Finistère

A l'affiche

JDE Edition Finistère 29

Cobreco. Le thon Arok convoite les linéaires

ajouté le 1 mai 2009  -  - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, cobreco, Innovation R/D, thon Arok, Investissement

  • Agrandir le texte
  • Agrandir le texte
  • Réduire le texte
  • Réduire le texte
  • Envoyez l'article à un ami
  • Imprimez l'article
  • Flux RSS
  • L'article au format PDF
  • Ajoutez cet article
  • Réagissez à cet article
  • Partager l'article sur Facebook
  • Partager l'article sur Twitter
«Plus tendre et moins sec», le nouveau thon Arok est arrivé. Avec sa formule et son packaging entièrement relooké, le thon de Cobreco espère surprendre et conquérir les consommateurs.

Outsider en marque propre, Cobreco lance une offensive avec son nouveau thon Arok. Le produit doit permettre à la conserverie de Douarnenez de retrouver la croissance. Sa taille critique est évaluée à 45M€ de chiffre d'affaires...

Thomas Giraudet

Elles ne sont plus que trois à Douarnenez. Elles se nomment Chancerelle, Cobreco et Petit Navire. Trois conserveries de poisson industrielles attachées à leur territoire, là où on en dénombrait encore une trentaine dans les années 50. Avec plus de 20millions de boîtes par an, Cobreco est même le premier fabricant de conserves de thon en France. «Et le dernier à ne pas sous-traiter à l'étranger», affirme la direction de l'entreprise. «Nous revendiquons l'image de petit village gaulois qui résiste face à la délocalisation.» 60% de la production de thon de la PMI est destinée aux marques distributrices (Carrefour, Champion, Grand Jury, Reflets de France, U, Cora, Repère, Ménès). Le reste se répartit entre ses quatre marques propres de thon, noix de Saint-Jacques, crustacés et produits de la mer (Arok, Apéri-Tapas, Jacq, Perles du Faou).

Des lignes de production sous-utilisées
Chaque année, 6.000 tonnes de thon albacore, en provenance de l'Océan Indien, sont déchargées sur les quais douarnenistes. Un lot en production équivaut à 20 tonnes de poisson. Ensuite, transféré sur le site de Cobreco, le thon au naturel est emballé en moins d'une heure. 110 à 150 salariés (en pleine saison) découpent, parent, sertissent, emboîtent par tranches et stérilisent le produit phare (80% du CA). «L'image qualitative du thon Arok aura un impact positif sur notre aptitude à gagner des marchés en marque de distributeur, indispensable dans une société industrielle comme la nôtre», explique Christian Ziegler, le directeur général de Cobreco. Les MDD oui, mais pas seulement. À ce jour, Cobreco possède une ligne de production pour les autres produits, en dehors du thon naturel (thon cuit pour son actionnaire, rillettes de saumon, thon à l'huile et à la tomate) qui ne tourne qu'à 50%. L'objectif est de la faire passer à 100 voire 120% à terme. Belle ambition. En marque propre, l'entreprise arrive modestement derrière les poids lourds de la boîte métallique que sont Saupiquet et Petit Navire. La notoriété de l'entreprise, détenue depuis 2007 par le groupe italien Nueva Castelli (230M€ de CA global), producteur de fromage italien, reste donc à construire. C'est en partie pour cela que Cobreco vient de lancer son nouveau thon Arok, «plus tendre et moins sec», selon le slogan.

Jusqu'à 1M€ d'investissements en 2009
500.000euros d'investissement en 2008 et un an de recherche et de développement ont été nécessaires pour arriver en force dans les supermarchés français. Finie la distribution grand Ouest à laquelle le thon Arok était jusque-là confiné. Avec Leclerc, Cora, Auchan et Casino, c'est l'ensemble du territoire qui est visé. Intermarché et Carrefour complètent le maillage selon les régions. Pour le packaging, Cobreco a décidé de surprendre: la typographie du nom Arok a été modernisée mais surtout le métal a pris une teinte dorée, à l'opposé de la fameuse et traditionnelle boîte bleue de thon. Malgré une très légère baisse de 1%, le marché du thon en conserves possède toujours un taux de pénétration dans les foyers français de près de 88%. «Notre idée c'était d'amener les gens à consommer le thon en dehors des traditionnelles salades. Notre réflexion a été très poussée. Le thon Arok est plus tendre et moins sec. Nos panels de consommateurs l'ont vérifié. On apporte de l'innovation sur un marché qui en manque cruellement», remarque Christian Bouiller, le directeur commercial de Cobreco. Sur la première année de ventes, Cobreco souhaite écouler deux millions de boîtes. Rapidement, si les consommateurs se montrent réceptifs, la PMI pense passer à cinq millions d'unités. Après quelques années difficiles, l'entreprise espère retrouver la croissance. L'objectif est ainsi d'atteindre les 32M€ de CA en 2009 pour 28M€ en 2008. «Notre poids de forme se situe autour de 45M€. On a de la marge», confirme Bertrand Ziegler. En 2009, les investissements pourraient atteindre le million d'euros.

Produits. De nouvelles surprises en 2009

Cobreco ne compte pas s'arrêter au lancement de son thon Arok. La gamme devrait être enrichie tandis que les noix de Saint-Jacques subiront un repositionnement.


Dans l'agroalimentaire, breton et encore plus finistérien, l'adage "Vivons heureux, vivons cachés" est parfois poussé à l'extrême. Avec son thon Arok, on peut aisément écrire que Cobreco a fait sa révolution. Le marché ne lui en laisse pas le choix: Saupiquet et Petit Navire étant les deux marques leaders du thon en boîte, il faut trouver sa place. La conserverie de Douarnenez a misé sur un produit "plus tendre et moins sec" pour se différencier. «Le nouveau thon Arok vise à répondre à un besoin des consommateurs, évoqué lors de panels et de réunions», déclare Bertrand Ziegler. Les tests ont été réalisés à Nantes et à Paris. En amont, la PMI a collaboré avec un laboratoire d'Angers pour mettre au point son procédé et notamment travailler sur la cuisson. Le packaging a aussi été revu avec une boîte dorée, tranchant avec les habituels fonds bleus et blancs. Côté production, la stérilisation se fait dans des rotatives pour préserver la valeur ajoutée. Les noix de Saint-Jacques, l'autre produit phare de Cobreco, subissent le même traitement. Au passage, ces dernières devraient être redéployées pour notamment se tourner vers le marché de la restauration hors foyer. «Et d'autres surprises devraient intervenir en 2009», laisse entendre Bertrand Ziegler. Le thon Arok devrait ainsi rapidement voir sa gamme enrichie. Côté communication, Cobreco a misé sur son territoire. La PMI a ainsi invité les 16.000 foyers de Douarnenez à venir retirer gratuitement leur boîte Arok. Autre outil, un blog, lethonautrement.com, a été spécialement créé pour l'occasion afin de partager les idées de recettes des internautes. L'entreprise espère ainsi créer le buzz. Le but est aussi d'en faire profiter les Apéri-Tapas (conserves de crustacés) et les dés de thon, deux produits édités précédemment.

Parcours


1897
Naissance de la conserverie Jacq
1937
Création de la conserverie Arok (Gourlaouen)
1986
Cobreco née de la fusion des entreprises Jacq et Arok
2000
Entrée de la Nueva Castelli au capital de l'entreprise
2007
La Nueva Castelli devient propriétaire à 100% de la Cobreco
2008
Distribution des Apéri-Tapas
Avril2009
Lancement du thon Arok

Cobreco (Douarnenez)

- Capital: 100% détenu par l'entreprise italienne Nueva Castelli - Directeur: Bertrand Ziegler - Chiffre d'affaires: 28M€ CA - Salariés: 110 à 150 en pleine saison - Production: 26millions de boîtes de thon naturel, noix de Saint-Jacques, thon blanc, saumon et rillettes de poisson - Marchés: 60% de la production en MDD (Carrefour, Champion, Grand Jury, Reflets de France, U, Cora, Match, Repère, Ménès); 40% en marques propres (Arok, Apéri-Tapas, Jacq, perles du Faou) - Contact: www.cobreco.com; 02.98.92.32.08.

JDE | Édition Finistère 29 | 1 mai 2009

Vos réactions 1 commentaire

  • Encredemer - commentaire ajouté le 14 janvier 2010 à 08h04
    Dommage...
    Dommage que cette opération de valorisation de produits de la mer concerne une espèce pêchée industriellement dans l\'Océan Indien et non une espèce locale pêchée artisanalement, comme le chinchard par exemple. Le chinchard est un très bon poisson et il est souvent rejeté à l\'eau par manque de débouchés. Question de mode et de connaissances. Il n\'y a pas si longtemps, nos anciens dédaignaient lotte et langoustine...

    Privilégier les produits locaux et les productions artisanales permet de mieux préserver notre environnement, c\'est aussi un choix de société. En les ciblant, la conserverie douarnenaise valoriserait aussi la filière artisanale pêche bretonne...

Masquer toutes les réactions

Votre commentaire

Votre commentaire


Vos réactions 1 commentaire

  • Encredemer : Dommage... - Dommage que cette opération de valorisation de produits de la mer concerne une espèce pêchée industriellement dans l\'Océan Indien et non une espèce locale pêchée artisanalement, comme le chinchard par exemple. Le chinchard est un très bon poisson et il est souvent rejeté à l\'eau par man...

Lire toutes les réactions

Hors-Série Fomation et RH - Octobre 2012


Le journal en liseuse

JDE édition 44 - juin 2012

Espace abonnementpapier - web - packChoisissez votre formule


Besoin d'aide ?
Numéro Azur : 0810 500 301

Palmarès des entreprises 2012

Hors-Série Palmares des entreprises - Novembre2012