Ille-et-Vilaine

L'Enquête

JDE Edition Ille-et-Vilaine 35

Rennes. Coworking :  Il achète un château pour reconstituer le siège de Google

ajouté le 1 février 2013  -  - Mots clés : Actualité, L'enquête, Ubiflow, Krier, Ubiplex, rokcet space, google, san francisco

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Situé dans la bien nommée "Vallée" de Betton, nom rappelant la Silicon Valley, le château du XIX e siècle héberge les trente salariés de la société internet Ubiflow, fondée par Antoine Krier (en photo). Le 1ermars, 300 des 2.000m² de la bâtisse accueilleront par ailleurs un espace de coworking.

Il vient d'acquérir un château de 2.000m², à Betton, pour y héberger sa société. Mais Antoine Krier, patron de la start-up Ubiflow, ouvre aussi le premier espace de coworking privé de Rennes, réalisant ainsi son rêve californien.

Derrière une personnalité réservée trompeuse, Antoine Krier, 50 ans, est un homme qui ne craint pas les défis. Surtout s'ils lui permettent de réaliser ses rêves les plus fous. Quand ce Rennais visite Google en 2007, en Californie, c'est le déclic. « Cette visite m'a donné envie d'avoir un jour un lieu de travail hyperconfortable. » 

Cet endroit, il vient de le trouver. Le fondateur de la société Web Ubiflow - un apporteur d'audience pour les commerces de proximité - a acquis il y a quelques mois un château à Betton, au nord de la capitale bretonne, hébergeant désormais les 30 salariés. Une bâtisse de 1858 -et 2.000m² - qui appartenait jusqu'alors à l'Adapt (insertion de personnes handicapées) et à l'adresse prédestinée : la Vallée. Clin d'oeil, parmi d'autres, à la Silicon Valley. Le nom du siège d'Ubiflow - l'Ubiplex - rappelle ainsi le Googleplex du moteur de recherche. Il y a aussi ces deux séquoias ramenés d'un voyage en Californie par Antoine Krier et qui attendent d'être plantés dans le parc de deux hectares, derrière le château. Espace vert dont la gestion a été confiée à la société de génie écologique Dervenn, « pour qu'il soit aussi le reflet de nos valeurs : transparence et respect de la biodiversité. » 

Ubiplex en images

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On peut encore citer cette salle de gym, le lounge ou encore l'espace de restauration, ouvert aux salariés d'Ubiflow. Un restaurant dont le cuisinier devra être le 50 e salarié recruté... comme Google. Il y a enfin ce projet de "rocket space", à l'étage du château. À l'image du lieu similaire à San Francisco, cet espace privé de coworking est en cours d'aménagement, pour une ouverture officielle le 1 er mars. « Un truc avec un nom bizarre, et qui sera bizarre », s'amuse Antoine Krier. Pensé par l'architecte d'intérieur Jean-Yves Pannetier, de Monts et Merveilles, ce plateau accueillera bientôt 32 postes de travail, proposés à la location pour un mois ou plus. Un « espace autogéré de 300m² plutôt destiné à des petites structures high-tech », décrit le chef d'entreprise. Moyennant 295 € par mois, « mon idée est d'offrir à des gens - plutôt des jeunes - l'accès à un site exceptionnel, comprenant salles de conférence et de réunion, décrit Antoine Krier. Avec une conviction : dans un domaine aussi mouvant qu'Internet, c'est en travaillant ensemble qu'on peut faire de belles choses. Mélanger des gens qui ont des start-up, qui sont spécialisés dans la monétisation, des ergonomes,etc. ça a un sens. Je veux essayer d'apporter ma brique à l'écosystème. » Avec les pieds sur terre. « Ce n'est ni une oeuvre philanthropique, ni un espace pour faire beaucoup d'argent. J'espère que ça aura beaucoup de succès pour être au moins à l'équilibre. » Montant de l'investissement ? Motus et bouche cousue. Antoine Krier ne communique aucun chiffre. Tout juste arriverons-nous à lui faire dire que l'ensemble de l'Ubiplex, « c'est moins de 3M€. »

100 salariés dans cinq ans

Des chiffres, le président d'Ubiflow est toutefois capable d'en fournir. « En cinq ans, nous sommes passés de 5 à 30 salariés. Avec l'Ubiplex, je voulais un endroit qui accompagne notre croissance future. On vise les 100 personnes dans cinq ans. » Comment ? En consolidant son activité d'apporteur d'audience aux commerces de proximité (immobilier, automobile, etc.). Désormais, 50 % des requêtes Google sont géolocalisés et 86 % des internautes se renseignent sur la Toile avant d'acheter en magasin. Les commerçants ont donc plutôt intérêt à soigner leur visibilité sur le net. « Avec nos solutions, on augmente leur surface Web », indique Antoine Krier.

Une nouvelle offre
Pour ce faire, Ubiflow vient de lancer une nouvelle offre intitulée "Sefaireconnaitre.com" (associée à un site), fruit de plus de deux ans d'investissement. Avec cette solution de "Web to store", « on prend les informations du commerce (nom, adresse, gamme, marques...) et on les diffuse là où c'est le plus pertinent : annuaires, pages jaunes, Google adresses, sites Web locaux... », explique Tanguy Le Thiec, un ancien du portail Kelkoo, spécialiste du e-commerce et du e-marketing ayant rejoint Ubiflow. « On référence aussi les informations sur mobile. Objectif : faire tout ce qu'il faut pour que l'internaute tombe sur votre magasin quand il fait sa recherche. » Avec une priorité : que le commerce apparaisse dans les deux premières pages Google. Preuve à l'appui. Ubiflow propose des rapports de visibilité avant/après. Moyennant une offre à 390 € et un abonnement mensuel à moins de 30 €, la start-up a déjà convaincu une cinquantaine de clients. « Mais on est face à un marché vraiment énorme, souligne Tanguy Le Thiec. On vise les 500 magasins minimum en six mois. »

 

Ubiflow


(Betton) Président : Antoine Krier Effectif : 31 CA : NC 02 99 83 05 36

La Cantine numérique rennaise en passe d'ouvrir son Annexe

 Rennes. Coworking :  Il achète un château pour reconstituer le siège de Google

Le rocket space d'Ubiflow ne sera pas le premier lieu de coworking à Rennes. La Cantine numérique rennaise est en effet ouverte depuis octobre2010. Un espace "geek" au coeur des Champs Libres, à Rennes, affichant un taux moyen d'occupation de 80 %. « Avec deux jours à plein par semaine », précise sa directrice Karine Sabatier. Il faut dire qu'à 10 € la journée, (12 à 15 places disponibles), l'offre est alléchante. Un tarif défiant toute concurrence grâce à l'aide de Rennes Métropole et de la Région Bretagne, principaux contributeurs d'un budget annuel de 300 K€, pour trois permanents. Reste qu'avec 11.000 visiteurs dans l'année (animations comprises), la Cantine commence à être à l'étroit. Pour améliorer l'accueil, elle va donc ouvrir un deuxième espace. Nom provisoire : l'Annexe. Objet : « du coworking résident », explique Karine Sabatier. Ouvert « dans un périmètre très proche accessible à pied depuis la Cantine », ce nouveau lieu rennais doit permettre d'accueillir des coworkers "consommateurs" d'un poste de travail au moins trois jours par semaine. « L'Annexe doit être un mini-accélérateur permettant de proposer un accompagnement en méthodologie, basé sur les méthodes agiles, bien adaptées aux projets Web. » Pas question pour autant d'en faire un énième incubateur. « C'est accompagner les coworkers sur une année pour lever les freins au passage à l'acte de la création d'entreprise. C'est une validation de la faisabilité du projet », ajoute Karine Sabatier. Moyennant un budget annuel de 180 K€, pour un ou deux permanents, l'Annexe ouvrira au premier semestre 2013. Elle sera en partie autofinancée par son offre de services. Tarif pour un coworker : autour de 200 € par mois, avec des services à la carte.

« Pratiquer le travail ensemble »

Un espace de coworking comme le rocket space de Betton ou la Cantine, à Rennes, ça sert à quoi ?
La philosophie du lieu est de créer une communauté et un esprit participatif. Ce sont des lieux que les gens peuvent s'approprier, une façon de pratiquer le travail ensemble.
Quel est le profil des coworkers fréquentant la Cantine numérique rennaise ?
On a des indépendants durablement installés, de plus en plus d'étudiants qui font par exemple leur stage de fin d'étude dans des associations n'ayant pas de locaux, des gens en phase de création d'entreprise ou de projet, ou encore des consultants qui s'en servent plus pour des réunions ou des rendez-vous.
En fréquentant un même lieu, les coworkers finissent-ils par travailler ensemble ?
On a mis un an avant de voir les gens échanger entre eux. Il faut une masse critique. On en voit désormais certains qui sous-traitent des activités à d'autres. On en a un qui a trouvé un bureau grâce à ses relations de coworking. Mais en général, ce sont surtout des relations assez informelles autour d'un café. On n'est pas un incubateur comme Rennes Atalante, on est vraiment un lieu de passage.

Philippe Créhange

JDE | Édition Ille-et-Vilaine 35 | 1 février 2013

Vos réactions 1 commentaire

  • RICE - commentaire ajouté le 04 février 2013 à 08h55
    EPHEMERE....
    Pendant que l\'on créée des emplois subventionnés par les collectivités (et donc temporaires et fluctuant au gré des subventions) on ne s\'attaque pas à la véritable création d\'emplois. Ce genre de lieu pour bobo permettra la création de combien d\'emplois pérennes ? A quel prix ? Non, décidéemment, il est temps de mettre des gestionnaires compétents à la tête des finances locales.

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  • RICE : EPHEMERE.... - Pendant que l\'on créée des emplois subventionnés par les collectivités (et donc temporaires et fluctuant au gré des subventions) on ne s\'attaque pas à la véritable création d\'emplois. Ce genre de lieu pour bobo permettra la création de combien d\'emplois pérennes ? A quel prix ? Non, d...

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