

L'Enquête
ajouté le 6 mars 2009 - - Mots clés : Actualité, Fait du mois, Economie créative
Artistes, concepteurs de jeux vidéo ou de logiciels, auteurs de BD, designers... Plus de 3.600 entreprises girondines appartiennent au secteur de l'économie créative, qui commence à se structurer. Trois projets doivent favoriser le développement de nouvelles sociétés à la caserne Niel, aux bassins à flot et à Terres Neuves. Quand verront-ils le jour? Comment les pouvoirs publics essayent-ils de fédérer les acteurs de l'économie créative? Quel est le réel potentiel de ce secteur?
Marianne Peyri, Orianne Esvan et Yann Buanec
Ceux que l'on appelle les créatifs, artistes, architectes, designers, concepteurs de jeux vidéo ou de logiciels, éditeurs... ont toujours existé. Leur nombre augmentant sur fond de repli industriel et leur visibilité se renforçant, ils apparaissent désormais comme une force économique. Classés en secteur quaternaire pour les différencier du tertiaire, ces acteurs naviguent dans ce qu'on appelle la sphère de l'économie créative. Le concept, né à la fin des années 80 dans les pays anglo-saxons, fait fureur aujourd'hui dans des villes comme Londres, Berlin, Montréal ou Lyon qui ont choisi de valoriser ces travailleurs qui monnaient leurs idées à la croisée des chemins entre art, culture, affaires et technologie. À Bordeaux, le poids économique de ce secteur émerge doucement. Une première étude du BRA, l'agence de développement économique Bordeaux-Gironde, le chiffre ainsi à 3.647 sociétés soit 8,4% des établissements de l'agglomération bordelaise. L'économie créative se placerait ainsi dans le top 3, derrière le commerce et les services aux entreprises et devant les services aux particuliers, la construction et l'éducation.
13.836 salariés en Gironde
En termes d'emplois, le bilan est plus modeste, ce secteur fourmillant essentiellement de TPE, voire de travailleurs indépendants. On l'évalue ainsi à 13.836 salariés, soit 3,5% de l'effectif total. Quant aux créations d'établissements dans la Cub, on estime que 8% concernent le secteur créatif. Certains sous-secteurs se distinguent sans conteste dans le paysage local: les métiers du design (4.800 emplois), de la conception de jeux vidéo ou de logiciels (2.500 emplois), l'édition-presse (2.000 emplois), l'architecture... Mais l'économie créative version Bordeaux revêt milles autres visages. On le déniche dans les bénéfices engendrés par les tournages de films toujours plus nombreux, le dynamisme du secteur de la BD, le recours à des artistes par des grands châteaux, la présence en Gironde de plus de 50 éditeurs, l'émergence du tourisme créatif développé par exemple par la galerie d'art Cortex Athletico... Des lieux symboliques de rassemblement de ces créatifs commencent de même à prendre corps: Terres Neuves à Bègles, le quartier des bassins à flot ou le projet Darwin à Bordeaux... Enfin, un état d'esprit, propre à l'économie créative, basé sur l'idée d'ouverture, apparaît timidement à travers l'émulation politique-artistes-chefs d'entreprise qui s'est créée autour de la candidature de Bordeaux 2013 ou du projet Euratlantique.
"Bordeaux créative ": première pierre
Les pouvoirs publics sont désormais prêts à prendre le train en marche. Fin février, à l'initiative de la mairie de Bordeaux, 70 créatifs, dont les responsables des quatorze secteurs définis de l'économie créative (Voir encadré), ont ainsi été réunis au sein de Bordeaux créative, pôle de réflexion et de développement de nouveaux projets.. Les pistes ne manquent pas: renforcer la filière numérique, croiser le monde du vin, de la gastronomie et de la culture, créer des passerelles entre, par exemple, nouvelles sociétés du pôle Laser et artistes, entre industrie automobile et designers. Reste que Bordeaux, peu connue pour être une ville créative, a bien du chemin à faire pour conquérir ce nouvel eldorado économique.
- «L'économie créative. Approches du concept et panorama bordelais», sous l'égide du BRA. - «L'AlphaBem des industries créatives», sous la direction d'Anne Combault, Florine Livat-Pécheux et
François Durrieu. - «Économie créative: une introduction» par l'Institut des Deux Rives.
Après Bordeaux créative, Aquitaine créative? La ville de Bordeaux et le conseil régional tentent de fédérer les acteurs de cette économie et souhaitent monter plusieurs projets dans les prochains mois.
Artistes, entrepreneurs, designers... 70 personnes étaient présentes le 19février à l'hôtel de ville de Bordeaux pour la création de Bordeaux créative. Avec cette nouvelle structure, le maire, Alain Juppé, souhaite élaborer une stratégie de développement de nouveaux projets dans les domaines de la musique, du design, des jeux vidéo... Josy Reiffers, adjoint au maire en charge du développement économique, de l'emploi, de la recherche et de l'enseignement supérieur s'est vu confier l'animation de Bordeaux créative.
Première réunion plénière avant l'été
«Notre mission prioritaire consiste à identifier les acteurs de l'économie créative, déclare Josy Reiffers. Notre définition de ce secteur est résumée en quatre "T": il faut un talent exprimé, sur un territoire donné, une dose de tolérance, liée à l'incertitude des projets, et une notion de transversalité, car on y retrouve des gens aux profils différents». Une réunion plénière devrait être organisée d'ici à deux mois, quand des représentants des différents champs disciplinaires de l'économie créative auront été identifiés. «Notre rôle consistera tout d'abord à identifier les forces et faiblesses du territoire et de faire partager le diagnostic à notre groupe, explique Josy Reiffers. Bordeaux créative aura également vocation à faire éclore des projets et donner son opinion sur les grands projets de réaménagements urbains, par exemple sur Belcier».
Accueil d'entreprises dans la pépinière des Chartrons
Par ailleurs, la mairie de Bordeaux souhaite que la pépinière d'entreprises des Chartons, qui devrait ouvrir cet été, soit dédiée à l'économie créative et aux éco-activités. «Nous sommes également en train de réfléchir à la création d'un événement dans le secteur de l'économie créative qui servirait de locomotive», déclare Josy Reiffers. L'adjoint au maire de Bordeaux considère que le secteur de l'économie créative est susceptible «de doubler de taille dans les 5 à 10 ans».
Création d'un conservatoire du design
Le conseil régional n'est pas en reste, avec, depuis décembre, un adjoint à la culture et à l'économie créative. Frédéric Vilcoq «suit tous les dossiers transversaux à l'économie et à la culture». Le conseiller régional souhaite créer un conservatoire du design. «L'idée est de regrouper à côté du Frac (Voir ci-dessous) nos différentes agences culturelles. Aquitaine image cinéma et l'Agence régionale pour l'écrit et le livre en Aquitaine, qui viennent de fusionner, ainsi que l'Oara (l'Office artistique de la région Aquitaine) pourraient s'installer dans les mêmes locaux du côté de Belcier. «Ce regroupement pourrait prendre le nom d'Aquitaine créative», déclare le conseiller régional. «Nous réfléchissons également à la création d'une pépinière pour accueillir les jeunes pousses de l'économie créative, annonce Frédéric Vilcoq. Pourquoi ne pas mettre à disposition des jeunes entrepreneurs un "show room" où ils pourraient exposer leur création ou leur savoir?»
Think tank récemment créé à Bordeaux, l'Institut des Deux Rives (I2R) sort un ouvrage collectif sur l'économie créative. Son président, Georges Viala décrypte ce nouveau concept.
Pourquoi avoir choisi, au sein de l'I2R, de plancher sur cette thématique de l'économie créative ?
Nous, personnes de la société civile, avons pensé qu'en cette pleine période de crise, de ruptures et d'interrogations sur le capitalisme, il y avait nécessité à trouver de nouveaux modèles socio-économiques, les politiques étant pris par le quotidien et n'ayant guère le temps d'une réflexion distanciée. L'économie créative nous est apparue comme un concept fort. Tout en remettant l'homme au centre de la société, elle représente une vraie force salariale et économique. A Londres, ce secteur pèse plus de 500.000 personnes et génère 21milliards de livres par an, c'est la 2e source de prospérité de la ville avant même les services financiers. Des travaux ont aussi montré que ce secteur se développe deux fois plus vite que les secteurs traditionnels. On a donc tout intérêt à aider les créateurs à entrer dans les circuits économiques.
La France et la métropole bordelaise, sont-elles prêtes à développer ce nouveau modèle ?
Franchement, on a 10 ans de retard par rapport au monde anglo-saxon et bien souvent, en France, l'économie créative est réduite à de l'économie culturelle. On sent encore une méfiance des artistes vis-à-vis des financiers et un mépris du monde de l'entreprise pour les projets culturels. Il y a des barrières psychologiques à faire tomber pour convaincre que la culture peut être un investissement intéressant. A Bordeaux, on trouve de la technologie, des talents, mais il faut arriver à les repérer, les stimuler et surtout les rassembler. Même si de nombreux réseaux existent, chacun reste cloisonné dans son monde.
Cette mise en réseau est-elle essentielle pour que l'économie créative s'épanouisse ?
Ce modèle, en effet, ne peut pas fonctionner si on n'accepte pas l'idée de tolérance, de mixité, de croiser des univers différents. La mise en réseau est incontournable pour peser économiquement, attirer d'autres sociétés sur le territoire, booster le mécénat privé, améliorer l'image et le rayonnement d'une ville, gagner en visibilité... S'inscrire dans des réseaux nationaux et internationaux est tout aussi important. Tout se jouera également sur un bon système de gouvernance dans lequel les politiques acceptent de travailler de façon transversale, de se délester de leur pouvoir et de le confier sans préjugés aux acteurs de ce secteur.
Le projet Darwin sur la rive droite de Bordeaux veut concilier développement économique des industries créatives et préoccupations environnementales au sein d'un éco-quartier.
Initié depuis 2006 par le groupe Evolution, incubateur privé de projets entrepreneuriaux responsables dirigé par Philippe Barre, le projet Darwin vise à réunir dans un même lieu, des entreprises qui évoluent dans le domaine des économies créatives et des services et technologies de l'environnement (agence de communication, ingénierie conseil, webdesigner, infographistes, artistes, entreprises des NTIC...).
20 entreprises, 250 emplois
Le projet porté par le groupe Evolution concerne l'aménagement de 10.000m² de bureaux dans les magasins généraux de la caserne Niel sur la rive droite de Bordeaux. «Une vingtaine d'entreprises pourraient s'y installer ce qui représenterait 250 emplois dont 80 créations, précise Philippe Barre. Nous avons d'ores et déjà une dizaine de PME inscrites dont Inoxia, CleanRide, Vertige, Proformat...et d'autres sont prêtes à nous rejoindre. L'Ademe et l'IFPEB sont intéressés. Quatre commerces verront également le jour.Un hôtel et une crèche éco responsable s'installeront également» L'idée est de diminuer l'empreinte écologique en mutualisant les moyens (salles de réunion communes, photocopieurs, pool de voitures) et de créer des synergies de travail et donc de susciter du développement économique. Montant de l'investissement: 15M€ dont 3M€ sont apportés par le groupe Evolution et des business angels. Lancement prévu en 2011. Il y a quelques semaines pourtant, les porteurs du projet ont dû tirer la sonnette d'alarme. Faute d'un accord sur le prix de vente de la caserne Niel avec son propriétaire la Cub, le groupe Evolution envisageait d'abandonner et de réaliser le projet ailleurs. «Nous ne pouvions plus attendre, précise Philippe Barre. Nous avons déjà investi plus de 100.000 €. Les entreprises avaient besoin de savoir si elles pourraient s'installer et quand.» Finalement, un accord a été trouvé le 20février.
Tél.: 05.56.77.52.06 www.projetdarwin.eu
Une centaine d'auteurs de BD sont installés en Gironde. Depuis octobre2008, une quinzaine d'entre eux a créé un lieu fédérateur, le "9-33".
Depuis les années 90, auteurs, illustrateurs et scénaristes de BD affluent en Gironde. On en compte une centaine, dont une soixantaine à Bordeaux, qui devient la 2e ville de France, après Paris, à accueillir les professionnels de ce secteur. Et pas des moindres: Prudhomme, Pendanx, Ayrolles, Dumontheuil, Alfred, Moynot.... Attirés par les copains, des loyers modérés, cinq éditeurs et plusieurs librairies spécialisées en Gironde, ces auteurs finissent par représenter un véritable vivier économique, encore assez méconnu mais représentatif du dynamisme de ce 4e secteur. Indépendants, payés chichement en droits d'auteur, solitaires dans leur travail, les bédéistes cependant s'organisent peu à peu, l'union faisant la force. Des ateliers partagés "Flambant Neuf ", "Bocal Studio " ou le local de la rue Labrède regroupant huit dessinateurs d'envergure, ont été créés. Un pas de plus a été franchi en octobre dernier avec la naissance de "9-33", un lieu qui réunit une quinzaine d'auteurs fondateurs.
Importance de se fédérer
«A Bordeaux, le potentiel est énorme mais la visibilité du secteur est nulle. En prenant un local qui deviendra une vitrine de la BD à Bordeaux, en organisant des rencontres auteur-public, des expos, des ateliers, on veut aider ces auteurs à être davantage reconnus du public dans leur propre ville, faciliter aussi les contacts avec des éditeurs, attirer encore plus d'auteurs à Bordeaux... Se fédérer est désormais nécessaire pour convaincre également les pouvoirs publics de la richesse de ce secteur», explique Eric Audebert, fondateur de "9-33". La mairie de Carbon-Blanc, elle, est d'ores et déjà prête à surfer sur le mouvement: un projet de pôle de création et diffusion dédié à la BD pourrait voir le jour au château Brignon.
Autour du hangar G2, du côté de l'usine Lesieur, une quinzaine de sociétés et près de 150 emplois relèvent de l'économie créative et dynamisent ce quartier encore en devenir.
La zone entre nord Chartrons et sud de Bacalan prend depuis 2000 un nouveau visage. Les créatifs ont investi ces lieux chargés d'histoire portuaire et identifiés encore par la silhouette industrielle de l'usine Lesieur. Symbole le plus prégnant: le hangar G2 du quai Armand-Lalande.
Architecte, pros du design de l'art, de l'édition
On y retrouve plusieurs cabinets d'architectes (Brochet Lajus Pueyo, Poggi, JP Rodrigez...) aux côtés de l'agence d'urbanisme A'Urba, des pros du design et du graphisme (Design Studio, Graffic Business, studio Pistolet Bleu...) et de l'art ou de l'édition (galerie Arrêt sur Image, revue le Festin...) sans compter le vaste espace occupé par le FRAC (Fond régional d'art contemporain) dont on ne sait encore s'ils déménageront sur les anciens abattoirs près de la gare. Au coeur de ce hangar G2, une quinzaine de sociétés et près de 150 emplois relèvent donc de l'économie créative, bel et bien en germe dans ce quartier, dynamisé par l'arrivée du tram, où les lieux de culture (base sous-marine, Cap Sciences, Théâtre du Pont Tournant) côtoient restos et boîtes branchés, du H36 à la Dame de Shanghai. «Cela dit, c'est encore Beyrouth. Tout est en devenir et l'on attend la construction du pont Bacalan Bastide qui donnera le top départ du quartier. L'économie créative pourrait alors être une des pistes à développer, pourquoi pas autour d'activités créatives en lien avec le projet de port de plaisance ? Tout est possible, mais il ne faut pas s'attendre à ce que ce secteur pèse économiquement, sa force, c'est surtout de peser sur l'attractivité du lieu et l'image que l'on donne...» constate Robert Lucante, directeur d'étude à l'agence A'Urba, implantée dès 1999 au hangar G2.
Bordeaux est la 3e ville en France pour le jeu vidéo, une industrie créative par nature. Pour mieux mettre en avant cette filière, les professionnels bordelais du secteur ont créé une association: Bordeaux games.
Bordeaux, terre de jeux vidéo? On n'en est pas encore là mais il existe tout de même dans la capitale girondine un potentiel fort né de l'aventure Kalisto. La ville se situe même au 3e rang national derrière Paris et Lyon. «Nous représentons 250 emplois et 15M€ de chiffre d'affaires, explique Pascal Jarry, le président de Bordeaux games. Cette association créée en 2007 réunit 17 entreprises de jeu vidéo dans la région dont SC2X, Be Tomorrow, Asobo, Concoursmania... Son objectif: faire exister la filière, mutualiser les moyens, créer du business et aussi aider les adhérents à recruter et à monter des dossiers de financement notamment auprès du Centre national de la cinématographique (CNC). «D'un point de vue économique, être à Bordeaux est un handicap car les donneurs d'ordre sont à Paris. Mais nous avons tous choisi d'être ici et donc nous agissons pour être plus visibles.Je crois beaucoup à l'économie créative parce que je sens qu'une dynamique est en marche tant chez les politiques que chez les gens.»
Redonner de l'élan à Bordeaux 2013
Pour cet ancien directeur général de Kalisto, il ne manque pas grand-chose à Bordeaux pour être attractive en la matière. «Il faudrait redonner de l'élan à certains projets de Bordeaux 2013. Pour développer les industries créatives on peut certes donner une impulsion économique en distribuant de l'argent. C'est ce que font des villes comme Toronto ou Québec pour le jeu vidéo. Mais on peut aussi jouer sur l'humain, créer une émulation culturelle. Bordeaux manque d'un événement un peu barge, de lieux un peu marginaux, de convivialité dont se nourrit l'économie créative. Mais je crois que les lignes sont en train de bouger.»
Le site de Terres Neuves à Bègles réunit une cinquantaine de micro-entreprises qui travaillent dans les domaines de l'image, du son, de l'audiovisuel et du multimédia.
Cluster sans doute le plus avancé et représentatif de cette économie créative locale, le site de Terres Neuves prend corps depuis 2002, année d'achat par la mairie de Bègles de 4,2ha d'anciennes friches militaires. En six ans, les réhabilitations de bâtiments se sont enchaînées pour accueillir désormais près d'une cinquantaine de micro-entreprises. Parmi elles, sociétés de production audiovisuelle, de communication et d'événementiel, d'architecture, de production musicale, de médias occupent majoritairement le terrain. Rassemblées, elles pèseraient plus de 200 emplois fixes et jusqu'à 1000 avec les salariés intermittents. Des dizaines d'autres sociétés ou d'indépendants devraient s'installer dans les 16 bâtiments du site et les 14.000m² de construction, qui comprendront notamment un grand plateau de tournage et une salle de post-production, d'ici à la fin des travaux programmés en 2011. Fief des documentaristes, photographes, musiciens, prestataires audiovisuels, graphistes..., Terres Neuves se distingue bien des habituelles technopoles d'entreprises. Le projet, porté par le maire Noël Mamère et piloté par la Saemcib, société d'économie mixte de logement social, d'en faire un pôle dédié à l'image, au son, à l'audiovisuel et au multimédia le place de fait dans la catégorie "nouveau territoire de l'art".
S'organiser en réseau et mutualiser
Les entreprises du secteur créatif y affluent, trouvant dans ce lieu une identité originale au coeur de la cité Yves-Farges, des loyers modestes et surtout la possibilité de partager des outils ou projets avec d'autres pros de leur secteur d'activité. Signe en tout cas qu'«une mise en réseau» était bel et bien attendue.
En janvier2007, le premier "Think tank" ou laboratoire d'idée bordelais voit le jour. Une vingtaine d'acteurs issus de la société civile, universitaires, chefs d'entreprise, hauts fonctionnaires, banquiers, communicants, biologistes... décident de plancher sur le thème de l'économie créative. Apolitique, l'Institut des Deux Rives, structure d'influence plus que de lobbying, s'est employé à mieux définir ce concept et ses potentialités à travers notamment un abécédaire d'une cinquantaine de mots de A comme Agenda de Lisbonne à X comme industrie du X.On y trouve également les interviews de Pierre Hermé, Michel Guérard, Philippe Starck, Jacques Séguéla et Thierry Marx et de figures bordelaises de la culture comme Richard Coconnier ou Olivier Brochet.
«Economie créative: une introduction» par l'Institut des Deux Rives, Editions Mollat, 160 pages, 9€.
Arts plastiques: peinture, sculpture; Marché de l'art et antiquité; Architecture et urbanisme; Edition: philosophie, littérature, poésie, fiction, essai, BD; Arts visuels: cinéma, photo, télévision; Artisanat: bijouterie, orfèvrerie, arts de la table; Musique: composition, édition, concerts, festivals; Arts vivants: théâtre, danse, cirque; Mode: haute couture, luxe; Design; Gastronomie, vins; Tourisme créatif circuits à thèmes et parcs à thèmes; Publicité, événementiel, relations publiques; Créations numériques: multimédia, jeux vidéo, logiciels, télécommunication
JDE | Édition Gironde 33 | 6 mars 2009

