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JDE Edition Gironde 33

Michel Ohayon. Le boss de l'immobilier

ajouté le 5 novembre 2010  -  - Mots clés : Actualité, Rencontre, michel ohayon

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«J'ai toujours eu la bosse du business qui est pour moi la plus belle aventure moderne», explique Michel Ohayon, le propriétaire du Regent Grand Hôtel de Bordeaux et 82e fortune française.

Propriétaire du Regent Grand Hôtel, à la tête d'une fortune estimée à 450M€, le Bordelais Michel Ohayon dirige un groupe d'immobilier commercial présent dans huit pays. Ses prochains défis: mener à bien les travaux de l'Auditorium de Bordeaux et diversifier ses investissements.

Michel Ohayon est un homme très occupé, toujours entre deux avions et jamais très loin de son Iphone même s'il avoue être «nul en nouvelles technologies». Pourtant lorsqu'on le sollicite pour une longue interview afin de dresser son portrait, la 82e fortune de France au classement 2010 du magazine Challenge, donne sans difficulté un rendez-vous dans la semaine au Regent Grand Hôtel de Bordeaux, bien sûr. «Cet hôtel est une très grande fierté» dit-il. Et pour cause, Michel Ohayon qui en est le propriétaire, y a consacré 9ans de sa vie et 60M€ pour en faire un palace unique au coeur de Bordeaux. «Ce n'est pas le projet de ma vie car tant que je serai en vie justement, et que j'aurai cette capacité à rêver, à imaginer, je m'en servirai pour faire des choses. Mais c'est vrai que j'y suis très attaché. Je sais qu'on ne peut pas plaire à tout le monde. Mais moi, je voudrais bien que tout le monde l'aime car cet hôtel est un message d'amour!»

Un commerçant dans l'âme
Amour, passion, plaisir, des mots qui viennent souvent à la bouche de ce bouillonnant homme d'affaire bientôt cinquantenaire, qui a bâti sa fortune en faisant des affaires dans l'immobilier commercial au début des années 90. Son groupe Financière immobilière bordelaise est présent dans une trentaine de villes dans le monde à travers une vingtaine de SCI. Toujours plein de projets même s'il se défend d'être un bourreau de travail - on a du mal à y croire-, Michel Ohayon passe d'une idée à une autre toutes les secondes. Alors quand on lui demande simplement de se présenter, il doit s'arrêter quelques minutes. «Je suis un fils de marchands de tissu, né au début des années 60 à Casablanca, que ses parents rêvaient médecin mais qui est finalement un commerçant dans l'âme.J'ai toujours eu la bosse du business qui est pour moi la plus belle aventure moderne.» Une aventure qu'il avait d'ailleurs débutée sur les traces de ses parents en ouvrant une boutique Daniel Hechter à Mériadeck en 1984 avant de finalement opter pour l'investissement immobilier.

«J'ai le cuir bien tanné»
Sans oublier Bordeaux, Michel Ohayon vit à Paris depuis 4 ans, «Paris est un accélérateur de business. Et puis en province, on est facilement sous les feux de la rampe et des critiques. À Paris, on est plus noyé dans la masse. J'ai le cuir bien tanné mais je n'oublie pas les quolibets.» De qui parle Michel Ohayon? L'intéressé sourit mais ne répondra pas à la question. Aurait-il des difficultés à accepter la critique? «Je veux bien accepter la critique mais pour moi ce qui compte, c'est le résultat final. Quel grand groupe se serait lancé dans ce projet?» Allusion au chantier de l'Auditorium qui vient de reprendre après plusieurs mois d'arrêt (voir ci-contre) «Ce qui est sûr, c'est que la prochaine fois, je ferai plus facile!» Et plus facile ce n'est pas forcément en France. «Le marché de l'investissement est mondial désormais et le problème en France, ce sont les lourdeurs administratives!» À la question: «En quoi croyez-vous?» Michel Ohayon répond: «Je crois en Dieu. Je ne sais pas comment font ceux qui n'y croient pas parce que si je n'y croyais pas, je mènerai une vie sans foi ni loi, je serai un bandit comme Al Capone! Croire induit un certain comportement, une certaine retenue, une pudeur que je pense avoir.»

«J'investis dans le photovoltaïque et les biocarburants»


Le Regent Grand Hôtel à la tête duquel Michel-André Galopin vient d'être nommé, est maintenant ouvert depuis trois ans. Mais quid du spa, de la piscine et de la boîte de nuit également prévus dans le projet
? Tout cela avance. La boite de nuit baptisée le Black Diamond qui sera gérée par Philippe Franco en association avec Lilian Laslandes, devrait ouvrir d'ici à la fin de l'année. Quant au spa, ses installations sont prêtes. Il ouvrira ses portes début 2011. Les recrutements sont d'ailleurs en cours.

Vous avez également un autre projet sur le toit de l'hôtel. Pouvez-vous nous en dire plus?
L'idée est de créer sur le toit de l'hôtel une plage privée de 1.000m²
en teck. J'ai baptisé ce concept décalé The Beach. L'accès sera réservé aux clients de l'hôtel, aux abonnés du spa et à quelques Bordelais! J'espère une ouverture au printemps 2011.
Les travaux de l'Auditorium, votre autre grand projet bordelais, ont repris au printemps après quelques mois d'arrêt. Pouvez-vous nous rappeler les grandes lignes du projet et son calendrier?
Buildin, une entreprise portugaise en qui j'ai toute confiance, a repris le chantier. Une procédure judiciaire est d'ailleurs en cours à l'encontre de la précédente entreprise* pour surfacturation au regard de l'état d'avancement des travaux. Ce que nous construisons à Bordeaux est unique, une vraie prouesse technologique. J'ai bon espoir pour une ouverture début 2012. Outre l'Auditorium qui sera vendu à la mairie de Bordeaux, le projet prévoit la réalisation de 28 logements de luxe et d'un parking de 480 places.
Concernant vos autres activités immobilières, quels sont vos projets?
J'ai une vingtaine de sociétés actives dans l'immobilier car mon métier c'est définitivement celui-là. Cependant j'aime la nature et j'ai le souci de la préserver. C'est pourquoi je suis en train d'investir dans le domaine des énergies renouvelables. J'achète en ce moment des terrains un peu partout dans le monde (Canada, Israël, Italie, France...) pour y développer deux activités: le photovoltaïque et le biocarburan

t.

*L'entreprise de construction Harribey qui conduisait les travaux de l'Auditorium et n'avait pas été payée par Michel Ohayon, avait saisi le tribunal de commerce et obtenu en décembre2009 le droit de quitter le chantier.

Il aime: -sa famille -la nature, l'eau, l'océan, le bateau -l'authenticité -la musique classique et surtout le piano -les rapports humains Il n'aime pas: -l'intolérance -être frustré -la fainéantise -l'ignorance -les e-mails

Parcours


1961
Naissance à Casablanca
1984
Ouverture d'une boutique Daniel Hechter à Mériadeck
2007
Ouverture du Regent Grand Hôtel de Bordeaux
2010
Reprise des travaux de l'Auditorium

Orianne Esvan

JDE | Édition Gironde 33 | 5 novembre 2010

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