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JDE Edition Loire 42

Philippe Parain. De la technique à la gestion

ajouté le 5 novembre 2010  -  - Mots clés : Actualité, Rencontre, Leaders

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Philippe Parain a reçu les insignes de Chevalier de la Légion d'honneur

À 49 ans, Philippe Parain vient de recevoir les insignes de Chevalier de la Légion d'honneur. Avec un parcours sur fond de technique, ce passionné d'électronique est aujourd'hui à la tête d'une PME locomotive de notre département, Thales Angénieux.

Nicolas Bros

«Depuis 5 ans, je suis totalement dans mon élément» Philippe Parain aime son métier. Depuis 2005, il est à la tête d'une des PME historique du groupe Thales, à savoir Thales Angénieux, située à Saint-Héand et spécialisée dans la conception d'optiques de haute précision. «Nous sommes à la fois au sein d'un grand groupe avec ses avantages et parfois ses inconvénients, mais nous restons une PME dotée d'une grande réactivité et d'une souplesse d'action» assure celui qui n'avait pas envisagé de devenir le P-dg de Thales Angénieux. «Non, ce n'était pas prévu. Ce fut une belle opportunité. Depuis mes débuts j'ai pu évoluer dans l'électronique, en passant de la conception au management et à la direction.»

Baigné dans l'électronique depuis sa jeunesse
Issu d'une famille modeste, élevé par sa mère, Philippe Parain s'est intéressé très tôt aux nouvelles technologies qui l'entouraient dans les années 70. «Ma jeunesse s'est déroulée au milieu de l'évolution de l'électronique, explique-t-il. Le déclic de mon parcours a été de savoir comment on transmettait une image dans l'air. Ca a été finalement le fruit de ma passion. J'ai très vite eu la volonté de comprendre et de faire.» Philippe Parain est passé par différents métiers avant d'entreprendre des études d'électronique. «À l'époque, à la campagne, les études apparaissaient comme assez obscures, explique-t-il.Dès mes 12 ans, j'ai travaillé dans des boulangeries, restaurants... On apprend la vie grâce à ces métiers. Je me suis rendu compte de la dureté du travail et de la nécessité des études.» Passé par la Belgique pour son baccalauréat en électronique, puis revenu en France pour passer son DUT d'électronique à Cachan (un des plus réputés), Philippe Parain a gravi progressivement tous les échelons de l'entreprise jusqu'à la direction.

Un gestionnaire de PME dans un grand groupe
Avant de positionner Thales Angénieux en tant que leader mondial des zooms pour le cinéma et nº1 européen dans le domaine de la vision nocturne, Philippe Parain est passé de la technique à la gestion en restant fidèle à de grands groupes. Cependant, il a acquis une expérience significative dans le redressement de PME. «Depuis 2000, j'ai travaillé pour la relance d'entités internes au groupe Thales. Ces missions m'ont permis d

'appréhender la direction d'entreprises connaissant certaines difficultés, explique-t-il. Cela a complété mon bagage technique que j'avais acquis au cours des vingt années précédentes.» C'est en partie pour son rôle dans la relance économique de ces sociétés qu'il vient de recevoir les insignes de Chevalier de la Légion d'honneur.

Défendre l'industrie français
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Ces insignes, il les doit également à son combat mené pour le développement de l'industrie française à travers son association «Entrepreneurs engagés». «Je suis un partisan de l'industrie française. Le travail est le ?nerf de la guerre?, assure-t-il. En France, nous avons beaucoup de qualités comme par exemple notre système éducatif. Par contre, nous devons éviter les clivages ?cols bleus? et ?cols blancs? dans nos entreprises, ainsi que les fausses images des métiers techniques auprès des jeunes. Nous avons un réel besoin de techniciens.»

«Je souhaite continuer mon combat pour l'entreprise en France»


Vous êtes à la tête d'un des fleurons de l'industrie technologique de notre région. Quel regard portez-vous sur cette dernière?
Je suis souvent en voyages d'affaires. Cependant, ma vision de la région m'amène à penser qu'il existe certains freins à son développement. L'attractivité n'est pas assez forte. Chez Thales Angénieux, nous travaillons finalement peu avec des clients locaux. Nos clients sont situés dans le monde entier étant donné notre secteur d'activités.
Comment arrivez-vous à gérer votre emploi du temps entre Saint-Héand et vos voyages à travers le monde?
Il n'y a aucune semaine qui se ressemble. Mon travail est passionnant. Je n'ai que peu de temps à consacrer aux loisirs. Ceci dit, j'ai quand même pu courir 4 marathons depuis 2000. En tant que dirigeant, on ne doit pas compter ses heures. Il existe une vraie rupture entre le mythe des 35heures et le travail des dirigeants. Quand on relance l'activité d'une entreprise, ça ne se fait pas avec les 35heures.
Au cours de votre parcours professionnel, y a-t-il des personnes qui ont compté pour vous?
Je citerai trois noms importants à mes yeux. Tout d'abord, Pierre-Yves Chaltiel, qui est pour moi un grand manager que j'ai accompagné pendant près de 15 ans.
Ensuite, Hervé Morin, ministre de la Défense. Il possède une véritable fibre humaine forte et sincère. J'ai eu l'occasion de le côtoyer plusieurs fois, notamment lors de sa visite à Saint-Héand en octobre2008. Il est très proche des gens, très accessible et chaleureux. C'est une force. Enfin, pour citer une figure ligérienne, François Rochebloine, que j'admire pour son engagement en faveur de l'emploi dans la région.
Quels sont vos projets d'un point de vue personnel et professionnel?
Je souhaite continuer à mener mon combat pour l'entreprise en France. À travers l'association ?entrepreneurs engagés?, plusieurs actions sont menées. Parmi celles-ci, la prévention dans le domaine de la santé en entreprise me tient à coeur. Le développement du sport pour les salariés est un enjeu important pour le mieux-être en entreprise. Psychologiquement, les bienfaits du sport sont importants. Il faut continuer à travailler dans ce sens à l'avenir. En ce qui concerne Thales Angénieux, l'innovation doit persister pour que nous continuions à exister. Différents dossiers comme la 3D sont des développements très importants pour nous.
Vous avez reçu récemment les insignes de Chevalier de la Légion d'honneur. Quelle est votre réaction?
C'est un grand honneur pour moi. Au sein de ma famille, ce n'est pas commun de recevoir une telle distinction. C'est une vraie reconnaissance de l'État pour les actions que nous menons pour le travail en France. Cela me confirme dans l'idée de continuer à valoriser l'industrie française. Cela passe également par l'amélioration de l'image industrielle auprès des jeunes avec la valorisation des parcours menant aux métiers de l'industrie. Les différents clivages qui peuvent exister dans notre pays, lui font mal. Les différences en font la force et ne sont pas des freins.

Parcours


1961 Naissance à Meaux
1980
Baccalauréat F2 électronique à l'Institut Technique de Mouscron en Belgique
1982
DUT d'électronique à l'IUT de Cachan
Novembre 1982
Arrivée chez Thomson CSF en tant que technicien d'études
1985 à 1999
Chez Dassault, il occupe différents postes , oeuvrant pour la conception de systèmes de contremesures
1999
Fusion de Dassault et de Thomson, il reste Directeur des équipes d'études et développement
2003
Directeur Délégué de Thales
2005
P-dg de Thales Angénieux à Saint-Héand

Septembre 2010
Reçoit les insignes de Chevalier de la Légion d'Honneur.

Il aime : - Sa famille. - La musique, «je suis fan autant de Julien Doré que de Franck Zappa» - La tolérance et les différences, «qui sont un atout» - Le service que propose les Asiatiques. «Là-bas, le mot de service a un réel sens. On cerne bien ce que veut dire ?à votre service? avec le sourire, la politesse.» - Les gens. «J'aime les relations humaines, simples et authentiques» Il n'aime pas - Les excès, «quels qu'ils soient» - «La création de clans entre les patrons et les salariés ou entre les riches et les pauvres. Cela fait du mal à la France.» - «Les personnes qui considèrent que tout leur est acquis.»

JDE | Édition Loire 42 | 5 novembre 2010

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