Point de vue
Président de Vecteur Plus, leader français de la veille commerciale basé à Bougenais Parcours 40 ans, né à Toulon Après plusieurs expériences dans le secteur des télécoms, il est en charge entre 2009 et 2011 de la direction paiement et nouveaux marchés de SFR avant de rejoindre Vecteur Plus en avril dernier
La confiscation des révolutions arabes «Je suis peiné de voir la récupération islamiste des révolutions arabes.
Une génération a payé de son sang pour renverser une dictature et voit aujourd'hui la répartition des pouvoirs lui échapper. Nous avons une filiale en Tunisie et on voit apparaître une inquiétude sur place, vis-à-vis notamment du voile imposé aux femmes. Les peuples arabes étaient en attente de justice et se voient voler leurs révolutions. Maintenant, s'ils ont su se soulever une fois, ils peuvent recommencer.
La dette des États
«La dette des pays riches est aujourd'hui financée par des pays émergents.
Si on va au bout de la réflexion, cela veut dire que des gens qui n'ont pas grand-chose et qui travaillent dans des rizières financent notre dette souveraine et le trou de la Sécu. Tant mieux si nous avons des acquis sociaux, mais on ne peut pas fonctionner comme cela. C'est un incroyable retournement pour les civilisations antiques et les grandes monarchies qui sont au final tenues à bout de bras par des pays en développement.
Les acteurs de la finance
Les investisseurs et les Bourses
s'inquiètent de la baisse de rentabilité de Google qui affiche pourtant un résultat 9,7 milliards de dollars
. Ces brillants analystes et investisseurs manquent de recul car peut-on pour autant parler de la fin du modèle Google? Une entreprise ne se juge pas par son cours de Bourse mais sur sa création de valeurs à cinq ou dix ans.
Le débat politique
«En France, mais c'est vrai aussi dans le monde, le niveau du débat politique est pauvre.
Nous n'avons plus de grand leader politique, idéologue, qui incarne une vision. En France, c'est dû à une vision court termiste des politiques concentrés sur les prochaines élections car la fonction politique est souvent devenue un métier. Du coup, ils ne sont pas prêts à assumer des positions compliquées, à faire pression sur des systèmes forts, et sont toujours à colmater des brèches. En Allemagne, face à l'enjeu de la réunification, les politiques ont dû s'inscrire dans le long terme, avec des sacrifices aujourd'hui payants.»
JDE | Édition Loire-Atlantique 44 | 3 février 2012


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