de la part des autorités nippones, l'autorisation de commercialiser un vaccin vétérinaire à partir de cette lignée. «C'est la première fois qu'un de nos clients obtient une autorisation de commercialiser un vaccin à partir de la lignée EB66 sur laquelle nous travaillons depuis 2003. C'est le début de la constitution d'un portefeuille de vaccins pour nos clients. Dans les trois ans, nous nous attendons au minimum à l'enregistrement de quatre autres vaccins vétérinaires», souligne Franck Grimaud, président de Vivalis. Dans le domaine vétérinaire, la société nantaise touche des royalties comprises entre 1,5 et 5,5% des ventes. Et le marché japonais de ce nouveau vaccin développé à partir de la lignée EB66 est estimé entre 30 et 40millions d'euros. Toujours à partir de cette lignée, la société table sur un premier vaccin humain en 2014 dans le domaine de la grippe pandémique.Vivalis enregistre également une montée en puissance de sa deuxième activité qui porte sur une plateforme de découverte d'anticorps, pour laquelle la société nantaise a signé plusieurs accords de licences et de collaboration. L'un d'eux a notamment été conclu avec Sanofi-Pasteur en 2010 et représente un potentiel de plus de 140millions d'euros en paiement d'étapes. Dernier axe de développement pour Vivalis, la découverte d'anticorps en propre.

«Plus qu'une question de temps»
«Nous n'en sommes encore qu'au milieu du chemin. On aura gagné, le jour où nous aurons un premier vaccin humain sur le marché. Mais il s'agit maintenant plus d'une question de temps que de vie ou de mort. Dans notre activité, il faut quinze ans d'investissement avant d'atteindre la rentabilité. C'est notamment pour cela que nous ne regrettons pas notre introduction en Bourse. Sans cela, nous n'aurions pas connu le même développement. Certes, être coté, cela représente quelques contraintes, avec des passages obligés pour la communication financière. Mais contrairement à ce que beaucoup de dirigeants de PME pensent, on ne perd pas de pouvoir et surtout cela permet de passer à une autre échelle», poursuit Franck Grimaud. Après une très forte accélération de sa croissance, l'horizon de Vivalis se dégage. La biotech nantaise table ainsi sur un équilibre récurrent dès 2014-2015 pour ces deux premières activités.

Delta Dore. Le Breton grandit à l'international

Marcel Torrents, président du directoire de Delta Dore, réalise 20% de l'activité à l'étranger.

Prix coup de coeur ETI Comment passe-t-on d'une entreprise familiale à une multinationale? Explications avec Delta Dore.


Delta Dore a élu domicile en 1970, à Combourg près de Bonnemain, à l'initiative de Joël et Monique Renault. L'entreprise familiale se positionne alors sur le secteur de la sous-traitance électronique et les télécommunications. Trois ans plus tard, elle se lance dans la conception et la commercialisation de produits liés aux économies d'énergie. Aujourd'hui, la société bretonne est devenue «le spécialiste français du pilotage des énergies conformes en bâtiment résidentiel et tertiaire», dixit Marcel Torrents, président du directoire. Avec l'ambition de s'affirmer comme un acteur international majeur de son secteur. «Le groupe était encore très franco-français. Or, lorsque l'on veut être spécialiste dans son domaine, il faut avoir un portefeuille d'activités qui soit suffisamment large. Raison pour laquelle nous avons élargi nos compétences du résidentiel vers le bâtiment tertiaire et sommes partis à la conquête de l'international», poursuit le dirigeant breton.

Cap sur l'Europe et l'Asie
C'est chose faite en 1987, année qui marque le début du développement européen avec l'ouverture d'une filiale en Espagne. Treize ans plus tard, le déploiement se fait en Allemagne puis en Pologne, en 2004. «Et, dès 2009, nous avons ciblé le marché chinois avec l'ouverture d'une quatrième filiale», indique Marcel Torrents. L'année suivante, Delta Dore met le cap vers l'Italie avant de rayonner au Royaume-Uni et Singapour, en 2011. «Nous n'allons pas poursuivre ce rythme car l'heure est venue d'investir massivement dans ces pays pour pouvoir les conquérir. Nous commençons notre apprentissage international à grande échelle et nous devons autofinancer cette croissance pour garantir notre développement dans le temps», explique le dirigeant. En 2011, le groupe de 750 salariés affiche un chiffre d'affaires de 123millions d'euros, dont 17% réalisés à l'international. «À périmètre constant, nous tablons sur 132millions d'euros cette année. Nous investissons lourdement en Europe et en Asie, deux grandes zones de développement. En 2012, le volume réalisé à l'export devrait atteindre 20%». Un chiffre qui devrait grimper à 25% l'année suivante, selon les prévisions de l'entrepreneur.

Florence Falvy

Obeo. La start-up s'affiche aux côtés d'IBM

En sept ans, les effectifs d'Obeo, que dirige Stéphane Lacrampe, sont passés de sept à 50 collaborateurs.

Prix Oseo A travers une fondation, Obeo côtoie IBM et Google. Cette stratégie booste l'essor de la start-up nantaise.


Après sept ans d'existence, la start-up nantaise côtoie désormais les acteurs majeurs du marché de l'informatique. Une réussite qu'elle doit à des choix audacieux, comme celui d'avoir intégré la fondation Eclipse. À travers le monde, la fondation Eclipse, ce sont deux cents sociétés membres. Parmi elles, une start-up basée à Carquefou, en Loire-Atlantique: Obeo. Son métier? «L'ingénierie des modèles», répond Stéphane Lacrampe, son dirigeant. En d'autres termes, l'entreprise aide de grands groupes (Airbus, Alstom, Thales,etc.) à maîtriser la complexité de leurs systèmes informatiques. Un positionnement technologique sur lequel la jeune entreprise va fonder son développement. Un an après sa création, elle prend une seconde orientation stratégique, en rejoignant la fondation Eclipse. «Cette organisation internationale a pour vocation de promouvoir la technologie et la plate-forme Eclipse qui n'est autre qu'un ensemble de logiciels libres. On parle d'open source», explique Stéphane Lacrampe. Comment devient-on membre? «Il suffit d'en faire la demande!» Oui, mais pas que. «Nos contributions à la plate-forme n'ont pas cessé d'augmenter. Nous sommes parmi les cinq plus gros contributeurs à l'échelle mondiale. C'est pour nous un effort assez considérable!». Et c'est le prix à payer pour inscrire Obeo sur la courte liste des membres stratégiques de la fondation, aux côtés de grands noms tels qu'IBM, Google ou SAP.

Débuts à l'international
L'effet est immédiat mais aussi inattendu! «Obeo a gagné en crédibilité auprès des grands groupes, se félicite Stéphane Lacrampe. Plus surprenant, nous avons attiré des talents. De trois, nous sommes passés à 50 collaborateurs en sept ans! Cette fondation nous offre également des opportunités à l'export, qui représente actuellement 10% de notre chiffre d'affaires». L'international deviendrait-il un nouvel axe de développement? «C'est encore trop prématuré mais il n'est pas exclu de faire un effort significatif dans ce sens. Nous menons notamment des prospections au Canada et en Suisse», confie le dirigeant.

Florence Falvy

In Cell Art. La vente de services finance la R & D

Chloé Bellocq, présidente d'In Cell Art: «Cette année, nous espérons flirter avec le million d'euros et tablons sur 1,5million en 2013».

Troisième prix (+780% de CA) La vente de premières licences pourrait booster la PME déjà en forte croissance.



Chloé Bellocq, vous êtes la présidente d'In Cell Art. Comment cette entreprise de biotechnologies nantaise a-t-elle construit sa réussite?
In Cell Art se distingue par un modèle économique mixte avec une activité qui se répartit entre la commercialisation de réactifs de transfection (NDRL: processus de transfert de gènes) et de services de biotechnologies, la vaccination et des prestations de services, dont le succès commercial a été très rapide. Ce pôle génère plus de 80% de notre chiffre d'affaires et présente des perspectives de développement. Notre croissance s'appuie, certes, sur l'innovation, mais aussi sur les ressources humaines. Les effectifs vont d'ailleurs passer de neuf à quinze collaborateurs d'ici à trois ans, ce qui nous incite à transférer notre site sur l'Ile de Nantes. Notre environnement nous a aussi aidés. Dès le démarrage, nous avons ainsi été accompagnés par l'incubateur Atlantpole, puis nous sommes devenus membres du pôle de compétitivité Atlantpole Biothérapies, et avons obtenu le soutien de collectivités territoriales et d'Oseo, sous forme de subventions et d'avances remboursables.
Comment financez-vous votre innovation?
Nous sommes dans un processus d'innovation en continu pour répondre aux besoins médicaux. Nous travaillons actuellement sur un vaccin contre le cancer du foie. Ce type de projet engage de gros investissements ce qui suppose de trouver de nouveaux financements pour soutenir nos dépenses en R & D.Raison pour laquelle nous allons développer l'activité dédiée aux prestations de services.
Quelles sont vos ambitions?
De 2007 à 2011, notre chiffre d'affaires est passé 70.000euros à 600.000euros. Cette année, nous espérons flirter avec le million d'euros et tablons sur 1,5million en 2013. À l'horizon 2014, nous pourrions céder des licences d'exploitation à nos partenaires industriels. Nos volumes pourraient alors atteindre quatremillions d'euros, ce qui nous permettra de dégager de nouvelles ressources pour nos investissements futurs.

Propos recueillis parFlorence Falvy

Emotic. La PME nantaise au coeur des technos du futur

Emmanuel Durand, designer associé d'Emotic, et Michaël Thoby (à droite), dirigeant de la start-up, devant une de leurs tables multi-touch.

Deuxième prix (+829% de CA) Avec les produits innovants d'Emotic, la réalité dépasse souvent la fiction.


Avec la start-up nantaise Emotic, Minority Report, le film de Spielberg qui met en scène Tom Cruise maniant d'étranges écrans tactiles, relève plus de l'oeuvre d'anticipation que de la science-fiction. À côté de ses activités de conseil en système d'information et de développement de solutions mobiles, la société dirigée par Michaël Thoby développe en effet des appareils high-tech communicants. Elle a ainsi conçu des tables multi-touch, qui permettent par exemple à une salle de gestion de crise d'enrichir en temps réel une cartographie par des remontées de données fournies par smartphone ou tablettes. L'entreprise planche aussi sur des solutions de reconnaissance vocale, de gesture (reconnaissance du mouvement du corps) ou sur les technologies NFC, qui permettent d'effectuer un paiement via un smartphone. «En mélangeant toutes ces technologies, il est possible de commander un billet de train en moins de 30 secondes sans toucher un écran ou un clavier. Juste en répondant "oui" à une machine, avec paiement par téléphone. Et le billet s'affichera directement sur votre téléphone», promet Michaël Thoby. Autre axe de R & D de l'entreprise nantaise: les vitrines numériques, permettant à un commerçant de diffuser de l'image ou de vendre une prestation grâce à la détection de mouvements. Ces vitrines pourraient même connaître l'humeur des passants. «D'ici à deux ans, une machine pourra analyser vos gestes et savoir si vous êtes stressés, joyeux,etc.», assure le dirigeant d'Emotic.

Filiale en Australie en 2013
Rentable, la société qui emploie une dizaine de personnes va réaliser 600.000€ de chiffre d'affaires en 2011. Elle vise 25 à 30% de croissance en 2012. L'an prochain, son développement passera par l'international. Emotic s'installera en effet à Sydney. «Nos solutions de gesture ont pas mal impressionné en Australie», justifie Michaël Thoby. Dans ce pays continent, celui-ci compte convaincre les transports publics, les universités, les offices de tourisme et les spécialistes de l'événementiel.

Les lauréats depuis 10 ans

2012 : Vivalis (1er et prix Nyse Euronext), Emotic (2e), In Cell Art (3e), Obeo (prix Oseo), Delta Dore (prix coup de coeur ETI) 2011 : Qualiformed (1er), Digitaleo (2e), Ekinops (3e), Aerowatt (prix Nyse Euronext), Meteodyn (prix Oseo) 2010 : Arpaline (1er), Digitaleo (2e), Meteodyn (3e), Eurofins (prix Nyse Euronext), TMG (prix Oseo) 2009 : Ekinops (1er), Enensys Technologies (2e), Excelium (3e), Enensys Technology (prix Nyse Euronext), Camka System (prix Oseo) 2008 : Axone (1er), Cortix (2e), Synodiance (3e) 2007 : Cortix (1er), Geensys (2e), Synodiance (3e) 2006 : Cat-Amania (1er), Cortix (2e) , Europ'Equipement (3e) 2005 : Amania (1er), Europ'Equipement (2e), Athic (3e) 2004 : Cyberscope (1er), Ecosystem (2e), CSA (3e) 2003 : Yaccom (1er), Europlasma (2e), Cyberscope (3e)

Deloitte Technology Fast 50, mode d'emploi

Organisé par la société de conseil Deloitte, le Deloitte Technology Fast 50 récompense depuis douze ans dans l'Ouest les entreprises technologiques ayant enregistré les plus fortes progressions de chiffre d'affaires sur cinq ans. Pour participer à ce prix, les entreprises devait s'inscrire gratuitement et respecter plusieurs critères: être une entreprise indépendante installée dans l'Ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Centre, Basse-Normandie); avoir été créée avant le 1erjanvier 2007 et avoir clôturé au moins cinq exercices comptables; disposer d'un chiffre d'affaires minimum de 50.000euros hors taxes en 2007; consacrer au moins 5% de ses revenus à la R & D ou être propriétaire d'un brevet.

JDE | Édition Loire-Atlantique 44 | 7 décembre 2012

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