Loire-Atlantique - Vendée

Conjoncture

JDE Edition Loire-Atlantique - Vendée 44

Banque privée: une expertise sur-mesure

ajouté le 2 mars 2012  -  - Mots clés : Actualité, Conjoncture, patrimoine

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Si certains clients se tournent vers des banques privées, c'est parce qu'ils ne supportent plus la rotation des interlocuteurs avec lesquels ils peuvent être amenés à partager des secrets de famille.

Leurs noms font rêver ou sont totalement inconnus du grand public. Le bouche-à-oreille est leur meilleure publicité. Dans un secteur fortement concurrentiel et de plus en plus benchmarké, les banques privées sont tenues à une recherche constante de prestations toujours mieux adaptées à une clientèle particulièrement exigeante. Illustration. «Notre maison est très proche des chefs d'entreprise à la tête de sociétés familiales car nous sommes nous-mêmes une société familiale.» Jean-Philippe Taslé d'Héliand est président d'Oddo Banque Privée, département de la banque d'investissement et de gestion de capitaux Oddo & Cie. Une maison fondée en 1849 par Camille Gautier, un agent de change, dont l'arrière-petit-fils, Bernard Oddo, reprendra les rênes en 1971.

«Trois attentes fortes»
Oddo & Cie fait figure de quasi-exception française: près de 80% du capital sont toujours détenus par la famille et par les salariés de l'établissement, aux côtés d'Allianz entrée il y a près de 25 ans. La clientèle de cette maison "à taille humaine" (un petit millier de collaborateurs) présente le profil classique des particuliers s'adressant à ce type d'acteurs de la gestion privée: un âge moyen de 60-62 ans, pour beaucoup chefs d'entreprise passant plus de temps à gérer leurs biens professionnels que leur patrimoine personnel. Mais aussi des cadres supérieurs de 35/45 ans à hauts revenus. Pour des surfaces financières de "quelques" centaines de milliers à plusieurs dizaines de millions. Des segments très différents mais un public qui partage un socle d'exigences communes. Pour Jean-Philippe Taslé d'Héliand, le client d'une banque privée a «trois attentes fortes» qui différencient résolument ces établissements des réseaux classiques. Il ne supporte pas la rotation de ses interlocuteurs avec lesquels il peut être amené à partager des secrets de famille. Il raisonne en absolu et non pas en relatif, «c'est-à-dire que gagner de l'argent c'est pour lui commencer par ne pas en perdre car c'est son patrimoine qui est en jeu». Il veut une transparence absolue sur la facturation des services.

«Notre propre table des marchés»
S'y ajoutent deux autres impératifs qui tendent à prendre une importance accrue à la lumière des frasques récentes de l'industrie financière: la simplicité et la liquidité. D'où une extrême prudence sur le choix de produits complexes de type produits garantis. Ces fondamentaux associés aux obligations réglementaires en matière de définition et de suivi des profils de chaque client ne suffisent toutefois plus à assurer la performance d'un établissement dans un univers de plus en plus complexe. Pour preuve la baisse globale de la rentabilité des banques privées européenne dont le ROA (return on assets) a baissé de 0,3 point en cinq ans. «Il nous faut être encore plus structurés, plus rigoureux, être proactifs, résume Laurent Bastin, directeur général d'Oddo Banque privée. Il nous faut sans cesse développer des prestations de service à forte valeur ajoutée et répondre le plus précisément possible aux attentes de nos clients. C'est un vrai challenge qui nécessite beaucoup de mobilité.» Oddo mobilise ainsi l'ensemble des équipes du groupe, y compris celles affectées au département banque d'affaires dans des réflexions transversales qui permettent ainsi au banquier privé d'être entouré de tous les spécialistes que peut exiger la situation particulière d'un client. Lequel souhaite souvent des réponses immédiates. Dernier point et non des moindres: un banquier privé n'est normalement soumis à aucune contrainte "maison" dans l'offre de placements. «La culture des marchés est dans notre ADN. Nous avons notre propre table des marchés. Il n'y a aucune "ligne du parti", aucune obligation de placer un produit plutôt qu'un autre. L'intérêt réel du client est notre seul critère», souligne Jean-Philippe Taslé d'Héliand.

Marchés obligataires. Jouer le coupon... et la patience

Les marchés obligataires sont redevenus à la mode. Ils peuvent être une piste de diversification... à condition de bien en maîtriser toutes les subtilités.


La souscription ouverte le mois dernier par le Crédit foncier marque le retour sous les feux de l'actualité des marchés obligataires quelque peu éclipsés depuis plus d'une décennie par les performances des supports "actions". Une piste de diversification à condition de bien en maîtriser les tenants et aboutissants. «Acquérir une obligation, c'est acheter de la dette par le biais d'un emprunt émis par un État, une banque ou une très grande entreprise, emprunt qui se caractérise par sa durée et son taux de rémunération, fixe, variable ou révisable», rappelle Arnould Moyne, associé chez FinRoad, communauté de professionnels de la finance et intervenant à l'IDRAC de Lyon. Cette définition porte en elle-même les risques et opportunités du marché obligataire. Premier écueil: le risque de marché. La valeur peut varier à la hausse ou à la baisse en fonction de l'évolution des taux d'intérêt à long terme. Quand ceux-ci augmentent, la valeur de l'obligation baisse avec un risque de perte en capital en cas de cession anticipée. Au contraire, une baisse des taux entraîne mécaniquement un gain en capital avant maturité. Deuxième écueil: le risque de défaut de l'émetteur. La situation de la dette grecque se passe de tout commentaire. L'impossible ne peut jamais être exclu. Troisième danger: l'illiquidité. L'investisseur souhaitant céder ses obligations en cours de vie peut "être collé", faute d'acheteurs.

Plus-value en capital et rendement
Dans ces conditions, faut-il alors aujourd'hui se porter vers ces marchés? Soit en direct dans le cas d'émissions d'entreprises privées, soit par le biais de SICAV, dans un contexte économique qui table au mieux sur un potentiel de croissance atone dans la zone euro et des perspectives encore peu euphoriques aux États-Unis. Deux types de gains sont possibles sur les obligations: la plus value en capital qui mise sur la baisse des taux et le rendement lié au paiement régulier du coupon. «Actuellement, les perspectives sont plutôt à la hausse des taux longs sur la zone euro du fait de la prise en compte du risque de crédit. Il n'y a donc rien à espérer de ce côté, pronostique Arnould Moyne. L'idée, si l'on investit sur de l'obligataire, est donc de neutraliser le risque de perte en capital en conservant les obligations jusqu'à leur date de remboursement. En revanche, poursuit-il, on peut jouer la rémunération. Au regard des taux d'intérêt proposés, il peut y avoir un coup à jouer, à la condition de bien vérifier la solidité de l'émetteur.» Le Crédit foncier, par exemple, propose un taux fixe de 4,25% sur six ans - une rémunération attractive par ces temps de grande volatilité des marchés. Condition: «jouer la sécurité en conservant ses obligations jusqu'au dernier jour prévu à la souscription afin de ne pas perdre en capital», prévient Arnould Moyne. Donc être absolument certain de ne pas avoir besoin de récupérer les liquidités investies en cours de maturation.

«Seul, on peut se faire peur»
Et en tenant compte de la fiscalité tant sur le coupon que sur la plus-value éventuelle. IR ou prélèvement libératoire à 24% plus 13,5% de cotisations sociales dans le premier cas. 32,5%, y compris les cotisations sociales, dans le deuxième cas. «Dans un contexte d'extrême volatilité, le point de départ de toute réflexion est la diversification, souligne Arnould Moyne. Je commencerais par remplir au maximum mon Livret A et mon Livret de développement durable, j'attendrais des jours meilleurs pour revenir sur les marchés actions (peut-être courant 2012) et je prendrais un peu d'obligations pour ne plus y toucher jusqu'à leur terme. En m'appuyant sur les conseils d'un professionnel car seul, on peut se faire peur dans la période que nous traversons.»

Trading en ligne. «Il faut apprendre à se brûler les doigts»

Le trading en ligne? L'offre est pléthorique et il n'est pas toujours facile de s'y retrouver. La plupart des experts en finance questionnés sur ce sujet rappellent que les traders professionnels suivent un cursus de plusieurs années. Il existe toutefois des logiciels de gestion de portefeuille intéressants.

Les plates-formes de bourse en ligne se multiplient avec des promesses de gain hallucinantes. Attention, elles masquent bien souvent les déconvenues.


«La vie est faite de hasards. En 2009, j'ai récupéré un petit capital. C'était l'époque où les produits dérivés débarquaient sur les sites en ligne. Je me suis dit pourquoi pas?» Claude Jost, un entrepreneur lyonnais, a investi 3.500 €... pour une perte de 2.500 €. Pour autant, il ne s'avoue pas vaincu: «Il faut se brûler les doigts une fois pour ne pas recommencer les mêmes erreurs». Constat du trader alors en herbe: l'offre est pléthorique et il n'est pas toujours facile de trier le bon grain de l'ivraie. La plupart des experts en finance questionnés sur ce sujet rappellent que les traders professionnels suivent un cursus de plusieurs années. Il existe toutefois des logiciels de formation et de gestion de portefeuille intéressants. Les sites sérieux proposent aussi des formations, voire des évaluations de connaissance avant ouverture de compte.

Qui se cachent derrière les plates-formes?
Difficile également de savoir parfois qui se tient derrière les plates-formes. Sont-elles adossées à un établissement agréé? Sont-elles autorisées en France. Une vérification s'impose: les forums regorgent de récits qui relèvent de l'escroquerie pure. Pour autant, il est des sites sérieux et réputés offrant toutes les garanties. Ne pas hésiter à vérifier auprès de l'AMF. Claude Jost a fait le choix de privilégier des produits complexes - options binaires, CFD, etc. - et non d'opter pour la gestion plus "simple" d'actions traditionnelles. Explication: «la variation des valeurs du CAC 40 est relativement faible sur un mois. Alors qu'avec les options, par l'effet de levier, on peut ramasser dix, vingt fois la mise. Mais aussi perdre dans les mêmes proportions. Il ne faut donc pas oublier de se couvrir.» Avec un écueil de poids: les sites n'ont pas la réactivité des salles de marché professionnelles. Or, tout peut se jouer à la seconde. Autre constat de ce témoin: «tout est fait pour vous amener à multiplier les opérations.» Si les frais de gestion et d'opérations sont généralement plus faibles qu'avec des intermédiaires classiques, c'est sur le volume que les plates-formes font leur rémunération. La finance comportementale souligne les risques en la matière. Deux chercheurs américains, Brad M.Barber et Terrance Odean, de l'Université de Berkeley, ont analysé* le comportement de 1.607 investisseurs passés dans les années 1990 du passage d'ordres par téléphone à la gestion en ligne Leur constat: alors que leurs cas-témoins "surperformaient" le marché de 2% auparavant, ils "sous-performaient" de 3% en ligne. Leur conclusion: si le trading en ligne offre l'avantage de coûts plus faibles, de passages d'ordre plus rapides et d'une plus grande facilité d'accès aux différents marchés, il engendre aussi un excès de confiance en soi (overconfidence) qui pousse à une multiplication des opérations... et à une moindre performance.

«Des commerçants»
«Ce sont des commerçants. C'est un peu comme le casino: tout est fait pour que le client gagne un peu de temps en temps mais jamais au maximum», estime de son côté Claude Jost. Qui se dit prêt à retenter sa chance «mais en changeant de stratégie: comme certains turfistes, ne pas tout miser sur le quinté du jour mais tenter de sortir 40 € par jour. Sur un mois boursier, cela fait 800 €, ce qui n'est déjà pas si mal. Mieux en tout cas que ce que peut m'offrir ma banque!» * Étude disponible via http://faculty.haas.berkeley.edu/odean Online Investors: Do the slow die first?.

Conseillers en gestion de patrimoine. «Les challengers des grands réseaux»

Patrice Pontmaret, président de la Chambre des indépendants du patrimoine, estime que «10% de la collecte des produits d'épargne» en France passe par le canal des CGPI.

La profession a pris son essor auprès des particuliers et des chefs d'entreprise. Mais le conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGPI) souffre encore d'un manque de notoriété faute d'un encadrement législatif pourtant souhaité.


«Nous exerçons une profession libérale de conseil auprès de personnes ou d'entreprises sur des questions patrimoniales, soit de manière ponctuelle, soit dans le cadre d'une mission globale», résume Patrice Pontmaret, président de la Chambre des indépendants du patrimoine. Cette association professionnelle revendique environ 1.500 adhérents. La profession compterait environ 2.200 entreprises au plan national.

«Communauté de culture»
«Notre métier est apparu dans les années 1980 et répond à une demande de personnes qui estimaient ne pas trouver auprès de leur banque un conseil objectif, une vision globale», poursuit Patrice Pontmaret. Les CGPI sont, selon lui, «un vecteur de progrès, challenger des grands réseaux de distribution». Et d'illustrer son propos: «nous avons été les premiers à proposer des produits d'assurance multisupports ou multigestion.» Le spécialiste estime que «10% de la collecte des produits d'épargne» en France passe par le canal des CGPI. «Nous ne travaillons pas contre les autres réseaux mais à côté. Nous sommes une alternative.» Leur clientèle: des chefs d'entreprise, des cadres, des professions libérales ou de gros commerçants à la recherche non seulement de placements mais en quête d'une véritable stratégie patrimoniale. «Étant nous-mêmes entrepreneurs, nous partageons une réelle communauté de culture», souligne Patrice Pontmaret. Le développement de la profession a donné lieu à la mise en place de formations de type Master II Patrimoine. Le premier fut créé à Clermont-Ferrand, en 1988. Le territoire est aujourd'hui totalement maillé en formations de 3e cycle. Reste que le métier de CGPI n'a pas de fondement légal. Les conseillers en gestion de patrimoine peuvent exercer en cumulant différents statuts réglementés - conseillers en investissements financiers (CIF), intermédiaires en opérations de banque (IOB), courtier en assurances voire agents immobiliers -, mais aucun texte ne définit ni ne réglemente la profession de CGPI. En 2010, le député UMP Louis Giscard d'Estaing avait soumis une proposition de loi qui n'a pas abouti. «Il avait parfaitement posé les grands enjeux et apportait les meilleures réponses possibles avec notamment la création d'un Conseil supérieur», explique Patrice Pontmaret.

«Bercy a cédé à la pression des banques»
Mais l'affaire a fait long feu et le député a été prié par Bercy de remettre un nouveau rapport qui a totalement déçu le président de la Chambre des indépendants du patrimoine. «Bercy a cédé à la pression des banques», accuse Patrice Pontmaret qui pointe aussi des intérêts divergents au sein même de la profession éclatée en plusieurs associations ou syndicats professionnels.

«Notoriété, reconnaissance»
«Notre métier ne se résume pas à l'activité de conseiller financier. Nous devons tirer notre profession vers le haut pour lui assurer la notoriété et la reconnaissance qu'elle mérite. Nous devons parvenir à un texte qui définisse à la fois nos droits et nos obligations», plaide Patrice Pontmaret. Un point seul semble faire consensus au sein des CGPI: leur mode de rémunération. Celui-ci est basé sur des honoraires et des commissions sur les produits placés, les uns n'étant pas exclusifs des autres. Un système que ces professions libérales veulent conserver car, estime Patrice Pontmaret, les honoraires seuls ne permettent pas de pérenniser les entreprises.

Placements. Et si vous optiez pour l'originalité?

Un cheval de course, avant d'éventuellement rapporter, entraîne des frais: environ 2.300 € par mois en province, compte tenu des frais de pension, de vétérinaire, d'assurance,etc.

Quand on parle patrimoine, on pense d'abord immobilier, bourse et assurance-vie. Mais les placements ne se résument pas à ces "classiques". Chevaux de course, vin, oeuvres d'art ou voitures de collection peuvent aussi s'avérer gagnants.


Les chevaux de course? C'est d'abord un investissement-passion. Même si l'acquisition peut s'avérer un investissement judicieux, ce n'est pas toujours la motivation initiale. Il s'agit souvent d'une histoire d'amitiés, d'un certain art de vivre. La vente pour plusieurs millions d'euros par Hervé Morin et ses associés d'un poulain acheté 40.000 € a fait le buzz. Mais le grand public sait peut-être moins que Danedream, vainqueur de la course du Qatar Prix de l'Arc de Triomphe, avait été acheté 9.000 € à l'issue d'une épreuve à réclamer (les partants sont mis à la vente à l'issue de la course). Or, sur cette seule épreuve, il a rapporté 2,3millions d'euros à ses propriétaires! «À chaque fois qu'un cheval est placé dans une course, il remporte une quote-part de la dotation de la course (prix à remporter pour la course fixé à l'avance et déconnecté des prises de paris sur la course concernée)», explique Héléna Dupuy, de France Galop. «Les chevaux qui se sont distingués en course deviennent ensuite des reproducteurs, étalons ou poulinière, ce qui génère des revenus complémentaires.» La France compte 6.800 propriétaires dont environ 400 nouveaux par an. Quelque 4.650 d'entre eux font courir chaque année leurs chevaux, selon les chiffres fournis par France Galop, chargé de délivrer les agréments aux propriétaires de chevaux de courses de plat et d'obstacle via son département Propriétaires, créé en 2006.

Plusieurs notions de propriété
Il existe plusieurs notions réglementaires de propriété d'un cheval: la pleine propriété du cheval, la location en totalité, la location partagée avec un locataire dirigeant mandaté par les autres locataires auprès de France Galop, l'association avec un associé dirigeant et l'écurie de groupe. Ce dernier mode est de plus en plus privilégié car «il donne de la convivialité à la démarche», explique Héléna Dupuy. «Les propriétaires ne sont pas forcément des experts. Souvent, c'est une affaire d'amis qui décident de se faire plaisir», insiste-t-elle. «Posséder un cheval n'est pas réservé à une élite. Aux côtés de grandes écuries réputées, plus de huit propriétaires sur dix disposent d'un seul cheval à l'entraînement. Ils viennent de tous les horizons: artisans, commerçants, industriels, sportifs, comédiens, avocats, médecins et jeunes entrepreneurs. Tous côtoient, dans un même esprit "sportsmen" les plus prestigieuses casaques, réunis par la passion du cheval.» L'obtention d'un agrément passe par une enquête de moralité effectuée par des fonctionnaires de l'ancienne direction Jeux des Renseignements généraux aujourd'hui rattachés à la police judiciaire. Les capacités financières du ou des propriétaires sont aussi analysées. Parce qu'un cheval, avant d'éventuellement rapporter, entraîne des frais: environ 2.300 € par mois en province, compte tenu des frais de pension, de vétérinaire, d'assurance,etc.

Hausse de certaines opérations
À noter que la loi de finances rectificative 2011 a entraîné une hausse de 5,5% à 7% sur un certain nombre d'opérations liées au cheval comme les pensions d'élevage, les ventes de saillie, les gains de course ou encore la vente de chevaux de course à un professionnel assujetti à la TVA ou les ventes de parts d'étalon, quelle que soit la qualité de l'acquéreur.

En savoir plus

www.france-galop.com

Des pistes pour garantir sa retraite

Véritables outils de management social, les plans d'épargne salariale constituent de solides atouts pour muscler une retraite, y compris celle du chef d'entreprise ou du professionnel libéral.

Dans un contexte de perspectives macroéconomiques incertaines et de menaces récurrentes sur le système français de retraite par répartition, chefs d'entreprise et professions libérales ont sérieusement intérêt à revoir leurs allocations d'actifs.


A

ssurances-vie et contrats de capitalisation: craintes réelles sur les rendements
Considérés jusqu'à maintenant comme le nirvana de la capitalisation sans risque, les produits d'assurance-vie et d'épargne-retraite garantis en fonds euros ont offert en 2011 des performances maussades de l'ordre de 3% globalement - avec une inflation à 2,5%. Et les prévisions ne sont guère optimistes pour 2012, au point que les distributeurs eux-mêmes s'interrogent sur l'avenir de ces produits (lire par ailleurs). «La crainte sur le rendement des fonds en euros est réelle», observe Frédéric Chazal, responsable du master Ingénierie Patrimoniale à l'IUP de Caen. Il note de gros écarts entre les compagnies «en fonction de leur exposition aux dettes souveraines dégradées, comme la Grèce, le Portugal, l'Italie, l'Espagne mais aussi la France.» Et de s'interroger sur la «pertinence de garder ces fonds.» Ne serait-il pas finalement moins risqué de se porter sur des titres, ou en tout cas de revoir ses positions en privilégiant par exemple les fonds en unités de compte? La réflexion peut être similaire pour les contrats de capitalisation, qui ne sont que des copier-coller de l'assurance-vie sauf en cas de décès où ils entrent dans l'actif successoral.

Épargne salariale: aussi intéressante pour l'entreprise
Véritables outils de management social, les plans d'épargne salariale constituent de solides atouts pour muscler une retraite, y compris celle du chef d'entreprise ou du professionnel libéral dès lors qu'il compte au minimum un salarié. Le Plan d'Épargne Entreprise (PEE ou PEI pour les petites structures) peut être alimenté par la participation, l'intéressement ainsi que par des versements volontaires des salariés. Ces sommes peuvent être complétées par un abondement de l'entreprise, qui ne doit ni dépasser 300% du versement du salarié, ni 8% du plafond annuel de la sécurité sociale par an et par collaborateur. (2.910 € en 2012) Cet abondement peut être modulé dans le temps et notamment en fonction de la situation économique de l'entreprise. Intérêt pour l'entreprise: si l'abondement est soumis à la CSG-CRDS, il est déductible de l'assiette retenue pour le calcul de l'impôt sur les bénéfices, de l'impôt sur les revenus pour les sociétés de personnes, ou du BNC pour les professions libérales et exonéré des différentes taxes assises sur les salaires et de cotisations sociales. Au terme d'une période de cinq ans, ou lorsque le salarié fait valoir l'un des nombreux cas de retrait anticipé, les plus-values réalisées sont exonérées d'impôt et assujetties aux prélèvements sociaux.

Le PERCO nécessite un accord collectif
Le Plan d'épargne pour la retraite collectif (PERCO) ou PERCOI (inter-entreprise pour les petites structures) doit faire l'objet d'un accord collectif. Les possibilités de sortie avant le départ en retraite sont plus réduites que dans le cas du PEE. Accessible aux chefs d'entreprise comptant au plus 100 salariés ainsi qu'à leur conjoint collaborateur ou associé, les sommes versées volontairement par les adhérents qui peuvent y affecter tout ou partie de la participation peuvent être abondées dans la limite de 16% du plafond annuel de la sécurité sociale. Au total ce sont donc 11.640 € qui peuvent être ainsi défiscalisés pour le chef d'entreprise et ses salariés...

Art et collections. La curiosité et la passion véritables moteurs

Au-delà du marché des oeuvres muséales - réservé à une élite - le monde de l'art regorge d'opportunités. Sous réserve de curiosité.

La première règle, lorsqu'on veut se lancer, c'est d'avoir une idée précise de ce que l'on souhaite, explique Maître Christophe Lucien, commissaire-priseur, membre du conseil d'administration de Drouot Holding.


S'offrir un Manet, un Picasso ou une statuette précolombienne adjugée plusieurs millions d'euros est réservé à une toute petite élite au niveau planétaire. Mais au-delà de ce marché des oeuvres muséales, le monde regorge d'opportunités. Sous réserve de curiosité. «La notion de marché de l'art est assez contemporaine. C'est en fait un univers qui est tout sauf homogène, sur lequel il ne peut y avoir de vision globale.» Maître Christophe Lucien, commissaire-priseur, membre du conseil d'administration de Drouot Holding, parle avec passion d'un «océan sans frontières, énorme, gigantesque.» Du bouton de culotte du XVIesiècle au mobilier de designers contemporains en passant par la numismatique, les jouets ou les automates, l'éventail est illimité.

«Se former l'oeil, lire beaucoup»
«Sauf à charger un professionnel de faire les investissements à votre place - ce qui est dommage - la première règle, lorsqu'on veut se lancer, c'est d'avoir une idée précise de ce que l'on souhaite, explique Me Lucien. Il faut se former l'oeil, lire beaucoup, fréquenter les musées, les expositions, les salons, les ventes publiques. Il faut savoir pousser la porte des ateliers d'artistes ou d'artisans. Il faut être curieux. C'est à cette condition impérative que l'on saura dénicher l'objet vraiment rare, l'opportunité. Picasso disait: "l'art, c'est comme le chinois: cela s'apprend".» Pour ses premiers pas, l'amateur pourra se faire accompagner, conseiller. François Pinault a su s'entourer des avis éclairés de Jean-Jacques Aillagon pour constituer ses collections. Sans atteindre ces sommets, seul ou accompagné, la curiosité et la passion sont les moteurs d'un véritable collectionneur. En veillant à ne pas surpayer ses acquisitions. Et sans trop se bercer d'illusions. «La réalité est mouvante, fluctuante. Les modes vont très vite. C'était déjà le cas au temps de Cléopâtre. Cela l'est encore plus aujourd'hui, avec les nouveaux moyens de communication», prévient Me Lucien. Et de citer des peintres très «tendance» sous Napoléon III tombés aujourd'hui dans le néant. Ou ces intérieurs croulant sous du mobilier dont les légataires s'aperçoivent que leur valeur est à peine celle du bois dont ils ont été faits. Son conseil: «ne jamais s'intéresser aux choses moyennes, renoncer à une politique d'accumulation. Quel que soit le domaine, privilégier la pièce exceptionnelle, la véritable rareté. Celle-là seule aura toujours de la valeur.»

Livre: une valeur sûre
Le livre apparaît toutefois au fil des périodes comme une valeur sûre. L'horlogerie masculine présente aujourd'hui un fort attrait. Un dessin de David est - relativement - accessible quand ses toiles ne le sont plus de longue date. L'or et le diamant sont très recherchés, flambée des cours oblige. Me Lucien est consterné par la tendance des "bobos" à ne plus fréquenter que les mêmes enseignes d'ameublement offrant des produits standardisés. «Pendant longtemps, la bourgeoisie a donné l'exemple en essayant de toucher aux choses vraies, en créant une atmosphère dans la population. C'est elle qui encourageait artistes et artisans en achetant leurs oeuvres. Que restera-t-il de notre génération dans 50 ou 100 ans? Investir dans l'art contemporain, c'est aider ce fameux marché à être créatif. Tout en retirant une
vraie satisfaction personnelle.»

Assurance-vie: encore un bon outil sous réserve de vigilance

Fiscalité alourdie, rémunération en repli et perspectives économiques guère folichonnes mettent l'assurance-vie en concurrence directe avec le bon vieux livret A. (Photo Claude Prigent/Le Télégramme)

Malgré la chute brutale de la "décollecte" enregistrée en 2011, l'assurance-vie reste encore un bon produit de placement à moyen/long terme, à condition de s'informer judicieusement.


Coup de tabac sur l'assurance-vie: les cinq derniers mois de 2011 ont été marqués par une forte "décollecte". Jusqu'à présent support privilégié des Français pour leur épargne à long terme, l'assurance-vie a vu sa collecte nette chuter de 85% à 7,6milliards d'euros l'an passé. Après une collecte nette de 18,1milliards d'euros sur les sept premiers mois, l'assurance-vie a accusé cinq mois successifs de "décollecte", pour un montant cumulé de 10,5milliards d'euros, selon les chiffres de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA). La "décollecte" a atteint un niveau record de 3,8milliards en décembre. Au total, sur 2011, les encours ont augmenté de seulement 2%, à 1.362milliards. Les causes de ce désamour: une fiscalité alourdie, une rémunération en repli (en moyenne 3% en 2011 contre 5,3% en 2001) avec des perspectives économiques guère folichonnes qui mettent l'assurance-vie en concurrence directe avec le bon vieux livret A.De nombreux observateurs pointent aussi le problème de la dégradation du pouvoir d'achat qui amène les clients à puiser dans leur épargne pour satisfaire leurs besoins immédiats. L'AFER a par ailleurs constaté une tendance chez ses plus gros épargnants à liquider leurs contrats pour se porter vers l'immobilier.

«Intéressant à moyen-long terme»
«L'assurance-vie reste un placement intéressant dans une perspective d'épargne à moyen/long terme, soutient pourtant Éric Lebrun, conseiller en gestion de patrimoine indépendant à Aix-les-Bains et enseignant en fiscalité et gestion de patrimoine à l'ESC Chambéry. «Les marchés sont historiquement bas et si personne ne peut prédire ce qui va se passer d'ici à un an, il y a quand même de fortes chances qu'ils soient redevenus porteurs avant 20 ans, sinon 10.» L'assurance-vie, oui... à condition d'être vigilant dans les allocations d'actifs des supports proposés. «Parler de fonds en euros, réputés les plus sûrs, est une sorte d'abus de langage puisqu'il s'agit en fait de fonds composés majoritairement d'obligations d'État. Il faut donc être extrêmement attentif à leur constitution: quelle exposition à la Grèce, à l'Italie, à l'Irlande? La sécurité est relative car si l'établissement fait faillite, le capital n'est garanti qu'à concurrence de la garantie de l'État, soit 70.000 €», souligne Éric Lebrun. Quid des unités de compte? «L'intérêt des assurances-vie, c'est qu'on peut diversifier les actifs qui composent le support, avec, par exemple des obligations d'État des pays émergents ou des actions d'entreprises étrangères sur des marchés porteurs. Là encore, tout est une question d'allocation des actifs.»

Attention aux offres "maison"
Problème: les grandes banques et les assureurs proposent souvent des contrats maison constitués de SICAV également "maison" qui ne sont pas toujours d'une lisibilité immédiate. «Si votre banquier ou votre assureur ne peut pas vous détailler les actifs de ces contrats, c'est inquiétant», prévient Éric Lebrun. Et de citer au contraire les contrats dits "patrimoniaux" le plus souvent distribués par les CGPI et les services gestion privée des banques qui répondent justement à cette traçabilité, avec jusqu'à 600 fonds gérés par 200 sociétés de gestion. «L'assurance-vie peut être un outil très pointu qui demande une analyse fine», conclut le conseiller patrimonial.

«Je suis acteur de mon patrimoine»

«Je suis issu d'une famille assez modeste. Je ne veux pas vivre comme cela. C'est pour cela que j'ai très tôt commencé à épargner. Je ne veux pas me laisser endormir par le système traditionnel», confie Alexandre Retailleau.

«Je suis aujourd'hui à la tête d'un capital brut de 190.000 €, soit 80.000 € nets compte tenu de mon endettement.» Les chiffres sont modestes. Sauf qu'Alexandre Retailleau n'a que 24 ans. Et il y a cinq ans, il n'avait pas un sou en poche. Sa motivation: «Je veux être acteur de mon patrimoine et agir en pleine connaissance de cause, pas me laisser endormir par le système traditionnel.» «Je suis issu d'une famille assez modeste, raconte ce Tourangeau. Je ne veux pas vivre comme cela. C'est pour cela que j'ai très tôt commencé à épargner.»


Capitalisation des revenusissus de petits boulots
Alors qu'il prépare son bac de comptabilité, Alexandre et sa soeur découvrent le "business" grâce à internet. «Par exemple, quand la mode était à la tecktonik, nous achetions des produits dérivés pour les revendre aux fans plus cher qu'on ne les avait achetés.» Dans le même temps, il entreprend un Bac+2 Commerce, part à Londres puis revient à Tours pour un master d'ingénierie du patrimoine qu'il terminera à la fin de cette année. L'argent qu'il gagne sur internet, il ne le dilapide pas. Mieux: boursier et bénéficiaire d'une aide au logement, il capitalise les revenus tirés de divers petits boulots. À 21 ans, licence en poche, Alexandre est à la tête d'une "cagnotte" de près de 15.000 €. «Je me suis tout de suite tourné vers l'immobilier. Comme livreur de pizzas, je connaissais bien Tours. J'ai pris mon temps et j'ai trouvé un studio "décoté".» Le vendredi, il décroche un contrat en CDI dans une banque dont il démissionnera ultérieurement. Le samedi, il signe l'achat du studio. «Avec 50% d'apport et un CDI, le banquier m'a suivi sans problème. Nous avons noué un véritable lien de confiance qui ne s'est pas démenti par la suite...» Deux semaines plus tard, il revend son bien avec une plus-value de 30%. Et réinvestit l'ensemble dans l'acquisition d'un T2, lui aussi "décoté". Une opération menée en 48h. «Si on veut faire de bonnes opérations, il faut être très bien informé et agir très vite.» L'impact fiscal de la plus-value? «Payer des impôts quand on gagne de l'argent me paraît tout à fait normal», soutient le jeune homme. Depuis, il a fait l'acquisition d'un autre studio financé à 100% par un emprunt couvert par les loyers ainsi qu'un lot de trois parkings. Il a tenté sa chance en Bourse avec des résultats mitigés. Acquis quelques SICAV «pour bien comprendre comment cela fonctionne.» Car ce jeune homme n'a rien d'un Rastignac. Le propos est toujours mesuré.

Apprendre à maîtriserles outils
«Ce qui m'intéresse, c'est de capter les infos, bien comprendre le fonctionnement du système macro-économique et apprendre à maîtriser les outils de gestion de patrimoine par moi-même, en les expérimentant à titre personnel. J'ai vu des gens avec un patrimoine de plus d'un million d'euros auxquels on ne parlait que défiscalisation! Moi, je suis persuadé qu'il est toujours possible dans ce pays, de créer, d'innover pour créer de la richesse.» Son master en poche, Alexandre Retailleau a déjà prévu de lancer trois activités distinctes: marchand de biens, vente sur internet et ingénierie patrimoniale. En attendant, il propose sa vision - atypique à cet âge-, sur son blog visité en moyenne 180 fois par jour.

Pour en savoir plus

www.retaill-and-co.fr

Investir dans le vin: les crus d'exception ont le vent en poupe

Le marché atypique des grands crus classés repose sur une offre très faible par rapport à une demande forte.

«Les clients viennent vers nous dans un souci de diversification». Certaines grandes bouteilles peuvent être considérées comme des actifs au même titre que les actions.


Déjà dans l'Antiquité, le vin faisait fonction de valeur d'échanges commerciaux. Il est devenu aujourd'hui une piste de diversification atypique mais rentable, à condition de privilégier les crus les plus recherchés et de respecter certaines règles. «Sur le long terme, on constate que le marché des grands crus classés a offert sur ces soixante dernières années un rendement moyen de 15% l'an et de 27% sur ces dix dernières années», relève Ralph Saad, gérant-associé de R & S Corp., une société d'investissement en vin créée il y a trois ans. Et les perspectives sont alléchantes avec une forte demande en provenance de l'Asie.

«Souci de diversification»
«L'arrivée des Asiatiques a boosté les rendements à 50% ces deux dernières années mais c'est tout à fait exceptionnel et on ne peut se baser sur cette performance», tempère Ralph Saad. Un exemple: une vente aux enchères à Hong-Kong de vins français exceptionnels a récemment rapporté 10,5millions d'euros, un montant record pour une vente de ce type. «Nous ne travaillons que sur les grands crus classés. C'est-à-dire les 62 plus prestigieux châteaux sur les 15.000 que compte la France. Constituer des portefeuilles à partir de valeurs sûres - les vins les plus connus au monde -, c'est la base même de notre concept», explique Ralph Saad. «Les clients viennent vers nous dans un souci de diversification. Certaines grandes bouteilles peuvent être considérées comme des actifs au même titre que les actions, avec un rendement très attractif sur le long terme.» Le marché atypique des grands crus classés repose sur une offre très faible par rapport à une demande forte. Lafite Rothschild ne produit ainsi que 150.000 à 180.000 bouteilles par an. Même en jouant sur un portefeuille sécurisé - ici, comme ailleurs, l'investisseur peut accepter un niveau plus ou moins élevé de risque - le rendement à long terme est de 7% à 8%.

Minimum cinq ans
Mais pour se lancer, faut-il être soi-même un expert? «Dans 98% des cas, nos clients cherchent une diversification de leurs actifs mais nous avons aussi de vrais passionnés, explique Ralph Saad. Nous sommes dans une logique d'investissement à moyen/long terme, au minimum cinq ans, même si des opérations à plus court terme sont toujours possibles.» L'investissement sur ce marché de niche, pour être rentable, nécessite toutefois quelques liquidités. «Le standard est la caisse bois 6 ou 12 bouteilles. Le ticket d'entrée est rarement inférieur à 10.000 €. Dans le cadre d'une stratégie dynamique, une caisse de 12 bouteilles de Lafite Rothschild 2000 coûte aujourd'hui 32.000 €. Cela peut aller très vite», souligne Ralph Saad. Et pas question de goûter au divin nectar: l'esthétisme et un marketing fort sont garants de l'investissement, avec des étiquettes en parfait état dans leurs caisses d'origine. R & S Corp. qui propose des solutions globales d'achat-stockage-revente, exclut ainsi par contrat toute obligation de revente par son intermédiaire si un client souhaite lui-même stocker son vin. Dernier avantage: si un portefeuille en vin important entre dans l'assiette de calcul de l'ISF, la fiscalité est par ailleurs nulle.

Family office. Pour situations complexes

Le concept vient des États-Unis et reste encore confidentiel en France: le family office consiste à accompagner des groupes familiaux dans la préservation d'une génération à l'autre de leur capital financier, humain et social. «Plus qu'une affaire de surface financière, le recours au family office est particulièrement adapté aux situations patrimoniales complexes où se conjuguent patrimoine professionnel et privé avec tous les enjeux liés à leur transmission», explique Charles Bienaimé, membre du directoire de Meeschaert Family Office. Créée en 1935 à Roubaix par Émile Meeschaert, cette entreprise indépendante de gestion privée a développé son activité de family office à partir des besoins propres du groupe familial. Elle est présente en France mais aussi à New York et à Bruxelles.

Faire la synthèse
«Notre mission est d'offrir aux familles qui nous font confiance une vision consolidée de l'ensemble de leurs avoirs et de les accompagner dans leurs prises de décision, en toute indépendance», poursuit Charles Bienaimé. À partir d'un certain seuil, il devient difficile de faire la synthèse des informations émanant des banques, des avocats fiscalistes, des experts-comptables, des notaires, etc. L'âge peut aussi avoir des conséquences sur la célérité de traitement de l'ensemble de ces données. Inévitablement viennent à l'esprit les démêlés de Liliane Bettencourt. L'un des rôles d'un family office est justement la médiation intergénérationnelle. «Des problèmes d'influence, y compris de la part des enfants, peuvent se poser. Nous sommes dans le domaine des relations humaines, parfois même de la psychologie, souligne Charles Bienaimé. Les familles ont besoin de temps. Il est parfois nécessaire de discuter deux à trois ans pour définir une règle du jeu acceptée de toute la famille, qui se retrouvera tous les quatre à cinq ans pour refaire le point car rien n'est jamais figé.»

10.000 € par an
Le spectre d'interventions des family offices est très large. Il n'est pas question de se substituer aux experts habituels (notaires, avocats, etc.) mais de leur préparer le terrain. «Nous sommes dans la gouvernance», explique Charles Bienaimé dont le département dispose en interne de juristes, de fiscalistes et d'ingénieurs patrimoniaux. Un établissement de family office intervient soit de manière ponctuelle, avec des prestations à la carte facturées à l'heure, soit dans l'accompagnement sur le long terme avec un ensemble de prestations administratives, fiscales, la production de tableaux de bord, la mise en place d'une veille, etc. «Pour une surface de plusieurs millions d'euros, le coût annuel est d'environ 10.000 €, ce qui est finalement bon marché», explique Charles Bienaimé. L'activité, en France, n'est pas (encore?) réglementée d'où un flou qui peut entourer sa définition au regard de l'apparition du terme family office au sein des départements "gestion privée" d'établissements bancaires. «De grands établissements bancaires proposent du multifamily office tout en continuant à gérer les avoirs, ce qui est totalement antinomique», regrette Charles Bienaimé.

Voitures de collection: des rêves qui paient... parfois

Les Berline Alpine 1600 ou les R8 Gordini ont le vent en poupe auprès de la génération du baby-boom alors que Rolls Royce n'a plus la côte.

Investir une partie de ses économies dans la voiture de ses rêves est donc d'abord affaire de passion. Impossible d'aborder ce marché sous l'angle strictement spéculatif.


«À l'heure où l'argent ne vaut plus rien, pourquoi ne pas se faire plaisir en assouvissant son rêve de jeunesse!» Dominique Pascal, historien de l'automobile, prévient d'emblée: «Acheter une voiture de course ou de collection en pensant investissement et plus-value, il faut oublier. Même s'il existe des opportunités.»

Les Anglais champions du monde
Investir une partie de ses économies dans la voiture de ses rêves est donc d'abord affaire de passion. Les Anglais sont à cet égard les champions du monde du genre. Leur premier club Bugatti date de... 1920. Et sillonner les routes Outre-Manche est un vrai plaisir des yeux tant il est courant de croiser des modèles antédiluviens qui, de ce côté de la Manche, ne sortiraient pas du musée. «L'Angleterre a une législation beaucoup plus permissive que la France», souligne toutefois Dominique Pascal.

«C'est très volatil»
Ici, en revanche, une hausse constante du coût des carburants et l'application stricte des normes environnementales peuvent constituer de sérieux freins à un achat de ce type. Même si la fiscalité est nulle, sauf à posséder un bolide d'une valeur susceptible d'influer sur le calcul de son IR ou de déclencher le seuil de l'ISF. Pour exemple, une Ferrari 250 GT 961 châssis court type Competizione coûte la bagatelle d'1,5 à 2millions d'euros! Impossible d'aborder ce marché sous l'angle strictement spéculatif. «C'est très volatil, note Dominique Pascal. Vouloir spéculer, c'est la garantie presque certaine de se planter. Les gens cherchent souvent, l'âge mûr et une assise financière venus, à réaliser un rêve d'adolescent.» Résultat: les Berline Alpine 1600 ou les R8 Gordini ont le vent en poupe auprès de la génération du baby-boom alors que Rolls Royce n'a plus la côte: une Silver Shadow peut se négocier au prix d'une R8 Gordini, autour de 30.000 €. Les SM ou les Lamborghini ont aussi leurs fans. Une Jaguar type E des années 1960 se négocie autour de 100.000 € mais il est des coups de coeur plus accessibles comme une bonne vieille 4L ou une VW Coccinelle qui révèlent un certain "art de vivre".

Investir dans une voiture qui a un palmarès
«Le must, c'est d'investir dans une voiture de course qui a un palmarès. En sachant qu'on ne pourra s'en servir que sur circuit, explique Dominique Pascal. En fait, poursuit-il, les collectionneurs recherchent les voitures qui les ont fait rêver quand ils avaient 18-20 ans. Pour spéculer, il faudrait savoir aujourd'hui quelles voitures resteront dans la tête des gens dans 10 à 20 ans. Et c'est très compliqué. D'autant qu'il n'est pas certain que les machines bourrées d'électronique soient toujours utilisables dans 20 ans...» Bref, un investissement-passion pur, avec cette réflexion de Dominique Pascal en guise de conclusion: «En 2000, à la suite d'un héritage, j'avais placé 45.000 € sur une assurance-vie. Au bout du compte, j'ai récupéré 34.000 €. En 2000, une Berline Alpine 1600 valait 30.000 €. Aujourd'hui, elle vaut 120.000 €.» Comme quoi la passion peut aussi être rentable!

Maître Bruno Delabre. «Nous avons besoin de textes clairs!»

«Nous avons besoin de mécanismes compréhensibles qui nous évitent de nous y reprendre à trois à quatre fois en allant piocher dans vingt textes différents», clame Bruno Delabre, président de l'INPF.

À l'image de ses pairs, le président de l'Institut national du patrimoine et de la famille (INPF) dénonce un déluge de textes, qui crée au final une instabilité supplémentaire.


L'avalanche de textes tout au long de l'année 2011 a redoutablement compliqué la tâche des professionnels du droit et de la fiscalité qui appellent à plus de sérénité. «De mémoire de fiscaliste, on n'avait jamais vu passer autant de lois rectificatives!» Président de l'Institut national du patrimoine et de la famille (INPF), Maître Bruno Delabre cache difficilement son agacement sous un ton bonhomme. Quatre lois rectificatives, une loi de finances, des effets d'annonce: la matière patrimoniale supporte mal l'instabilité.

«De grâce, non à la rétroactivité!»
«Nous avons besoin de textes clairs, de mécanismes clairs, compréhensibles qui nous évitent de nous y reprendre à trois à quatre fois en allant piocher dans vingt textes différents», explique-t-il. La réforme de l'ISF ou la suppression du bouclier fiscal ont à ses yeux une valeur "symbolique" mais les difficultés nées des textes votés l'an dernier vont bien au-delà. Exemple: l'introduction de la notion de rétroactivité en matière de plus-values immobilières. «C'est quand même un peu gênant d'apporter des modifications aussi importantes qui peuvent remettre en cause des opérations ou en tout cas interroger sur la pertinence d'une décision prise au regard de la situation fiscale de l'époque», explique Me Delabre. «De grâce, plaide-t-il, non à la rétroactivité! C'est très pénalisant. Cela ne permet pas de travailler avec sérénité. Dans un contexte économique difficile, cela crée une instabilité supplémentaire.» De même, souhaiterait-il que les politiques ouvrent une concertation avec l'ensemble des acteurs de la fiscalité dans la préparation des textes pour éviter un «sentiment de punition».

Nécessité d'un bilan patrimonial
«Les chefs d'entreprise ont généralement un souci d'équité et de justice sociale mais ils ne supportent pas l'idée que leur argent puisse être gaspillé», souligne le président de l'INPF. Très concrètement, l'urgence pour le contribuable est selon lui d'établir dès à présent un bilan patrimonial pour avoir «une vision claire, dresser un état des lieux qui serve de point de départ à toute réflexion.» Deuxième temps: se fixer des objectifs, qu'il s'agisse de l'entreprise, du patrimoine personnel, des besoins personnels présents ou à plus long terme. Classer les priorités: l'entreprise? La famille? «Dans un marché qui devient de plus en plus complexe et flexible, il faut tout analyser point par point, au moins annuellement, voire tous les trois mois pour certaines questions, au regard de l'évolution fiscale», prévient Me Delabre qui rappelle toutefois que la fiscalité «n'est pas le but en soi.» Le mot d'ordre est plus que jamais l'anticipation, par exemple dans le domaine des donations ou dans celui de la transmission de l'entreprise, le pacte Dutreil restant «un élément majeur» d'autant qu'il a été assoupli à la marge. Autre question pertinente: convient-il encore de sortir les actifs immobiliers de l'entreprise? En cette année 2012, les fiscalistes ne devraient pas chômer!

Banquiers, conseillers, avocats... À qui faire confiance?

«Une des difficultés que rencontre le secteur bancaire en France depuis la crise de 2007, ce sont les discours qui diffusent une mauvaise image. Or, plus on parle de la situation de quelque chose, plus on risque de précipiter les difficultés», rappelle Florent Deisting de l'ESC Pau. (Photo : Claude Prigent/LT)

En matière de patrimoine, quand on parle spécialiste, on pense d'abord banquier. Mais c'est oublier un peu vite tous les autres : les banques privées - qui ne sont pas toutes affiliées aux grands groupes -, les conseillers patrimoniaux, les avocats fiscalistes... Revue de détail.


Dans les années 1970, une banque française brise un tabou avec son fameux slogan: "Votre argent m'intéresse!" Quarante ans et une double crise majeure plus tard, le même établissement communique sur le thème: "Pourquoi me faire confiance". Depuis cinq ans, les établissements financiers - banques et assurances - sont au coeur d'une véritable tempête, avec à la clef des titres massacrés en Bourse et une dégradation de leur triple A.L'opinion publique et les politiques de tous bords participent allègrement au tohu-bohu nourri d'une forte dose d'irrationalité. Finalement, peut-on encore faire confiance aux banques et assureurs?

«Pas de doute sur la solidité du système français»
Pour Florent Deisting, responsable académique - Département Finance-Eco à ESC Pau, les banques françaises faisant l'objet d'un encadrement strict, la question ne se pose pas. «Très franchement, je n'ai pas de doute sur la solidité du système bancaire français, en dépit de la perte du triple A de certaines banques. Quand le comité de Bâle 3 a pris ses décisions, la plupart des établissements étaient déjà au niveau. Le droit bancaire français impose un encadrement très strict et les établissements français, au contraire de ce qui peut se passer ailleurs en Europe, présentent un certain nombre d'avantages, dont les garanties accordées aux déposants en cas de faillite. Sauf à envisager un cataclysme comme la faillite générale de l'ensemble des établissements, il n'y a pas d'inquiétude à avoir. Pour ce qui concerne la relation des clients à leurs banques, les enquêtes réalisées sur le premier semestre 2011 attestent d'un regain de confiance. Il faut évidemment attendre celles menées sur la fin d'année. Une des difficultés que rencontre le secteur bancaire en France depuis la crise de 2007, ce sont les discours qui diffusent une mauvaise image. Or, plus on parle de la situation de quelque chose, plus on risque de précipiter les difficultés. L'économie fonctionne avec une forte part d'irrationnel. La loi impose dorénavant aux conseillers bancaires de questionner leurs clients par écrit afin de leur proposer le produit le mieux adapté mais il est vrai que les établissements ont tendance à multiplier l'offre au risque d'entretenir le flou.

«Plus humaine»
L'autre problème des banques est qu'elles recrutent de plus en plus des profils commercial-marketing et éditent de très belles plaquettes de présentation finalement peu détaillées. Mais elles sont confrontées à un paradoxe: certains clients déjà très informés peuvent avoir le sentiment d'un manque de transparence alors qu'au contraire, informer plus précisément d'autres clients pourrait conduire à les affoler inutilement. Ce paradoxe est en partie gommé pour la clientèle accédant aux services de gestion privée ou aux comptes d'entreprise. Ce qui est clair, c'est que la crise de 2007 a accéléré une évolution des banques qui se veulent aujourd'hui plus humaines. C'est évidemment une stratégie marketing.»

«J'ai levé 56,5millions d'euros entre deux crises successives»

Avec la Bourse, Sacha Loiseau n'a absolument pas le sentiment d'avoir perdu sa liberté: «il n'y a pas de raison de changer l'histoire.»

Sacha Loiseau, P-dg de la société Mauna Kea Technologies, peut se targuer d'avoir réussi une introduction en Bourse à un moment qui n'était certainement pas des plus simples.


«Je ne me suis pas enrichi, si ce n'est de manière virtuelle, pendant l'IPO.» Cofondateur et directeur général de Mauna Kea Technologies, une entreprise française spécialisée dans les dispositifs médicaux et leader en endomicroscopie, Sacha Loiseau peut se féliciter d'avoir fait le "buzz" boursier à une époque particulièrement tendue. La société est entrée sur le compartiment B du marché de NYSE Euronext en juillet dernier. Entre deux crises. «Nous sommes très conscients d'être passés entre deux crises successives mais la fenêtre a été très bonne.»

Manque de liquidités?
L'entreprise espérait lever 35millions d'euros, elle en a glané 56,5millions. Signe qu'il y a toujours des liquidités, à condition que le placement soit attrayant. Et Mauna Kea Technologies, du nom d'un volcan hawaïen propice aux observations célestes, a de solides atouts à faire valoir dans le domaine des medtechs. Son produit phare: le Cellvizio. Un système d'endomicroscopie confocale par minisonde (ECM) ou le plus petit microscope au monde, qui fournit aux médecins et aux chercheurs des images haute résolution des tissus au niveau cellulaire. Un outil particulièrement adapté au dépistage des cancers épithéliaux - les plus fréquents. Le système est vendu auprès d'hôpitaux et de cliniques à travers le monde. Il a obtenu l'autorisation de la Food and Drug Administration aux États-Unis et le marquage CE, en Europe, pour son utilisation dans les appareils digestifs et pulmonaires. Des arguments qui avaient déjà convaincu Creadev (famille Mulliez) ou encore l'américain Psilos Group lors de tours de table précédents.

Trois objectifs à atteindre
Pour autant, souligne Sacha Loiseau, ex-astrophysicien à la Nasa, une introduction en Bourse ne se prépare pas à la légère. «Nous visions trois objectifs: lever des capitaux pour assurer notre important développement international, renforcer la visibilité et la notoriété de notre société, motiver nos employés et augmenter notre attractivité pour recruter des profils à très fort potentiel, explique-t-il. Pour y parvenir, nous avons constitué une équipe très motivée en interne, en prenant aussi le soin de bien nous entourer à l'extérieur avec des banquiers, des avocats, des agences de communication, etc. Cette préparation a été la clef de la réussite de notre introduction.»

Les lourdeurs des reportings mais...
«Nous avons pu présenter les faits marquants de notre histoire, à la fois intéressants et faciles à comprendre. Nous pouvions répondre à toutes les questions, tant sur les fondamentaux de notre société que sur son potentiel», poursuit Sacha Loiseau. Aujourd'hui cotée, Mauna Kea Technologies veille scrupuleusement à l'information de ses actionnaires en se pliant à une "certaine lourdeur" des reportings. Mais Sacha Loiseau n'a absolument pas le sentiment d'avoir perdu sa liberté: «il n'y a pas de raison de changer l'histoire.»

OPCVM : les flexibles tirent plutôt bien leur épingle du jeu

«Souvent, l'erreur est de s'en tenir à la performance de l'année précédente. Il faut évaluer un fonds sur quatre à cinq années, le temps d'un cycle économique complet, pour avoir une vision juste», indique Cyril Lureau, P-dg de sicavonline.fr.

Dans un contexte de fortes tensions depuis 2007, les SICAV et FCP flexibles s'en sont globalement plutôt mieux tirés, selon Cyril Lureau, P-dg de sicavonline.fr, la première plateforme de distribution d'OPCVM lancée en France, il y a douze ans. «Il y a eu de très grands écarts dans les performances. La catégorie qui navigue le mieux est celle des produits dits flexibles ou réactifs, dont les gestionnaires peuvent à tout moment modifier leurs allocations d'actifs», explique le professionnel. Cette catégorie constitue selon lui de «très bons produits de fonds de portefeuille» dans un objectif patrimonial à long terme.

Réserve sur les pays émergents
De même, dans ce contexte de très forte volatilité, les fonds dits de "performance absolue" semblent aussi constituer un investissement intéressant. Souvent assimilés à des hedge funds, ou fonds alternatifs, ces OPCVM offrent l'accès à des classes d'actifs très larges faiblement corrélés à l'évolution des marchés sur les horizons de placement recommandés. Cyril Lureau est plus réservé sur les fonds investis dans les pays émergents. «Ce sont des pays en forte croissance, croissance qui a déjà été intégrée dans la valorisation des fonds. Au début des années 2000, c'était très bien mais il faut s'attendre à des fluctuations très fortes. Souvenons-nous des reculs jusqu'à -45% en 2008. Dans une stratégie à très long terme, dix ans ou plus, on peut en avoir 10 à 15% dans son portefeuille. À la condition d'être psychologiquement solide.»

Comment choisir parmi plus de 10.000 fonds ?
Question : comment choisir parmi les 10.000 à 13.000 fonds disponibles sur le marché ? «Souvent, l'erreur est de s'en tenir à la performance de l'année précédente. Il faut évaluer un fond sur quatre à cinq années, le temps d'un cycle économique complet, pour avoir une vision juste», répond Cyril Lureau. Suivre l'actualité de ses sicav ou de ses fcp est aujourd'hui d'une grande simplicité via internet, les fonds étant tenus à des reportings mensuels. Des sites comme sicavonline et d'autres depuis permettent à la fois de consulter mais également de gérer son portefeuille en fonction des niveaux de service proposés par ses plateformes.

«Considérer sa banque comme un fournisseur»
Pour le particulier, reste l'écueil de l'influence éventuelle de son banquier ou de son assureur dans le choix de ses placements. Les bancassureurs ont parfois tendance à proposer à leurs clients les produits-maison au détriment de produits parfois plus performants. En brandissant, par exemple, la menace de frais de garde plus élevés pour des produits extérieurs. «Un chef d'entreprise est habitué à négocier avec ses fournisseurs. Il ne doit pas hésiter à considérer sa banque comme un fournisseur et à négocier. Quitte à se tourner vers un intermédiaire dont les frais sont souvent plus faibles», soutient Cyril Lureau.

Divorce entre époux : quand tout semble prévu...

En cas de divorce, le Code civil, en son article270, prévoit une prestation compensatoire. Une indemnité forfaitaire que l'époux "le plus aisé" verse à l'autre. Mais comment évaluer le montant de cette indemnité?

Près d'un mariage sur deux se termine, en France, par un divorce. Un phénomène auquel n'échappent pas les chefs d'entreprise, qui sont invités à prendre toutes leurs précautions. Témoignage d'un patron divorcé.


Même quand tout semble bouclé, il peut y avoir des surprises. «Je pensais vraiment être à l'abri», raconte ce chef d'entreprise sous couvert d'anonymat. «À l'exception de notre maison et de quelques liquidités, mon épouse et moi étions en séparation de biens. Elle n'avait aucune part dans ma société, ni dans la SCI. Quand le divorce a été évoqué, je pensais que seuls les biens en commun feraient l'objet d'une répartition 50/50.» Ce quinquagénaire, plusieurs années plus tard, en a encore «gros sur la patate.»

200.000 € réclamés...
Explication: au moment de la séparation, celle qui est aujourd'hui son ex-femme est fonctionnaire et travaille à mi-temps, par choix. «Moi, je bossais 14h par jour, avec à la clef un salaire de 12.000 € net.» Le divorce va forcément entraîner une baisse sérieuse du niveau de vie de la concubine. Le Code civil, en son article270, prévoit cette situation avec la prestation compensatoire. Une indemnité forfaitaire que l'époux "le plus aisé" verse à l'autre. Mais comment évaluer le montant de cette indemnité? L'ex-épouse y va de son calcul. Sur un des nombreux sites internet supposés permettre de connaître la valeur d'une entreprise, elle multiplie simplement le chiffre d'affaires de la société de son époux par le coefficient en usage dans le secteur d'activités pour parvenir à une valorisation de... cinq millions d'euros. Chiffre sur lequel va se baser son avocat pour réclamer une indemnité compensatoire de 200.000 €. Notre chef d'entreprise, associé, tombe des nues. «Nous étions en pleine crise, et avec le divorce, sur le plan personnel, je repartais quasiment à zéro. J'ai mobilisé aussitôt mon expert-comptable et j'ai pris la meilleure avocate de la place pour sortir de cette situation.»

...259.000 € obtenus
«À quoi tient la valeur d'une entreprise, s'interroge-t-il encore aujourd'hui. Moi, j'ai calculé ce que je pouvais emprunter sur sept ans - la durée habituelle d'un prêt professionnel-, en tenant compte qu'un banquier ne prête en général pas plus de 30% de votre revenu mensuel net soit, dans mon cas, 4.000 €, 5.000 € s'il était gentil. Je ne pouvais donc pas aller au-delà de 340.000 €. Résultat: «Quatre ans de procédure pendant lesquels j'ai été tenu de verser à mon épouse 3.000 € par mois (soit 144.000 €, ndlr), sans compter les conséquences sur mes enfants en pleine adolescence. J'ai finalement pressé mon avocate de conclure, en acceptant de payer plein pot pour en sortir enfin. À la clef, une indemnité de 115.000 €. J'aurais peut-être pu descendre en-dessous, mais j'ai bien compris que mon salaire plus la valorisation telle que calculée par mon épouse n'étaient pas sans influence sur le juge.»

Donations: la nouvelle législation impose une meilleure anticipation

Jusqu'alors, la donation-partage avant cession avait l'intérêt de désamorcer les bombes en famille et de purger la plus-value, quitte à payer les droits de succession. Aujourd'hui, la question mérite d'être posée en cas de montant important. (Photo: Claude Prigent/Le Télégramme)

L'avalanche de textes tombés l'an dernier dans le domaine fiscal a fortement touché le régime des donations jusqu'alors relativement épargnées. Elle impose dorénavant une analyse plus fine de tous les éléments.


Exit les bénéfices de la loi de finances 2006 qui avait réduit de dix ans à six le délai de rappel fiscal ou de la loi TEPA d'août2007 qui avait majoré assez fortement les abattements en matière de donations et successions. Sans entrer dans les détails, pour bénéficier d'un abattement, un parent peut dorénavant donner 318.650 € à chacun de ses enfants tous les vingt ans alors que ce montant était de 477.975 € sur 18 ans auparavant. Soit un tiers de moins sur une période allongée de deux ans.

La question reste ouverte
Le barème des deux dernières tranches de droits de succession a été majoré de 5% (désormais 40% entre 902.838 et 1.805.677 €, 45% au-delà). Enfin, les réductions offertes en fonction de l'âge du donateur ont été purement et simplement supprimées. Seul le dispositif du pacte Dutreil n'a pas été écorné par ce tour de vis fiscal. Hors pacte, cette augmentation des droits pose la question de la pertinence de la donation avant cession de l'entreprise, souligne Éric Lebrun, conseiller financier et patrimonial diplômé de l'ESC Chambéry. «Jusqu'alors, la donation-partage avant cession avait l'intérêt de désamorcer les bombes en famille et de purger la plus-value, quitte à payer les droits de succession. Le dispositif était particulièrement adapté à la transmission d'entreprise, explique-t-il. Aujourd'hui, compte tenu de l'augmentation des deux dernières tranches et de la disparition des seuils d'âge, la question mérite d'être posée en cas de montant important.»

Pacte Dutreil
Frédéric Chazal, responsable du master Ingénierie Patrimoniale à l'IUP de Caen, estime pour sa part que les réformes 2011 en matière de donations redonnent une acuité toute particulière au pacte Dutreil. Ce pacte permet de bénéficier d'une réduction substantielle des droits de mutation à titre gratuit (en cas de transmission d'une entreprise ou de titres de sociétés par donation ou de succession). En effet, si les conditions du pacte sont réunies, les biens concernés par le pacte seront exonérés de droit de mutation à concurrence de 75% de leur valeur. «Dans un objectif évident de pérennisation de l'entreprise, le législateur a même assoupli les obligations du pacte», note l'enseignant caennais. Dans tous les cas, Éric Lebrun et Frédéric Chazal insistent sur la nécessité d'anticiper encore plus aujourd'hui qu'hier toute opération de ce type. De leur côté, le Conseil supérieur du notariat et l'Ordre national des experts-comptables évoquent dans une présentation faite en début d'année la piste des donations-partages "complexes" pour la transmission du patrimoine privé, et conseillent de promouvoir les "sauts générationnels ".

Immobilier. Sortir des sentiers battus?

Certains gestionnaires privilégient l'investissement dans l'immobilier commercial, un secteur toujours très prisé pour les emplacements de premier choix: centres commerciaux novateurs et centres-villes dans les villes phares. (Photo: François Destoc/Le Télégramme)

La pierre est traditionnellement la valeur-refuge des Français. Mais face à l'amoncellement des nuages tous azimuts, peut-être convient-il d'explorer des pistes novatrices ou peu connues.


Dans leur note de conjoncture de janvier, les Notaires de France préviennent que «2012 ne devrait pas être un bon cru», évoquant même un «tournant», clôturant une décennie euphorique. Ils tablent sur 700.000 à 740.000 transactions contre 880.000 espérées en 2011, avec une certaine résistance des prix attendus à Paris et sa couronne la plus proche ainsi que dans les villes les plus dynamiques de province et du littoral atlantique et méditerranéen. Pour le reste, l'évolution devrait être plutôt négative.

Se tourner vers l'immobilier commercial?
La promotion immobilière devrait subir les conséquences de la disparition du dispositif Scellier... à moins que le PTZ+prenne la relève en attendant éventuellement de nouvelles incitations fiscales de la prochaine législature. En contrepartie, les prix dans le neuf pourraient être à la baisse pour attirer les primo accédants. Le ralentissement économique a aussi des conséquences depuis septembre sur le marché locatif de bureaux avec des entreprises de plus en plus exigeantes vis-à-vis des bailleurs. Dans ce contexte, certains gestionnaires privilégient l'investissement dans l'immobilier commercial, un secteur toujours très prisé pour les emplacements de premier choix qui correspondent à l'évolution du comportement des consommateurs: centres commerciaux novateurs et centres-villes dans les villes phares. Reste qu'il n'est pas facile pour un particulier de se positionner en direct auprès d'investisseurs institutionnels au regard du ticket d'entrée qui se chiffre en centaines, voire en millions d'euros. D'où le recours à la pierre-papier, sous forme de parts de SCPI, par exemple. À cet égard, Cyril Lureau, P-dg de la plateforme sicavonline.fr, conseille de financer ce papier par l'emprunt compte tenu des taux bancaire encore très raisonnables.

Achat de la nue-propriété
Frédéric Chazal, enseignant à l'IUP de Caen, propose de son côté une piste originale dans un objectif de long terme en vue, par exemple, de compléter ses revenus à la retraite: l'achat de la nue-propriété d'immeubles "décotés" dont l'usufruit est confié à des bailleurs sociaux. Avantage: des prix très en dessous du marché (près de 40%) et un retour sur investissement garanti au terme d'une période d'indisponibilité sur 15 ans en général. Avec deux avantages fiscaux à la clef: la nue-propriété n'entre pas dans l'assiette du calcul de l'ISF - l'acquisition crée du passif mais pas d'actif -, et les intérêts de l'éventuel emprunt s'imputent sur les revenus fonciers.

Scellier: un océan de contrariétés un faible signe positif

La disparition programmée du Scellier a évidemment provoqué l'ire des professionnels et pour cause. Près de la moitié des 90.000 logements neufs vendus l'an dernier l'ont été au titre de cette niche fiscale.

Les coups de rabot à répétition sur le taux de la réduction d'impôt du dispositif Scellier et sa disparition programmée ont provoqué la fureur des promoteurs. Un seul avantage - éventuel - est mis en avant: la baisse des prix.


Le deuxième plan de rigueur du gouvernement Fillon a sonné le glas des derniers espoirs: à l'exception des DOM-TOM (lire par ailleurs), l'avantage fiscal exclusivement réservé aux programmes BBC sera finalement de 13% cette année contre 22% l'année dernière, avec une suppression en janvier2013.

Économiser un milliard d'euros
Objectif du gouvernement: économiser un milliard d'euros. Mais des professionnels font remarquer à l'opposé que ce dispositif jugé "très efficace" mais "coûteux" par le rapporteur général du budget à l'Assemblée, l'UMP Gilles Carrez, risquait de se traduire par un manque à gagner de 1,9milliard sur la TVA. La disparition programmée du Scellier a évidemment provoqué l'ire des professionnels et pour cause: près de la moitié des 90.000 logements neufs vendus l'an dernier l'ont été au titre de cette niche fiscale. La Fédération des promoteurs immobiliers a fustigé «unensemble de mesures en contradiction avec les objectifs poursuivis par le Gouvernement, prises sans concertation préalable avec la profession au risque de fragiliser un peu plus un marché déjà hésitant.»

Le PTZ pour gommer l'effet Scellier?
Dans leur note de conjoncture de janvier, les Notaires de France estiment «probable que 2012 sera en retrait par rapport à 2011 en raison du coup de rabot sur le Scellier» sur le marché de la promotion immobilière. Ils n'écartent toutefois pas l'hypothèse que le Prêt à taux zéro (PTZ+) version 2012 désormais réservé aux seules acquisitions dans le neuf vienne au moins en partie gommer l'effet Scellier. Les promoteurs immobiliers brandissent de leur côté la perspective de 60.000 emplois perdus et rappellent que les dispositifs d'aides à l'investissement locatif avaient permis de créer 850.000 logements en dix ans, avec une progression limitée à 30%.

En contradiction avec le Grenelle
D'autres spécialistes soulignent que l'arrêt du Scellier est en contradiction avec les objectifs du Grenelle de l'environnement pour la construction BBC et risque par ailleurs de tendre un peu plus le marché de la demande de location toujours déficitaire par rapport à l'offre. Seule conséquence éventuelle positive: la baisse des prix. «Certains promoteurs ont eu tendance à surévaluer leurs prix en contrepartie des avantages fiscaux qui devenaient la seule préoccupation de l'investisseur», note un observateur. Les derniers mois de 2011 semblent confirmer cette tendance à la baisse avec la multiplication des offres promotionnelles.

DOM-TOM. Dernières opportunités à taux élevés !

Les dispositifs DOM-TOM restent intéressants. À la condition de choisir le bon interlocuteur, quitte à aller voir sur place ce que l'on achète. (Crédit photo / Groupe Océanic).

Les dispositifs spécifiques à l'investissement immobilier dans les DOM-TOM n'ont pas été épargnés par le rabot mais restent intéressants grâce aux taux plus élevés.


La piste reste pertinente à condition de sélectionner avec soin son produit et son interlocuteur pour éviter les flops retentissants. A l'exception du Girardin libre, les dispositifs DOM ont été maintenus jusqu'au 31décembre 2012, avec des avantages fiscaux certes rabotés mais toujours intéressants. Le Scellier libre passe ainsi de 36% à 24%, le Scellier intermédiaire de 46 à 32% sur 15 ans et le Girardin intermédiaire de 45% à 31%, sous réserve des années d'obtention du permis de construire, de réservation avant réitération des actes authentiques et des avantages Énergies renouvelables et Zones urbaines Sensibles.

«Pas à un billet d'avion près»
Les entreprises soumises à l'IS ont encore la possibilité de réduire de 100% ce dernier en jouant en plus du principe "carry back" qui permet l'imputation du déficit constaté sur les années précédentes. «Les dispositifs DOM-TOM restent intéressants. À la condition de choisir le bon interlocuteur, quitte à aller voir sur place ce que l'on achète. Quand on investit 200.000 à 300.000 €, on n'est plus à un billet d'avion près», prévient Frédéric Chazal, responsable du master Ingénierie Patrimoniale à l'IUP de Caen. L'histoire des produits défiscalisés outre-mer, et notamment dans l'arc antillais, est ponctuée de déconvenues parfois sévères. «Investir dans les DOM-TOM doit être un choix de raison et non de coeur», explique Johann Gosch, du groupe Océanic, le premier à s'être spécialisés sur la Guyane depuis une dizaine d'années. «La question n'est pas de savoir si on veut passer sa retraite à Saint-Barth mais d'anticiper sur le patrimoine constitué en sortie de dispositif au regard des avantages fiscaux accordés.» Parmi les causes avancées des problèmes rencontrés par les investisseurs: la stabilité économique et sociale des territoires retenus, la surévaluation des prix entraînant des loyers inaccessibles localement, des qualités de construction pas toujours conformes aux plaquettes "papier glacé", des difficultés ou d'absence de gestion de la location, la multiplication des intermédiaires.

«L'emplacement: la règle d'or»
«La règle d'or, c'est l'emplacement, souligne Johann Gosch. Rien ne sert d'acheter un appartement luxueux construit loin des centres car il n'y aura pas de locataire en face. De même, le loyer doit être compatible avec le marché. Inutile d'annoncer un loyer de 900€ mensuel pour expliquer après six mois d'inoccupation qu'il vaut mieux descendre à 750€.»

«Leurs actionnaires sont la priorité»

Pour Patrick Roger, professeur de sciences de gestion - École de management - à l'Université de Strasbourg, la structure des banques leur empêche d'être objectives. «Les banques ne peuvent pas être objectives parce qu'elles ont des actionnaires qui constituent leur souci premier. C'est leur satisfaction qui est la première recherchée, compte tenu par ailleurs de leurs contraintes réglementaires (Bâle 1, 2, 3, Solvency II pour les assureurs, etc.) Pour un particulier, cela se traduit par le fait que le banquier va orienter ses placements vers des produits sur lesquels l'établissement fait de la marge. Un peu comme un vendeur d'électroménager vous oriente vers la machine sur laquelle il marge le plus ou sur laquelle il touche la meilleure prime à la vente.

«Banques mutualistes plus rassurantes mais...»
Cela dépend évidemment du montant investi: un épargnant un peu plus fortuné que la moyenne sera dirigé vers le département "gestion privée", où il aura droit à un peu plus de présence, ne serait-ce que pour soigner son ego, mais les règles fondamentales évolueront peu. Si en terme de profil de risque les banques mutualistes sont plus rassurantes, leurs fonds maison sont aussi vendus de manière prioritaire. Si on veut être bien soigné, il faut surveiller ce que fait son gestionnaire dans le choix des produits de placement, car l'intérêt des deux parties n'est pas toujours convergent.

«Tout le monde se tient»
Les Français ont avec l'argent un rapport très différent des Anglo-Saxons, par exemple. Il y a des raisons historiques: le temps des banques nationalisées, quand le client pensait que son banquier travaillait pour le bien public. Depuis, la transition s'est faite mais la mentalité des Français n'a pas évolué aussi vite que celle des banquiers. Les banques françaises sont-elles solides? Les pouvoirs publics répondent oui. Mais si vous regardez la composition de l'actionnariat, par exemple, de la Société générale, vous trouvez une de ses filiales internationales. Natixis, Groupama... Tout le monde se tient. Cinq ans avant la crise, aucun Américain n'aurait imaginé la chute de Lehman Brothers. Sur les marchés, l'impossible arrive tous les jours. Et la garantie des dépôts à hauteur de 100.000€ ne tiendrait pas la route si des millions de déposants étaient concernés.»

«Comment mon Girardin-IS m'a aidé à passer la crise»

Olivier Chapotel, 54 ans, dirige un cabinet breton d'architectes qui compte parmi ses références des boutiques Givenchy pour LVMH à travers le monde, mais aussi Kenzo, Dior, etc. Ce qui ne l'a pas empêché de subir comme tout le monde les effets de la crise de 2007. Avec un amortisseur inattendu: un investissement Girardin-IS.

«Personne ne veut croire au miracle»
«Nous venions de réaliser un bénéfice correct. Un ami m'a proposé de défiscaliser par le biais d'un investissement Girardin-IS à Cayenne, en Guyane, raconte Olivier Chapotel. Je le connaissais très bien et j'étais sûr de lui. Il n'est pas du genre à faire du one-shot. Mais quand j'ai soumis l'idée à mon associé et à mon expert-comptable, nous avons tous été méfiants. Personne ne veut croire au miracle!»

270.000 € sous forme de SCI
L'expert-comptable se met quand même à la calculette et se renseigne sur la solidité de la société et du produit qu'elle propose: la maison a pignon sur rue et gère elle-même les biens proposés à la location notamment aux employés d'Arianespace qui travaillent sur le site Arianespace de Kourou. Le cabinet décide donc d'investir 270.000 € sous forme de SCI. À la clef, une économie d'impôt d'environ 90.000 € particulièrement bienvenue. «La crise était là et cette économie nous a permis de ne pas trop puiser dans notre trésorerie. Aujourd'hui, non seulement nous avons passé la crise mais nous sommes propriétaires d'un bien qui vaut toujours 270.000 € et qui est toujours loué, se félicite Olivier Chapotel. Dès que nous le pourrons, je pense que nous sortirons de cette opération, quitte à refaire la même chose.»

Un choix assumé
Ce dirigeant assume pleinement ce choix de défiscalisation face à ceux qui crient haro sur les "niches" fiscales. «J'estime qu'en terme de charges, nous sommes relativement ponctionnés et que cela pèse sur notre compétitivité. Les niches fiscales sont une sorte de contrepartie, de compensation, qui présentent en plus un véritable intérêt collectif: elles permettent d'orienter les investissements vers des zones jugées prioritaires par l'État, où personne n'aurait autrement l'idée de mettre les pieds alors qu'il y a un vrai besoin de logements confortables.»

Alourdissement de la taxation des retraites-chapeau

Décriées à la lumière de quelques cas jugés exagérés, les retraites-chapeau avaient échappé à une limitation de leurs montants. Leur taxation est désormais alourdie.


Lors de l'examen du projet de budget pour 2011, les députés avaient limité le montant de ces rentes à 30% du montant de la rémunération de la dernière année d'exercice. Une disposition annulée par les sénateurs. Le rapporteur général du budget, l'UMP Philippe Marini, avait en effet plaidé qu'il «n'appartient pas à l'État, et encore moins à la Loi de finances, de définir la politique salariale ou quasi-salariale des entreprises.»

Pas uniquement les hauts dirigeants
L'élu avait aussi précisé que «dans un certain nombre d'entreprises, elles ne concernent pas seulement les hauts dirigeants, mais les cadres.» De fait, selon un rapport gouvernemental, le montant moyen de ces rentes versées dans le cadre d'un régime supplémentaire à prestations définies - la définition légale -, était de 3.875 € par an, 62% des bénéficiaires touchant moins de 4.000 € par an et seulement 15% plus de 7.000 €.

Calcul sur un barème progressif
Épargnées sur le principe, les retraites-chapeau n'ont toutefois pas échappé l'an dernier à l'alourdissement de leur taxation. Elles font désormais l'objet d'une contribution calculée sur un barème progressif, applicable aux rentes versées à compter du 1erjanvier 2012.

Avant le 1erjanvier 2011
Pour les rentes versées au titre des retraites liquidées avant le 1erjanvier 2011, le taux de la contribution est de: - 7% pour la fraction supérieure à 500 € et inférieure ou égale à 1.000 € par mois - 14% pour la fraction de la rente supérieure à 1.000 € et inférieure ou égale à 24.000 € par mois - 21% au-delà. Auparavant, le taux était de 7 ou 14% selon que la rente était comprise entre 500€ et 1.000 € ou supérieure à cette tranche.

Après le 1erjanvier 2011
Pour les rentes versées au titre des retraites liquidées à compter du 1erjanvier 2011, le taux est de: - 7% entre 400 € et 600 €, - 14% au-delà de 600 € jusqu'à 24.000 € - 21% au-delà. Le taux était auparavant de 7% - et ce dès le premier euro -, pour les rentes de 400 à 600 € et de 14% au-delà. Seule la partie du prélèvement acquittée au titre des premiers 1.000 € de rente mensuelle est déductible.

Le trust. Un régime fiscal peu favorable voire contraignant

Du constituant à l'attributaire, en passant par l'agent d'instruction et le bénéficiaire. Le trust fait intervenir quatre, parfois cinq intervenants.


La loi de finance rectificative de juillet2001 définit le trust comme "l'ensemble des relations juridiques créées dans le droit d'un État autre que la France par une personne qui a la qualité de constituant, par acte entre vifs ou à cause de mort, en vue d'y placer des biens ou droits, sous le contrôle d'un administrateur, dans l'intérêt d'un ou de plusieurs bénéficiaires ou pour la réalisation d'un objectif déterminé." Le trust est un acte unilatéral par lequel une personne, le constituant, transmet un bien à un agent d'instruction dénommé trustee, chargé de gérer le bien confié au profit d'une troisième personne le bénéficiaire, avant de le remettre à une quatrième personne, qui est l'attributaire en capital, à l'expiration du trust.

Le protector
Il arrive parfois qu'une cinquième personne intervienne dans le dispositif. On le nomme le protector. C'est lui qui est chargé de surveiller le trustee dans l'exécution des instructions qui lui ont été données par le constituant. Juridiquement, les biens ainsi confiés au trustee ne sont plus dans le patrimoine du constituant. Ils sont aussi distincts du patrimoine personnel du trustee. Dans ce montage, la jouissance des biens appartient au bénéficiaire et c'est l'attributaire en capital qui aura la propriété absolue du bien, à l'expiration du trust.

ISF
Cette technique reste étrangère au droit français. En France, nous ne connaissons pas en effet de patrimoine qui n'ait pas de propriétaire. Ceci explique peut-être que le régime fiscal actuel qui leur est appliqué ne soit pas favorable. Il impose en effet en premier lieu les bénéficiaires sur des biens qui leur échappent. Ces derniers sont redevables des droits de succession applicables au décès du constituant sur les actifs composant le trust, qu'ils leur aient été distribués ou non. Ce régime fiscal pourrait même apparaître comme contraignant en imposant en second lieu le constituant sur des biens qu'il ne détient plus et qu'il ne contrôle d'aucune façon. Même en présence d'un trust irrévocable et discrétionnaire, le constituant est désormais susceptible d'être soumis à l'ISF.

Livrets sur-rémunérateurs : mirages et pas miracles

Sur internet, les offres promotionnelles ne sont rien d'autres que de formidables outils marketing liés à la fin du monopole de distribution du livret A si cher aux Français.

4, 5, 6 % ! Certains établissements n'hésitent pas à afficher des taux d'intérêt extraordinaires. Un conseil, lisez bien les petites lignes sur le côté...


La publicité va bon train: c'est à l'établissement qui offrira le taux d'intérêt le plus élevé sur son livret : 4,5%, 5%, 6%... Quand le livret A plafonne à 2,25% et qu'une assurance vie en fonds euro sort du 3%-3,3% avant prélèvements. Décryptage. Cet établissement financier annonce un taux de 6% à deux conditions : placer au maximum 100.000 € et le taux est garanti sur trois mois. Et après? Il faut aller lire les toutes petites lignes pour découvrir qu'au-delà des trois mois, le taux est ramené au "taux standard "" du livret de la dite-société. Quelques clics sur le web sont nécessaires pour découvrir, sur une autre page, que ce "taux" standard est de... 1,25% brut si les dépôts sont inférieurs à 15 300? - le montant maximum d'un versement sur un livret A - et de 1,60% au-dessus. Bref, comme le précise la compagnie, il s'agit bien d'un "taux de bienvenue", la performance sur l'année, au total, n'étant pas supérieur au livret A et ses 2,25% - inférieurs à l'inflation en fin d'année 2011. Un examen d'une offre similaire mais concurrente affiche un taux de base de 1,75% quand une troisième limite le taux de bienvenue aux sommes supérieures à 15.300? pour un taux de base de 2,35% brut. Là encore, pas de quoi sauter au plafond !


Outils marketing
Ces offres promotionnelles ne sont rien d'autres que de formidables outils marketing liés à la fin du monopole de distribution du livret A si cher aux Français : «il faut dorénavant capter leur attention dans un environnement fortement concurrentiel», explique Daniel Haguet, responsable de la filière Financiel Economics de l'EDHEC. Autres nouveautés dans le paysage bancaire : les banques en ligne dont la publicité vise apparemment à flatter l'ego des "cad'sups, techs et urbains". Parmi ces acteurs, une filiale d'un grand assureur international ou encore une société née de la volonté des caisses régionales d'une grande banque mutualiste. «Il y a sans doute l'idée d'aller concurrencer les services de gestion privée décentralisés des grands réseaux», remarque Daniel Haguet.

La clause de démembrement

La loi de finances rectificative de juillet2011 a introduit une évolution dans le calcul des droits entre usufruitier et nu-propriétaire en cas de clause de démembrement pour une assurance-vie. Le démembrement de la clause bénéficiaire permet de désigner plusieurs bénéficiaires d'un contrat d'assurance-vie: un usufruitier mais également un ou plusieurs nus-propriétaires. Une technique qui permet d'optimiser la transmission, notamment du point de vue fiscal.

Rapprochement des conditions de taxation
À la mort du souscripteur, les capitaux sont versés à l'usufruitier qui peut alors en disposer librement mais doit les restituer à ou aux nu(s)-propriétaire(s), à la fin de l'usufruit, c'est-à-dire au moment de son décès. Les nus-propriétaires ne disposent donc que d'une créance sur cette somme. Jusqu'alors, l'article990 I du Code général des impôts désignait un bénéficiaire "exclusif", le quasi-usufruitier. Désormais, le quasi-usufruitier et le nu-propriétaire sont bénéficiaires et leurs conditions de taxation se rapprochent. Un "projet d'instruction" prévoit notamment un partage de l'abattement de 152.500 € entre le quasi-usufruitier et les nus-propriétaires, en application de la clef de l'article669 CGI.

Une clause pertinente
La clause de démembrement reste-t-elle dès lors pertinente? Oui, répondent les Notaires de France et l'Ordre national des experts-comptables dans une présentation faite en début d'année. À la condition de "revisiter" les clauses bénéficiaires pour financer les droits dus par les nus-propriétaires.

Recours à un notaire incontournable
Leurs conseils: attribuer une partie du bénéfice en pleine propriété aux nus-propriétaires pour le paiement des droits, en prévoyant que l'usufruitier paiera les sommes dues par les nus-propriétaires à titre de charge du bénéfice de l'assurance-vie. La mise en place d'une clause de démembrement était déjà un exercice nécessitant un réglage très pointu. C'est encore plus vrai aujourd'hui et le recours à un notaire est évidemment incontournable.

«Être actif dans la gestion de son patrimoine»

Pour Daniel Haguet, professeur de Finance à l'EDHEC Business School, «le problème tient peut-être à une focalisation sur les grosses valeurs.»

«Il faut revenir aux fondamentaux: la bourse permet aux entreprises de trouver de l'argent pour financer leurs investissements. Tant que nous serons dans une économie de marché et que les besoins de financement des entreprises existeront, les Bourses ne disparaîtront pas et il n'y a pas de raison que ces placements ne soient pas intéressants pour les investisseurs.

«Être très sélectif»
Le problème tient peut-être à une focalisation sur les grosses valeurs par le biais de l'indice CAC 40. Sur une longue période, le CAC 40 affiche des performances inférieures à celles des petites valeurs dont la prime de risque est plus forte. Par ailleurs, quand on étudie le comportement des OPCVM et des FCP, on s'aperçoit que des gérants de portefeuille parviennent à des résultats qui sont loin d'être déplorables à condition de bien les sélectionner. Dans une période de tension, il faut être très sélectif et se soumettre à un vrai travail d'expertise, ce qui remet au coeur de la réflexion la nécessité du débat avec son conseiller financier. Un retraité peut avoir le temps de suivre son portefeuille. C'est rarement le cas pour un cadre, un dirigeant d'entreprise ou un professionnel libéral. D'où la nécessité d'être très bien entouré.

«Opérer des arbitrages»
D'autant qu'aujourd'hui, il faut être actif dans la gestion de son patrimoine. Il fut un temps où on pouvait se contenter de faire du "buy and hold" (achat pour conservation de la valeur dans la durée, ndlr). Aujourd'hui, il faut savoir opérer des arbitrages, y compris au sein d'un PEA. Il faut également jouer la diversification. S'il est difficile pour un particulier d'acheter en direct de la dette australienne, il existe parmi les 10.000 à 15.000 fonds européens disponibles des produits dédiés en totalité ou partiellement aux émergents. Il y a de réelles opportunités mais il faut là encore s'entourer d'un bon agent.»

«Ne pas suivre aveuglément la tendance»

«Il faut passer d'une gestion passive à une gestion beaucoup plus active», conseille Tarek Miloud, professeur de Finance à l'ESC Chambéry.

«Entre1990 et2000, le NYSE a progressé de 328%, le Nasdaq de 1057%. La crise des subprimes est passée par là mais aujourd'hui, ce ne sont plus les entreprises qui posent problème, c'est la dette des États et des pays. Nous sommes donc en pleine confusion liée au décalage entre le redressement des entreprises et la situation de l'économie et de l'emploi.

«Un problème culturel»
Beaucoup d'entreprises françaises et européennes sont leaders mondiaux dans leurs domaines et profitent pleinement de la croissance des pays émergents. Michelin a ainsi massivement investi en Inde et, sur le long terme, on peut parier sur un retour intéressant. Il y a aussi des valeurs très porteuses sur des indices moins connus comme l'IT Cac (technos). Le problème, ici, est foncièrement culturel: les Français ont une vision patrimoniale des marchés financiers quand les Américains vont y acheter de la liquidité. Or, il devient très difficile de bâtir des stratégies d'investissement à long terme car les crises cycliques n'interviennent plus tous les dix à quinze ans mais tous les cinq à sept ans. Il faut donc passer d'une gestion passive à une gestion beaucoup plus active.

«Entre 3.000 et 5.000 € par titre»
Mes recommandations: investir uniquement une part de l'excédent de son patrimoine après s'être assuré de liquidités à court et moyen terme; constituer un portefeuille bien diversifié; ne pas se précipiter; accepter une dose de risque; ne pas suivre aveuglément la tendance des investisseurs; sur des portefeuilles de l'ordre de 50.000 €, investir entre 3.000 € et 5.000 € par titre pour éviter les frais de gestion et de transaction très onéreux en France. Et se souvenir que Warren Buffet, qui reste la référence, a bâti sa fortune en investissant au moment du premier choc pétrolier!»

Actualité fiscale et patrimoniale. Une année folle

La réforme de l'ISF et la suppression du bouclier fiscal ont bien sûr marqué les esprits tant ces deux volets sont de véritables marqueurs de l'affrontement droite/gauche en France. (Photo : Claude Prigent / Le Télégramme)

De mémoire de fiscaliste, on n'a jamais connu pareille année. Crise de la dette oblige, les lois de finances rectificatives ont été aussi nombreuses qu'il y a de saisons dans une année. Tour d'horizon de quelques changements majeurs.


Deux plans d'austérité avec quatre lois de finances rectificatives, une loi de finances 2012 particulièrement rigoureuse... Dans sa course à la réduction tous azimuts du déficit budgétaire et l'ambition affichée d'un retour à l'équilibre des finances publiques en 2016, le gouvernement a multiplié les textes et les coups de rabots tout au long de l'année dernière. Des modifications qui ont donné le tournis aux spécialistes de la gestion de patrimoine et aux fiscalistes, tant les mesures se sont bousculées avec une fâcheuse tendance à jouer des effets d'annonce. Ce qui n'a pas vraiment contribué à la lisibilité de l'ensemble.

Avalanche de textes
La réforme de l'ISF et la suppression du bouclier fiscal ont bien sûr marqué les esprits tant ces deux volets sont de véritables marqueurs de l'affrontement droite/gauche en France. Mais au-delà de ces mesures politiquement symboliques, l'avalanche de textes affecte bien d'autres secteurs. De l'immobilier avec la disparition annoncée du dispositif Scellier ou la taxation des plus-values, à la gestion des chevaux de course en passant par l'alourdissement des taxes diverses et variées sur les dividendes, les retraites-chapeau, les modifications relatives à l'assurance-vie... Impossible ici de détailler l'ensemble des mesures. Et est-ce fini? La campagne électorale qui s'est ouverte laisse déjà présager que la prochaine législature - quel que soit le vainqueur - risque d'être chargée... et animée. Comme le souligne le président de l'Institut national du patrimoine et de la famille, peut être conviendrait-il que les politiques prennent un jour langue avec les acteurs de la fiscalité pour proposer des textes clairs et des règles limpides. Peut-être...

Misez sur le capital... humain !

Banque privée: une expertise sur-mesure

En France, coucher sur le papier les dispositifs fiscaux et patrimoniaux s'apparente bien souvent à un exercice de style tant nos gouvernants - de droite comme de gauche - aiment à triturer ce qui constituera toujours une arme électorale. Qui pour détricoter ce qu'a fait l'autre camp. Qui pour s'adapter tant bien que mal à une actualité dépassant bien souvent le cadre strict de la France. La confrontation des idées entre François Hollande et Jean-François Copé (lire ci-contre) en est une belle illustration. Mais au-delà du décryptage de ces postures idéologiques, qui ne tiendront - parions-le - que le temps de la campagne, profitons de ce guide du patrimoine pour rappeler une évidence aux chefs d'entreprise. Si la constitution d'un capital financier et patrimonial reste légitime au regard des risques que vous prenez, vous, patrons de PME (sauf à considérer que c'est tout un système à remettre à plat, suivez mon regard) n'oubliez pas un élément majeur: le capital... humain. Encore plus en ces temps où un certain pan de la finance - ne participons pas à l'amalgame souvent fait avec les banques - montre son vrai visage. Une entreprise, c'est une communauté de femmes et d'hommes qui se retrouvent - parfois par obligation, parfois par choix - autour d'un même projet. Et si le chef d'entreprise, trop penché sur ses placements, néglige cette évidence, c'est le mur qui l'attend au bout du chemin. Entraînant avec lui son équipe. Défiscaliser, investir en Bourse, préparer une donation restent des décisions cruciales pour votre avenir. Mais préserver votre capital humain devrait toujours rester l'élément majeur. p.crehange@lejournaldesentreprises.com

  • LE BILLET

Philippe Créhange, rédacteur en chef adjoint

Placements. Quels dispositifs pour quels résultats ?

La gestion de patrimoine s'est enrichie de nouveaux outils et a renforcé son recours au droit des sociétés pour pallier les insuffisances du droit civil. Ces outils de gestion sont mieux adaptés, plus efficaces et plus souples.

Immobilier, donation, assurance-vie, Bourse, défiscalisation... Difficile de faire un choix dans une telle jungle. Tour d'horizon des placements les plus en vogue.


La forme sociétaire constitue un moyen pertinent pour organiser et répartir des droits concurrents entre plusieurs personnes sur un ou plusieurs biens identiques. C'est le cas des avantages offerts par la société civile et la holding familiale. Une autre piste s'installe progressivement dans le paysage culturel de la gestion de patrimoine : la remise en cause du principe de l'unité de patrimoine qui interdisait à une personne de détenir plusieurs patrimoines. Ce double phénomène - utilisation des sociétés comme technique patrimoniale et remise en cause de la théorie de l'unité de patrimoine - offre des outils de gestion mieux adaptés, plus efficaces et plus souples. La gestion de patrimoine s'est en effet enrichie de nouveaux outils et a renforcé son recours au droit des sociétés pour pallier les insuffisances du droit civil. Revue de détail avec Emmanuel Blerard, spécialiste de ces questions au sein d'un établissement majeur de bancassurance.

Société civile : idéal pour le mobilier et l'immobilier
Cette forme sociétaire a une place privilégiée. Comme toute société, elle réunit des associés désireux de mener un projet en commun, de partager des bénéfices ou encore de réaliser des économies. Elle ne peut pas être commerciale, ce qui la rend particulièrement adaptée à l'organisation d'opérations immobilières. Son régime légal extrêmement souple permet de rédiger les statuts de façon adaptée aux projets poursuivis. C'est donc un outil idéal pour gérer et développer un patrimoine mobilier comme immobilier.

PERCO, bien adaptés aux petites entreprises

Les PERCO sont soumis au même régime social et fiscal que les PEE, à deux exceptions près: un abondement supérieur à 23.000 € est soumis à une contribution sociale patronale de 8,2% et l'entreprise peut constituer une provision pour investissement correspondant à 25% de l'abondement. À la sortie, un PERCO donne lieu au versement d'une rente et/ou du capital constitué. Si le salarié opte pour le capital, celui-ci est totalement défiscalisé. La rente, elle, est assujettie au régime fiscal des rentes viagères acquises à titre onéreux.

Indéniables atouts fiscaux et sociaux
Ces outils présentent d'indéniables atouts fiscaux et sociaux, tant pour les salariés que pour l'entreprise. Ils peinent toutefois à séduire les TPE et les petites PME. Motif le plus souvent invoqué: la peur de s'engager quand le dirigeant n'a pas toujours une bonne visibilité à moyen/long terme. Un argument que réfute Frédéric Chazal. «C'est au contraire une solution particulièrement adaptée aux entreprises qui comptent jusqu'à dix ou douze salariés», affirme-t-il. «Dans ces structures, le dialogue social est souvent plus facile, moins formel que dans des entreprises plus importantes. Le salarié d'une TPE ou employé par un professionnel libéral vit l'entreprise. Il sait quand les choses vont ou ne vont pas, quand l'abondement est possible ou pas et à quel niveau il peut se situer, en fonction des années. Ce sont donc des outils très opportuns pour les petites entreprises.»

Jongler... pour ne pas se faire plumer

Pour gérer son argent dans une jungle où les vendeurs de mirages ne lésinent pas sur le marketing, choisir le bon conseiller reste la priorité.

Avec l'avalanche de modifications législatives et une situation économique instable, optimiser son patrimoine tient aujourd'hui de l'exploit.


Conseiller patrimonial. Voilà une profession qui n'est pas particulièrement à envier en ce moment au regard des complexités liées, d'une part à la conjoncture et, d'autre part, à la surenchère politique. Les professionnels nous le disent tous ou presque, gérer un patrimoine devient aussi compliqué que de remettre en ordre un Rubik's cube en moins de deux minutes. C'est d'ailleurs un véritable cri d'alarme que lance dans nos colonnes le président de l'Institut national du patrimoine et de la famille (INPF). Maître Bruno Delabre évoquant la nécessité de «textes clairs.»

Casse-tête
Autant dire que pour le chef d'entreprise en recherche d'optimisation de son patrimoine, tout ceci s'apparente bien souvent à un casse-tête. Et ce qui paraissait relativement "sûr" par le passé ne l'est plus aujourd'hui. Combien se sont en effet cassé les dents sur la Bourse? Qui n'a pas été surpris par les faibles rémunérations des assurances-vie et autres livret A? Dans cette jungle - où les vendeurs de mirages ne lésinent pas sur le marketing - nous avons interrogé professionnels et acteurs du patrimoine et de la fiscalité. Objectif, vous apporter quelques pistes de réflexion et, espérons-le, de succès. À vos calculettes! Ce numéro hors-série a été réalisé avec Christian Curtenelle (Aprc2)

P.C.

Acquérir ses locaux professionnels... Quand c'est possible

En phase de démarrage ou de croissance de l'activité, mieux vaut louer ses locaux pour pouvoir dénoncer le bail à échéance si nécessaire.

Quand on crée son activité, faut-il rester locataire ou doit-on nécessairement acquérir ses locaux? La deuxième solution permet de se constituer par exemple des revenus complémentaires à la retraite.


La question revient régulièrement même si elle n'amène pas de réponse unique: un chef d'entreprise a-t-il intérêt à détenir en propre ses locaux professionnels et le terrain afférent.

Perception d'un loyer
En phase de démarrage ou de croissance de l'activité, le choix n'est peut-être pas judicieux. L'entreprise peut avoir besoin de s'étendre physiquement. Mieux vaut louer ses locaux pour pouvoir dénoncer le bail à échéance si nécessaire. Une jeune entreprise a par ailleurs d'autres soucis que d'immobiliser une part non-négligeable de sa trésorerie. La question se pose véritablement quand l'entreprise a trouvé son rythme de croisière et que son dirigeant n'envisage plus un changement de localisation. Parmi les intérêts avancés par plusieurs spécialistes: la possibilité de percevoir un loyer une fois en retraite ou après le départ de l'entreprise; dissocier l'activité de ses locaux peut être un argument facilitant une transmission.

SCI, l'outil classique
La banque peut préférer voir les locaux figurer au bilan mais elle est rarement insensible à la situation patrimoniale personnelle de son client. Une SCI est l'outil classique pour ce genre d'opération, en prenant bien soin de prévenir les difficultés pouvant surgir d'un divorce, par exemple, en cours d'activité.

Niches fiscales: quelques exemples de rabotage

Banque privée: une expertise sur-mesure

Si les niches fiscales ne disparaissent pas cette année du paysage français, les coups de rabot ont été sévères avec l'annonce de nouvelles réductions de 15% cette année. Rappel de quelques réductions d'avantages fiscaux: - Réduction d'IR pour souscription au capital d'une PME:
18% en 2012 contre 22% en 2011 et 25% en 2010 - Réduction d'ISF pour le même motif: 38% (45% en 2011, 75% en 2010) - Scellier (hors DOM TOM): 13% au lieu de 16%. Ne concerne plus que les logements BBC dans la limite d'un prix de 300.000 € dont le prix au m² est plafonné selon la zone géographique (ex: 5.200 €/m² en zone A bis). - Malraux: 22% et 30% pour 2012 (pour mémoire, 30% et 40% en 2010) - LMNP: 11% en 2012 (18% en 2011, 25% en 2010). - SOFICA: prorogation de la réduction d'impôt au titre des souscriptions au capital de SOFICA jusqu'au 31décembre 2014. Les réductions passent de 36% à 30% et de 43% à 36%. - Le crédit d'impôt pour dépenses d'amélioration de la qualité environnementale des logements a été prorogé jusqu'au 31décembre 2015 (art. 81 - LF12) avec des taux diminués de 2% et rabotés de 15%. - Le plafond global des avantages fiscaux introduit en 2009 est fixé à 18. 000 €, avec une majoration de 4% du revenu imposable. Ces chiffres étaient respectivement de 25.000 € et 10% en 2009.

Nouvelle menace sur les revenus du patrimoine?

Nicolas Sarkozy l'a annoncé fin janvier: la réforme du financement de la protection sociale passera par une hausse de deux points de la CSG sur les placements financiers.


Le taux global des prélèvements sociaux perçus sur les revenus tirés des assurances vie, des livrets bancaires, des actions, obligations et autres OPCVM passeraient ainsi de 13,5% à 15,5%, avant taxes sur les plus-values mobilières si elles existent. Le camp du candidat socialiste François Hollande a aussitôt répondu qu'en cas de victoire, il annulerait cette disposition - de même que la hausse du taux de TVA. Cette prise de position concernant les revenus du patrimoine peut surprendre venant des pourfendeurs du "monde de la finance". En fait, il s'agirait de soumettre les revenus de l'épargne au barème de l'impôt sur le revenu afin d'éviter de pénaliser les si convoitées classes moyennes.

Les cinq prélèvements
Pour mémoire, la contribution sociale généralisée (CSG) est la principale des cinq composantes des prélèvements sociaux, avec un taux de 8,20%. S'y ajoutent la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) pour 0,5%, le prélèvement social (3,40%), la contribution additionnelle autonomie-solidarité (0,3%) et la contribution RSA (1,1%). À noter que la CSG sur les revenus du patrimoine soumis à l'impôt sur le revenu au barème progressif est ensuite déductible du revenu global à hauteur de 5,8%.

Revenus des capitaux mobiliers: majoration du PLF

Avec la 4e loi de finances rectificative 2011, le PLF sur les dividendes est porté de 19à 21%.


L'article20 de la 4e loi de finances rectificative 2011 a majoré le prélèvement forfaitaire libératoire pour les revenus des capitaux mobiliers (RCM). Le PLF sur les dividendes est ainsi porté de 19% à 21%, celui sur les produits de placement à revenus fixes de 19% à 24%. À noter que les revenus distribués par les SIIC et les SPPICAV sont désormais exclus de l'abattement de 40% et ne pourront plus figurer dans un PEA.

Écart faible entre l'option "avec" et l'option "sans"
Une étude comparative réalisée par les Notaires de France et l'Ordre national des experts-comptables révèle un écart assez faible entre les choix "avec" ou "sans" option PLF pour des contribuables dont les revenus sont soumis à la tranche marginale d'imposition de 41%.

PLF intéressant si...
Pour 100.000 € de dividendes, le montant net après impôt et CSG est de 65.529 € sans option pour le PLF et de 65.500€ avec l'option. Conclusion: pour une tranche marginale d'imposition de 41%, l'option PLF n'est intéressante que si les dividendes sont - supérieurs à 52.104 € pour un célibataire - supérieurs à 104.208 € pour un couple, compte tenu de l'abattement fixe à la base de 1.525€ et de 3.050 €.

Fonds éthiques. Entre social et rentabilité

La recherche d'une rentabilité maximale doit-elle être la seule motivation de l'investisseur? De nombreux intermédiaires proposent depuis plusieurs années des fonds dits "éthiques" qui reposent sur la notion de responsabilité sociale.

Pas moins rentable que les autres
«Dans une période où l'organisation du système économique est questionnée, les choix d'investissements peuvent intégrer des considérations non financières», plaide Sandy Campart, directeur de l'IUP Banque Finance Assurance au sein de l'IAE de Caen. «Certains se tournent vers les CIGALES (Club d'Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l'Épargne Solidaire), des structures de capital-risque solidaire au service de la création et du développement d'entreprises locales», explique-t-il. Il existe aussi une gamme croissante de fonds dits "éthiques" qui intègrent des critères environnementaux, sociaux ou moraux dans la sélection des titres. Il n'est en outre aujourd'hui pas démontré que ces fonds présentent une rentabilité moins élevée que les autres.» Et c'est parfois un euphémisme!

«De bonnes opportunités sur le marché français»

Pascal Paumard, responsable du Pôle Finances-Économie de l'ESC Pau, croit aux «coups à très court terme.»

«Même si en ce moment les Bourses sont chahutées, il est toujours intéressant d'investir sur les marchés financiers. Surtout face au manque de lisibilité des autres placements. En terme de performances, il convient de se situer dans le moyen/long terme avec la possibilité de "coups" à très court terme, sous réserve de disposer d'un minimum de connaissances et de technique.

Marchés émergents: pas plus de 25% du portefeuille
Beaucoup de titres ont été massacrés ces derniers mois et il y a des actions très bon marché, notamment en France. Pour ce qui concerne les pays émergents, c'est à mon avis le summum de la spéculation. Les amplitudes à la hausse mais aussi à la baisse peuvent être très violentes et si on y va, il faut savoir qu'on peut être très secoué. Si les marchés occidentaux fournissent globalement une information fiable, transparente, ce n'est pas toujours le cas des places qui, pour moi, restent exotiques. Pour une gestion de père de famille, je pense que les émergents ne doivent pas constituer plus de 20 à 25% d'un portefeuille.»

Bourse. Faut-il encore y croire?

Autrefois reine, la Bourse a généré chez certains de belles déconvenues. Il faut toutefois faire la différence entre titres. Sur une longue période, le CAC 40 affiche ainsi des performances inférieures à celles des petites valeurs dont la prime de risque est plus forte.

Dans un contexte chahuté depuis 2007, les investisseurs privés peuvent s'interroger sur l'opportunité des marchés "Actions". Trois professeurs de Finance sont convaincus que la Bourse offre de réelles opportunités, sous certaines conditions.


JDE | Édition Loire-Atlantique - Vendée 44 | 2 mars 2012

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