Côtes-d'Armor

L'Enquête

JDE Edition Côtes-d'Armor 22

Côtes-d'Armor. Le conseil départemental lance un club de mécènes pour préserver son patrimoine

ajouté le 20 septembre 2017  -  - Mots clés : Actualité, L'enquête

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Côtes-d'Armor. Le conseil départemental lance un club de mécènes pour préserver son patrimoine

Président du conseil départemental des Côtes-d'Armor, Alain Cadec annonce la création du club des mécènes d'Armor pour soutenir la valorisation et la préservation des sites patrimoniaux du département.

Vous lancez le club des mécènes d'Armor. Quelle est la logique de cette initiative nouvelle à l'échelle du conseil départemental des Côtes-d'Armor ?
« Le département des Côtes-d'Armor a le privilège d'être propriétaire de sites patrimoniaux emblématiques qui contribuent à l'attractivité du territoire. Ils sont au nombre de six : Domaine de la Roche Jagu, Abbaye de Beauport, Villa Rohannec'h, Château du Guildo, Domaine de Bon-Repos et Château de Hunaudaye. La création de ce club des mécènes d'Armor a deux objectifs. Le premier est d'essayer de contrebalancer la raréfaction des ressources financières qui impactent notre collectivité. Le second est d'impliquer davantage les entreprises costarmoricaines, mais aussi les antennes des grands groupes implantées sur notre territoire, dans la valorisation et la préservation de ces richesses. »

La logique d'équilibre économique reste au coeur de la démarche ?
« Ce que l'on veut c'est valoriser ce patrimoine, essayer de le " vendre ", de l'améliorer et de le réhabiliter sans que cela ne coûte de l'argent au contribuable car nous ne pouvons pas nous le permettre. Nous avons la volonté farouche de le conserver en gestion directe, ou via le soutien aux associations de gestion, sans augmenter la pression fiscale. L'idée est de résoudre cette équation en compensant les charges d'investissement, par du mécénat d'entreprises. Pour donner un exemple, entre 2017 et 2019, nous investissons 2,7 millions d'euros rien que sur le site du Château du Guildo. »

Le préalable est de garder ce patrimoine dans le giron public alors que vous auriez pu vous en séparer ?
« Leur vente aurait pu être la solution mais le choix politique est de conserver ces sites car nous considérons qu'ils font partie du patrimoine et de l'identité des Côtes-d'Armor. À ce titre, ils doivent rester propriété de tous les Costarmoricains. »

Que peuvent y trouver les entreprises à rejoindre ce club de mécènes ?
« Si des entreprises sont partenaires, il leur sera possible de bénéficier de contreparties via des services proposés par chacun des sites. Cela pourra être l'organisation de séminaires, de réunions de travail, etc. Aucune démarche formalisée de cette nature n'existait jusqu'à présent. Les entreprises y tireront aussi un profit en termes d'images en participant au développement de ces propriétés. Même si le fonds est global, il sera toutefois possible d'aiguiller son budget mécénat sur un ouvrage précis. »

Qui sera en charge de la prospection des entreprises ?
« Nous avons fait appel au service d'un expert du mécénat en la personne d'Alexandre Marchand. Il est consultant pour le conseil départemental et a pour mission de trouver les partenaires qui soutiendront notre initiative. Nous n'avons pas encore fixé de nombre à atteindre ou de tickets d'entrée minimum. Cette démarche est nouvelle pour nous. Nous l'appréhendons pas à pas. »

Toutes les entreprises costarmoricaines sont-elles les bienvenues ?
« Nous ne prendrons pas n'importe quel partenaire. Il faudra que nous soyons vigilants sur sa nature et sa motivation. Comme je ne veux pas mélanger les rôles, je ne souhaite pas que l'on contractualise avec des entreprises qui travaillent avec le Département. C'est un préalable important qui diminue d'autant le nombre de partenaires potentiels. Une liste d'entreprises à prospecter m'a d'ailleurs été déjà soumise et j'en ai barré un tiers au nom de ce principe. Je me suis engagé dans une démarche de transparence et cela y contribue. Bien sûr, nous ferons preuve de nuances, c'est nécessaire, mais par exemple, je ne souhaite pas que les entreprises du bâtiment, qui contribuent à la construction de nos collèges ou de nos routes, deviennent mécènes d'Armor. »

La loi NOTRe a modifié les compétences du département en matière de soutien aux entreprises. Comment conservez-vous un lien avec elles malgré ce nouveau cadre législatif ?
« Notre participation au développement économique reste matérialisée par 80 à 100 millions d'euros d'investissement par an au bénéfice essentiellement des entreprises costarmoricaines. Par exemple, dans le plan pluriannuel sur les collèges, sur 21,5 millions d'investissement actés en 2017, 90 % des appels d'offres sont remportés par des sociétés locales. J'ai aussi souhaité que l'on augmente nos efforts en matière de recherche et d'innovation en soutenant l'enseignement supérieur avec un doublement du budget entre 2015 et 2017. Par ailleurs, nous avons aussi maintenu nos efforts vers le monde agricole, en soutenant le plan de modernisation des élevages, car cette filière est un pan très important de l'économie des Côtes-d'Armor. »

Sur un terrain plus politique, les dernières annonces sur la baisse des dotations aux collectivités vous inquiètent-elles ?
« Oui clairement. La baisse des dotations va faire mal. Le conseil départemental a déjà fait de gros efforts pour baisser ses charges de fonctionnement. S'il faut aller plus loin, cela veut dire clairement qu'il y aura moins de services. Ce sont des choix politiques que je ne partage pas et que je combattrai. »

Contact mécènes d'Armor : Alexandre Marchand au 06 33 64 53 41 ou mecenesdarmor@cotesdarmor.fr

 

Propos recueillis par Julien Uguet

JDE | Édition Côtes-d'Armor 22 | 20 septembre 2017

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