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JDE Edition Loire-Atlantique 44

Course à pied. Pourquoi les patrons en sont accros

ajouté le 3 février 2012  -  - Mots clés : Actualité, Réseaux

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Ces dirigeants d'entreprises viennent d'avaler 14 kilomètres de course: debout de g.àd., Franck Delamarre (directeur régional Lyonnaise des Eaux), Olivier Bouchaud (BPO), Pascal Beillevaire (Beillevaire), Pascal Bahuaud (SIB/Unsens), Jean-Luc Cadio (Berjac/Kerviande). À genoux, de g.àd., Patrick Ferron (Altios International), Christophe Ménager (Bossman Consulting), Yves Gillet (SCE) et Jean-Lou Racine (Le Phare)

Ils sont de plus en plus à étoffer les rangs des patrons marathoniens. Mais qu'est-ce qui pousse les chefs d'entreprise à bousculer leur agenda pour avaler les kilomètres ?

Mais qu'est ce qui fait courir les patrons de Loire-Atlantique? Des bords d'Erdre aux pentes du pays vannetais en passant par les allées de Central Park à New York ou le bitume de Berlin, nombreux en effet sont ceux qui troquent le costume pour chausser les baskets et avaler les kilomètres. Pour mieux comprendre cet attrait pour une discipline plutôt ingrate, le Journal des Entreprises s'est accroché aux shorts d'une dizaine de ces «patrons runners», tous proches du Réseau Entreprendre, pendant un parcours de 14 kilomètres sur les bords de la Sèvre nantaise. Presque une formalité : tous sont quasiment marathoniens, ceux ne l'étant pas ayant déjà bouclé au moins un semi-marathon. Dès les premières foulées, un constat s'impose: presque tous se sont mis à la course sur le tard. Parfois pour franchir un passage de dizaine à l'état civil ou pour enterrer symboliquement une sale maladie. Mais surtout pour retrouver la ligne. «La course, on commence souvent pour retrouver la forme. Entre les déjeuners d'affaires, les soirées réseaux, le rythme du dirigeant impose une hygiène. Mais on s'aperçoit vite que ce sport, ça apporte aussi à notre vie d'entrepreneur. Ca forge la ténacité, décuple le caractère de compétiteur. Quand on se retrouve face au "mur" (NDLR: l'énorme coup de pompe qui survient généralement après 30 km de course en marathon), on est seul, il ne faut rien lâcher. Ca, ça sert dans les affaires, lorsqu'il faut franchir les barrages pour toucher un client», explique Christophe Ménager, de Bossman Consulting.

Entraînement à 5h30
Très vite, la course est devenue essentielle pour tous. «Ca donne de l'énergie, on crée des endorphines. Psychologiquement ça met plutôt dans des dispositions positives», appuie Alain Raguideau, du groupe Delta. Au point d'amener à se lancer dans des marathons. Le problème, c'est que pour préparer une telle épreuve, trois à quatre séances d'entraînement hebdomadaires sont généralement nécessaires. Et pour concilier cela avec un agenda déjà dantesque, cela nécessite beaucoup d'organisation. Et d'aimer se lever tôt. «Je pars parfois m'entraîner à 5h30 dans le vignoble, avec une lampe frontale», témoigne Pascal Bahuaud (SIB/Unsens). Radical. Et cela impose parfois de faire son «coming out» de coureur dans l'entreprise. «En préparant le marathon de New York, j'ai perdu vraiment beaucoup de poids. Au point que certains bruits ont commencé à courir chez mes salariés, qui me croyaient malade. J'ai donc du expliquer officiellement que je courrais», sourit Yves Gillet, de SCE.

Gain en efficacité
Mais toute cette discipline draconienne aurait, de l'avis de tous, un effet positif sur la bonne marche des affaires de l'entreprise. «J'ai remarqué que chaque année de marathon, la performance commerciale de l'agence est meilleure. Le fait de devoir cumuler trois ou quatre séances d'entraînement et la gestion de l'entreprise oblige à être encore plus carré et rigoureux que d'habitude dans celle-ci. Ca pousse à aller immédiatement au but, à l'efficacité», explique Jean-Lou Racine, de l'agence web Le Phare.

Générateur d'idées
Et puis, ces plages d'entraînement, souvent solitaires, permettent aussi une introspection qui permet de dérouler le plan de bataille de la journée à venir, et même plus! «Très souvent, il y a des idées qui me sont venues en courant. Ca n'est pas toujours forcement des choses fabuleuses, mais cela reste des décisions qu'on a pu prendre grâce à la course», confie Alain Raguideau. Cerise sur le gâteau, courir pourrait aussi faciliter des prises de contact d'affaires. «Lorsque deux coureurs se rencontrent, ça donne un fil conducteur, ça permet de créer un lien différent», témoigne Franck Delamarre, de la Lyonnaise des Eaux. La course comme arme anti-crise ? A vous de chausser les baskets pour en juger.

Sébastien Payonne

JDE | Édition Loire-Atlantique 44 | 3 février 2012

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