Avec OPE, Opportunités pour l'entreprise
Avec NetPME, Ressources pour créateurs et chefs d'entreprise
jeudi 17 mai 2012

Fait du mois

JDE Edition Finistère 29

Concarneau. Quel visage en 2015?

ajouté le 3 février 2012  - 

  • Agrandir le texte
  • Agrandir le texte
  • Réduire le texte
  • Réduire le texte
  • Envoyez l'article à un ami
  • Imprimez l'article
  • Flux RSS
  • L'article au format PDF
  • Ajoutez cet article
  • Réagissez à cet article
Le port de Concarneau est l'un des enjeux majeurs pour son économie. Un équilibre doit être trouvé entre l'industrie, la pêche et le nautisme. Une étude, commandée par le Conseil général du Finistère, présentera d'ici quelques mois plusieurs scénarios. (Photo B.Stichelbaut/Ville de Concarneau.)

À quoi ressembleront Concarneau et son agglomération en 2015? Chefs d'entreprises et élus évoquent leur vision de l'avenir du territoire pour les prochaines années.

Quel visage pour Concarneau en 2015? Le scénario idyllique: un port modernisé où cohabitent la construction et la réparation navales, la pêche et la plaisance. Un lieu incontournable de la thalassothérapie, du tourisme et des industries agroalimentaires dynamiques. Voilà l'ambition. Reste à rendre le territoire attractif, s'entendre sur les projets et les financer. Et rien n'est moins simple. «Aujourd'hui c'est un peu l'anarchie. On ne réussit pas à avoir de vision claire à long terme, ni au niveau de l'État, ni au niveau du Département, ni au niveau de la Région, regrette Pascal Piriou, patron des chantiers du même nom

.
Le risque, c'est qu'un jour, les gens, ne sachant pas pourquoi une décision est prise, soient contre.»

Un port modernisé
Représentant environ 2.000 emplois, le port est l'un des enjeux majeurs des années à venir. Le Conseil général a d'ailleurs lancé une étude, par la Société d'aménagement du Finistère (Safi). Objectif: proposer différents scénarios du partage du port, entre l'industrie navale, la pêche et la plaisance. En 2015, une chose est sûre: le port devra répondre aux nouvelles normes environnementales. La CCI a d'ores et déjà annoncé un investissement de 12M€ pour moderniser l'équipement de construction et réparation navales, dont elle a la concession. Par exemple, le slipway, obsolète, devrait faire place à un élévateur à sangles (3M€). Reste à boucler le financement. Et au plus vite. Car l'autofinancement et les subventions des collectivités ne suffiront pas. «Pour réaliser ces travaux, nous avons besoin des fonds européens Feder, qui s'arrêtent en 2013, explique Jean-François Garrec. Ce n'est pas simple, car en ce moment, l'argent part plutôt du côté de l'éolien offshore. On voudrait simplement ne pas être oubliés.» Quant à la pêche, la transformation est déjà en route. Le permis pour la machine à glace (1,8M€) a été signé fin janvier par le préfet. Les pontons pêche sont en train d'être rapprochés de la criée (630K€). «Il s'agit de regrouper l'activité pour rationaliser l'exploitation. Aujourd'hui, la criée est surdimensionnée», indique Jean-François Garrec. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne croit pas à l'avenir de la pêche, surtout la côtière, à Concarneau. «Il faut arrêter de dire que ça ne va pas. Les mareyeurs travaillent très bien!» En 2011, 11.305 tonnes de poissons ont été débarquées, soit 33% de plus qu'en 2010. Et malgré la crise du secteur, la CCI n'est pas la seule envisager un avenir de la pêche à Concarneau. «C'est possible si on y croit. Depuis 1964, j'en ai entendu des pessimistes dire que c'était fini», souligne Guy Cotten.




Diversifier les activités du port
La place de la plaisance reste la grande inconnue. La question est source de tension et d'interrogations, notamment du côté des pêcheurs et de l'interprofessionnelle du port (IPC, 45 entreprises). L'étude commandée par le Conseil général devrait permettre d'apporter des réponses dans quelques mois. Mais la diversification des activités apparaît, quoi qu'il arrive, comme une nécessité. «Le nautisme et le tourisme sont des atouts à développer. L'objectif, c'est de faire rentrer des revenus, de créer des emplois et que les gens viennent dépenser leur argent ici», résume Pascal Piriou, qui craint cependant «le télescopage des avis» et un certain immobilisme. Sur le quai Est, au bout de la criée, où sont regroupées quelques entreprises, la CCI souhaite aussi voir se développer un pôle tertiaire. Un permis de démolir a été déposé et la chambre discute avec les sociétés pour trouver une solution de relocalisation.

L'agroalimentaire rural
En dehors de Concarneau, c'est l'agroalimentaire qui domine. «Mis à part Gonidec, qui s'agrandit, il y a assez peu de développement possible en terme de place dans la ville», juge Gérard Perroud. Ancien directeur de Bonduelle, il anime aujourd'hui le pôle aliment de Quimper Cornouaille, Ialys. Il y a quelques années, la conserverie Courtin avait bien pensé déménager à côté de la brasserie Britt, à Tregunc, mais le projet a été abandonné. L'agroalimentaire se concentre donc sur les communes plus rurales de l'agglomération. Bonduelle et Boutet Nicolas à Rosporden, Pâtisseries Gourmandes à Tourc'h. Et pas d'inquiétudes particulières à avoir sur l'avenir de ces industries. «Les efforts déjà ont été faits pour passer les moments difficiles, explique Gérard Perroud. Chez Bonduelle, par exemple, des investissements ont eu lieu entre2007 et2010.»

Attirer du sang neuf
Aujourd'hui, le commerce reste le plus important secteur économique, souvent lié au tourisme. «La Ville Close est la vitrine, dixit André Fidelin, vice-président de l'agglomération en charge de l'économie et maire de Concarneau. C'est un million de visiteurs par an.» L'élu cite aussi le projet des «Thermes des Sables Blancs» à Concarneau. La première pierre du complexe de 70 appartements et d'un espace thalassothérapie de 1.000m², a été posée en octobre. Réalisée par Eiffage pour HMC, la livraison est prévue au printemps 2013. Concarneau attend aussi la venue de Décathlon, zone du Colguen. «Celle-ci se développe bien», observent les cogérants du courtier en assurance Olan, Philippe Grijol et Michel Kerouedan. Ils s'y sont installés en 2010 et croient en un développement des services sur le territoire. «Ces entreprises ont leur rôle à jouer pour accompagner les industries du territoire. Par exemple, à l'international. Certaines y sont déjà très reconnues. Pourquoi pas d'autres?» Pour Concarneau, l'enjeu semble être d'éviter un "exode" des actifs vers Quimper, Rennes ou Nantes. «Pour cela, il faut des entreprises, des commerces», insiste André Fidelin. Et les dirigeants ne disent pas autre chose. «Il faut du sang neuf, des idées», martèle Guy Cotten. Frédéric Jaouen, patron du chantier JFA est natif de Concarneau. «Ce qui m'a donné envie de créer mon entreprise ici, ce sont mes souvenirs d'enfance de l'activité sur les quais, explique-t-il. Il faut retrouver cette dynamique pour que les gamins qui grandissent à Concarneau aient peut-être envie, à leur tour, de revenir créer dans leur ville.»

Une économie encore dominée par le commerce et les services

 Concarneau.  Quel visage en 2015?

Secteurs. La communauté d'agglomération compte neuf communes (Concarneau, Trégunc, Pont-Aven, Rosporden, Névez, Saint-Yvi, Elliant, Tourc'h et Melgven.) Sur ce territoire, 2.463 entreprises ont été recensées début 2010, dont plus de 1.000 à Concarneau. La majorité des établissements se trouve dans le commerce (15,6%) et dans les services (19,5%) La construction représente 9,9% et l'industrie, 6%. Dans l'agroalimentaire l'industrie du poisson est la seconde (après la boulangerie, plus artisanale). Création d'entreprises. En 2010, 308 entreprises ont été créées sur le territoire. Emplois. Le commerce pèse, quant à lui, 18,9% de l'emploi salarié privé (contre 9,4% pour l'agroalimentaire ou 10,8% pour les services.) Parmi les plus gros employeurs du secteur, on retrouve dans l'agroalimentaire Bonduelle Traiteur à Rosporden (476 salariés; 103,9M€ de CA), Boutet Nicolas (213) et Pâtisseries gourmandes à Tourc'h (104). Dans l'industrie liée à la mer, Piriou (250) ou encore Guy Cotten (150). Dans le secteur de la pêche, la Compagnie française du thon océanique (106 personnes de France Thon et 99 chez Cobrepêche). L'économie maritime représente environ 2.000 emplois dans 110 entreprises de constructions et réparations navales, pêche, etc. Enfin, on peut également citer le fabricant d'aérosols Mc Bride à Rosporden (143), Crown Emballage (151) et Barillec à Concarneau (163 salariés; 21,9M€ de CA). Tourisme 34.000 résidents supplémentaires en période estivale dont 89% dans les communes littorales.EN CHIFFRES

«Une nouvelle entrée de ville»

 Concarneau.  Quel visage en 2015?

«Concarneau est une ville qui a de multiples atouts, où l'on compte de nombreuses entreprises, mais aussi de la formation, un centre de sécurité et des spécialistes avec, notamment, la station maritime.C'est un bassin de vie important. 20.000 habitants à Concarneau (50.000 sur l'agglomération, NDLR).» «Pourtant, il y a une chose qui fait pitié: le manque d'entrées de ville digne de ce nom. C'est un dossier vieux de trente ans et qui n'avance pas. Il y a une seule entrée officielle, ce n'est pas suffisant. Quand les touristes font le tour de la Bretagne, il ne faut pas qu'ils ratent la seule sortie de la quatre-voies s'ils veulent passer à Concarneau.» «L'aménagement d'un second accès, à l'Est (la CD 122, NDLR) est un projet qui suscite des hostilités depuis de nombreuses années.La route est actuellement plus un sentier qu'autre chose, c'est même dangereux. Les camions ne sont pas censés l'emprunter mais certains le font pour livrer les entreprises à l'Est de l'agglomération. Cela leur fait l'économie d'un long détour par le pont du Moros.Si l'on veut attirer du sang neuf ici, faire venir les touristes, une deuxième entrée de ville me semble indispensable.»



Isabelle Jaffré et Armelle Gegaden

JDE | Édition Finistère 29 | 3 février 2012

Vos réactions Aucun commentaire

Masquer toutes les réactions

Votre commentaire

Votre commentaire


Vos réactions Aucun commentaire

Lire toutes les réactions

Palmarès des entreprises 2011

Espace abonnementpapier - web - packChoisissez votre formule


Besoin d'aide ?
Numéro Azur : 0810 500 301

Le journal des entreprises en PDF
éditions à télécharger

Choisissez votre édition