Loire

L'Enquête

JDE Edition Loire 42

Salariés handicapés. Il y a aussi des avantages !

ajouté le 9 janvier 2009  -  - Mots clés : Actualité, Fait du mois, handicapés, avantages

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Batim'Alu à Saint-Etienne emploie deux personnes malentendantes.

S'il ne fallait qu'un argument pour convaincre les entreprises de s'acquitter de l'obligation d'emploi, celui de la pénalité financière, devrait suffire. Un argument d'autant plus décisif que l'intégration de travailleurs handicapés s'accompagne de plusieurs avantages pour l'entreprise. Stimulation de l'équipe, élargissement du vivier de recrutements... autant d'atouts qui devraient lever les derniers freins.

«Nous estimons que la productivité d'un travailleur handicapé, chez nous, est de 20% inférieure à une personne valide. Et puis, il faut beaucoup d'encadrement et de pédagogie. Certains chefs d'équipe avaient une petite réticence au départ», reconnaît Vito Caprio, responsable achats pour ABC Minet, fabricant d'échafaudages. Pourtant, la petite entreprise de Saint-Chamond (25 salariés), emploie 4 travailleurs handicapés, un contingent bien supérieur à l'obligation légale. En effet, grâce à ces salariés, la PME est parvenue à pourvoir durablement certains postes.

Un autre vivier de recrutement
«Nous avons recruté des personnes qui avaient des troubles psychiques et nous les avons placés sur des travaux répétitifs», explique Vito Caprio. «Nous n'arrivions pas à garder du personnel. Même les intérimaires ou des personnes non qualifiées ne restaient pas. Au contraire, pour ces personnes qui ont des troubles psychiques, le travail répétitif est sécurisant. Aujourd'hui, ils sont parfaitement intégrés et sont traités à égalité avec les autres salariés». Problème de recrutement également chez Flextronics (câblage) mais pour d'autres raisons. «Il y a quelques mois, l'entreprise était en pleine croissance et devait faire face à une pénurie de câbleurs. Nous avions un salarié en fauteuil roulant déjà qualifié, l'entreprise a saisi l'opportunité. C'était la première fois qu'elle recrutait une personne à mobilité réduite. Elle a recruté un professionnel avant de recruter une personne handicapée. », explique Stéphanie Pivetti, directrice du cabinet Corallis Saint-Étienne gestionnaire du groupement d'employeurs GEM, groupement auquel adhère Flextronics et qui salarie ce jeune travailleur handicapé. Son intégration n'a nécessité aucun aménagement, l'entreprise étant entièrement accessible. Dans un autre registre, le Crédit Agricole Loire/Haute-Loire a souhaité, lui aussi, ouvrir ses recrutements. «Depuis 3 ans, nous avons dû faire face à des départs massifs à la retraite, nous avons été obligés de trouver d'autres sources de candidatures, notamment parmi les personnes handicapées», rappelle Michèle Pazalon, correspondante régionale handicap pour le Crédit Agricole. «Mais nous avons été en bute avec un manque de qualifications. Nous avons donc créé en 2007, avec l'IUT de Saint-Étienne, une formation spécifique à Bac+1». Les personnes recrutées sont placées, majoritairement, sur des postes d'attaché de clientèle. Entre la sous-traitance et les emplois directs, le CA Loire/Haute-Loire affiche un taux de 4,25% de personnel handicapé et espère atteindre les 5% négociés au niveau national l'année prochaine.

Outil de motivation
Autre avantage du recrutement de personnel handicapé à ne pas négliger, la stimulation de l'ensemble de l'équipe. «Les personnes handicapées ne ménagent pas leurs efforts pour prouver qu'elles sont aussi compétentes que les autres. Du coup, les autres salariés constatent un investissement important de leur collègue et cela engendre une stimulation collective», remarque Patrick Bouchet, dirigeant du groupe BRP, qui a recruté plusieurs personnes handicapées dont deux malentendants. «Et puis, cela crée une solidarité d'équipe». David Touron, DRH du groupe Despi qui emploie une quinzaine de personnes, essentiellement des jeunes souffrant de retards intellectuels, confirme: «Les équipes où sont intégrées les jeunes handicapés se sentent un peu plus responsables. Et puis, il y a de vraies relations d'affection qui sont nouées». Le mot de la fin est pour Daniel Souchon, dirigeant de l'entreprise de distribution de boissons Rouchon-Souchon à la Ricamarie. Pour lui, s'il y a un vrai intérêt économique à recruter des travailleurs handicapés, la démarche doit aller au-delà: «Les entreprises ont aussi leur pierre sociale à apporter à l'édifice».

Benoît Roger-Vasselin (Medef) : «La formation des personnes handicapées doit progresser »



Depuis plus de dix ans le Medef Rhône-Alpes et l'Agefiph collaborent pour faciliter l'accès des personnes handicapées à l'emploi. Si ce travail de fonds semble avoir débouché sur une prise de conscience générale, pour Benoît Roger-Vasselin, président de la commission nationale Relations du travail et politiques de l'emploi du Medef, les entreprises ont encore beaucoup de progrès à faire.
Comment est né le partenariat entre le Medef et l'Agefiph sur le handicap? Cela fait plus de dix ans que le Medef Rhône-Alpes et ses Medef départementaux collaborent avec l'Agefiph pour faciliter l'emploi des personnes handicapées. Cette collaboration a donné lieu à de nombreuses actions de sensibilisation auprès des entreprises avant d'aboutir en 2006 sur la création des Clubs Entreprises et Handicap dont le but est d'aider les entreprises à mettre en oeuvre une véritable politique de gestion des ressources humaines en faveur des personnes handicapées.
Quel est aujourd'hui l'état d'esprit des entreprises par rapport à cette question?
Il y a une prise de conscience et une implication plus importante que par le passé. Les 9 Clubs Entreprises et Handicap de Rhône-Alpes comptent aujourd'hui 500 entreprises partenaires. Les entreprises ont donc fait beaucoup de progrès, mais elles en ont encore beaucoup à faire
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Quelles sont aujourd'hui les principales difficultés rencontrées par les entreprises? Pour que les choses avancent, il faut une forte implication des chefs d'entreprises, des personnels et des personnes handicapées, qui en général ont à coeur de prouver qu'elles sont des travailleurs comme les autres. Un handicapé est d'abord et avant tout un professionnel. Cela étant, malgré la bonne volonté de chacun, les entreprises nous disent qu'elles ont des difficultés pour trouver les bons profils avec le niveau de qualification requis. Et c'est vrai! Il faut savoir que la majorité des personnes handicapées a un niveau CAP-BEP. La formation des personnes handicapées doit progresser, ce qui passe par la formation professionnelle continue, mais aussi en amont par un travail en lien avec l'Education Nationale.
Et le coût des aménagements de postes?
Bien sûr que certains aménagements de postes peuvent être coûteux, mais il existe aussi des aides pour les entreprises. Et puis, tous les aménagements ne nécessitent pas forcément des moyens financiers démesurés. Il suffit parfois de peu de chose! De manière générale, aucun obstacle n'est insurmontable, si tout le monde s'implique. Certaines entreprises ont encore parfois des blocages inconscients, sans doute aussi quelques idées reçues. Elles pensent qu'employer une personne handicapée est très compliqué, alors que c'est beaucoup moins compliqué qu'il n'y parait. C'est aussi à nous, Medef, de les sensibiliser et de les aider à franchir le pas.
Quels avantages peuvent en retirer les entreprises ? Au-delà de l'aspect civique de la démarche et l'implication de l'entreprise pour l'intérêt général, c'est l'occasion pour elle de s'enrichir et d'être plus efficace. Car nous sommes convaincus que la diversité est un facteur de croissance pour l'entreprise et un stimulateur de performance. Savoir accueillir des personnes handicapées est aussi un atout économique : c'est accueillir des personnes qui ont une volonté, une énergie et une tenacité peu communes.


Où en êtes-vous chez Publicis sur l'emploi des handicapés?
Pour être tout à fait honnête, nous sommes en retard. Nous sommes très impliqués sur la diversité dans son ensemble, mais sur la question du handicap, nous avons encore des progrès à faire pour être "dans les clous" en 2010.

André Millat-Carus. «La Loire bon élève de Rhône-Alpes»



André Millat-Carus, président de la délégation Rhône-Alpes de l'Agefiph, dresse l'état des lieux de l'emploi des personnes handicapées dans la région.
Comment est née l'Agefiph et quelle est sa mission ?
L'Agefiph est une association privée qui assure une mission de service public pour le compte de l'Etat. Elle a été mise en place par la Loi de 1987, qui oblige les entreprises de plus de 20 salariés à employer 6% de salariés handicapés. Si elles n'atteignent pas ces 6%, elles doivent verser une contribution au Fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées, dont l'Agefiph est le gestionnaire. Aujourd'hui ce fonds représente près de 650 M€ et devrait encore augmenter puisque la collecte a été impactée à la hausse par la loi de 2005, qui a modifié les modalités de calcul des contributions.
La Loi de 2005 a également renforcer l'obligation des entreprises ?
En effet, à partir de 2010, les entreprises assujetties, qui n'auront rien fait pour embaucher des handicapés pendant trois ans, verront leur contribution fortement majorée, à hauteur de 1.500 fois le smic par personne handicapée manquante.


Où en est-on sur l'emploi des handicapés en France, en Rhône-Alpes et dans la Loire ?
Au niveau national, l'évolution est positive. En 20 ans, le nombre d'handicapés qui entrent en emploi chaque année a été multiplié par 16. Concernant Rhône-Alpes, les derniers chiffres dont nous disposons font état de 23.000 handicapés en emploi dans la région. Ce qui représente un taux d'emploi de 3%, légérement supérieur à la moyenne nationale. La Loire est le meilleur élève de la région avec un taux de 4,1% sur les 1.167 entreprises assujeties, soit 3.439 handicapés en emploi. Ce bon résultat s'explique par l'histoire du département qui, avec les mouvements sociaux dans les mines et la création de la FNATH, a toujours eu une reconnaissance plus importante des travailleurs handicapés.

Vers qui les entreprises doivent se tourner pour se mettre en conformité avec la loi ?
Nous avons au sein de l'Agefiph une offre de services et d'aides financières pour accompagner les entreprises. Par ailleurs, nous finançons un certain nombre d'organismes comme le réseau Cap Emploi qui travaille en relation avec l'ANPE et qui place chaque année en Rhône-Alpes près de 6.000 handicapés en entreprises. Les entreprises peuvent aussi s'adresser aux Clubs Entreprises et Handicap que nous animons avec le Medef Rhône-Alpes.
Les entreprises pointent du doigt le manque de qualification des salariés handicapés. Vous travaillez sur cette question ?
80% des personnes handicapés n'ont pas le bac. La question de la formation et de l'élévation du niveau de qualificiation est donc pour nous le problème numéro un. En Rhône-Alpes, l'Agefiph consacre d'ailleurs chaque année 1/3 de son budget à cette problématique.

Travailleurs handicapés. La Loire passe à l'emploi

Dans un an très exactement, ne pas jouer le jeu des 6% de travailleurs handicapés dans son entreprise coûtera cher. Très cher même. Jusqu'à 1.500 fois le smic horaire en fait, soit 13.000€ par travailleur manquant! Une pénalité importante donc qui devrait, au-delà d'un acte citoyen évident, faire bouger les entreprises de la Loire. Car même si le département est plutôt bon élève en la matière, près de 300 entreprises ligériennes assujetties à la loi (+ de 20 salariés), n'emploient toujours aucun salarié handicapé. Si elles ne veulent pas être lourdement sanctionnées, elles vont devoir s'y mettre. Et vite! Un effort pas si insurmontable que certaines d'entre elles peuvent le penser: le recrutement de travailleurs handicapés revêt de nombreux avantages. Il est, de plus, largement subventionné.



Dossier réalisé par Gilles Cayuela et Stéphanie Gallo


13.000€ par an et par travailleur handicapé manquant, soit 39.000€ par an pour une PME de 50 personnes dont le quota de travailleurs handicapés n'aurait toujours pas décollé. Voici ce qui attend les entreprises dès 2010! Si la Loire est la meilleure élève de Rhône-Alpes avec un taux d'emploi moyen de 4,1% contre 3% pour l'ensemble de la région, il reste encore de nombreux efforts à faire. 43,7% des 1.167 entreprises ligériennes de plus de 20 salariés ne remplissent pas entièrement leurs obligations. Plus inquiétant, 270 de ces établissements n'emploient encore aucun travailleur handicapé et sont donc directement concernées par le durcissement de la législation en 2010.

Des professionnels avant tout
Pourtant, le pas n'est pas si difficile à franchir. D'abord parce que les modalités d'application de la loi sont souples. Vous pouvez ainsi vous acquitter de vos obligations, à hauteur de 50% du quota, en sous-traitant à des entreprises adaptées ou des ateliers protégés. Entreprises travaillant comme des sous-traitants traditionnels et gérant elles-mêmes la problématique des ressources humaines. Ensuite, parce que le handicap est multiple. Du diabète au retard intellectuel, en passant par les allergies ou les difficultés motrices, pratiquement tous les postes d'une entreprise peuvent être assumés par une personne handicapée... Une standardiste à qui il manque un doigt peut toujours répondre au téléphone, un câbleur électronique qui ne peut tenir de station debout prolongée peut travailler assis... De même, de nombreux travaux simples de manutention, de classement, de couture, de découpe... peuvent être assurés par des travailleurs souffrant de déficience intellectuelle. Reste à trouver la bonne personne, à placer au bon endroit. Comme pour tout recrutement d'ailleurs! Car il ne faut pas oublier que le travailleur handicapé doit être un professionnel avant tout, recruté non pas uniquement pour remplir le fameux quota mais pour ses qualités de travail. D'ailleurs, de nombreuses entreprises ligériennes ont trouvé dans le vivier des travailleurs handicapés une parade à la pénurie de candidats. Pour ne pas faire d'impair, et réussir au mieux l'intégration de ces travailleurs handicapés, mieux vaut préparer le reste du personnel en amont et faire appel à des professionnels de l'insertion comme Cap Emploi ou le Pep42. Ces organismes pourront également vous orienter vers les aides financières disponibles. Aides non négligeables en cette période de baisse généralisée des commandes.

Informer et former son personnel. Un moyen efficace pour faciliter l'intégration.

Faciliter l'intégration des salariés handicapés en entreprise passe nécessairement par l'information, la sensibilisation et la formation de son personnel.


Spécialisé dans la valorisation des minéraux pour l'industrie et la construction, le groupe Imerys (20 sites en France dont un à Mably) a décidé il y a un an d'engager une véritable politique en matière d'emploi des salariés handicapés. «J'ai fait le tour de tous les sites pour rencontrer les managers. Leur vision était biaisée. Ils n'avaient pas conscience de ce que regroupe le terme handicap. Pour eux, cela se résumait à un fauteuil roulant», explique Isabelle Fontvieille, responsable RH du site de Mably et chargée de la conduite de la politique handicap au sein du groupe. Et de poursuivre: «J'ai organisé une formation d'une demi-journée pour les managers de la région Centre Est. Cette formation, sous forme d'un quizz du type "Qui veut gagner des millions?", a permis à 33 managers de mieux appréhender le handicap. Les retours ont été très positifs. Certains ont même découvert qu'ils pouvaient monter un dossier de reconnaissance. Nous avons ensuite beaucoup communiqué auprès du personnel via notre journal interne pour faciliter l'intégration des salariés handicapés». Au final, les mentalités au sein du groupe ont changé, conduisant ainsi au recrutement de 4 travailleurs handicapés et au montage de 4 dossiers de reconnaissance. Directrice RH d'Auchan Centre Deux à Saint-Etienne, Marie Desfarges a suivi la politique du groupe en la matière. «Auchan est engagé depuis longtemps, via une charte, sur l'emploi des personnes handicapées. Certains sites sont plus en avance que d'autres et ont servi d'exemple au travers d'un film de présentation. Finalement, on s'est rendu compte que l'on savait faire», commente la DRH. Et de poursuivre: «On est passé par la CRAM pour former des tuteurs capables d'appréhender les différents types de handicap et d'adopter le comportement qui va avec pour intégrer au mieux les salariés handicapés». Là encore, les résultats sont là. Sur les 300 personnes que compte le magasin de Centre Deux, 14 sont des salariés handicapés. «L'objectif est d'embaucher deux personnes sourdes et malentendantes supplémentaires en 2009 sur le secteur caisse», confie Marie Desfarges. Et de conclure: «Les salariés handicapés sont des salariés avant tout. Il faut savoir faire preuve de beaucoup de pudeur».

Sensibilisation. La CGPME et le Medef se bougent

Les deux principaux syndicats patronaux, CGPME et Medef, sont engagés fortement dans la Loire et en Rhône-Alpes, dans la sensibilisation des entreprises à l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés.


Dans la Loire, et de façon plus générale en Rhône-Alpes, les représentants locaux des deux syndicats patronaux, CGPME et Medef, ont compris depuis déjà quelques années, l'intérêt pour les entreprises de recruter du personnel handicapé. Un intérêt qu'ils essaient de démontrer à leurs pairs par des actions de sensibilisation. Deux événements importants se sont ainsi tenus le mois dernier à Lyon. Le 2décembre d'abord, le Medef a organisé une conférence régionale "Clubs Entreprises et Handicap". Le 16décembre, la CGPME Rhône-Alpes a, quant à elle, tenu ses rencontres "PME et handicap". Si l'on peut regretter que les deux organisations ne se soient pas concertées, ces deux manifestations démontrent néanmoins l'engagement des deux syndicats. Engagement concrétisé au quotidien auprès des entreprises ligériennes.

Handi-Loire-Entreprises
Le Medef Loire a créé, en 2004, le club Handi-Loire-Entreprises. Il compte aujourd'hui une quarantaine de membres. 4 réunions sont organisées chaque année sur des thèmes variés: "la mise en place d'un contrat", "la formation d'un tuteur"... Des actions sont également mises en oeuvre lors de la semaine de l'emploi qui s'est tenue en novembre dernier. Et, nouveauté 2008, Handi-Loire-Entreprises a lancé les trophées de l'insertion "Handi-Cap 42". La prochaine édition aura lieu en 2010. «Nous avons aussi une chargée de mission qui établit des pré-diagnostics et qui prospecte dans les entreprises pour les sensibiliser au recrutement de personnel handicapé», explique Patrick Bouchet, président du club. Une formation "Référent handicap" est également dispensée afin de former une personne ressource, dans l'entreprise, bien informée sur la question du handicap.

Mission handicap CGPME
De son côté, la CGPME n'a pas créé de club mais a mis en place, en interne, une mission handicap assumée par une équipe de 3 personnes pour Rhône-Alpes. «On effectue des bilans de situation avec les entreprises et, en fonction de leurs besoins, nous leur présentons diverses solutions», indique Isabelle Clouet, chef de projet mission handicap. Plus de 1.000 entreprises de Rhône-Alpes ont ainsi été visitées depuis 2006.

Sous-traiter avec le secteur adapté ou protégé. Une autre façon de se mettre en conformité

La sous-traitance avec les secteurs adaptés ou protégés permet de remplir une partie de ses obligations. La Loire est plutôt bien fournie en la matière puisqu'il existe 28 établissements de ce type: entretien d'espaces verts, blanchisserie, mécanique...


Il existe sur le département 28 établissements type Esat (ex-CAT) ou entreprises adaptées. Ces établissements emploient des personnes souffrant d'un handicap plus ou moins lourd. Sous-traiter à ces établissements permet de remplir une partie de ses obligations légales (au maximum 50%). Une opportunité intéressante à ne pas négliger pour des travaux simples, facilement délégables. «Nous garantissons une qualité égale aux autres prestataires. La seule différence, c'est que là où une entreprise traditionnelle met un salarié, nous en mettons 3... Mais cette perte de productivité est compensée par les subventions. Nos prix sont concurrentiels», explique Norbert Heyraud, directeur du complexe Esat de Saint-Chamond. «Nous sous-traitons des travaux qui n'ont pas de valeur ajoutée. Cela nous revient moins cher que de le faire en interne», témoigne Vito Caprio, responsable achats d'ABC Minet. Même point de vue du côté de Nexter Systems à Roanne. «Nous remplissons une partie de nos obligations et, en plus, nous avons un travail de qualité à un bon prix», assure Monique Besset, correspondante locale de la mission handicap du groupe Nexter, signataire d'un accord d'entreprise. L'entreprise roannaise fait ainsi largement appel à la sous-traitance sur site. «Nous avons 3 équipes, chez nous, qui sont gérées par l'ARTP. Nous leur avons confié, par exemple, la mission de placer sur la caisse du VBCI les quelque 2.000 inserts nécessaires. Cette entreprise adaptée est aussi souple qu'un sous-traitant traditionnel. Au-delà de l'aspect humain évident, nous avons tout intérêt à travailler avec ce type d'entreprises». La correspondante locale reconnaît tout de même quelques contraintes: «Il faut délimiter une zone dédiée dans l'entreprise. D'autre part, tout le monde a des activités qui pourraient être faites par des sous-traitants mais, pour que cela soit intéressant, il faut que ces activités aient tout de même une certaine envergure. Mais les avantages sont largement supérieurs aux contraintes», conclut Monique Besset.

Deux idées reçues à combattre

- Lorsqu'on parle de travailleurs handicapés, on s'imagine toujours un handicap lourd. Or seulement 2% des personnes handicapées sont en fauteuil roulant. «Observez bien vos salariés, certains ont probablement des handicaps légers comme du diabète qui pourraient entrer dans vos obligations. Il faut les engager à faire des dossiers de reconnaissance», assure Patrick Bouchet d'Handi-Loire Entreprises. - Les salariés handicapés ne sont pas plus souvent absents que la moyenne des effectifs. «Au contraire, ils veulent prouver qu'ils sont aussi efficaces que les autres. Ils sont souvent plus ponctuels et s'arrêtent moins facilement»

L'obligation d'emploi et les sanctions

Toute entreprise d'au moins 20 salariés est tenue d'employer 6% de personnes handicapées dans son effectif. Faute de quoi, elle s'expose à des pénalités financières importantes. Aujourd'hui, pour chaque personne handicapée manquante, la pénalité est de 400 fois le SMIC horaire de 20 à 199 salariés et de 500 fois le SMIC horaire. Dès 2010, cette contribution sera portée à 1.500 fois le SMIC horaire, soit plus de 13.000€ par personne manquante, pour les entreprises dont le quota est toujours à 0.

Les aides

L'Agefiph, association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées, propose de nombreuses aides pour soutenir les entreprises dans leurs efforts.


Penser à bien vous renseigner auprès du correspondant local Agefiph: - la prime à l'insertion pour encourager les entreprises à recruter des personnes handicapées sur des emplois durables - l'aide à l'emploi pour compenser les charges induites par le handicap - l'aide au tutorat pour permettre de recourir à un tuteur, interne ou externe - l'aide à l'accessibilité des situations de travail pour l'aménagement du poste et de l'outil de travail...

- Plus d'infos sur www.agefiph.fr

Les contacts utiles

- Handi-Loire Entreprises. Tél. : 04.77.93.78.06 - Mission handicap CGPME. Délégation Loire : 06.17.26.44.89 - Maison départementale des personnes handicapées. Tél. : 04.77.49.91.91 - Délégation régionale Agefiph. Tél. : 04.74.94.08.93. www.agefiph.fr - Cap Emploi Loire. Tél. : 04.77.49.73.49. www.capemploi.net - Les Pep 42. 04 77 34 30 10. www.lespep.org - FNATH. Tél. : 04.77.25.18.15

Agefiph. Un plan d'urgence pour l'emploi des handicapés

En réaction à la crise économique et afin de soutenir l'emploi des personnes handicapées, l'Agefiph vient d'engager un plan de 130M€ sur 2009 et 2010.


En France, 200.000 personnes en situation de handicap n'ont toujours pas d'emploi. Consciente que la crise économique et la montée du chômage risquent d'aggraver la donne, l'Agefiph a décidé de lancer à compter du 1erjanvier 2009 un plan d'urgence. Destiné à soutenir l'emploi des personnes handicapées, ce plan mobilisera 130M€ sur la période 2009-2010 avec 5 grands objectifs: favoriser l'accès à l'emploi, consolider les emplois existants, favoriser l'accès et le maintien dans l'emploi des seniors, amplifier la qualification des jeunes et renforcer la formation des personnes handicapées. Pour y parvenir, un panel de mesures sont mises en place: élargissement de l'éligibilité aux employeurs du secteur non marchand de la Prime Initiative emploi (PIE), mise en place d'une «PIE contrat durable» pour favoriser la transformation des CDD en CDI, aide à l'employeur pour les plus de 55 ans, financement forfaitaire des actions de formation...

Les chiffres Loire

- 1.167 entreprises assujetties dans la Loire à l'obligation d'emploi. 43,7% n'ont pas atteint le quota des 6% - 270 de ces établissements n'emploient encore aucun travailleur handicapé - Le taux d'emploi direct de travailleurs handicapés est de 4,1%, contre 3% en Rhône-Alpes.

JDE | Édition Loire 42 | 9 janvier 2009

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