

A l'affiche
ajouté le 6 juillet 2012 - - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Janzé, Poulet, Letue
Vente du siège dans le centre-ville de Janzé pour un nouveau bâtiment moyennant un investissement d'1,3M€. Fin de la location d'un centre de stockage route de Lorient et construction de dix nouveaux poulaillers. La Coopérative des Fermiers de Janzé multiplie les projets.
C'est une nouvelle ère qui s'ouvre pour le fameux volatile d'Ille-et-Vilaine. La coopérative du Poulet de Janzé et ses 162 éleveurs viennent de lancer les travaux d'un nouveau siège, auquel sera adossé un centre de stockage froid. Ce dernier viendra remplacer celui actuellement loué à Vezin-le-Coquet, à proximité de la route de Lorient. Aujourd'hui basés en plein centre-ville de Janzé, les sept permanents de la coopérative rejoindront en janvier2013 un nouveau bâtiment, dans la zone artisanale de la Chauvelière, en direction de Retiers. 1.700m² de bureaux et d'espaces de stockage froid et sec.
Déménagement en janvier2013
«Les travaux ont commencé le 14mai et ce sera fini à la mi-novembre», décrit Stéphane Letué, directeur de la Coopérative des Fermiers de Janzé. Traditionnelle Fête du Chapon oblige (du 14 au 17décembre), combinée à une forte activité, «nous devrions déménager seulement en janvier.» Actuellement, 70.000 volailles label rouge de Janzé sont abattues chaque semaine par la Société Nouvelle de Volaille (SNV), filiale de LDC, dans la Mayenne. Et sur ce volume, 7% sont envoyés à Janzé Volailles, filiale de la coopérative depuis 2003 (14 salariés) qui loue un centre de stockage froid à Vezin-le-Coquet. Des poulets ensuite livrés dans les commerces de la région rennaise. «Mais le bail Route de Lorient arrivant à échéance en novembre2012, on s'est posé la question d'un site à nous», explique Stéphane Letué. La décision de vendre le siège du centre-ville de Janzé est alors prise (les 195m² de bureaux cherchent aujourd'hui preneurs), ainsi que la rupture du contrat de location à Vezin-le-Coquet. Montant de l'investissement du nouveau bâtiment à Janzé: 1,350million d'euros. Un vrai challenge pour une coopérative de sa taille qui, avec un chiffre d'affaires de 15M€, réalise de faibles marges. Mais puisque l'audace paie, dit-on, la coopérative lance en parallèle avec ses éleveurs, la construction cette année de dix nouveaux poulaillers. Et peut-être cinq ou six supplémentaires en 2013. «Chez des jeunes investisseurs pour la moitié, et des éleveurs de Janzé qui reconstruisent», précise le directeur. Dix constructions qui représentent tout de même un investissement cumulé de 700.000€.
Conflit avec Doux
Un petit événement en soi. La coopérative n'a en effet pas construit de nouveaux poulaillers depuis 2003. La cause? Un contrat avec un certain groupe finistérien: Doux. «Entre2003 et2007, on a travaillé à 100% avec le groupe Doux (pour l'abattage), confie Stéphane Letué. À l'époque, on n'avait aucune visibilité, on ne se sentait donc pas capable d'inciter les éleveurs à investir. On ne comprenait pas la stratégie de Doux.» Déjà, serait-on tenté de dire au regard de l'actualité de ces dernières semaines... Un épisode qui s'est d'ailleurs terminé dans la douleur. «En 2007, Doux nous avait menacé de ne pas ramasser nos volailles si on n'acceptait pas leurs conditions. En une semaine, on est passé chez LDC», poursuit le directeur. Depuis 2007, la coopérative a donc dû reconstruire toute une logistique avec LDC. Et créer un climat de confiance qu'elle avait perdu avec Doux. Dans l'affaire, la coopérative a en effet vu son volume de volailles abattues chuter de 30%. Elle a d'ailleurs attaqué en justice le groupe finistérien pour le préjudice subi. Et a remporté le procès en appel en 2011 avec, à la clé, 200.000euros. Jugement porté toutefois par le groupe Doux devant la Cour de cassation (en cours d'instruction).
Objectif 165 éleveurs
Ce volet-là clos ou presque, la coopérative de Janzé est désormais un peu plus optimiste pour l'avenir. D'où la construction de son nouveau siège et des dix poulaillers. De quoi aussi stopper la chute du nombre d'éleveurs. «En neuf ans, on en a perdu 48, souligne Stéphane Letué. Principalement des départs en retraite.Il était grand temps de faire quelque chose. L'objectif est de maintenir ce nombre autour de 165 éleveurs.»
Philippe Créhange
JDE | Édition Ille-et-Vilaine 35 | 6 juillet 2012

