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JDE Edition Loire-Atlantique 44

J.Douillard. Un ambulancier qui soigne sa croissance

ajouté le 3 avril 2009  -  - Mots clés : Actualité, Rencontre, ambulance, service

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Avec 170 salariés et 5,4M€ de chiffre d'affaires, le groupe de sociétés que dirige Jocelyn Douillard, et dont la SAS Ambulances Douillard constitue le vaisseau amiral, est devenu le leader du transport sanitaire en Loire-Atlantique.

À 36 ans, Jocelyn Douillard dirige la plus grande société d'ambulances de Loire-Atlantique. En dix ans, ce Clissonnais a constitué un petit groupe de 170 salariés avec lequel il propose une nouvelle vision du métier.

Par Stéphane Vandangeon

Il est jeune, animé par une farouche envie d'entreprendre et se dit lui-même «dopé à la croissance». À 36 ans, Jocelyn Douillard, P-dg de la SAS Ambulances Douillard, est à la tête de l'une des quinze premières sociétés d'ambulances de France. La plus grosse de Loire-Atlantique, avec ses 170 salariés et ses 5,4M€ de chiffre d'affaires.

Sérial repreneur
Ce petit groupe, le Clissonnais l'a construit en partant de zéro ou presque. Car, quand il se lance dans le métier, il y a onze ans, c'est en reprenant une société d'Aigrefeuille-sur-Maine qui ne comptait à l'époque qu'une demi-douzaine de collaborateurs. Il avait alors 26 ans et déjà un projet d'entreprise bien en tête. «Le premier rachat, je savais dès le départ que ce n'était qu'une première marche», indique ce fils d'artisan. Il y en aura bien d'autres à franchir et Jocelyn Douillard organise les conditions d'une croissance organique tout en multipliant au fil des années les reprises de sociétés d'ambulances du Sud Loire et de la région nantaise: Ambulances Arnaud, Deniaud Merel, DAD,etc.

Approche innovante
Son leitmotiv: atteindre une taille critique satisfaisante pour assurer la pérennité de l'entreprise. Une stratégie qui n'a rien de révolutionnaire dans le monde de l'entreprise mais qui s'avère différenciante dans le milieu encore très artisanal du transport sanitaire. «Ce qui m'a servi, c'est que je ne venais pas du métier de l'ambulance», indique-t-il. Il faut croire que le jeune homme a su tirer parti de sa première et courte - un an et demi - expérience de responsable qualité au sein d'une PME parisienne positionnée dans le caoutchouc. Car la grande force de l'entrepreneur, c'est d'aborder de façon différente un métier très classique. Une approche transversale qui lui permet de s'attacher tout autant au métier d'ambulancier qu'à l'organisation interne et aux fonctions supports. Principalement la logistique. Car comme dans n'importe quelle entreprise de transport, pour soigner sa rentabilité, il vaut mieux éviter les retours à vide. Pour cela, pas de secret: mieux vaut être de taille suffisante et parfaitement structuré. De plus, la masse critique lui permet de développer depuis 2005 toute une palette de services: centre de formation, plate-forme régulant les appels entrants pour les besoins internes mais aussi ouvertes aux autres sociétés de transport sanitaire, numéro vert à disposition des centres de soins pour gérer les sorties d'hospitalisation. L'autre grande force de Jocelyn Douillard, c'est son sens de l'organisation. On n'en attend pas moins d'un ambulancier. «Dans notre métier, l'urgence, on ne la subit pas, on la prévoit. Dans la gestion de l'entreprise, c'est la même chose», appuie-t-il. Délégant facilement, il s'est aujourd'hui complètement dégagé de l'opérationnel, s'occupant des RH et préparant les prochains virages d'une entreprise qu'il entend toujours développer. Fini le temps où il était à la fois standardiste, comptable, ambulancier et où il sillonnait les routes du Sud Loire. «Mais les relations humaines et le contact du terrain, j'adore cela! Et je reprends parfois le volant, par plaisir ou parce qu'il faut gérer une urgence. Cela permet aussi de garder les pieds sur terre».

«Chef d'entreprise junior»
Car si l'aventure entrepreneuriale du Clissonnais a tout aujourd'hui de la success-story, nul doute qu'elle n'est pas montée à la tête du jeune dirigeant. L'homme garde un ton direct et simple, reste facile d'accès et ne se considère surtout pas arrivé pas au bout du chemin. Parce qu'il a encore de l'ambition, parce que la vie de l'entreprise le passionne. Mais aussi par modestie: «C'est vrai que j'ai réussi pour l'instant ce que j'ai entrepris. Mais il n'y a jamais rien d'acquis et je suis encore un chef d'entreprise junior, toujours en apprentissage. J'adore apprendre des autres, au quotidien ou au travers de réseau comme le Centre des jeunes dirigeants ou le Club Alliance».

«La taille de l'entreprise nous permet aujourd'hui de bien assurer notre stratégie»


Jocelyn Douillard, vous avez été très actif en matière de reprise d'entreprises. Allez-vous poursuivre dans cette voie?
La taille de l'entreprise nous permet aujourd'hui de bien assurer notre stratégie. Croître n'est plus pour nous une nécessité économique. Mais depuis dix ans, notre développement n'a pas été le seul fait des reprises. La moitié de la croissance provient de notre développement organique. Si nous ne sommes plus sur des besoins primaires, nous ne nous interdisons pas non plus de saisir des opportunités. Sur le transport sanitaire qui comprend les ambulances, les véhicules sanitaires légers et les taxis, nous allons continuer à nous développer. Il y a encore plein de choses à faire, notamment dans la région nantaise, point de convergence de 90% de nos missions. Sur le transport spécialisé comme le scolaire, nous allons garder le rythme. La vie de l'entreprise est vraiment excitante. Monter un dossier de reprise, discuter avec un cédant, c'est vraiment quelque chose de sympa. Et je ne vous cache pas, je suis toujours dans les starting-blocks! Notre prochain projet, c'est le déménagement de notre siège social. Nous allons prendre 1.000m² de bureaux cet été, en investissant une partie des anciens bâtiments d'Atlancim à Clisson.
Comment financez-vous votre développement?
Cela n'a jamais été un obstacle majeur. Même quand je me suis lancé. Le projet a plu aux banques. Il faut dire que les perspectives étaient bonnes. Depuis, systématiquement, nos bénéfices sont réinvestis à 100% dans l'entreprise. Nous sommes en permanence sur du renforcement de fonds propres. Et nous gardons la confiance des banques.

Le transport sanitaire est-il affecté par la crise?
La crise, nous ne la ressentons pas. La hausse du prix du carburant nous a davantage touchés l'an passé. Nous sommes sur un marché de nécessité, qui est en croissance de 5 à 6% par an. Par contre, son mode de financement pose question, car on tend vers un moindre remboursement de la part des caisses de Sécurité sociale.
Votre parcours a tout d'une success story. Y a-t-il eu des moments plus difficiles?
Il y a eu des périodes plus difficiles. Le passage aux 35heures par exemple. Nous avions à l'époque peu de fonds propres et une forte contrainte sociale. Tous nos modèles mathématiques étaient dans le rouge. Cela a été un moment délicat à passer. Il a fallu beaucoup, beaucoup travailler.
Créer à 26 ans, rétrospectivement, cela ne vous apparaît pas un peu fou?
Ma grande chance, c'est d'avoir eu mon père, qui a dirigé une menuiserie d'une dizaine de personnes à Boussay ainsi qu'une petite société d'ambulances que j'ai reprise par la suite. Il m'a transmis la culture de l'artisanat et notamment un grand message: «Dans la vie, il faut se prendre en main et d'abord compter sur soi». Après, quand on y réfléchit, devenir entrepreneur à 26 ans, c'est finalement très simple. Je n'étais pas marié, je n'avais pas d'enfant. Si on perd, on ne perd finalement pas grand-chose.

Il aime: - Le sport et ses valeurs. Il a pratiqué pendant longtemps le judo, discipline dont il est ceinture noire deuxième dan. Depuis deux ans, il s'est mis à la course à pied et a bouclé le marathon de New York en 3h50. - La nature. Notamment le Sud Loire et les bords de Sèvre. - La lecture. En particulier tout ce qui touche à la vie des entreprises et des entrepreneurs, comme «Bienheureux les fêlés» de Philippe Bloch. - Sa famille et ses deux enfants. Il n'aime pas: - Ceux qui n'osent pas lui dire ou qui lui cachent les choses. - La méchanceté gratuite. - La jalousie, «le pire des trucs». Les jaloux «n'ont qu'à agir. Car tout le monde a sa vie dans sa main».

parcours


1973
Naissance à Cholet
1995
Responsable qualité dans une PME parisienne
1998
Rachète à Aigrefeuille-sur-Maine une 1re société d'ambulances
1999
Rachat des Ambulances Arnaud (Clisson, Vallet)
2001
Rachat de Deniaud Merel (Le Bignon, Les Sorinières)
2006
Reprise de DAD (Le Loroux-Bottereau) Participation de 50% au sein des Ambulances de l'Étoile (Carquefou)
2008
Reprise des Ambulances Sud Nantes (Vertou)

JDE | Édition Loire-Atlantique 44 | 3 avril 2009

Vos réactions 3 commentaires

  • lolodu69 - commentaire ajouté le 06 janvier 2012 à 14h38
    reponse au premier commentaire
    Moi aussi j\'ai mon entreprise de transport sanitaire et aujourd\'hui nous somme obligé de respecter l\'accord cadre et le convention collective des transport routier.
    je suis toute a fait d\'accord pour dire que cette convention n\'est pas adapter a l\'ambulance mais en attendent je ne souhaite pas risqué d’être convoqué au tribunal des prud’homme car bien souvent sont les employer qui profit d\'une non application des texte pour sanctionner les patrons.
  • microh - commentaire ajouté le 07 novembre 2011 à 19h09
    gérer par un financier et c\'est tout!
    Quel belle réussite effectivement, mais on ne parle pas de l\'envers du décor. Ces employées sont rénumérés à 75 % la nuit et les week end, 86 la semaine, en mangeant des sandwich en une demi-heure au cul de la voiture! Mais quelle belle réussite...
  • maguy - commentaire ajouté le 23 janvier 2010 à 14h08
    un beau métier ambulancier
    un bel exemple de réussite pour nos enfants

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  • lolodu69 : reponse au premier commentaire - Moi aussi j\'ai mon entreprise de transport sanitaire et aujourd\'hui nous somme obligé de respecter l\'accord cadre et le convention collective des transport routier.
    je suis toute a fait d\'accord pour dire que cette convention n\'est pas adapter a l\'ambulance mais en attendent je ne souh...
  • microh : gérer par un financier et c\'est tout! - Quel belle réussite effectivement, mais on ne parle pas de l\'envers du décor. Ces employées sont rénumérés à 75 % la nuit et les week end, 86 la semaine, en mangeant des sandwich en une demi-heure au cul de la voiture! Mais quelle belle réussite...
  • maguy : un beau métier ambulancier - un bel exemple de réussite pour nos enfants

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