Entreprise du mois
Un contrat de 4,5 millions d'euros avec le ministère de la Défense, un autre de près de 8 millions avec Météo France, le rachat d'une entreprise courant janvier... La société d'électronique basée à Pins-Justaret poursuit sa stratégie de croissance.
Pour l'instant, le secret est bien gardé, difficile d'en savoir plus sur le rachat déclaré comme imminent d'une entreprise par la société d'électronique Sterela. Seuls indices que nous avons réussi à obtenir: la société en cours d'achat n'est pas située en Midi-Pyrénées et la vente devrait être finalisée courant janvier. «Si tout se passe comme prévu, nous devrions dépasser la barre des 20millions d'euros de chiffre d'affaires. Nous espérons atteindre les 20-25millions», indique, énigmatique, Robert Bousquet, le P-dg de Sterela, visiblement satisfait des dix-huit mois écoulés depuis la reprise de la société, basée à Pins-Justaret, par trois actionnaires et six cadres de l'entreprise en 2010. Le chiffre d'affaires en juin2011 (date de clôture) était de 10,7millions d'euros, répartis autour de quatre secteurs clé: la défense (40% du chiffre d'affaires), le trafic routier (40% également), la météorologie et l'aéronautique se partagent les 20% restants. Parmi les clients historiques de la société : Airbus. «Le groupe représente 80% de notre chiffre d'affaires pour le secteur de l'aéronautique», précise Benoît Guirardel, responsable du département consacré notamment à la réalisation d'outillages de tests sur la fonctionnalité des avions.
Un gros contrat avec l'armée
Après avoir signé un contrat de 7,6millions d'euros avec le ministère de la Défense fin 2010, Sterela en a remporté un nouveau récemment de 4,5millions d'euros afin d'équiper en porte-cibles mobiles et fixes les champs de tirs de l'infanterie. Le fruit d'un travail de longue haleine mené depuis 25 ans avec l'armée. «En parallèle des champs de tirs en construction, nous profitons du renouvellement des équipements arrivés en fin de vie», explique Franck Aglietta, chargé d'affaires au sein de Sterela. L'entreprise est d'ailleurs en cours d'installation dans ses locaux d'un MCO (maintien en condition opérationnelle) permettant d'assurer des contrats de maintenance. «Les porte-cibles étant énormément sollicités par l'armée, ils ont besoin d'être régulièrement entretenus», détaille le responsable. La société toulousaine exporte également ses innovations, notamment en matière de ciblerie. Elle travaille sur les systèmes de basculement de robots-cibles pour les États-Unis et l'Australie.
900 stations météorologiques
Forte d'un savoir-faire de 30 années, Sterela a réussi à s'imposer sur de nombreux autres secteurs, dont la météorologie. L'entreprise a d'ailleurs remporté en septembre dernier un nouveau contrat, à hauteur de 8millions d'euros, auprès de Météo France. Il s'agit du renouvellement des stations automatiques du réseau français. Cela représente 700 à 900 stations à fournir à partir de 2014. Un important travail de R&D a été mené «afin de permettre une transmission des données chaque minute, contre toutes les 60 minutes auparavant», souligne le responsable du secteur météo, Christophe Marquet. Au-delà de la météorologie, Sterela compte aujourd'hui étendre son savoir-faire à d'autres domaines d'activités tels que la sismologie par exemple. En parallèle, l'entreprise d'électronique entend mener deux programmes de R&D représentant un investissement de l'ordre de 2millions d'euros dans le secteur du trafic routier, afin d'améliorer la précision de leur appareil de pesage des poids lourds. «Le laboratoire central des ponts et chaussées a qualifié notre technologie comme étant la meilleure au monde. Notre système a aujourd'hui une précision de 7%, nous espérons passer sous la barre de 5%», souligne Robert Bousquet. L'entreprise cherche aujourd'hui à faire certifier et homologuer son système par le laboratoire national de métrologie. Si aujourd'hui ce «système est déjà présent en France, au Maroc, en Pologne, en Tunisie et au Cambodge», comme l'indique Michel Estival, responsable du département trafic, la société entend attaquer le marché de la zone Brésil, de la Belgique, du nord de l'Europe et de l'Asie. Sterela souhaite aujourd'hui accentuer ses activités à l'export qui représentent aujourd'hui 15% de son chiffre d'affaires. Le souhait de l'entreprise: 30% d'ici à 2014.
Laurence Le Gall
JDE | Édition Haute-Garonne 31 | 6 janvier 2012


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