

Rencontre
ajouté le 1 mai 2009 - - Mots clés : Actualité, Rencontre, Alain Berthéas, Loire Forez, Ganzoni
Alain Berthéas, dirigeant de Ganzoni France, a longtemps partagé son temps entre Saint-Just-Saint-Rambert et son site alsacien. Depuis un an, il a ajouté une nouvelle contrainte à son emploi du temps: celle de président de Loire Forez.
Stéphanie Gallo
Il a l'image d'un homme sérieux, carré, organisé, décidé... D'un patron, doublé d'un politique, en bonne et due forme quoi... Avec tout ce que cela sous-entend comme préjugés. Cette image, il en a conscience sans que cela l'affecte outre mesure, il arrive même à en sourire parfois. «J'ai tendance à m'éparpiller, alors je cale précisément les choses pour être certain d'avancer. Quant au côté décidé, j'assume. Je sais trancher, c'est vrai. C'est amusant, les gens pensent que je suis une personne très sophistiquée. Pourtant, ma vie personnelle est très simple» assure le patron de Ganzoni France (contention médicale), à Saint-Just-Saint-Rambert, et de la communauté d'agglomération Loire Forez. Un homme très occupé donc qui parvient pourtant à se rendre disponible pour ses 3 petits-enfants, dont il affiche fièrement quelques photographies dans son bureau, emblèmes de son attachement à sa vie familiale.
À fond
«Je suis plus extravagant que ce que la plupart des gens imaginent. J'ai souvent des coups de coeur, je suis capable de faire des choses inattendues, sur un coup de tête», confie Alain Berthéas. Entre les réunions officielles et les poignées de main, il s'amuse d'ailleurs de la surprise qu'il provoque en débarquant à bord de sa Ducati. «Lorsque j'enlève le casque, c'est la stupéfaction... C'est drôle! Mais si j'y vais en moto, c'est avant tout parce que j'adore rouler. C'est une sensation dont je ne me lasse pas». Alain Berthéas va même plus loin. Il est assuré à la Mutuelle des Motards et adhère depuis très longtemps à la Fédération des motards en colère! «Je peux aller manifester avec les motards contre une injustice». Et de justifier ainsi, cette spontanéité inattendue: «Lorsque j'étais à l'école d'ingénieur, j'ai passé des tests de personnalité. On m'a indiqué que j'étais romantique, passionné et colérique. Je crois que c'est vrai. J'ai un caractère de cochon, je me suis calmé avec les années, mais je monte vite dans les tours. Quant au côté passionné, cela se mesure par le temps que je consacre aux choses qui m'intéressent. Je ne fais jamais les choses à moitié. Si je décide d'y aller, c'est à fond».
Gravir les échelons
À fond, en effet, c'est un peu comme ça qu'il a vécu toute sa carrière professionnelle, à laquelle s'ajoute, depuis 1995, un parcours politique. «J'ai grandi au milieu des métiers à tisser puisque mon père avait fondé l'entreprise Tricotage élastique du Forez. C'est une époque dont je suis nostalgique. Je me faisais disputer par mon père parce que je piquais, avec les copains, des fils de gomme pour faire des frondes...», se souvient Alain Berthéas. Après avoir un temps pensé devenir architecte, construire des ponts plus exactement, il n'échappe finalement pas à son destin et fait des études d'ingénieur textile. Il projette d'aller au Canada mais intègre finalement, dès 1980, l'entreprise familiale. «J'ai suivi des formations complémentaires et j'ai gravi les échelons petit à petit jusqu'à devenir président de la nouvelle entité formée par TEF et Ganzoni. Je n'ai aucune frustration sur ma carrière, j'ai construit beaucoup de choses, et de ponts même s'ils sont virtuels». Depuis quelques mois, Alain Berthéas a décidé de déléguer un peu plus ses attributions de chef d'entreprise afin de se consacrer plus sereinement à son poste de président de Loire Forez.
Vous êtes, depuis un an, président de la communauté d'agglomération Loire Forez. Qu'est-ce qui vous a poussé vers la politique?
Mon parcours politique, si on peut dire, a commencé en 1995. En raison de mon implication dans les associations locales, notamment dans la Pontoise, le maire de Saint-Just-Saint-Rambert m'a proposé de rejoindre sa liste. J'ai dit oui parce que j'avais envie de m'impliquer dans la vie de la commune. J'ai eu la chance, dans ma vie professionnelle, de me déplacer partout sur le globe, mais j'ai toujours été content de revenir dans le Forez. Ce sont mes racines. Et dès la création de la communauté de communes, j'ai été délégué communautaire. Cela m'a tout de suite intéressé d'essayer de réussir dans la coopération. J'avais déjà expérimenté ce mode de fonctionnement dans mon entreprise et cela me paraissait un bon vecteur de développement.
Quel poste occupiez-vous?
J'étais en charge des affaires économiques. Comme à la Ville de Saint-Just-Saint-Rambert d'ailleurs. Et je dois avouer que cela ne m'enchantait pas particulièrement. Ce n'est pas parce qu'on est chef d'entreprise qu'on sait mieux gérer les affaires économiques d'un territoire que les autres. J'ai développé une entreprise, c'est vrai, mais ce n'est pas la même chose qu'une communauté de communes... Je me serais bien vu à l'environnement par exemple! En 2004, avec la création de la communauté d'agglomération Loire Forez, on m'a confié la responsabilité de "l'aménagement du territoire". J'ai vécu l'aventure passionnante du Scot. C'est vraiment extraordinaire de mettre en oeuvre des imbrications entre les communes pour développer l'ensemble du territoire!
Et depuis le 8avril 2008, vous êtes président de Loire Forez...
Je me suis présenté, parce que j'en avais très envie, tout simplement... Et pour tout vous dire, au niveau personnel, c'est très fort, très brutal. On est content d'être élu mais il faut plusieurs jours, voire plusieurs mois pour prendre la mesure de ce que cela représente: la mesure des problématiques, la mesure de ce qu'on attend de vous aussi... J'étais déjà très impliqué dans Loire Forez avec le Scot, mais la présidence, cela change vraiment la vision. On a une vue sur l'ensemble des projets... et des problèmes. Mon ambition n'est pas politique, j'ai surtout envie de participer à un développement harmonisé.
Le bilan après un an de mandat?
J'ai découvert un autre monde avec Loire Forez, un autre mode de fonctionnement. C'est absolument passionnant. D'ailleurs, au départ, je m'étais dit que je travaillerai 3 jours par semaine pour mon entreprise et 2 jours pour Loire Forez. Au final, je fais 3 et 3. La présidence d'une communauté d'agglomération, c'est vraiment un mandat complet. Heureusement, j'ai la chance de pouvoir m'appuyer, dans mon entreprise, sur une équipe fantastique.
25janvier 1956
Naissance à Saint-Etienne, et non à Saint-Just-Saint-Rambert comme programmé, en raison de la rudesse de l'hiver
1976
Mariage avec Dominique, directrice de l'école Saint-Louis à Saint-Etienne
1976/1980/1981
Naissance de Florent, Arnaud et Audrey, ses enfants
1980
Arrivée dans l'entreprise familiale, après des études d'ingénieur textile
1986
Une grande étape dans sa progression professionnelle. Il est chargé, à 30 ans, du projet de construction de la nouvelle usine de Saint-Just-Saint-Rambert
1990
Alain Bertheas endosse la responsabilité de directeur général
1997
Il prend la direction de Ganzoni France
Il aime - la moto. - passer du temps avec ses petits-enfants - le dessin et la sculpture. Plus jeune, il lui arrivait souvent de crayonner et de faire des esquisses - la lecture. «Je n'ai plus le temps de lire mais cela m'ennuie vraiment. Il faut absolument que je reprenne le temps. D'ailleurs, il y a quelques jours, je suis entré dans une librairie, sur un coup de tête et j'ai acheté "Mémoires d'Outre-Tombe"» - la simplicité - les grandes marches en forêt avec son chien - les sports collectifs Il n'aime pas - l'hypocrisie - les carottes cuites - la pluie quand il fait un tour de moto - les relations compliquées - les préjugés
JDE | Édition Loire 42 | 1 mai 2009

