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jeudi 2 septembre 2010

Rencontre

JDE Edition Loire 42

Patrick Bouchet. «Être bien pour bien travailler»

ajouté le 5 juin 2009  - 

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 Patrick Bouchet.  «Être bien pour bien travailler»

Amateur de défis en permanence renouvelés, le patron du groupe BRP (Batim'Alu) à Saint-Étienne, Patrick Bouchet, s'est fixé comme priorité de s'investir pour les autres. Sans prétention, il promeut un management plus humain.

Stéphanie Gallo

Il voulait être prof de gym car passionné de course à pied, de ski de fond et de vélo, puis architecte, mais c'est finalement dans la menuiserie aluminium que Patrick Bouchet a fait carrière. Et plutôt une belle carrière d'ailleurs! À 44 ans, il est en effet à la tête du groupe stéphanois BRP, une holding regroupant 5 PME du BTP: Batim'Alu, Profil'Espace, Techni.fer, Techn'open et Aqua'tech. Soit un chiffre d'affaires global de près de 7M€ pour un effectif de 43 salariés.

La menuiserie aluminium par hasard
Pourtant, c'est vraiment par hasard, qu'il s'est lancé dans la menuiserie aluminium. Après un concours raté pour être prof de gym, il avait bifurqué vers l'école d'architecture. «Je dessinais, je construisais des petites cabanes dans les bois. Cela me passionnait. Mais mes enseignants ont estimé que j'étais trop technicien et pas assez créatif! Bref, je n'ai qu'un seul regret dans ma vie, c'est celui de ne pas être architecte» raconte-t-il, un brin nostalgique. Nostalgie qui le reprend de plus belle lorsqu'il évoque l'armée... Très sympathique, particulièrement chaleureux et souriant, le patron semble aux antipodes du milieu militaire. Et pourtant, il avoue avoir adoré cette période de sa vie. La sonnerie de son téléphone portable, un son de clairon dans toute sa splendeur, confirme ses dires. Celui qui, paradoxalement, affirme détester l'ordre et les relations conflictuelles, à tel point qu'il anticipe aujourd'hui les demandes d'augmentations de ses salariés, a même songé très sérieusement à s'engager. «C'est vrai que je déteste recevoir des ordres, je préfère les donner», sourit-il «mais justement j'avais fait en sorte de ne pas faire mon armée comme seconde classe. Quant aux situations conflictuelles, l'armée est la première école de management de France. On y apprend à désamorcer les conflits». 15 jours avant de partir définitivement, il rencontre sa future épouse qui lui demande de choisir...

Le plus important : la famille
Son père, directeur administratif et financier dans une entreprise d'électricité lui propose alors de l'accompagner dans une entreprise de menuiserie alu avec laquelle il traitait. «Cela m'a tout de suite emballé. J'ai immédiatement embrayé sur un CAP. Et à partir de là, j'ai tout mis en oeuvre pour créer ma société. Je me suis senti prêt à 23 ans. J'ai eu la chance énorme d'être suivi par mon père». Des années plus tard, il répercute ce que son père a fait pour lui en accompagnant de jeunes entrepreneurs. Comme élu CCI sous l'ère André Laurent, par exemple, en mettant au point avec Dominique Jaboulay et Jean-Claude Fuchs le dossier guide du label ?Entreprendre en France?. Ou dans sa propre entreprise en soutenant des porteurs de projets. Président d'Handiloire, club d'entreprises du Medef pour la promotion du handicap dans l'entreprise, président Loire de l'association pour le progrès du management, il promeut un nouveau système de management. Plus humain, plus attentif au bien-être des salariés. Une vision dictée par l'obtention de meilleurs résultats économiques, «être bien pour bien travailler», mais aussi, et surtout par une philosophie générale de vie. «L'homme n'est pas fait pour travailler. Alors, il faut rendre le travail plus agréableet ne pas perdre de vue l'essentiel». Et pour Patrick Bouchet, l'essentiel est, sans conteste, sa famille. «Le sport du chef d'entreprise, c'est de gagner toujours plus d'argent. Mais le plus important dans la vie, c'est sa famille. J'adore mon travail, mais je suis conscient que ce n'est qu'un moyen de vivre. Je crois que certains l'oublient!»

«J'ai envie de rendre ce qu'on a fait pour moi»


Le groupe BRP, qui compte aujourd'hui 5 entreprises, bientôt 7, s'est construit au fil de vos rencontres et de vos envies de soutenir tel ou tel projet... C'est original comme modèle de développement!
C'est vrai! À plusieurs reprises, on est venu me trouver pour me présenter des projets de création ou de reprise d'entreprise. J'ai eu envie de donner un coup de main à ces gens qui voulaient se mettre à leur compte. On a monté les dossiers ensemble, et leur entreprise a intégré le groupe BRP. Au fil des ans, Batim'Alu a ainsi été rejoint par Profil'espace, Techni.fer, Techn'Open et Aqua'Tech. Maintenant, cela se sait, j'ai régulièrement des personnes qui viennent solliciter mon aide.
BRP a, non seulement, une histoire originale mais aussi une méthode de management peu ordinaire...
Mon objectif, au final, est de parvenir à ce que les dirigeants de ces entreprises soient le plus impliqués possible. Il ne s'agit pas de s'approprier leur projet mais de faire en sorte qu'ils le portent, qu'ils s'épanouissent vraiment. C'est mieux pour eux, et c'est mieux pour moi, car c'est synonyme de meilleures performances de leur part. Ceci dit, je n'ai pas la science infuse. Ils sont tous gérants de leur société mais au fil de leur intégration, j'ai appris, et on a fait des ajustements. Pour la première entreprise qui a rejoint Batim'Alu, Profil'Espace, son gérant est minoritaire. J'ai compris que ce n'était pas la bonne formule alors, pour la suivante, Techni. Fer, le gérant est à égalité avec moi. Mais, c'est une position un peu bizarre. Alors pour les deux dernières, Techn'open et Aqua'Tech, les gérants sont majoritaires. Je dois avouer que je ne suis pas encore tout à fait satisfait. Il va falloir trouver quelque chose de mieux pour les prochaines...
Pourquoi chercher, à ce point, à épauler ces jeunes entrepreneurs?
Mon père était directeur administratif et financier dans une entreprise d'électricité. C'est lui qui m'a fait découvrir, par hasard, la menuiserie aluminium. C'est lui aussi qui m'a suivi dans l'aventure de la création de Batim'Alu. Il a mis en place toute la structure administrative et financière. Cela a vraiment représenté une énorme chance pour moi. Il me semble que j'ai une dette morale. Et puis, je dois avouer aussi que j'aime avoir toujours de nouveaux challenges. Comme le dit si bien mon épouse, j'aime avoir des boutons à gratter. Aujourd'hui, j'ai fait le tour de Batim'alu, je m'ennuie. Alors, je suis en perpétuelle recherche de nouveaux défis.
C'est dans le même esprit que vous avez endossé de nombreuses autres casquettes: adjoint à la mairie de la Fouillouse, président Loire de l'association pour le progrès du management, président d'Handiloire, vice-président du Case rugby...
Oui, mais c'est vrai que là, je reconnais, cela fait trop de choses. Je suis toujours à la course, cela commence à devenir fatiguant. Mais je ne voulais pas avoir de regret. J'aurai eu une bonne panoplie: de l'économique, du sportif, du syndical et du politique. Je pourrai choisir en connaissance de cause!
Et vous allez choisir...
Je pense que je me retirerai de l'entreprise avant mes 55 ans. Je veux laisser la place à un entrepreneur plus jeune, qui aura plus de punch. À long terme, lorsque je n'aurai plus besoin de gagne-pain, je me verrai bien dans la politique. J'ai déjà fait un pas avec les dernières élections municipales car je voulais que le monde économique soit représenté mais je pense que je m'impliquerai davantage. Peut-être au Conseil général!

Parcours


10mars 1965
Naissance à Saint-Étienne
20septembre 1986
Il rencontre sa future épouse, quinze jours avant de s'engager à l'armée
17juillet 1983
Création de Batim'Alu à Saint-Priest-en-Jarez
1996
Déménagement de l'entreprise sur Saint-Étienne et naissance de son premier fils, Marc-Antoine
1998
Naissance de Pierre-Edouard, le benjamin de la famille
2005
Suite à la démission du gérant de Techni.fer, Patrick Bouchet en propose la direction à son second, Hervé Fernandez
2007
Perte de son meilleur ami, Thierry Fernandez, le frère d'Hervé

JDE | Édition Loire 42 | 5 juin 2009

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