

Infrastructures
ajouté le 3 février 2012 - - Mots clés : Actualité, Infrastructures
Transport et logistique Avec l'arrivée des énergies marines, le port doit revoir la localisation de ses différents terminaux aval. Un véritable casse-tête.
Face aux enjeux colossaux du développement de l'éolien offshore, et plus généralement des énergies marines renouvelables (EMR), le Grand Port Maritime (GPM) de Nantes Saint-Nazaire doit revoir l'aménagement spatial des terminaux de Montoir et de Saint-Nazaire. Sans attendre les résultats de l'appel d'offres sur l'éolien en mer (lire page5), le port s'active donc pour pouvoir accueillir cette nouvelle filière. Le GPM projete ainsi un pôle industriel d'une trentaine d'hectares dédié à l'éolien entre le terminal roulier et le terminal à conteneurs qui va voir ses quais prolongés de 350 mètres afin de pouvoir accueillir simultanément plusieurs navires de 6.000 à 8.000 EVP. Ces trente hectares doivent permettre d'accueillir le futur constructeur de nacelles d'éoliennes, Alstom prévoyant par exemple d'y implanter une usine de 40.000 à 50.000m². Cette surface vient s'ajouter aux 100 à 150 hectares de surface prévus pour accueillir au Carnet un site dédié à la fabrication des éléments pour EMR.
Le jeu des chaises musicales pour les terminaux
Sur une dizaine d'hectares, le terre-plein de la forme Joubert pourrait, lui, avoir vocation à devenir la base de pré-assemblage et de stockage des futures éoliennes destinées au banc de Guérande. Conséquence de la création d'un pôle industriel éolien à Montoir, le terminal roulier doit être déplacé sur les actuels postes sabliers et, à l'horizon 2019-2020, sur la zone du Grand Tourteau. Sur cette zone en aval du pont de Saint-Nazaire, le chantier est estimé à 100millions d'euros et devrait surtout susciter l'opposition des associations environnementales alors que l'échec du projet de Donges Est hante encore les esprits des autorités portuaires.
Ce scénario de nouvel aménagement des terminaux a été approuvé à l'unanimité par le conseil de surveillance du port. «Il y a de la place pour tout le monde, le roulier, les conteneurs, les EMR et aussi les sabliers qui seront transférés à Montoir. Mais avec l'arrivée de l'éolien, nous avons besoin plus rapidement que prévu d'aménager la zone du Grand Tourteau pour le roulier. Tout cela doit se faire en concertation et bien sûr après des phases d'études», tente de rassurer Jean-Pierre Chalus, président du directoire du GPM. Pour ce vaste programme de réaménagement des terminaux, façon chaises musicales, le port prévoit d'investir près de 40millions d'euros par an entre2013 et2015. Pour le GPM, relever le challenge de l'éolien, atteindre l'objectif de 500.000 EVP en 2020 contre 170.000 aujourd'hui, tout en permettant au trafic roulier de continuer sa progression, fait figure de véritable casse-tête.
Simon Janvier
JDE | Édition Loire-Atlantique 44 | 3 février 2012

