Fait du mois
Le Journal des Entreprises a recueilli les principales interrogations de chefs d'entreprise implantés sur l'agglomération stéphanoise. Le président de Saint-Étienne Métropole, Maurice Vincent, s'est prêté au jeu et a répondu à leurs questions.
Par votre présence, pourquoi donner toujours plus d'amplification médiatique aux entreprises en difficulté qu'à celles qui marchent bien?
Il est vrai que je n'ai pas encore rendu visite à Clextral. Cela m'intéresserait beaucoup du reste. Mais même si je suis obligé de soutenir, par ma présence, les salariés en difficulté, je visite également des entreprises en bonne santé (Sam Outillage, Axletech...). Par contre, les médias ne donnent pas la même ampleur médiatique à ce type de visite!
Notre nouvelle démarche attractivité, élaborée avec une quinzaine de chefs d'entreprise du territoire, va dans ce sens: mettre en avant les entreprises qui tirent leur épingle du jeu.
Il nous est difficile de recruter un ouvrier de moins de 40 ans. Comment pouvez-vous donner envie aux jeunes de revenir vers les filières industrielles?
Les outils dépendent de l'État pour la formation initiale et de la Région pour la formation professionnelle. L'agglomération est prête à les accompagner dans une campagne de communication.
Au vu du développement du tertiaire sur notre territoire, est-ce que Saint-Étienne Métropole souhaite réellement conserver ses entreprises industrielles?
Il n'y a absolument aucun doute là-dessus. L'industrie modernisée a toute sa place ici. Je soutiens énergiquement le développement de technologies industrielles sur tout le territoire. Cela étant, il ne faut pas opposer industrie et tertiaire car les deux secteurs sont complémentaires.
Les commerces du centre-ville souffrent beaucoup, du fait de l'inaccessibilité en voiture et de la création de zones tertiaires en dehors du coeur de ville. Ces zones transfèrent des salariés et des professions libérales en dehors du centre. Comment y remédier?
M.Mérieux se trompe, les chiffres le montrent, la fréquentation est en progression sur le centre-ville. C'est du pessimisme sans fondement. C'est le même Michel Mérieux qui nous promettait que nous n'attirerions jamais personnes à la place des Nouvelles Galeries. Aujourd'hui, il y a H & M! Il est vrai que le centre est aujourd'hui plus difficilement accessible en voiture. C'est justement notre objectif. M.Merieux doit arrêter de critiquer les initiatives modernes. Toutes les grandes agglomérations font des rues piétonnes, c'est l'avenir! En revanche, il est certain qu'il faut être attentif aux questions de transferts d'administrations ou de professions libérales sur d'autres secteurs. La municipalité a laissé s'installer trop de professions libérales sur le Technopôle. Je souhaite mettre un terme à cela. Pour Châteaucreux, c'est différent. Au contraire, Casino, et d'autres amènent du monde aux portes du centre-ville, ce qui est un plus. Et puis, il faut être lucide. Certains sièges sociaux, certaines entreprises ne trouveront pas d'immeuble adapté en centre-ville. Les entreprises ont besoin d'une place tertiaire moderne avec des bureaux performants.
A court terme des voitures électriques seront commercialisées, pensez-vous leur donner la possibilité d'accéder au centre-ville?
Cela n'a pas de sens. Un coeur de ville piéton n'a pas qu'une vocation écologique. Il s'agit aussi de rendre le centre agréable.
Pourquoi Saint-Etienne-Métropole vient-elle d'augmenter les bases de la cotisation foncière des entreprises?
Avec la réforme de la taxe professionnelle, la contribution des entreprises a été divisée par deux. Cette perte de recettes, pour l'agglomération, a été transférée sur les ménages l'année dernière. Il nous a paru juste de rééquilibrer, grâce à une souplesse sur les bases que nous a laissée l'État. Je suis prêt à en discuter mais, par rapport, à 2008, les entreprises sont largement gagnantes.
Le délai de l'appel d'offres pour l'A45 est dépassé. Que comptez-vous faire? Pouvez-vous demander à François Hollande de s'engager sur cette question?
Avec Bernard Bonne, nous nous sommes largement mobilisés. J'ai encore interpellé fin décembre Nathalie Kosciusko-Morizet. Maintenant, la réponse appartient au président de la République, elle devrait arriver sous peu je pense. Quant à François Hollande, j'ai déjà eu un échange avec lui là-dessus, il y est tout à fait favorable. Mais à l'heure actuelle, on ne peut pas lui demander de se prononcer sur chaque problème de territoire.
Il y a des règles strictes dans les marchés publics mais serait-il possible de donner plus de poids à la préférence locale dans les appels d'offres de Saint-Étienne Métropole et de la Ville?
Ma réponse est très claire: j'ai fixé une orientation précise, à savoir le meilleur rapport qualité/prix. Quand il y a égalité entre des entreprises locales et des structures extérieures, oui à la préférence locale. Sinon, il en est hors de question.
Est-ce que Saint-Étienne Métropole pourrait développer une offre et un accompagnement spécifiques aux femmes chefs d'entreprise afin de renforcer l'attractivité de notre territoire?
Il faut y réfléchir, peut-être avec la CCIT de Saint-Étienne. Quoi qu'il en soit cela ne pourrait être qu'un point spécifique d'une politique plus générale d'attractivité.
Pourquoi des équipements subventionnés par Saint-Étienne Métropole, comme l'aéroport d'Andrézieux, sont-ils si éloignés de l'économie réelle?
L'aéroport représente un élément d'attractivité indispensable. Certaines entreprises comme Casino, Zannier, l'ASSE... disposent d'une flotte privée et utilisent l'aéroport. Idem pour des groupes étrangers qui envoient leurs cadres ici.
La Cité du design n'est pas assez ouverte aux entreprises. Comment remédier à cette problématique?
Il a raison. Avec l'arrivée de Ludovic Noël à la tête de la Cité, les choses évoluent progressivement. La nouvelle feuille de route que je lui ai fixée prend vraiment en compte cette question. Je veux plus de séminaires, plus d'actions en direction des entreprises...
Que comptez-vous faire pour améliorer l'attractivité de Saint-Étienne (culture, commerce, restauration...) afin d'attirer durablement des cadres dans nos entreprises?
La question est tout à fait justifiée sur un plan général. Mais c'est justement toute la politique qu'on mène depuis 3 ans. Nous prenons cette problématique très au sérieux. Nous réalisons un centre-ville moderne, attractif pour des jeunes ménages. Les places Dorian et de l'Hôtel de Ville vont prendre une nouvelle allure. L'offre culturelle est très large, avec le Zenith, la rénovation de la Comédie, le Fil, les cinémas avec le nouveau Royal...
Pour se développer, mon entreprise de logistique a besoin d'un bâtiment de 6.000m² le plus près possible de la zone du Pont de l'Âne. Est-ce possible?
La zone du Pont de l'Âne/Monthieu a désormais une vocation clairement commerciale. Il n'y a pas d'interdit, on peut mettre de la logistique pas très loin mais il faut que la zone reste cohérente pour que la vocation qui a été arrêtée, une porte d'entrée de ville commerciale, soit respectée. Mes services vont chercher une solution. L'ouverture de cette nouvelle zone commerciale, totalement innovante, est lointaine car elle n'est pas envisageable avant 2016, l'ampleur du chantier étant énorme pour le groupe Casino, mais nous la préparons dès aujourd'hui.
Propos recueillis par Stéphanie Gallo
JDE | Édition Loire 42 | 6 janvier 2012


Choisissez votre édition
Articles les plus lus
Le site veauchois du fabricant d'aliments pour animaux domestiques, Nestlé Purina Petcare, a lancé en mars dernier sa troisième ligne de production de boîtes 85 g. Un investissement de 6 M€ qui...
Créée en 2002 dans le Rhône, la centrale de services Nalod's est installée dans la Loire depuis 2005. D'abord à Firminy, elle a opté, il y a peu, pour des locaux plus conséquents à Métrotech. Suite...
Autres articles