Fait du mois
Un port de commerce relooké. Une zone d'activité à proximité de l'aéroport. Toujours plus de bureaux à Kergaradec. En quelques années, l'offre de bureaux sur l'agglomération brestoise s'est largement diversifiée avec une explosion des programmes neufs. Selon l'Adeupa, observatoire économique et d'urbanisme de BMO, il y avait en 2009, 26.500m² de surfaces disponibles, un chiffre en hausse de 9% par rapport à l'année précédente. Un niveau d'offres jamais atteint que l'on trouve en priorité autour des zones proches des axes de circulation. Les entreprises optent pour les entrées et sorties de ville. Éloignés des quatre voies, les sites du Vernis et de la Pointe du Diable, sur le technopôle restent le «coin» des chercheurs ou des entreprises ayant faiblement besoin de se déplacer.
Départ pour le neuf
D'où un mouvement de fond. «Les entreprises ont massivement tendance à quitter le centre-ville pour s'implanter en périphérie», relève Thierry Kermarrec de l'Immobilière d'Entreprise à Brest et à Quimper. «Elles quittent l'ancien pour du neuf et des places de parking. Du coup, on trouve des surfaces disponibles dans le centre-ville où l'offre n'est toujours en très bon état», renchérit Arnaud Jaouen de l'Adeupa. Le départ en périphérie, c'est par exemple le choix de B & B Hôtels qui a laissé vacants les quelque 1.100m² de plateau rue Colbert. Ou encore celui de la Fédération du bâtiment qui cède ses 1.250m² rue de Gouesnou. «C'est un peu difficile actuellement de trouver preneur. Car l'offre est importante sur Brest, tant en neuf qu'en ancien. Pourtant notre bâtiment est positionné sur la future ligne de tramway et il est en très bon état», fait valoir Jean-Robert Charlet son secrétaire général. On a beaucoup construit à Brest avant la crise... Le niveau de saturationserait-il atteint? Difficile à affirmer sans les prochaines statistiques de l'Adeupa. Elles s'appuient sur les chiffres des sept principaux professionnels de l'immobilier brestois et seront publiées en juillet prochain. En attendant, certains d'entre eux constatent une suroffre dans certaines zones notamment à Kergaradec*. «On a du stock là-bas. Mais l'offre est plutôt équilibrée sur le port de commerce et l'aéroport», souligne Olivier Coustaing du cabinet immobilier Pégase. À Quimper, la situation est toute autre. La principale zone tertiaire, créée il y a trente ans, arrive en bout de course. Même si tous les bâtiments ne sont pas construits, la demande est telle que les projets -raisonnables - trouvent preneurs très vite. «Il n'y a plus de foncier disponible à Créac'h Gwen», indique-t-on à Quimper Cornouaille développement. De nouveaux immeubles, dans d'autres zones, sortiront de terre d'ici quelques années.
Un frémissement début 2010?
La crise? Si quelques professionnels sentent un frémissement des affaires début 2010, d'autres confirment que l'année 2009 n'a pas été rose. «Certains projets sont en sommeil. Ceux qui ont le plus boudé les projets, sont les investisseurs locatifs. La crise, oui, nous l'avons subie», confie Franck Beulé de l'Entreprise Immo.
*Le promoteur JD2 a fait construire 3.000m² sur trois niveaux (le Samarcande) et un espace de trois bureaux de 6.300m² (Le Gizeh).
En quelques années, le port de commerce a radicalement changé de visage. Sur cette zone tertiaire prisée, quelques opérations de promotion immobilière vont encore avoir lieu.
Encore en friche il y a dix ans, le port de commerce poursuit sa mue. Sur la période, les immeubles ont poussé comme des champignons. Si désormais, la zone est en majeure partie occupée, quelques petites opérations de promotion immobilière seront réalisées dans les mois ou les années. En foncier disponible, il reste ainsi l'îlot ?Bassam Colonie?, à l'angle de la rue Bassam et de la rue Colonie, en face de la Carène. «Il y a de la place pour trois immeubles d'une surface de 4.000m² chacun. Nous travaillons sur un appel à projets pour des bureaux et des services en rez-de-chaussée», note Carole Quiniou de Brest Métropole Aménagement.
Les tribunaux sur le port
À la marge, de la surface doit encore sortir de terre grâce à quelques opérations privées. Blot devrait ainsi commercialiser 700m² de bureaux en sortie de zone, à côté de Loc'vaisselle et des futurs bâtiments de l'entreprise Seimi. Un investisseur local a prévu de se faire construire des bureaux et d'en louer une partie à l'horizon 2011. À plus court terme, l'agent immobilier finalise la commercialisation des deux immeubles ?Quai Ouest ?, rue de l'Elorn, dont la construction est quasiment achevée. Dans le premier immeuble, le Tribunal d'instance, une partie des Prud'hommes, le Tribunal de commerce et leurs services administratifs se partageront les 1.500m². À côté, sur la parcelle voisine, l'autre immeuble de même dimension pourrait accueillir un service administratif économique et social. Parmi les projets récents, on peut également citer les ?Balises?, un projet de 3.200m². Les deux immeubles de style, rouge à bâbord et vert à tribord, ont été dessinés par Guy Fauvet- Le Collectif d'architectes. Orchestré par Béatrice Cochard, la dirigeante de la société de services informatiques brestoise Bluecom, le programme a rapidement trouvé preneurs. «C'est parti facilement. Il ne reste qu'un plateau de 502m²», précise Béatrice Cochard qui néanmoins ne peut que constater la frilosité dans les prises de décisions des entreprises.
Après le port de commerce, la zone de Prat Pip près de l'aérogare attire le secteur tertiaire.
Il y a trois ans, on ne jurait que par le port de commerce de Brest. S'il est encore très chic de disposer de bureaux face à la mer, avoir vue sur la nouvelle aérogare est aussi devenue tendance. Un endroit idéal pour qui habite à la pointe de la Bretagne et veut pouvoir s'envoler rapidement à Paris. Résultat, plusieurs programmes immobiliers vont bientôt sortir de terre sur les 20 hectares de la zone nord de Prat Pip.
Deux programmes immobiliers en route
Sur cette «zone vitrine de l'agglomération», selon les termes d'Yves Courtot directeur de Brest Métropole Aménagement, le cahier des charges architectural est très contraignant. «Nous avons fait attention à préserver les vues sur l'aérogare», explique t-il. Par ailleurs, la collectivité a fait en sorte de conserver du foncier dans l'objectif d'accueillir ultérieurement, d'éventuels projets hôteliers. Par mi les projets, on peut citer celui du promoteur immobilier rennais Kermarrec. Au printemps, il démarre la construction de l'Askell Parc, un ensemble de 4.000m² de bureaux répartis en trois bâtiments auxquelles viendront s'ajouter 500m² pour un restaurant interentreprises. Non loin de là, un autre programme a démarré. Mais cette fois, le projet a fait l'objet d'un montage mixte public/privé entre la SARL Bureaux investissements et la Société d'économie mixte de portage immobilier (Sempi) détenue par BMO, la Caisse des dépôts et la chambre de commerce et d'industrie (CCI). Le premier immeuble haute qualité environnementale de cet ensemble, l'Aéropôle A (2.470m²) a déjà été commercialisé à 50%. «Pour l'instant, nous avons touché des investisseurs qui eux-mêmes vont chercher des locataires» indique Olivier Coustaing du cabinet Pégase. Alors que la première tranche de deux bâtiments est en cours de réalisation, le promoteur attendra de liquider le stock avant de se lancer tête baissée dans une seconde tranche optionnelle de deux immeubles supplémentaires. Frilosité des investisseurs oblige.
À Quimper, les bureaux se concentrent surtout sur la zone de Créac'h Gwen. Comme à Brest, c'est la périphérie et le neuf qui attirent.
À Quimper, comme à Brest, l'exode du centre-ville est visible. Les entreprises partent pour Créac'h Gwen, Kerogan, Keradennec ou encore Kerdroniou. Et la demande est clairement plus forte que l'offre... Pour certains types de biens. «Les entreprises veulent du neuf, de l'espace, des parkings et rapidement», remarque Cyril Monnier, de Blot à Quimper. Peu de foncier mais des prix qui restent raisonnables. «Entre 1.350€/m² à 1.650€/m² brut de béton à Créac'h Gwen», estime Thierry Kermarrec, directeur départemental chez l'Immobilière d'Entreprise. La grosse incertitude sur la zone concerne le projet du groupe Brémond*. Un investisseur principal qui jette l'éponge, le reste de la surface qui ne trouve pas preneur. Trop cher pour Créac'h Gwen? «Nous sommes toujours en discussion avec Quimper communauté», indique cependant Thierry Vallet, directeur Normandie-Bretagne du groupe Brémond. Du côté de l'agence de développement de Cornouaille, on ne s'inquiète pas. En cas d'abandon, d'autres groupes seraient intéressés. Créac'h Gwen saturé, les entreprises vont voir encore plus loin. Blot construit un bâtiment pour la santé au travail: 2.000m² en face d'Armor Lux, zone de Kerdroniou. Le syndicat départemental d'énergie du Finistère, lui, a mis plus de sept à huit mois à trouver de nouveaux locaux. Il s'est finalement rabattu sur un bâtiment ancien de 1.600m² au nord de Quimper, zone du Moulin du Loch. Il projette de réhabiliter le bâtiment. Autre exemple, le CLPS de Quimper quittera Créac'h Gwen fin 2010 pour des bâtiments neufs, dans la même zone. Du nouveau foncier pour le tertiaire, il y en aura. D'ici deux ou trois ans. Une zone sera réservée au tertiaire au Moulin des Landes, à Kernoter. À plus long terme, des zones au nord de Quimper devraient également pousser.
* Trois bâtiments HQE (le Quercus, 2.105m², Castanea, 795m², l'Abies, 1.390m²).
2.000m² de bureaux pour la Fédération du bâtiment à Prat Pip et 7.500 pour Alcatel-Lucent. Ça pousse au Nord-Est de l'agglomération!
C'est à Prat Pip, dans cette zone vitrine de l'agglomération, que la Fédération du bâtiment (FFB) a choisi d'ériger son siège finistérien et un ?pôle bâtiment?. Avec la BTP banque (qui pour l'occasion vient s'implanter Brest) et la SMA BTP, l'organisme professionnel va faire construire 2.000m² de bureaux basse consommation (BBC) et haute qualité environnementale (HQE), en entrée de zone. Investissement: 4M€. «Dans nos locaux actuels, nous manquons d'espace. Et nous avons besoin de places de parking. Prat Pip a une vocation tertiaire et une connotation environnementale. En terme d'image, c'est important», explique Jean-Robert Charlet secrétaire général de la FFB Finistère. Dans le même ensemble, Santé Prévention BTP 29, qui était hébergée dans les bureaux de la FFB (62, rue de Gouesnou à Brest) fait bâtir un autre immeuble de 650m², dans un style architectural identique. Installation prévue fin 2011.
Proximité de l'aérogare
Ce sont aussi les 250 ingénieurs et cadres d'Alcatel-Lucent, qui en avril2011, prendront possession de leurs nouveaux locaux à Prat Pip. D'une surface de 7.500m², deux bâtiments seront reliés par une passerelle. «À Kergonan, nous louons nos locaux à Jabil et notre bail expire en juin2011», explique Philippe Le Padellec, directeur du site de Brest. «En Finistère, nous ne fabriquons rien. Alcatel-Lucent a une activité de R & D et de service à l'international, d'où l'intérêt de se rapprocher de l'aéroport.»
Deux événements vont venir modifier le paysage de l'offre tertiaire dans les toutes prochaines années à Brest: la rénovation du plateau des Capucins et le tramway. À l'horizon 2014, les entreprises auront à leur disposition 40.000m² supplémentaires, rive droite, dans le quartier des Capucins lui-même et dans la zone des ateliers, avec vue sur la Penfeld et le Château. À cette date, la zone de L'Hermitage, située entre la route de Gouesnou et la Zac de Kergaradec, sera desservie par le tramway. Un élément d'attractivité non négligeable.
JDE | Édition Finistère 29 | 5 mars 2010

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