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ajouté le 6 juillet 2012 - - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Damen, Sobrena, réparation navale
Le groupe hollandais Damen a repris Sobrena il y a 3 mois. Depuis, cinq navires ont déjà occupé le chantier. En attendant, peut-être très vite, un premier gros contrat.
Les bateaux sont de retour dans les formes de radoub et près des quais du port de commerce de Brest. Trois mois après la reprise du chantier de réparation naval civil Sobrena, Damen a réussi à ramener des clients. Ceux qui manquaient cruellement à Sobrena à partir de l'été 2011, provoquant sa mise en redressement judiciaire le 13décembre dernier. Depuis la reprise fin mars, Damen, qui cherche à renforcer son équipe commerciale, a déjà fait venir les pétroliers Princimar-Strength et Windsor-Knutsen, le bâtiment de soutien Alcyon et les vraquiers Clare et Kanaris. Un aperçu des navires que cherchent Damen. Même si les gros contrats, pour un méthanier, par exemple, se font toujours attendre. Un gros navire offshore pourrait cependant arriver dans les prochaines semaines pour mettre à profit les dimensions de la forme nº3. «Ils vont aussi sans doute chercher des marchés pour des réaménagements de plate-forme», indique Jean-Christophe Cagnard, vice-président de la CCI de Brest, gestionnaire du port.
Un nouveau directeur
En juillet, André Hollander qui dirigeait le site depuis avril, cédera sa place à Jos Goris. Celui-ci travaille chez Damen depuis 2010. Il était auparavant le directeur du Damen Shiprepair Götaverken à Göteborg en Suède. André Hollander reste en tant que secrétaire général. «L'arrivée d'un groupe reconnu comme Damen a ouvert une nouvelle perspective pour la réparation navale à Brest», se félicite le vice-président de la CCI. «On les sent très impliqués», ajoute Raoul Laurent, directeur des équipements du port. Un engagement qui rassure. Car si le tribunal de commerce de Brest a choisi l'offre de reprise du groupe hollandais, c'est parce qu'elle «offrait les meilleures garanties au niveau social, avec la reprise de l'ensemble des 210 salariés, et pour l'apurement des créances», avait jugé le président du tribunal, le 30mars. Dans son dossier, Damen Shiprepair jugeait le modèle économique rentable, avec un chiffre d'affaires de 45M? par an et proposait d'acquérir le fonds de commerce pour 300.000?. Avec tout de même quelques conditions. La possibilité de contrats de prestations de service avec des entreprises étrangères et la signature d'un nouvel accord avec les syndicats. Un sujet toujours délicat. Sûrs de leur offre, à l'époque, les Hollandais avaient convoqué les salariés dès le 1eravril pour une réunion de présentation. Une démarche bien accueillie par les syndicats, qui avaient mené la lutte pour la sauvegarde du chantier.
Renforcer sa place en Europe
Leader de la construction navale, Damen Shipyards Group, la maison-mère, réalise un chiffre d'affaires de 1,4Md? et emploie 6.000 personnes dans le monde sur 35 chantiers. Cette activité historique du groupe, créé en 1927, représente encore 70% du chiffre d'affaires. Contre 14% pour la réparation. Le chantier de Brest est le 11e du groupe consacré à la réparation dans le monde. Il en possède huit en Europe (dont six aux Pays-Bas) et trois au Moyen-Orient. L'acquisition de la Sobrena va lui permettre de renforcer sa position en Europe, grâce à un port proche de nombreuses routes maritimes. Mais pas seulement: «Damen a une autorisation d'occupation temporaire (AOT) pour les formes de radoub nº 2 et 3. C'est surtout cette dernière, la plus grande d'Europe, avec ses 420mètres, qui les a intéressés», explique Jean-Christophe Cagnard. L'entreprise compte aller reconquérir les clients, partis avec les difficultés de la Sobrena. Pas une mince affaire. «Cela peut être long et laborieux», estime le vice-président en charge des ports. Le B.A.-ba de la compétitivité dans le secteur: des formations pour plus de polyvalence des salariés et un plan de sécurité, indispensable pour rassurer les armateurs. «Dans notre secteur, on ne peut se permettre d'avoir des accidents. C'est une exigence des clients», insiste Anne-Marie Cuesta, déléguée générale de Bretagne Pôle Naval. Dans ce domaine, justement, la Sobrena pêchait. Plusieurs accidents étaient venus endeuiller le chantier du groupe Meunier ces dernières années. «À Damen de rétablir la confiance des armateurs. Mais ils en ont les moyens. Ils ont une vision, une profondeur de métier», estime Jean-Christophe Cagnard.
Quelles sont les actions de Bretagne Pôle Naval?
Nous avons mis en oeuvre une stratégie de «chasse en meute». Nous identifions les clients potentiels et nous organisons des rencontres entre ces armateurs et nos adhérents. Charge à eux ensuite d'aller chercher les contrats.
Avez-vous rencontré les repreneurs de la Sobrena?
Nous n'avons eu encore aucun contact avec la direction de Damen. On se propose d'aller les voir. Le chantier est un acteur important de la réparation et conversion de navires en Bretagne et en France. D'ailleurs, on se félicite qu'il y ait eu un repreneur sur ce site très important qui réunit de très nombreuses compétences. Je pense que l'on peut fonctionner en bonne intelligence. Il y a du travail pour tout le monde.
Mais le problème de la concurrence, notamment espagnole, 20% moins chère, est toujours là?
C'est un vaste sujet! Ils ont un avantage, notamment sur le coût du travail. Mais il faut regarder aussi la qualité. Il faut bien sûr mener des actions pour améliorer la profitabilité, tout en gardant cette qualité. Un autre gros chantier, pas seulement pour Damen, mais pour toute la filière, est celui de la sécurité.
Le marché Damen est l'un des leaders sur le marché de la construction et réparation navale. Après une année 2011 compliquée, «le marché offshore est porteur», estime Anne-Marie Cuesta, déléguée générale de Bretagne Pôle Naval. En France, le problème de compétitivité se pose face aux prix bas pratiqués en Pologne ou en Espagne, environ 20% moins cher. «Il y a toujours ici un problème de coût du travail, qui peut se compenser par la qualité du travail. Il faut aussi chercher à améliorer la compétitivité des chantiers français.»
1968 Dubigeon cède son activité de réparation navale aux Ateliers et Forges de l'Ouest (AFO) qui devient en 1985 les Ateliers Réunis du Nord et de l'Ouest (Arno) 1987 Le chantier est repris par le groupe Meunier et devient la Sobrena Décembre 2011Mise en redressement judiciaire de la Sobrena 30mars 2012 Damen reprend la Sobrena
Isabelle Jaffré
JDE | Édition Finistère 29 | 6 juillet 2012

