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Hydrachim. L'avenir passe par le bio

ajouté le 2 juillet 2010  -  - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Hydrachim, Benoît Fretin, Etrelles

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Benoît Fretin, P-dg de Hydrachim et Pascal Colon, directeur général.

Lorsqu'il crée Hydrachim au Pertre en 1996, Benoît Fretin fabrique des détergents pour les salles de traite et les usines agroalimentaires. Après plusieurs opérations de croissance externe, les activités se sont multipliées. Il lance maintenant une gamme de produits bio, en partenariat avec un grand groupe international.

Le monde de la chimie n'a qu'à bien se tenir. Hydrachim est sans cesse en ébullition. De rachats en investissements, l'entreprise de fabrication de détergents, créée eu Pertre en 1996, compte aujourd'hui quatre sites de production et emploie 150 salariés, dont une dizaine a été embauchée depuis le début de l'année. À l'ordre du jour actuellement, pas de rachat en vue, mais plutôt le lancement de nouveaux produits. «Nous venons de créer, en partenariat avec le groupe international Novozymes Biologicals (basé au Pecq, 78), une série d'une dizaine de produits bio sur la base d'enzymes, annonce Benoît Fretin, fondateur et P-dg d'Hydrachim. C'est différent de l'écolo, que nous faisions déjà». La gamme est distribuée exclusivement par Hydrachim auprès des collectivités. Benoît Fretin croit en ce nouveau créneau. «Le bio, c'est génial, dit-il, car il a la même efficacité que le produit chimique, et est 100% biodégradable. En plus, il est moins dangereux pour l'utilisateur. Il y a donc un vrai avenir là-dessus. Contrairement aux produits éco-labels, le bio a une bonne efficacité».

Bio contre éco-labels
Le positionnement a le mérite d'être clair. D'autant que Benoît Fretin sait de quoi il parle. Hydrachim s'était déjà lancé sur l'écologique, avec une gamme complète de produits. Mais pour Benoît Fretin, «ces produits écolo, qui sont moins agressifs, nettoient moins. Toutefois, pour le bien des personnels des collectivités ou des restaurants, il faut alléger la formule des produits nettoyants. Par contre, pour les industries agroalimentaires, il faudra toujours de grosses armes». Alors si Benoît Fretin a fait agréer certains produits par des éco-labels, c'est surtout parce qu'«en terme de mode, il faut en parler, même si pour l'instant on en vend peu. L'écologique est encore jeune dans la tête des gens. Mais dans dix ans, tous les produits devront passer par là». L'avantage de s'y mettre donc est de se donner l'occasion de travailler sur de nouvelles formules, plus allégées, et de présenter à ses clients (des distributeurs) des produits innovants et de qualité. La R & D, chez Hydrachim, représente ainsi 300.000€ sur le budget annuel et emploie sept personnes, dont deux uniquement sur les produits agroalimentaires.

Positionnement dans l'agroalimentaire
Car à côté du secteur de la chimie, Hydrachim travaille aussi pour l'agroalimentaire. Le métier d'origine de l'entreprise est de fabriquer des détergents pour les salles de traite, l'industrie, les usines agroalimentaires ou les collectivités, ainsi que des produits pour le traitement des eaux industrielles et pour le nettoyage de véhicules. Mais aujourd'hui, Hydrachim détient aussi une usine de produits colorants et olfactifs (PPG Sipsy), et une unité de production de mix et additifs alimentaires (France Culinaire Développement). «Les gros de la chimie font aussi du ?feed and food?, remarque Benoît Fretin. Nous, on sait mélanger et faire des formules, alors on est aussi capable de faire de l'alimentaire». La stratégie était par ce biais de pénétrer le marché industriel, «qui ne donne pas facilement sa confiance. Aujourd'hui, 500 clients utilisent nos préparations pour les intégrer dans leurs produits finis», se réjouit le P-dg.

Croissance avec le monde de la piscine
Mais le secteur où Hydrachim connaît le plus de croissance est en réalité un autre marché encore: celui des produits pour piscines. L'opportunité a encore une fois permis au groupe de se diversifier en 2009, avec le rachat d'une usine de traitements pour piscines (Hydrapro-Kemix) près de Nîmes. «Ce marché se développe fort grâce au développement des piscines hors sol», constate Benoît Fretin, qui prévoit même, pour faire face au succès, une extension de cette usine de Beaucaire.

«Transposer notre modèle en Europe de l'Est»

Benoît Fretin, P-dg d'Hydrachim, revient sur la stratégie de développement de son entreprise.
Vous avez déjà racheté plusieurs entreprises. Quelle est votre politique aujourd'hui en terme de croissance externe?
Nous avons la capacité de faire de la croissance externe. Tous les 24 à 36 mois nous avons un projet mais cela dépend des opportunités qui s'offrent à nous. Aujourd'hui, aucun rachat n'est prévu dans l'immédiat, nous avons une gamme à nous approprier et nous voulons consolider notre activité. Cela ne nous empêche pas d'investir tous les ans dans la production, environ 2,5% de notre chiffre d'affaires y sont consacrés, soit 1M€ pour l'ensemble de nos sites. Il faut dire que nous avons sans cesse à nous adapter à la réglementation. Et puis certains de nos sites vont passer Seveso.
Comment se porte votre secteur?
Le marché est stable. Ce qui fluctue, c'est le coût des matières premières. C'est notre souci, et nous devons nous y adapter en permanence. Par contre, on souffre de la réglementation. Pour suivre et faire de la R & D, il faut donc faire une sorte de course à la taille. Nous ne voulons pas non plus rester mono marché. L'an dernier par exemple, nous avons encore été opportunistes en fabriquant des gels hydroalcooliques.
Sur laquelle de vos activités souhaitez-vous mettre le plus l'accent aujourd'hui?
Nous nous développons sur des produits à forte valeur ajoutée, comme les parfums ou arômes pour l'agroalimentaire. Ils s'exportent d'ailleurs très bien, ce qui serait avantageux pour coloniser l'Europe.


Vous avez justement ouvert un site en Roumanie. Vous visez d'autres pays d'Europe?
En Roumanie, quand nous avons installé Hydrachim il y a quatre ans, ils travaillaient comme nous il y a dix ans! Il y a donc des choses à faire. Mais nous n'avons pas intérêt à importer car ce qu'on transporte est lourd et cher. Donc, effectivement, si on veut travailler avec l'Europe, il vaut mieux s'installer hors de France. En France, je pense que nous avons fait le tour. On est l'un des plus gros des petits dans notre domaine... Maintenant, nous pouvons réfléchir à transposer ce modèle dans les pays frontaliers. Si on va vers l'Europe, ce sera forcément vers l'Est, car les marchés limitrophes, on les atteint un peu depuis la France. La Pologne serait bien. Là-bas, ils travaillent à peu près comme nous.

étapes


1996
Création de Hydrachim au Pertre (production de corrosifs)
1998
Création de la holding B2F
2005
Rachat de Lactavia à Saint-Gilles, qui devient France Culinaire Développement
2007
Rachat de PPG Sipsy à Plélan-le-Grand (gammes couleurs et odeurs, conservateurs, produits chimiques non dangereux )
2008
Le siège déménage à Étrelles
Avril 2009
Rachat d'une usine de traitements pour piscines à Beaucaire (30) : Hydrapro-Kemix
Avril 2010
Lancement d'une gamme bio, Actemia

Hydrachim (Étrelles)

- P-dg : Benoît Fretin - Directeur général : Pascal Colon - Effectif : 150 (dont 25 au siège) sur quatre sites de production - CA 2009 : 43 M€ (5% à l'export, essentiellement vers l'Europe de l'Est, les Dom-Tom, l'Afrique du Nord, la Russie et les pays Baltes). - Résultat net 2009 : 1,5 M€ consolidé - Tél. 02.99.96.82.43. - www.b2f.fr

Virginie Monvoisin

JDE | Édition Ille-et-Vilaine 35 | 2 juillet 2010

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