Rhône-Alpes

L'Enquête

JDE Edition Rhône-Alpes 42

Saint-Etienne. Le président de la CCI  pense aux municipales

ajouté le 4 janvier 2013  -  - Mots clés : Actualité, L'enquête, andré mounier, cci Saint-Etienne, municipales, gael perdriau, ghislaine Celdran

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André Mounier veut replacer la CCI et les entreprises au coeur des décisions locales.

Le président emblématique de la Chambre de commerce et d'industrie de Saint-Etienne/Montbrison, André Mounier, souhaite replacer les entreprises au coeur de la stratégie locale de développement du territoire. Pour y parvenir, il pourrait annoncer rapidement sa candidature pour les prochaines municipales.

Votre nom a été évoqué récemment, parmi d'autres, pour une éventuelle investiture de leader de la droite pour les municipales de 2014 à Saint-Étienne. Vous confirmez y réfléchir ?
Oui. J'y réfléchis même très sérieusement à vrai dire. Je me suis entretenu ces dernières semaines avec Georges Ziegler, Gaël Perdriau, Gilles Artigues... Je prendrai ma décision dans les prochaines semaines, avant le mois de mars en tout cas puisque la campagne devra démarrer bientôt. Ma décision n'est pas prise encore mais il est vrai que j'y réfléchis de façon très intensive. En fait, pour être honnête, ce qui m'intéresse le plus c'est Saint-Étienne Métropole car c'est là que se jouent les compétences économiques et les compétences du territoire. Il se trouve qu'ici, le président de la communauté d'agglomération est le maire de Saint-Étienne. Alors, s'il faut en passer par la Ville, pourquoi pas. Ou alors, cela peut aussi passer par un accord entre co-listiers comme cela a été le cas dans le Roannais. Mais je le répète, ma décision n'est pas encore prise. Je suis encore en réflexion car j'estime que je fais très bien mon job de président de CCI depuis 9 ans. La politique, c'est tout à fait autre chose, c'est un autre job. Je sais parfaitement que c'est une mission difficile et ardue. Je ne suis ni Dieu , ni un messie. Et puis, il y a la question de l'investiture. Je ne partirai pas, seul, sans investiture. C'est certain car je sais ce que ce serait voué à l'échec. Donc, avant de se lancer, il faut prendre en compte tous ces paramètres.

Qu'est-ce qui vous pousse à explorer cette voie de la politique?
J'en ai assez de voir que Saint-Étienne apparaît toujours en queue de classement des villes les plus dynamiques de France. Lorsqu'on voit les atouts dont nous disposons sur notre territoire, lorsqu'on prend conscience de la richesse de notre industrie, on comprend bien que cette situation est complètement anormale. Cela perdure et c'est décevant. L'industrie représente 26% de nos emplois, 21% seulement en Rhône-Alpes. C'est un atout indéniable car sans industrie, pas de services, pas de commerces. Et ce ne sont plus les entreprises noires d'autrefois. Nos entreprises sont performantes. 21 grappes ont été labellisées en Rhône-Alpes. 7 sont issues de la Loire, c'est quand même extraordinaire! Bref, en terme d'aménagement du territoire, la reconquête de l'industrie doit être la priorité numéro1 de 2013 avec le développement de l'attractivité. Pour cela, il faut que tous les politiques parlent d'une même voix, ce n'est pas le cas aujourd'hui. Cela n'a été le cas qu'une seule fois en réalité, pendant la grande messe de la présentation de Saint-Étienne, atelier visionnaire. Ce n'est vraiment pas suffisant.

C'est un problème de compétitions de territoires ou d'hommes?

Je crois tout simplement qu'il faut changer les hommes. Il nous faut des élus plus ambitieux.

Plus ambitieux?
Oui. Par exemple, cela part d'une volonté louable et honnête mais je crois qu'il aurait été plus porteur pour notre image d'avoir un maire président national d'une structure d'innovation plutôt que d'une association contre les emprunts toxiques. Même s'il est certain qu'il fallait se battre contre ce fléau, ce battage a porté terriblement ombrage à notre territoire.

Vous-même, vous maîtrisez l'économie mais les autres dossiers?
La CCI traite de nombreux dossiers, plus larges que ceux des entreprises au sens strict puisqu'on intervient sur le handicap, l'apprentissage. Et puis, je crois qu'un acteur économique a un avantage majeur, c'est qu'il sait reconnaître ses forces et ses faiblesses. Ce qui n'est pas le cas des politiciens. De toute façon, la société civile doit être beaucoup plus présente dans les décisions politiques afin que les dossiers soient traités par les plus compétents et pas par ceux qui ont amené le plus de voix au chef de file. Nous fonctionnons ainsi à la CCI et c'est le moyen le plus sûr de prendre les meilleures décisions.

Si vous prenez la décision, au final, de ne pas partir sur les municipales, est-ce que vous briguerez de nouveau la présidence de la CCI en 2015?

Non, je ne pense pas. Car même si à 65 ans, je me sens très bien dans ma tête, je ne suis pas comme ces politiques qui s'accrochent à leur siège. Il y a ici des chefs d'entreprise plus jeunes, tout à fait compétents et qui feraient de très bons présidents de CCI.

Des noms de successeurs déjà?

Non. Tout dépendra s'il y a une liste commune ou pas.
On avait parlé aussi à une époque de la présidence de la CGPME Rhône-Alpes...
Non, aujourd'hui c'est exclu. Je suis sorti du système. Je crois que François Turcas devrait passer la main désormais, même s'il a vraiment marqué son époque et le système. Il est raisonnable, je crois qu'il va le faire rapidement. Son successeur pourrait être un homme ou une femme des territoires mais ce ne sera pas André Mounier!

Quelles seront vos priorités en 2013 pour la CCI de Saint-Étienne/Montbrison?

Progressivement, j'essaie de recentrer la CCI sur son coeur de métier: les entreprises et leurs salariés. Avec le coups de maître de l'arrivée de l'EM Lyon, nous nous allégeons de la gestion de l'ESC. Rapidement, la question de l'aéroport devrait également être réglée avec la création du syndicat mixte. La question se pose aussi pour le banc d'épreuve... À la fin de mon mandat, je pense que la CCI sera pleinement et uniquement centrée sur sa mission principale. Mais en contrepartie, je veux que la Chambre soit plus présente dans les décisions politiques. Certaines compétences de développement du territoire ou d'accueil des entreprises ont été laissées, un peu trop rapidement, à l'Adel42 ou à Saint-Étienne Métropole. Mon combat de 2013 sera de redonner leur place aux entreprises et à la CCI dans les tours de table. Cela passera par des négociations politiques. Nous ne sommes pas là pour prendre la place des autres mais pour occuper pleinement la nôtre. Tous les jours, nous réglons les problèmes des entreprises et de leurs salariés. L'attractivité du territoire est primordiale pour nos entreprises. Nous sommes les gens de l'art, il faut que nous nous replacions au centre de ces prises de décisions.

D'autres axes de travail?
L'année 2013 sera une année particulièrement difficile pour les entreprises, même si le rapport Gallois a été une vraie prise de conscience générale. J'aurais aimé qu'il aille plus loin sur le coût du travail, sur la flexibilité...Il faut que ce soit l'année de la reconquête industrielle, nous allons le marteler à la CCI. Et puis, nous allons aider nos entreprises sur tous les leviers de compétitivité: l'innovation, l'international, la formation avec le développement de notre centre, le numérique avec le lancement d'ecobiz...

Une bonne résolution personnelle pour 2013?
Oui, je vais me lancer sur twitter. C'est devenu indispensablede nos jours!

Stéphanie Gallo

JDE | Édition Rhône-Alpes 42 | 4 janvier 2013

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