Avec OPE, Opportunités pour l'entreprise
Avec NetPME, Ressources pour créateurs et chefs d'entreprise
jeudi 17 mai 2012

Fait du mois

JDE Edition Côtes-d'Armor 22

Entreprises de taille intermédiaire. Qui sont-elles en Bretagne?

ajouté le 3 février 2012  - 

  • Agrandir le texte
  • Agrandir le texte
  • Réduire le texte
  • Réduire le texte
  • Envoyez l'article à un ami
  • Imprimez l'article
  • Flux RSS
  • L'article au format PDF
  • Ajoutez cet article
  • Réagissez à cet article
Capacité à innover et à exporter. Ce seraient les principales vertus des Entreprises de taille intermédiaire (ETI) bretonnes. L'agroalimentaire reste là aussi dans cette nouvelle catégorie d'entreprises le secteur le plus représenté.

Citées en exemple, les désormais fameuses ETI seraient le modèle à suivre pour sortir la France de sa mauvaise passe. Pour la première fois, la CCI régionale publie une étude sur le sujet. Et Le Journal des entreprises vous dévoile la liste des ETI bretonnes.

Depuis deux ou trois ans, elles ont rejoint le champ lexical de nos politiques, des acteurs économiques, des spécialistes de l'entreprise. Les ETI - pour entreprises de taille intermédiaire - sont citées à tout va. Elles sont aussi et surtout érigées comme l'exemple à suivre pour un pays - la France - en mal de compétitivité. Remède à tous nos maux face à une Allemagne - une fois de plus - qui en compterait deux fois plus.

Une catégorie d'entreprises qui date de 2008
Pourquoi autant de louanges? Parce que de par leur taille - entre 250 et 4.999 salariés pour un CA ne dépassant pas 1,5milliard d'euros et un total bilan inférieur à 2milliards - elles présenteraient plusieurs vertus: capacité à exporter, à investir en R & D et propension à une gestion plus souple que les grands groupes. C'est la Loi de Modernisation de l'Économie (décembre2008) qui a introduit cette nouvelle catégorie d'entreprise à des fins statistiques. Partant des critères définis par celle-ci, la Chambre de commerce et d'industrie de Bretagne (CCIR) vient de publier la première étude* sur le sujet pour la région. Et Le journal des entreprises publie en exclusivité la liste de celles-ci (page suivante).

Les plus de 1.000 salariés bien représentées
Si l'on s'en tient strictement aux définitions introduites par la loi, la Bretagne comptait, début 2011, 151 ETI, soit un peu moins de 5% du total d'ETI en France. Premier enseignement, si les ETI bretonnes ont des effectifs plus proches des 250 salariés, la proportion de celles employant plus de 1.000 collaborateurs est supérieure à celle relevée au niveau national (21% en Bretagne contre 12% en moyenne en France). Parmi celles-ci, «les entreprises de services sont bien représentées, notamment dans les activités de nettoyage», commente Blandine Renier, chargée d'études économiques à la CCIR. Agroalimentaire oblige, le poids de l'industrie dans l'emploi des ETI est plus élevé en Bretagne (40%) que dans les autres régions françaises (29%). Dans les Côtes-d'Armor, on retrouve ainsi Cooperl Arcatlantique, Le Gouessant, Le groupe Le Graët, Agriva, Daunat, Pâtisseries Gourmandes, l'accouveur Amice-Soquet, la Sica Pont Ezer et l'UCPT... soit plus de la moitié des ETI du département (16). Toujours côté emploi, bon point pour la Bretagne, elle occupe la première place des régions en terme de part de salariés travaillant dans une ETI. Avec 117.400 salariés, les quatre départements bretons contribuent ainsi pour 6,5% du total de l'emploi des ETI des régions métropolitaines. «C'est à mettre au regard d'une proportion de 4,4% pour le PIB, 4,9% pour l'emploi total et 5,1% pour la population», commente la chambre consulaire.

Véritable attraction des pôles urbains
Sur le plan géographique, on voit clairement que les pôles urbains attirent les ETI. Brest et Rennes concentrent ainsi 15% de celles-ci. Au plan départemental, c'est l'Ille-et-Vilaine qui occupe la première place, en accueillant 40% des ETI bretonnes (11% pour les Côtes-d'Armor, 13% pour le Morbihan et 32% pour le Finistère). Forte de cette première étude régionale - l'une des très rares en France - la CCIR va poursuivre ses investigations. Dans les prochains mois, «l'idée est de s'attarder aux spécificités de ces ETI, annonce Blandine Renier. Pour savoir notamment si elles ont des performances différentes au regard par exemple de l'innovation ou de l'internationalisation.»
* L'étude est consultable sur www.bretagne.cci.fr

Groupe Roullier. «On n'a rien à cacher!»

Henri Boyer, 61 ans, est titulaire d'une maîtrise de gestion et diplômé de l'Essca. Président du directoire depuis 2005, il est entré chez Roullier en 1979. Depuis son bureau actuel, une vue sur le terrain qui accueillera le futur centre mondial de R & D du groupe. Un investissement de 30M€.

Habitué à la discrétion, connu pour sa forte culture du secret, le groupe Roullier, à Dinard et Saint-Malo, s'ouvre peu à peu. Dans un entretien exclusif au Journal des entreprises, Henri Boyer, le président du directoire, revient sur l'année écoulée. Et évoque les grands projets.


R
oullier est présent dans treize métiers, allant de l'agrofourniture à la plasturgie, en passant par l'hygiène professionnelle et la pâtisserie. Comment résumer l'activité d'un groupe aussi diversifié?
Disons que nous sommes actifs autour de la nutrition. La nutrition de la plante avec les engrais (70% du chiffre d'affaires et des effectifs), la nutrition animale avec l'agrochimie, la nutrition humaine avec l'agroalimentaire et les biotechnologies marines.
Comment s'est comporté Roullier en 2011?
Globalement, 2011 va être la deuxième meilleure année du groupe en terme de résultat et la meilleure en terme de chiffre d'affaires. Nous allons dépasser les 2milliards d'euros en terme de CA consolidé et les 3milliards en cumulé (intégrant les échanges entre filiales, ndlr). Par rapport à 2010, notre chiffre d'affaires consolidé a crû de 30%.
Quel est votre résultat?
Le groupe ne communique pas sur ses résultats. Je peux simplement vous dire qu'on a 52 années de résultat positif.
Quelles activités ont tiré le groupe en 2011?
L'agrofourniture a retrouvé des couleurs grâce une forte internationalisation. Dans cette branche, nous réalisons 20% de nos résultats en France et 80% à l'international. Il y a six ans, c'était l'inverse. Nous sommes présents dans une quarantaine de pays. Dans la nutrition animale, nos métiers ont aussi fait de beaux bilans, notamment dans la magnésie et le phosphate alimentaire.
A contrario, certains de vos métiers ont-ils rencontré des difficultés?
Le métier de la charcuterie est un métier beaucoup plus difficile (le groupe a une usine à Josselin, ndlr).
Comment se résume votre stratégie?
La croissance de nos métiers est liée à notre capacité à nous implanter dans d'autres pays. Toutes les usines ouvertes à l'étranger il y a 5 à 10 ans apportent une très forte contribution au chiffre d'affaires du groupe. Comme au Brésil, où la consommation d'engrais croît de plus de 10% ou encore en Autriche, où nous avons acquis une usine il y a 5 ans. Celle-ci nous a permis d'implanter une dizaine de filiales dans les pays d'Europe de l'Est. L'autre voie, c'est la différenciation. On fait de gros efforts en direction de la R & D.Nous développons une gamme de produits à forte valeur ajoutée.
Quelles sont vos dernières opérations de croissance externe?
Début 2011, dans la pâtisserie, nous avons intégré deux usines (Colibri à Pons - 17 et Cadiou à Derval - 44, ndlr) dans lesquelles nous étions minoritaires. Nous avons considéré que pour bien tirer des synergies industrielles et commerciales, il valait mieux en prendre le contrôle. L'un des objectifs importants de 2012 est que l'intégration de ces deux usines se passe bien, pour une présence plus forte et une rentabilité supérieure.
Avez-vous des acquisitions en cours de réalisation?
Nous sommes actuellement en phase d'acquisition de nouvelles mines de magnésie en Espagne, en Navarre. Elles vont nous permettre de remplacer une mine que nous avons déjà là-bas et dont l'épuisement va arriver. Nous voulons aussi accroître notre usine espagnole (80 personnes) en augmentant sa capacité dès lors qu'on aura développé ces nouvelles mines. C'est un investissement de plusieurs dizaines de millions d'euros.
Sur le plan des effectifs, vous affichez un total de 6.000 collaborateurs. Vous en annonciez 6.300 en 2009. Pourquoi cette baisse?
Nous n'avons pas réussi toutes nos implantations à l'international, en raison de difficultés réglementaires, de problématiques financières. Des environnements complexes qui nous ont contraints parfois à faire machine arrière.
Quels sont ces pays?
Il y a l'Égypte, le Mexique, la Colombie, le Chili ou encore l'Ukraine. L'international, c'est compliqué. Il faut d'abord trouver des hommes de qualité. C'est d'ailleurs pour cela que le groupe a décidé désormais de recruter des patrons locaux, alors que nous avions avant une politique favorisant l'expatriation.
Vous avez annoncé la constitution de Timac Agro, qui regroupe Agriva, Finagro, Interfertil et Timac. Pourquoi ce choix?
En France, nous avions historiquement trois réseaux commerciaux (400 vendeurs) pour vendre les produits de nos usines. La forte concentration du secteur de la distribution et des agriculteurs nous a forcés à passer de trois à deux réseaux, puis à un seul: Timac Agro.
En 2009, Daniel Roullier annonçait la construction d'un nouveau siège international à Saint-Malo. Il évoque aujourd'hui un centre autour de l'innovation et la recherche. Qu'en est-il exactement?
Ce sera le centre mondial de la R & D du groupe. Ce ne sera pas un centre administratif.
Que trouvera-t-on dans ce centre?
Des serres pour montrer les avantages de la fertilisation, des laboratoires, notre activité de biotechnologies marines qui sera transférée de Pontrieux à ici (une vingtaine de personnes, ndlr). Ce bâtiment de 16.000m², avec une architecture assez futuriste, va réunir nos laboratoires de recherche de tous nos métiers. Il accueillera 250 à 300 personnes. Un certain nombre de transferts de site est prévu mais il y aura aussi des recrutements.
Quel est le montant de l'investissement?
Un peu plus de 30M€.
Daniel Roullier avait parlé de 2011 pour l'édification de ce site. Quand sortira-t-il finalement de terre?
Ce sera 2014. La crise de 2009 nous a contraints à différer ce projet.
Le fondateur du groupe a récemment annoncé avoir cédé ses actions à ses enfants et petits-enfants, à travers un pacte d'actionnaires. Est-ce à dire qu'il a pris du recul?
En tant que président du conseil de surveillance, je peux vous assurer que Daniel Roullier est toujours aux manettes du groupe.
À l'heure de la "toute transparence", la discrétion entretenue par le groupe Roullier n'est-elle pas contre-productive?
Aujourd'hui, on communique beaucoup plus. C'est pour cela qu'on a créé il y a quelques années une direction de la communication. Notre futur centre international de R & D est aussi fait dans un esprit de communication. On va l'ouvrir à l'extérieur. À nos partenaires, nos clients, nos banquiers. On va le faire visiter aux étudiants, notamment notre galerie de minéraux. Vous savez, c'est compliqué quand on a beaucoup de métiers d'avoir un seul axe de communication. Mais si on est discret par tempérament, on n'a rien à cacher!»

Propos recueillis par Philippe Créhange

Un statut qui ne résout pas tous les problèmes

 Entreprises de taille intermédiaire.  Qui sont-elles en Bretagne?

Citées comme exemple pour redonner à la France sa compétitivité perdue, les ETI restent, elles aussi, confrontées à un contexte mondial et européen tendu. La preuve avec la Cooperl Arcatlantique mise en avant dans l'analyse réalisée par la CCIR. Comme le reste de la filière, le leader du porc français avec six millions de têtes abattues pour plus de 4.000 salariés employés, n'est pas épargné par le dumping social allemand. Récemment, Guy Dartois, président de la coopérative de Lamballe estimait que des restructurations étaient envisageables, sans pour autant parler de plans sociaux dans les différents outils du groupe, qui vont de l'abattage à la transformation. En cause, le coût du travail en Allemagne qui permet aux abatteurs implantés outre-Rhin de faire travailler des collaborateurs à 7euros de l'heure, là où la Cooperl et ses confrères doivent supporter un coût trois fois supérieur. À cela s'ajoutent des dispositions fiscales qui exacerbent les écarts franco-allemands sur le marché du porc. Pas étonnant, de voir le leader mondial du porc, le Danois Danish Crown, délocaliser ses outils en Allemagne. Dans ce contexte, les différents acteurs français de la filière ont déposé plainte à Bruxelles contre ce phénomène de dumping. Lancé courant 2010, le recours est toujours à l'étude. Pendant ce temps, le fossé se creuse mettant à mal les trésoreries des industriels de la filière.
DÉCRYPTAGE

«Des entreprises qui investissent»

 Entreprises de taille intermédiaire.  Qui sont-elles en Bretagne?


Quelles sont les missions du syndicat des ETI?
À l'origine, sous l'impulsion d'Yvon Gattaz, ex-président du CNPF, nous défendions les intérêts des entreprises familiales notamment du point de vue fiscal lors des transmissions. Ce travail de lobbying a payé avec des réformes majeures sur l'ISF ou les frais de succession ces dernières années.
Quel est le lien avec les ETI?
Sur les 4.600 ETI françaises, 57% sont des entreprises patrimoniales, ce qui légitime nos actions. Nos adhérents sont les mieux placés pour redonner cette compétitivité à la France notamment car ils préfèrent investir dans la modernisation de leurs outils industriels plutôt que de donner des dividendes à leurs actionnaires.
Quelles sont vos préoccupations actuelles?
La première est de conserver les acquis fiscaux en matière de transmission sinon les dirigeants familiaux vont rencontrer les mêmes difficultés à céder qu'il y a trente ans. Un vaste chantier est en cours au niveau de l'innovation, notamment faciliter le rapprochement entre la recherche publique fondamentale et les ETI qui sont aujourd'hui les mieux placées pour faciliter les transferts de technologies.

Les ETI en Côtes-d'Armor:

- 16 entreprises. - 9 sont issues du monde agroalimentaire. On compte également deux transporteurs d'envergure européenne et deux entreprises de distribution pharmaceutique. - L'effectif moyen est de 768 salariés. Asmep ETI www.asmep-eti.fr 01 56 26 00 66 EN SAVOIR PLUS

Philippe Créhange et Julien Uguet

JDE | Édition Côtes-d'Armor 22 | 3 février 2012

Vos réactions Aucun commentaire

Masquer toutes les réactions

Votre commentaire

Votre commentaire


Vos réactions Aucun commentaire

Lire toutes les réactions

Palmarès des entreprises 2011

Espace abonnementpapier - web - packChoisissez votre formule


Besoin d'aide ?
Numéro Azur : 0810 500 301

Le journal des entreprises en PDF
éditions à télécharger

Choisissez votre édition