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vendredi 3 septembre 2010

Rencontre

JDE Edition Isère 38

Patrick Fournier. Comme dans un film

ajouté le 5 février 2010  - 

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«Aujourd'hui, avec Lasergame, nous sommes au pied d'une nouvelle marche. Mais nous manquons d'hommes et d'argent pour la franchir. Pourtant, nous avons une activité en expansion, même en pleine crise!» Patrick Fournier, président de Lasergame entreprise.

Depuis qu'il a créé sa salle de lasergame en 1995 à Grenoble, son concept a fait des petits... avec aujourd'hui une soixantaine de salles en France. Autodidacte passionné de cinéma et de littérature, Patrick Fournier voudrait néanmoins passer à l'étape suivante.

Vanessa Genin

Imaginez-vous en train d'esquiver des tirs lasers en courant dans un labyrinthe obscur... Excitation, suspense et gros fous rires sont au rendez-vous! Ce jeu, c'est le lasergame et c'est Patrick Fournier qui en est l'inventeur en France. Un entrepreneur autodidacte, passionné de cinéma et de littérature, qui a su devenir n°1 Français du lasergame. «Vers treize ou quatorze ans, j'ai vu un film sur des étudiants américains qui jouaient au paintball, se souvient Patrick Fournier. Depuis, je me suis toujours intéressé à ce type de loisirs.» C'est comme cela qu'il décide de créer un prototype du lasergame en 1994, avec un copain, dont le père est électronicien. Mais c'est en 1995 qu'il lance son affaire avec son père Louis et un autre associé, Régis Gouru. Avec leur propre matériel, ils ouvrent une salle de lasergame rue colonel Dumont à Grenoble. «Un concurrent s'est tout de suite installé à Grand-place, se souvient le président de Lasergame entreprise. Mais il s'est planté en six mois.» La recette, c'est qu'ici, ce n'est pas l'usine. Quitte à recevoir moins de monde, le lasergame veut donner la priorité à un accueil chaleureux. Patrick Fournier, qui n'a pas fait son service militaire, ne veut pas que le lasergame soit associé à un jeu de guerre. «C'est une activité ludique, insiste-t-il. On peut jouer en famille.»

Le cinéma espagnol
Se qualifiant volontiers de ?papa poule ?, il s'occupe d'ailleurs beaucoup de ses enfants de six et neuf ans, dès qu'il le peut, malgré ses nombreux déplacements. Et s'il n'a pas toujours pu prendre beaucoup de jours de vacances, il essaie désormais de s'accorder quatre semaines de congés par an. Et, de temps en temps, il part en famille pour un grand voyage, comme au Vietnam ou en Amérique centrale. Mais, au quotidien, c'est surtout chez lui qu'il laisse libre cours à son imagination grâce à sa passion du cinéma et de la littérature. «Mes réalisateurs préférés sont, entre autres, Woody Allen, Terry Gilliam, Guy Ritchie (cf. Snatch), Spike Lee, les frères Cohen, Quentin Tarantino, David Lynch, Lars von trier, Alejandro Amenabar, Almodovar, Julio Medem, Takeshi Kitano... Et je pense franchement qu'Alex de la Iglesia est un génie du cinéma espagnol. Il est drôle, innovant. J'adore ce qu'il fait!» Et quand on commence à parler de cinéma avec lui, les aiguilles de l'horloge passent à toute allure, tant il est intarissable sur le sujet! Si, avant, il allait au cinéma deux à trois fois par semaine, il doit plutôt se contenter aujourd'hui de deux ou trois fois par mois. Pour compenser, il s'est installé chez lui un ?home-cinéma? dans une salle dédiée.

Le melting-pot grenoblois
Et ses journées sont également ponctuées de ses nombreuses lectures, surtout des romans, des bandes dessinées, des mangas... Avec deux à trois bouquins entamés en même temps, Patrick Fournier dévore aussi bien les polars français ou américains, que de la science-fiction ou du roman d'aventure, «du moment que ça bouge». «Pour la BD, à Grenoble, c'est super. On peut vraiment bien être conseillé dans les librairies spécialisées.» Fier d'être Grenoblois, Patrick Fournier, apprécie notamment le melting-pot de la ville. «Chinois, Russes, Américains... Ici, on croise un tas de nationalités, assure le chef d'entreprise. Dans un même lieu, on peut voir un prof d'université discuter avec des gens qui n'ont pas fait d'études. Ca me plaît.» Sans pour autant tomber dans l'angélisme.

«Nous sommes au pied d'une nouvelle marche»


Pouvez-vous décrire la croissance de Lasergame depuis sa création?
Créé en 1995, Lasergame était surtout spécialisée dans la fabrication de matériel. En 2002, on avait 16salles ouvertes sous forme de licences de marque mais ce n'était pas nous qui gérions la franchise. En 2006, on a décidé de reprendre notre avenir en main en vendant nous-mêmes notre propre concept. Car la réussite d'une salle tient à tous les postes: accueil, gestion de la salle, matériel laser... Nous avons donc restructuré la société en créant une nouvelle marque, Lasegame évolution, sous la houlette de la holding Lasergame entreprise. Celle-ci chapeaute l'activité Lasergame équipement dédiée à la fabrication du matériel, la R & D,etc. et l'activité Lasergame expansion en charge de la mise place du concept: communication, construction d'un labyrinthe, achats,etc. Entre-temps, en 2004, nous avons sorti la version 2 de notre matériel avec une nouvelle technologie. Nous innovons en permanence. Notre dernière invention, le squaser, a même été récompensée par le concours Artinov. Avec aujourd'hui une soixantaine de salles en France, l'objectif est de lancer une nouvelle marque en 2010, Laser Lander, pour les petites villes françaises, tout en attaquant le marché européen, et même chinois! Aujourd'hui, nous sommes au pied d'une nouvelle marche. Mais nous manquons d'hommes et d'argent pour la franchir. Pourtant, nous avons une activité en expansion, même en pleine crise! Les partenaires financiers veulent bien nous suivre mais ne prennent surtout pas de risque, ils ne devancent pas l'activité.
Autodidacte, vous avez appris sur le tas à devenir chef d'entreprise?
En quinze ans, j'ai eu le temps de changer maintes fois de métier au sein de l'entreprise! Accueil, force commerciale, management... Il faut se frotter à tous les postes. Même s'il arrive que la formation me manque. Il faut en effet se confronter à des gens qui, eux, ont été formés pour faire ce qu'ils font. C'est pourquoi il est important de bien s'entourer avec des gens performants et passionnés.
Êtes-vous intéressé par la politique?
Oui, mais de l'extérieur. Je ne veux surtout pas être encarté! Car la politique, comme elle se pratique aujourd'hui, ça ne m'intéresse pas. Je dirais que je suis plutôt à gauche, un humaniste, en tout cas. Par exemple, je trouve cela normal de payer des impôts si, en face, je trouve des services publics correspondants. Mais on ne peut pas nous dire payer plus d'impôts et vous aurez moins de fonctionnaires et de services publics, comme l'école, la police,etc. Si les politiques géraient un pays comme on gère une entreprise, je pense que ça irait mieux. Je ne comprends pas comment les entreprises ne trouvent pas d'argent pour se développer et créer des emplois tandis que des millions d'euros vont tous les jours à la bourse!
La passion est importante pour vous, dans votre réussite?
À mon avis, c'est le grand avantage d'un entrepreneur par rapport à un salarié. Certes, un chef d'entreprise n'a plus beaucoup de temps libre, mais beaucoup de salariés non plus. Les soucis ne sont pas non plus réservés aux chefs d'entreprise. Mais au moins, on travaille avec passion. Et cela, ça vaut tout l'or qu'on n'a pas!

Parcours


6février 1969
Naissance à Villeneuve-les-Avignons. Arrivée à Grenoble à un an.
1993
Sortie de la faculté d'histoire sans diplôme. Création de la société Schupito (négoce d'alcool en provenance d'Espagne).
1995
Création de la société Lasergame.
1999
Xavier Pouillat, ingénieur en électronique, rejoint la société et devient associé.
2006
Création d'une franchise en propre. Devient n°1 Français.
2009
60 salles équipées dont 50 sont membres du réseau Lasergame évolution.
2010
Ouverture de salles à Béziers et à Nantes.
2011
Ouverture d'une nouvelle salle à Grenoble, qui sera la vitrine du groupe.

Il aime: - Le cinéma. - Lire des romans, des BD et des mangas. - Voir grandir ses enfants, ceux de sa famille, de ses amis. - Le sport même s'il n'a plus le temps d'en pratiquer! - Bien manger. Que ce soit à la maison ou dans un bon restau. Il n'aime pas - Être trop loin de sa famille trop longtemps. - Réexpliquer son histoire à des organismes qui le connaissent déjà comme les banques, les administrations... - Être dans les starting-blocks depuis trop longtemps. «Je regrette de ne pas avoir les moyens d'avancer à la vitesse que je voudrais». - Licencier, même si ce n'est pas arrivé souvent.

JDE | Édition Isère 38 | 5 février 2010

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