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ajouté le 3 février 2012 - - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Rochette, Investissement
Via sa filiale Caporin et en groupement avec Keolis, Rochette vient de remporter pour 18 millions d'euros de contrat. De quoi renforcer son leadership dans la Loire.
«En fin d'année 2011 nous avons cédé notre activité transport frigorifique pour nous recentrer sur notre coeur de métier: l'autocar. Aujourd'hui, nous avons la chance, 20 ans après notre création, d'être leader sur notre département dans le transport de voyageurs. C'est assez rare car en principe le leadership dans les départements français est détenu par des grands groupes comme Veolia ou Keolis», se félicite Pierre-Jean Rochette, directeur général de Rochette.
18M€ de contrat sur 5 ans
Ce leadership, la PME de Montverdun n'est pas prête de le perdre. Rochette, qui assurait déjà une grande partie des lignes TIL du Conseil général de la Loire, vient de remporter un appel d'offres de Saint-Étienne Métropole. Un marché majeur qui devrait lui assurer 18millions d'euros de contrat répartis sur cinq ans. «Nous avons été retenus par Saint-Étienne Métropole pour travailler en sous-traitance sur le réseau STAS. Nous avons remporté les secteurs de Valfleury, Marcenod, Sorbiers, Terrenoire et toute la Vallée du Gier», explique Pierre Jean Rochette. Et de poursuivre: «Nous avons répondu à cet appel d'offres de deux manières: en direct, via notre filiale Caporin que nous avons reprise il y a un an, et pour certains lots plus importants via un groupement Keolis/Rochette. Keolis est le deuxième opérateur privé de transport public de voyageurs en France. C'est une chance d'avoir pu nous appuyer sur leurs compétences pour remporter notamment toute la Vallée du Gier». Pour répondre aux exigences de la commande publique, Rochette va devoir fortement investir.
31 cars et un nouveau dépôt dans la Vallée du Gier
«Nous prévoyons d'investir pour moderniser l'entrepôt de Caporin à Saint-Étienne. Nous allons aussi ouvrir un nouveau dépôt dans la Vallée du Gier. Saint-Chamond ou Rive-de-Gier, le lieu exact n'est pas encore arrêté. Il s'agira d'un site de 5.000m² environ que nous prendrons en location. L'investissement ne sera donc pas énorme. Le plus gros de l'investissement va concerner le matériel et notamment les cars», développe Pierre-Jean Rochette. 25 cars dans le cadre du groupement avec Kéolis, 6 autres dans le cadre des lots gérés en direct... «Au total, nous allons devoir investir dans 31 cars. Quand on sait qu'un car coûte à l'achat en moyenne 280.000euros, je vous laisse faire le calcul», lance le directeur général de l'entreprise familiale.
Et l'avenir?
Au global, la facture devrait donc s'élever à un peu plus de 8,6millions d'euros. Un investissement non négligeable pour une entreprise de la taille de Rochette (12,5M€ de CA en 2011). Et l'avenir dans tout ça? Quels seront les grands axes à suivre pour poursuivre sur la route de la croissance? «Si jusqu'à présent, nous avons essentiellement procédé par croissances externes, là cela va devenir plus compliqué. Il reste peu de concurrent susceptible d'être racheté dans la Loire. Nous sommes toujours à l'affût, mais si croissance externe il y a, ce sera plutôt à l'extérieur des frontières ligériennes», concède Pierre-Jean Rochette. Pour l'heure, les pistes les plus crédibles de croissance sont la participation à des groupements pour remporter de nouveaux appels d'offres. «Nous attendons également beaucoup des grandes réformes en cours dans notre métier et notamment la libéralisation et l'ouverture des grandes lignes interrégionales. Cela nous permettrait de nous placer sur un nouveau marché. Si demain, nous avons l'autorisation de faire du Paris -Lyon ou du Lyon-Marseille, ce sera inévitablement une source de chiffre d'affaires en plus», conclut Pierre-Jean Rochette.
Caporin était au plus mal quand vous l'avez reprise il y a un an. Ce contrat, c'est un peu sa renaissance? Effectivement, Caporin était sur son lit de mort. Elle s'était fait assassiner par ses concurrents sur Saint-Étienne. Concurrents qui n'attendaient que sa mort pour la cannibaliser. Personne ne s'attendait à ce que Rochette vienne à son chevet pour l'aider à repartir. Notre reprise n'a d'ailleurs pas bien plu aux transporteurs de voyageurs locaux... Et ne plaît toujours pas! Aujourd'hui, Caporin rend simplement les coups qu'elle a pris. Avec ce contrat, non seulement elle va revivre, mais elle va devenir la plus belle de nos sociétés de transports et j'espère le leader du transport de voyageurs sur Saint-Étienne. C'est une belle revanche pour Caporin, mais aussi pour ma famille. Quand mes parents ont démarré dans le métier, on les prenait pour des paysans, on disait qu'ils ne tiendraient pas un an. Et puis cela ne s'est pas passé comme ça. On ne nous a pas faits de cadeaux, nous avons dû affronter des barons du transport, mais nous sommes toujours là, et bien là!
Ces 18millions d'euros de contrat, vous les avez aussi obtenus en répondant à certains lots en groupement avec Kéolis. Qu'est-ce que cela apporte de s'associer avec un grand groupe? Sans Kéolis, nous n'aurions pas pu répondre à de gros marchés. Ils nous ont apporté leur savoir-faire sur la partie technique et en particulier sur les graphiques de lignes. Ils sont vraiment au top sur tous ces aspects, mais aussi sur tout ce qui touche à l'environnement. Leur avance est édifiante! De notre côté, nous leur avons apporté notre expertise du territoire notamment dans les repérages en vue de la rédaction du dossier.
L'avenir de Rochette passera par ce type d'opération en groupement?
C'est une évidence, dans notre métier l'avenir est au groupement. Nous n'avons pas la taille, ni les compétences en marketing et en technique pour nous positionner seul sur des gros marchés. Or les lots sur les appels d'offres sont de plus en plus gros. Si, nous voulons nous positionner sur ces marchés, il faudra dans l'avenir nous appuyer sur des grands groupes et donc renouveler ce type d'opération en groupement. Nous y avons tout intérêt, car au moins nous sommes co-traitant et non sous-traitants.
1989 Pierre et Édith Rochette reprennent l'autocariste Vialon à Chalmazel et fonde la société Rochette. 1998 Rochette rachète la société Laurendon, concurrent de Vialon. 2005 Rachat d'une partie des actifs des Cars Laurent à Charlieu. 2006 Reprise de la société Archimbaud à Saint-Just-en-Chevalet. 2007 Reprise de Thinard à Saint-Martin-la-Sauveté. 2010 Reprise de Souchon à Saint-Germain-Laval et de Caporin à Saint-Étienne.
Gilles Cayuela
JDE | Édition Loire 42 | 3 février 2012

