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Var. Someca fait le choix de l'avenir

ajouté le 19 septembre 2017  - 

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La Someca a fêté la renaissance de la carrière de la Catalane, dans le Var, en présence de ses clients, fournisseurs et collaborateurs. (Photos : Hervé Fabre-Photographies)

Malgré un contexte morose, le dirigeant de la Someca Frédéric Soulié et ses actionnaires ont fait le choix de l'avenir. L'entreprise brignolaise, premier producteur de granulats de la région Paca, a ainsi investi 12 millions d'euros sur le site de la Catalane et veut désormais croire à des jours meilleurs.

La Someca a fêté il y a quelques semaines la renaissance de la carrière de la Catalane, située sur les communes de Callas et la Motte. Cette renaissance est un pari un peu fou pour la Someca ?
Dès 2006, les actionnaires de la Someca ont entériné le projet d'étendre cette carrière pour laquelle ils avaient obtenu dès 1985 l'autorisation d'extraire 700.000 tonnes par an. Ce projet d'extension répondait à une volonté d'anticipation... En 2001, la capacité de production passe à 1,250 million de tonnes. Mais il faut attendre 2012 pour obtenir l'autorisation d'exploiter pendant 30 ans le site de la Catalane. L'année suivante, un incendie sur le site aurait pu tout arrêter. Suite à cet incident, nous étions face à deux options : réaliser un projet plus modeste, nécessitant 7 à 8 millions d'euros d'investissement ou croire en l'avenir et être très optimistes. Nous avons fait le choix de parier sur l'avenir : nous avons maintenu nos projets à la Catalane et engagé un investissement lourd de 12 millions d'euros. Un pari d'autant plus osé qu'au même moment nos activités subissaient de plein fouet la crise et que nous enregistrions en 2012 une baisse de 35 % de notre chiffre d'affaires. Ce choix s'inscrivait aussi dans la droite lignée du fondateur, Maurice Garrassin, qui au début des années 90 avait, lui aussi, cru en l'avenir en investissant sur la carrière du Revest et en adoptant une démarche très industrielle du métier puisque cette carrière emploie aujourd'hui 25 salariés, alors que le ratio dans la profession se situe davantage autour de 75 salariés pour un site comme celui-ci.

Cet investissement démontre à lui tout seul votre confiance en l'avenir...
Nous avons en effet voulu faire le pari que les besoins en granulats dans le Var allaient suivre la courbe croissante de la démographie. Nous avons voulu créer un outil industriel capable de sortir des produits de grande qualité, des « granulats star », en phase avec le marché. Nous avons voulu démontrer que la Someca est une PME forte, une PME capable de mener à son terme et de réussir un projet comme celui de la Catalane, un projet intégrant la contrainte d'un gisement complexe, imposant un traitement de lavage conséquent. Un projet également exemplaire à travers les mesures compensatoires prises pour intégrer la richesse de la biodiversité du site. Ces mesures s'établissent à 10 millions d'euros sur toute la durée de l'autorisation. La carrière de la Catalane est à la fois un site industriel et un espace propice au dynamisme de la biodiversité tout en conservant un caractère naturel.

L'incendie sur le site de la Catalane aurait pu remettre en cause le projet d'investissement. Il aurait aussi pu mettre à mal l'assise de la Someca ?
Cet événement a démontré que la Someca est une entreprise solide. Elle est inscrite dans le paysage économique varois depuis 1971. Elle est le premier producteur de granulats de la région Paca. Elle s'appuie sur trois actionnaires à parité : la famille Garrassin, notre plus gros fournisseur puisqu'elle détient la société de transport ; Colas Midi Méditerranée ; Cemex France Gestion, notre plus gros client (15 % de notre chiffre d'affaires) puisque nous alimentons 11 centrales à béton Cemex. Elle compte 9 établissements répartis sur le territoire dont 5 carrières. Cette longévité et notre forte présence sur le territoire ont permis de garder le lien avec nos clients, de continuer de les alimenter, malgré l'incident à la Catalane.

En fin d'année 2016, la Someca était retenue pour fournir 2,2 millions de tonnes de matériaux pour la réalisation du projet d'urbanisation en mer de Monaco. En février 2017, l'opérateur du projet Bouygues TP décide de revoir à la baisse sa collaboration avec la carrière du Revest, exploitée par la Someca. Que s'est-il passé ? Là encore, cette décision aurait pu être lourde de conséquences pour la Someca ?
Il s'agit d'une décision unilatérale de Bouygues TP et ils sont les mieux placés pour répondre à cette question. De notre côté, nous avons tout fait pour que ce contrat s'exécute dans les meilleures conditions. Nous avions déjà engagé des investissements qui se chiffrent à près de 8 millions d'euros. Nous avions aussi recruté 15 personnes. En outre, un chantier comme celui-ci se prépare et nous avions déjà produit 200.000 tonnes de matériaux. Lorsque Bouygues TP a annoncé sa décision de revoir à la baisse le contrat et de stopper toute la première phase d'approvisionnement, j'ai arrêté la production sur la carrière du Revest et licencié 15 personnes. Ce contrat représentait un montant de près de 40 millions d'euros sur trois ans pour la Someca, il portait sur l'extraction de 2 millions de tonnes de granulats, quand la Someca extrait aujourd'hui 2,5 millions de tonnes par an. Il devait être réalisé en deux phases. La première phase devait débuter cet été et s'étaler jusqu'en février 2018. Elle prévoyait la livraison d'1,2 million de tonnes de granulats. La seconde phase, portant sur l'acheminement de 800.000 tonnes de granulats doit se dérouler d'avril 2018 à octobre 2019. Pour cette seconde phase, Bouygues TP ne s'est pas prononcé et rien n'est signé à ce jour. Aujourd'hui, des négociations sont en cours et je suis confiant.

Cette décision ne touche pas seulement la Someca.
En effet, la perte de ce chantier emblématique est une perte pour le Port de Brégaillon, pour Toulon, pour le Var. Nous avions une opportunité unique de faire parler de nos compétences et installations dans le cadre d'un chantier d'envergure internationale... Cette décision est une mauvaise nouvelle pour toute l'économie varoise.
Aviez-vous mis tout en oeuvre pour qu'un tel chantier se déroule dans les meilleures conditions ?
Dans le cadre de ce projet, nous avons voulu jouer la transparence totale avec les populations concernées (à proximité de la carrière et du tracé d'acheminement jusqu'au port de Brégaillon) et avions fait le choix d'une concertation publique. Des présidents de comité de quartier sont venus nous féliciter pour notre démarche et notre action au niveau du Var. Car cette volonté de transparence est inscrite dans l'ADN de la Someca. Ces gens étaient prêts à nous faire confiance sur ce chantier hors normes, ils étaient prêts à faire quelques concessions... Mais malgré tout, quelques semaines plus tard, nous avons appris que deux tiers du marché nous échappait.

Au-delà de cette perte de chiffre d'affaires, percevez-vous les premiers signes d'une reprise économique ?
Depuis 2011, l'activité est toujours en perte de vitesse... Mais je pense qu'aujourd'hui, nous avons touché le fond. Maintenant ça repart et d'ailleurs, nous avons fait cette année 1 % de mieux que l'année dernière. Malgré la crise, nous avons toujours conservé la même structure de personnel. La Someca emploie 101 salariés, compte 5 sites autorisés de carrière, une installation de stockage de déchets inertes, 3 négoces répartis sur tout le département. Nos clients se composent pour 40 % de centrales à béton et 30 % de négociants de matériaux, ce qui offre à la Someca une assise forte. Viennent ensuite les postes d'enrobés (10 %) et les entreprises de travaux publics (20 %).

Someca
(Brignoles) 
Directeur général : Frédéric Soulié 
101 salariés 
CA : 40 millions d'euros 
Tel. 04 98 05 17 30

Propos recueillis par Hélène Lascols

JDE | Édition Provence-Côte-d'Azur | 19 septembre 2017

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