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Point de vue

JDE Edition Loire-Atlantique - Vendée 44

Accord sur l'emploi : Equilibré pour les salariés et les entreprises, selon Alain Dehaze

ajouté le 1 février 2013  -  - Mots clés : Actualité, Point de vue, L'invité

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Accord sur l'emploi : Equilibré pour les salariés et les entreprises, selon Alain Dehaze

À la tête du réseau d'intérim Adecco en France, Alain Dehaze est au coeur des problématiques d'emploi. Relance des embauches, négociations des partenaires sociaux, nouveaux dispositifs d'embauche : il fait le point.

Le marché de l'intérim, qui est un très bon indicateur du dynamisme économique, a énormément souffert l'an passé. Voyez-vous aujourd'hui dans votre activité des signes annonçant une relance ?
Notre marché a effectivement terminé l'année sur un recul de 15 %. Et aujourd'hui, je ne vois malheureusement aucun signe de reprise en France. En revanche, il y a une bonne nouvelle à l'échelle mondiale : les États-Unis affichent en ce moment une reprise lente, mais solide. Et dans les cycles passés, nous avons pu constater à plusieurs reprises que lorsque les États-Unis repartaient, cela se répercutait en Europe six à douze mois plus tard. Il va donc falloir observer de près ce qui va se passer en septembre. Pour notre part, nous prenons l'engagement de placer 270.000 personnes dans les 36 prochains mois, alors que l'engagement était de 230.000 sur les trois dernières années.

Si cette relance intervient, dans quel ordre devrait-elle se répercuter sur le système économique français ?

Le schéma sera classique : elle touchera les matières premières avant de s'étendre à la production, puis au transport et à la distribution. Mais attention ! Ce schéma de redémarrage bien connu ne profitera plus aux mêmes acteurs européens : les choses ont évolué avec les phénomènes de migration. En Europe, nous ne produisons plus qu'un véhicule sur cinq à l'échelle mondiale ! Certains secteurs industriels et l'écosystème qui les entoure ne doivent donc pas s'attendre aux mêmes rebonds qu'à l'issue des crises passées.

L'emploi et le temps de travail ont été au coeur des premières mesures gouvernementales. Comment jugez-vous les initiatives prises en la matière ?
Il y a eu un d'abord eu un couac de départ, avec l'abandon de l'exonération des heures supplémentaires et des augmentations de charges liées à la loi de finances pour 2013. La France a alors perdu en flexibilité et en compétitivité. Heureusement le CICE est venu améliorer ce dernier point. Et il y a eu aussi l'accord trouvé le mois dernier avec les partenaires sociaux autour de la sécurisation de l'emploi qui est à mon sens un bon accord, équilibré.

Justement, les débats ont surtout porté sur la flexisécurité. Est-ce un vrai sujet avec la batterie d'outils dont dispose aujourd'hui la France : CDI, CDD, intérim, externalisation ?

Les cycles économiques raccourcissent et leur volatilité augmente : il est impératif pour les entreprises de se protéger et de s'adapter rapidement à des changements brutaux de conjoncture. Il est indispensable qu'elles puissent avoir une plus forte flexibilité, notamment sur la fin d'un contrat de travail. Mais l'accord sécurise aussi les salariés. Un dispositif qui va dans ce sens et qui nous concerne est la création du CDI intérimaire, qui existe par exemple depuis 25 ans aux Pays-Bas, mais qui est aussi pratiqué en Europe du nord et en Italie.

Cela veut dire que des intérimaires vont être embauchés à durée indéterminée par les réseaux d'intérim. Quel est l'intérêt ?

Pour les intérimaires cela offre une visibilité et une sécurisation sur leur avenir. Pour nous, cela veut dire que nous allons pouvoir investir beaucoup plus dans la formation de ces intérimaires sans prendre le risque de les voir partir ailleurs à court terme. Pour les entreprises, cela présentera aussi un avantage : cela nous permettra de placer des intérimaires qui ont déjà évolué dans leurs murs, qui connaissent les processus et qu'ils n'auront pas besoin de reformer. Et en termes sociétaux, cela sortira des personnes qui étaient alors parfois dans les statistiques du chômage. Pour notre part, nous pensons pouvoir signer 10.000 CDI intérimaires en France.

Ce nouveau dispositif reste soumis au bon vouloir des réseaux d'intérim... Le gouvernement aurait pu légiférer pour l'imposer...

Je n'aime pas cette notion de loi. Et je pense que la profession va s'engager. Dans les pays européens qui pratiquent ce dispositif, cette forme contractuelle s'est installée naturellement pour toucher entre 5 et 10 % des intérimaires. Et puis n'oublions pas que nous avons une grande partie d'intérimaires qui souhaitent garder une flexibilité et ne veulent pas être en CDI. Il ne faut donc pas imposer.

L'accord sur le temps de travail a débouché sur une surtaxation des CDD. N'avez-vous pas peur que cette mesure s'étende à terme sur l'intérim ?

Mais si l'intérim n'est pas aujourd'hui surtaxé, c'est bien parce que l'accord reconnaît notre valeur sociétale : l'intérim est devenu un des principaux tremplins pour l'emploi. 36 % de nos intérimaires reçoivent un CDI ou un CDD sous deux ans passés avec nous. Un jeune sur quatre entre sur le marché du travail par l'intérim. 40 % de nos intérimaires ont moins de 25 ans. Nous avons un rôle d'intégrateur social. Il n'y a donc aucune raison de nous pénaliser ! Il y a quatre fois plus d'arrivées de fins de CDD à Pôle Emploi que de personnes en fin d'intérim.

Ces chiffres posent la question du rôle de Pôle Emploi ? Cette structure n'a-t-elle pas vocation à se concentrer sur l'indemnisation, le placement étant davantage confié aux réseaux ?

Nous sommes complémentaires. Mais je pense que lorsque le gouvernement prend des mesures pour l'emploi, il doit davantage prendre en compte ce que peuvent apporter les réseaux d'intérim. Lorsque le contrat d'apprentissage a été lancé, nous avons dû attendre un certain temps avant de pouvoir ouvrir cette possibilité à nos clients. Aujourd'hui, nous ne pouvons pas nous positionner sur les emplois d'avenir. Mon message au gouvernement, c'est : pensez à nous, les réseaux ! Nous avons pour notre part 900 agences en France et 31.000 entreprises clientes. Il faut jouer de cette force, avoir le réflexe de nous associer !

Propos recueillis par Sébastien Payonne

JDE | Édition Loire-Atlantique - Vendée 44 | 1 février 2013

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