Finistère

L'Enquête

JDE Edition Finistère 29

Éolien offshore. Une filière à construire

ajouté le 1 avril 2011  -  - Mots clés : Actualité, Fait du mois, éolien offshore

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Après l'éolien posé, les prochaines étapes pour les énergies marines renouvelables sont les éoliennes offshore flottantes, ci-dessus celles de la société morbihannaise Nass & Wind (Photo: DCNS) ou encore l'hydrolien à l'image de la D10 de Sabella. Ces technologies sont déjà en phase de test.

Le 5avril, Bretagne Pôle Naval et la CCI de Brest organisent un colloque sur l'éolien offshore posé. Un moyen de réunir toutes les entreprises concernées par ce secteur en devenir. Brest, en tant qu'arrière-base du site de Saint-Brieuc, a sa carte à jouer.

«Les énergies marines vont avoir leur importance à l'avenir, déclare le président de la Région, Jean-Yves Le Drian. Surtout au regard de la double actualité dramatique que nous vivons.» Or, la France a du retard à rattraper dans ce domaine, notamment sur l'éolien posé. «La technologie existe depuis au moins vingt ans!», s'exclame Brigitte Bornemann, gérante de 3B conseils, cabinet spécialisé en communication scientifique et financière. La société édite plusieurs blogs sur les énergies marines renouvelables. La France a pour objectif de produire 6.000MW en éolien offshore fixe en 2020. Et les industriels bretons veulent leur part du gâteau. «On attend un signe de l'État», souligne Jacques Dubost, président de Bretagne Pôle Naval (BPN). Le signe? L'appel à projet, annoncé en janvier dernier pour la construction de fermes offshore pour une première tranche de 3.000MW. Cinq sites* ont été retenus, dont Saint-Brieuc (180km², 500MW). L'appel devrait être lancé début mai, les dossiers des développeurs tels qu'EDF, Poweo, ou encore Neoen, sont attendus pour fin novembre. Le choix des opérateurs interviendrait à l'été 2012. Le coût de ces projets est estimé à environ 1,6Md€ chacun. En attendant, «il faut se préparer à cette filière», insiste Jacques Dubost. De l'étude d'impact, à la maintenance en passant par l'assemblage, la logistique, l'installation... de nombreuses PME finistériennes peuvent avoir leur rôle à jouer dans cette filière à construire. D'où le colloque organisé le 5avril à Brest par le BPN et la CCI. «Le but est que les développeurs, grands industriels qui vont porter les projets et les PME locales puissent se rencontrer», explique Gilles L'Haridon, délégué général de BPN. «Il faut s'organiser en amont», ajoute le président du cluster. Lors de cette réunion, GL Garrad Hassan présentera une étude réalisée pour BPN sur
l'organisation industrielle et les besoins des donneurs d'ordre.


«Que peut-on faire ici?»
C'est bien sûr le site de Saint-Brieuc qui intéresse les sociétés du Finistère. Car Brest semble le choix logique pour devenir l'arrière-base du site armoricain. Le Polder est notamment l'objet de toutes les convoitises. «On a des demandes. Je ne peux pas vous dire combien, mais plusieurs», confie Jean-Jacques Le Norment de Bretagne Développement Innovation (ex-AEB)

. Cette zone d'une cinquantaine d'hectares à l'Est du Port de commerce appartient à la Région mais est gérée via le syndicat mixte de Brest Iroise (SMBI), qui regroupe la CCI, BMO, les conseils général et régional à 25% chacun. Mais le site n'est pas utilisable en l'état. Pour accueillir des industriels, il faut stabiliser le terrain. «Il est prévu de commencer par une première tranche de 12 hectares à l'ouest du Polder, fin 2011, début 2012», indique Olivier Daumas, le responsable des opérations pour le SMBI. Une fois cette stabilisation réalisée, il restera à négocier l'aménagement.

Offshore flottant, hydroliennes
Mais cette construction de filière, qui n'est pas encore actée, n'est qu'une première étape. «Une fois les compétences acquises, on peut espérer continuer dans cette voie avec l'éolien offshore flottant et l'hydrolien», s'accordent à dire les acteurs du secteur, notamment ceux de BPN. Surtout que dans ces domaines, la France n'accuse pas de retard. «On est dans la course!», dixit Jacques Dubost. Alors même si les retombées économiques, notamment en terme d'emploi, sont difficiles à chiffrer, le jeu en vaut la chandelle. «Environ 200 à 300 personnes sur le long terme?», avance le président de BPN. L'autre atout de Brest est l'incubateur DCNS pour les énergies marines renouvelables. «Nous investissons en R & D surtout sur le flottant avec Nass & Wind. Les fermes d'éoliennes flottantes permettraient d'être plus au large, donc plus grandes et moins de nuisances sur la côte. Mais les compétences du posé et du flottant sont liées», juge Marc Boeuf, un des responsables de l'incubateur. Même raisonnement pour les hydroliennes. Mais ces technologies ne seront pas complètement opérationnelles avant de longues années. Tandis que l'éolien posé, «c'est pour maintenant, insiste Jacques Dubost. Il faut être prêt en 2015 pour les constructions et installations.»
* En plus de Saint-Brieuc, Saint-Nazaire (78km², 750MW), LeTréport, 110km², 750MW, Fécamp (88km², 500MW), Courseulles-sur-Mer (77km², 500MW).

L'Angleterre en avance sur l'éolien offshore posé

 Éolien offshore.  Une filière à construire

Joël Constant Chargé des sciences et technologies à l'ambassade de France au Royaume-Uni. «L'éolien offshore posé a été très fortement développé ces dernières années au Royaume-Uni. Le pays fait partie des mauvais élèves de l'Union Européenne en ce qui concerne la production d'électricité à partir de sources renouvelables. L'exploitation de fermes éoliennes offshore est devenue prioritaire avec des ambitions très fortes.» «436 turbines sont opérationnelles, pour une capacité totale de 1.341,2MW.La plus grande ferme éolienne offshore du monde, Thanet, a été inaugurée en septembre2010 au large des côtes du Kent. En 2020, le Royaume-Uni vise une production de 12,99GW. Déjà, 309 turbines d'éoliennes offshore sont en construction (1.152,6MW), 817 sont approuvées (2.629,6MW) et 519 supplémentaires sont à l'étude (2.260MW).» Premier sur l'offshore. «Le choix de l'éolien offshore s'appuie sur plusieurs critères dont l'expertise déjà acquise grâce à l'exploitation gazière et pétrolière en mer du Nord mais aussi le potentiel naturel de l'île. Il serait possible pour eux d'atteindre 466 GW, en supposant un niveau réaliste de progrès technologique.» «La capacité de production d'énergie éolienne du Royaume-Uni (4.092MW) est loin de celle des leaders mondiaux. Elle est même inférieure à celle de la France (4.521MW). Cependant l'île est bel et bien installée en tête des pays producteurs d'électricité via des fermes éoliennes offshore. Et ce, devant le Danemark, les Pays-Bas, la Suède... Au premier semestre 2010, 56% des nouvelles turbines installées en Europe l'ont été au Royaume-Uni, soit 61% de la capacité cumulée.Comme la France, le Royaume-Uni souhaite créer une nouvelle industrie pourvoyeuse d'emplois. 58.000 emplois pourraient être créés. Malgré des coupes budgétaires importantes, l'éolien reste une priorité. En octobre2010, le gouvernement a annoncé la création d'un fonds d'1Md£ (plus d'1Md€), servant de levier pour attirer des fonds privés.»

  • Vu du Royaume-Uni

«Brest a une carte à jouer»

 Éolien offshore.  Une filière à construire


Pourquoi l'appel à projet pour les éoliennes offshore posées tarde-t-il autant?
L'annonce par le président de la République a été faite le 26janvier. Un cahier des charges est en train d'être finalisé. Il faut donner des règles aux industriels sur l'implantation des éoliennes. Ce sera fait courant avril et l'appel devrait être lancé par le ministère de l'Énergie en mai.
Quels sont les atouts de la Bretagne?
En tant que Préfet maritime de l'Atlantique, j'ai eu à étudier, avec les préfets des régions et des départements, quels sites étaient propices à l'implantation d'éoliennes. Aucun n'a été retenu en Aquitaine et en Poitou pour cette première tranche. Pour la première parce que les fonds et les conditions de vents ne s'y prêtaient pas, la seconde car il y avait une problématique avec les oiseaux. Au contraire de la Bretagne, comme des Pays de la Loire, qui ont chacune un site sur leurs côtes.
Selon vous, Brest est-il bien placé?
Je n'ai pas à me prononcer. Je souhaite que tous mettent en avant leurs atouts pour qu'il y ait de la concurrence. Il est vrai, que LeHavre et Nantes/Saint-Nazaire sont plus proches des sites que Brest ne l'est de Saint-Brieuc, même si ce choix, comme arrière-base, semble logique. La ville a une vraie carte à jouer technologiquement avec la plateforme des énergies marines renouvelables, qui peut être un vrai moteur. Je ne doute pas que les acteurs brestois sachent jouer leur partie dans cette affaire face auHavre ou à la Grande-Bretagne.

Isabelle Jaffré

JDE | Édition Finistère 29 | 1 avril 2011

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