Fait du mois
Alors que le cinquième Forum des pôles de compétitivité rassemble, les 5 et 6novembre à Sophia Antipolis, un grand nombre de pôles français et internationaux, enquête sur ces plates-formes qui visent à la fois à générer un effet réseau stimulant, à faciliter le rapprochement entre acteurs innovants complémentaires, et à faire émerger puis à labelliser des projets collaboratifs qui seront ensuite financés. Avec le zoom Journal des Entreprises sur le projet le plus emblématique de chacun des neuf pôles de la région Paca.
Un dossier de Didier Gazanhes et Alexandre Léoty
Il existe neuf pôles de compétitivité basés en Paca. Ces structures sont avant tout destinées à fédérer les compétences des entreprises, universités et laboratoires autour de technologies de rupture liées à des marchés porteurs. Zoom sur neuf projets de pôles particulièrement emblématiques, menés actuellement et de manière collaborative par de grands groupes, PME et structures de recherche.
Gyrovision (Pégase)
Ce projet, qui propose de repenser les moyens aéroportés de surveillance et de détection (axes routiers, feux de forêt...), a vocation à équiper les hélicoptères, les avions et les drones. «C'est la TPE Dronexplorer qui en a eu l'initiative, explique Jean-Yves Longère, directeur du pôle Pégase. Mais en tant qu'utilisatrice, elle n'avait pas vocation à porter le projet. Coreti, I3S et Nexvision ont également intégré le consortium, porté par le groupe ATE». Budget: 4,5M€, subventionné à hauteur de 2M€.
Immunosearch (Pass)
«Une franche réussite initiée en 2006, estime Philippe Claud, directeur du pôle Pass. Il a donné naissance à une société du même nom, qui a mené le projet. Deux produits sont d'ores et déjà commercialisés et cinq le seront à très court terme». Destiné à proposer des méthodes alternatives aux tests sur animaux, dans le domaine des tests d'innocuité (parfums, arômes, cosmétiques), ce projet a fait l'objet d'un double financement: Fonds unique interministériel (FUI), 1,4M€, et collectivités territoriales, 400.000 €.
Ledepur (Optitec)
Labellisé par le pôle Optitec fin 2008, ce projet, qui prend pour cadre le Frioul, en rade de Marseille, vise à adjoindre une unité de désinfection à la station d'épuration de l'île, afin que les eaux usées soient réutilisables. Ce procédé 100% photonique s'appuie sur les lampes UV, capables d'éliminer la pollution bactérienne. «On part ici de quelque chose de très technologique, pour arriver à un résultat concret, loin du champ traditionnel de la photonique», commente Katia Mirochnitchenko, directrice du pôle. Ce projet, porté par Light technologies, Seram, Société des eaux de Marseille, le Laboratoire de chimie Provence et l'Institut méditerranéen d'écologie et de paléoécologie, est en cours de financement.
Girac (Mer)
Porté par Veolia eau, ce projet vise à «améliorer les eaux de baignade en développant des outils opérationnels permettant de connaître en temps réel les flux rejetés et leur évolution en fonction des conditions météorologiques». Consortium: Acri et NKE (entreprises), Ifremer, LSEET, Protee, Com et Météo France (recherche). Cofinancement de 6,3M€ par le FUI, les collectivités territoriales et l'Agence de l'eau.
M Pub (SCS)
«Nous sommes partis d'une feuille blanche il y a deux ans et demi, rappelle Georges Falessi, directeur du pôle. Porté par une PME, Prim'Vision, ce projet consiste à générer de la publicité sur mobile». Consortium: ST Microelectronics, Telecom Italia Mobile, Sesin (entreprises), Groupe de recherche Erisc, I3S Unsa (recherche). Financé par le FUI.
Vaccin Leishmaniose (Eurobiomed)
Le projet laballisé en 2007 par Eurobiomed a tout d'abord concerné le développement d'un vaccin canin contre la leishmaniose dans le cadre du FUI. Ce projet (3,3M€) porté par Virbac regroupe BVT, l'Institut de recherche et de développement et Skuld Tech. «Il a été étendu en février2008 dans le cadre d'un projet européen (PCRD) au développement d'un vaccin humain contre cette maladie (coût du projet: 3,9M€)», ajoute Alain Yvorra, directeur général du pôle.
Serre (Fruits et légumes)
Porté par le Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL), ce projet, labellisé en mars2007, vise à mettre au point des serres plus autonomes en énergie utilisant l'excédent d'énergie solaire captée par la serre et stocké en aquifère. Une dizaine de partenaires a été réunie autour de Serre, dont notamment trois exploitations agricoles qui testent le dispositif. Sur un budget total de 5,2M€, le projet Serre a reçu 1,2M€ au titre du FUI.
Nenuphar (CapEnergies)
Labellisé le 24juillet 2009, le projet a pour ambition de développer un concept d'éoliennes flottantes, loin de la côte, sur des fonds allant jusqu'à 500 mètres, tout en assurant un coût compétitif de l'électricité produite. Outre la société Nénuphar, les entreprises Technip et Alstom sont également associées au projet aux côtés de laboratoires de recherche publics. Le budget représente 11,6M€ sur 36 mois.
Hydroguard (Risques)
Le projet Hydroguard, labellisé en 2009 par le pôle Risques, s'inscrit dans une perspective de gestion efficace et rationnelle des moyens de prévention et de lutte contre les inondations, les pollutions et les submersions marines. «Ce projet, porté par Eseco Systems et regroupant trois sociétés (EMA, Niscayah et Thales Alenia Space) vise à développer des équipements et technologies autonomes mis en place le long des digues et des côtes qui permettent de donner l'alerte, d'effectuer une surveillance et une gestion continue de la ressource en eau», explique Sébastien Giraud, délégué business développement.
Le sénateur honoraire Pierre Laffitte, président de la Fondation Sophia Antipolis et grand spécialiste des pôles de compétitivité, répond à nos questions.
Concrètement, que gagnent les entreprises à adhérer à un pôle de compétitivité?
Tout dépend de la façon dont est gérée la gouvernance des pôles. Dans certains cas, le système est effectivement très intéressant. Il peut permettre d'accéder à des financements, et suscite une implication dans un contexte de convivialité et de communauté en matière de R & D.Les pôles peuvent également proposer des plates-formes techniques mutualisées, ainsi que des structures d'appui à l'export. Je pense que l'évaluation des pôles devrait ainsi tenir compte en particulier de la façon dont les structures fonctionnent en terme de gouvernance. À mon sens, en Paca, nous disposons de pôles particulièrement efficaces, qui impulsent une dynamique très forte.
Les PME ont-elles toute leur place dans les pôles?
Non, pas assez. J'estime que l'on devrait davantage tenir compte de ces PME, car ce sont elles qui sont susceptibles de se développer. Il faut les aider davantage. Mais je pense néanmoins qu'il y a une prise de conscience, depuis quelques années, de la place que doivent effectivement occuper les PME dans les pôles. Une volonté accrue d'appuyer les sociétés innovantes, notamment quand elles se tournent vers l'international.
Quel est le rôle des pôles dans l'attractivité économique de la région Paca?
Je considère que le territoire régional est absolument l'unité qu'il convient de suivre. Même si c'est difficile, même s'il y a les traditions. Même si je sais que les Niçois voient avec respect, mais tout de même une certaine inquiétude, le développement de Marseille. Mais franchement, vu de Los Angeles, l'antagonisme Marseille-Nice n'a aucun sens... Et il nous faut profiter de notre chance immense, qui est celle d'être tout à fait tournés vers la Méditerranée.
Justement, comment percevez-vous l'enjeu en matière de collaboration interclusters avec les pays voisins, et notamment au sein de l'Union pour la Méditerranée?
Je suis sidéré par le nombre de structures déjà en place. Il faut construire quelque chose, trouver une formule pour les fédérer. La fragmentation actuelle de l'Europe est encore considérable, en matière d'innovation. L'innovation a besoin d'un espace, mais il n'existe pas, car les financiers sont en retard, ce qui oblige les PME à disposer d'une filiale de commercialisation dans chaque pays. Quant à l'Union pour la Méditerranée, c'est une grande idée qui permet de multiplier par deux le nombre de cerveaux et de marchés. D'autant qu'il y a une attente très forte de tous les pays du Sud...
Selon les directeurs de pôles de compétitivité régionaux, qu'elles soient simples partenaires ou porteuses de projets collaboratifs, les PME ont toute leur place dans les consortiums innovants. Itinéraires de deux projets réussis
. Installer des capteurs de détection et d'analyse à distance des risques dans des espaces naturels menacés par les incendies: voilà l'objectif du projet Fire, labellisé en 2006 par les pôles SCS et Risques. «C'est un projet historique porté par la PME Smart Packaging Solutions (SPS), rappelle Georges Falessi, directeur du pôle SCS. Comme souvent, l'idée vient d'une société qui a une solution à un problème bien précis, et qui a besoin d'aide pour construire son projet. Le pôle, qui perçoit tous les aspects du dossier, devient alors l'architecte d'un consortium». Construite en collaboration avec le cabinet de conseil Toplink innovation, l'étude stratégique de ce projet a permis d'analyser en détail les attentes des financeurs potentiels, pour dégager ensuite la nécessaire implication de PME régionales, au contact direct des utilisateurs. Le projet Fire a été développé par SPS, avec Cryptiris, les sapeurs pompiers (SDIS 13 et 06), les laboratoires IUSTI et Tecsen, l'Université Paul Cézanne, et le Ceren. Autre type d'expérience, autre projet. Secmar, labellisé cette fois-ci par le pôle Mer Paca, et porté par un grand compte, Thales Underwater Systems. Initié en 2006 et actuellement en phase de démonstration au Grand port maritime de Marseille, ce projet, qui vise à développer un système de sécurisation d'un port contre toute intrusion, au moyen de détection sonar, radar et optronique, devrait être opérationnel fin 2010.
Processus d'innovation
«Nous comptons sur ce dossier une dizaine de partenaires : des structures de recherche, mais aussi des PME, qui s'engagent dans un processus d'innovation, explique Patrick Baraona, directeur du pôle. La PME, en bénéficiant de l'action commerciale du grand groupe, se forge des références supplémentaires, qui lui permettent ensuite de développer son propre business. Elle démontre en effet sa capacité à travailler dans un projet collaboratif aux côtés d'un groupe important». Dans ce cas précis, c'est au sein d'un atelier de réflexion organisé par le pôle qu'est née l'idée de travailler sur un dossier lié à la sécurisation des ports. «Thales connaissaient déjà certaines entreprises intéressées, et nous en avons introduites d'autres, précise Patrick Baraona. Pour cela, nous avons conduit une étude de marché, que nous avons cofinancée, et dont les résultats ont permis de convaincre des PME de rejoindre le consortiumt». Bénéficiant d'un budget de 13M€ sur quatre ans, le projet Secmar a été subventionné par le FUI et les collectivités territoriales.
Comment une PME peut-elle efficacement porter un projet de pôle ou être partenaire d'un consortium? Les six conseils de Jean-Bernard Titz, dirigeant de Dev-Help (www.dev-help.fr), société régionale spécialisée dans l'accompagnement des entreprises innovantes.
Identifier le bon pôle
«Pour s'orienter avec succès, il est nécessaire de bien connaître la chaîne de valeur de chaque pôle, en se renseignant tout d'abord sur internet. Ensuite, il convient d'assister aux réunions thématiques organisées par les pôles, et qui sont souvent ouvertes aux non-adhérents».
Choisir les bons partenaires
«Certaines PME ont déjà identifié des partenaires potentiels. Mais beaucoup d'entre elles sont à la recherche de compétences. Il faut dans tous les cas se rapprocher de la direction du pôle, afin d'avoir une idée de la validité potentielle de son projet, et, le cas échéant, de se faire aiguiller vers les bons partenaires ».
Apprendre à partager son savoir
«Il est impératif de définir ce que l'on est prêt à partager avec ses partenaires. Car si la PME recherche une collaboration en matière de recherche, elle se doit évidemment de partager son savoir, mais aussi les résultats obtenus. Et ce n'est pas toujours évident pour les dirigeants...»
Se faire accompagner
«Pour les PME, monter un dossier de demande de financement nécessite un accompagnement. Pour les entreprises de taille modeste, ce processus peut en effet sembler mystérieux, voire effrayant. Au-delà d'un soutien technique, un cabinet extérieur peut permettre de démystifier cette étape. Certaines PME pensent que les projets de pôles ne sont pas faits pour elles. Or, qu'elles soient porteuses ou simples partenaires, les PME représentent 50% des acteurs de ces projets! »
Mettre en place une organisation rigoureuse
«Une fois le projet labellisé, il faut mettre en place une bonne gouvernance et un timing rigoureux. Car il n'est pas toujours aisé de concilier les agendas et les priorités de chacun».
Que le projet ne fasse pas l'entreprise
«Même si cela peut exister, il est peu recommandé pour une société de baser tout son projet d'entreprise sur un seul et unique projet. Ce serait très risqué. Car le processus de labellisation et de financement peut parfois durer longtemps. Il faudrait avoir les reins très solides pour patienter... Il vaut mieux ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier».
Fondée en 2007, la société Editag, basée à Meyreuil, est spécialisée dans l'édition de solutions de traçabilité, de collecte d'information et de sécurité des objets. La PME porte le projet Vinetag, lié au monde viticole, dans le cadre du pôle SCS.
L'éditeur de solutions matériel et logiciel Editag évolue sur trois marchés distincts, bien que liés aux mêmes technologies d'identification par radiofréquence (RFID). Tout d'abord, la collecte d'informations qualité sur les lignes de conditionnement et de production, notamment pour le secteur pharmaceutique. Puis, la sécurité des objets, pour les musées, les galeries d'art, et désormais, les chantiers de BTP. Et enfin, la traçabilité, pour la gestion des parcs et des flux. C'est d'ailleurs dans cette dernière niche de marché que s'inscrit le projet Vinetag, initié fin 2007 par la société au sein du pôle de compétitivité Solutions communicantes sécurisées (SCS). Visant à mettre au point une solution répondant à une problématique de traçabilité amont dans le domaine viticole, ce projet voit ainsi la PME collaborer avec ST Microelectronics, SPS, Shaktiware, le laboratoire matériaux et microélectronique de Provence, mais aussi des utilisateurs.
Stratégies et compétences
«Nous avons pris l'initiative de ce projet, car nous croyons fermement aux synergies, confie Frédéric Pithoud, directeur commercial d'Editag. Pour nous, 1+1 fait toujours plus que 2. Nous sommes donc allés chercher les expertises, via le pôle. Ce type de collaboration, de mise en relation d'acteurs complémentaires, ne peut fonctionner qu'à travers un objectif clair et une méthodologie rigoureuse. Il faut bien définir les périmètres de chacun, et croiser les agendas au mieux, ce qui nécessite forcément beaucoup de temps». Au-delà de l'aide au montage et de l'effet réseau généré, l'adhésion à ce projet de pôle représente pour la société une façon de bénéficier de nouveaux financements. «Cela peut nous ouvrir des portes, c'est vrai, admet Frédéric Pithoud. Mais ce n'est pas une condition suffisante. Les pôles ne distribuent pas d'argent. Ils sont là pour faire émerger des projets de qualité. Pour marier au mieux une stratégie et des compétences à d'autres stratégies et d'autres compétences...» Labellisée par le pôle SCS en 2008, l'initiative Vinetag devrait se traduire par une commercialisation effective en 2010.
Effectif: 10 - CA: 250.000 € Tél.: 04.42.61.27.90 www.editag.eu
Le pôle Risques Paca travaille actuellement avec l'école Polytech' Marseille et l'Institut de prévention et de gestion des risques (IPGR), basé à Marseille, sur un projet dont l'objectif est de développer un nouveau label territorial de gestion des risques. Quand école et pôle travaillent main dans la main...
«L'école Polytech' Marseille est en relation avec le pôle Risques depuis sa création en 2005. À l'époque, nous vivions une effervescence propice au lancement de projets. À force de rencontres, des petits groupes se sont formés et des projets ont vu le jour. Nous sommes ainsi intervenus dans le projet Clara 2 (porté par l'École des mines d'Alès et financé par l'ANR à hauteur de 50%, pour près de 711.259 €) dont l'objectif est la mise au point d'un logiciel informatique de modélisation des rejets accidentels des produits pétroliers et chimiques en mer Méditerranée », explique Jean-Marc Mercantini, enseignant à Polytech'Marseille, aux départements génie industriel et informatique. Par ailleurs impliqué dans l'ouverture au sein de Polytech', en septembre2008, d'un Mastère spécialisé gestion des risques sur les territoires, Jean-Marc Mercantini a contribué au rapprochement entre cette formation, destinée aux professionnels ayant en charge la gestion des risques (collectivités, industries...) et le pôle Risques. «Le pôle travaillait déjà avec l'IPGR sur la création d'un label de gestion des risques pour les communes. J'ai eu l'idée d'impliquer dans cette démarche l'une des étudiantes du Mastère», poursuit-il. «Depuis octobre2008, je travaille en alternance avec le pôle Risques, souligne de son côté Alice Jubeau, étudiante au Mastère. Nous planchons sur la mise en place d'un référentiel, d'un cahier des charges sur la prise en compte des risques au niveau des communes.C'est une démarche longue qui devrait s'étaler sur plusieurs années. Le projet est financé par le ministère de l'environnement...»
Les communes et le risque
«Nous allons ensuite faire intervenir un thésard dans la démarche pour des études de terrain et la modélisation des outils informatiques destinés aux communes et aux futurs certificateurs», détaille Jean-Marc Mercantini, qui précise: «Il ne s'agit pas d'un simple label. Le projet a un objectif pédagogique. Nous voulons amener les communes à être capable de gérer et d'envisager l'ensemble de leurs risques».
Parmi les 71 pôles de compétitivité labellisés en France, la région Paca en compte neuf. Des plates-formes qui jouent un rôle important dans l'attractivité économique du territoire.
Les pôles de compétitivité basés en Paca viennent tous de signer - à l'exception de Pass, actuellement en période probatoire - un ?contrat de performance ?avec l'État, leur permettant de puiser dans une enveloppe globale de 1,5 mds d'euros pour la période 2009-2011, phase 2 de la politique nationale. Depuis leur création, ces pôles ont labellisé 973 projets, pour un budget global de 1,4milliard d'euros, subventionnés à hauteur de 521M€. Une manne pour les entreprises adhérentes, et un atout non négligeable pour l'attractivité du territoire, cheval de bataille des agences de développement économique. «C'est un levier majeur, confirme Laurence Vidal, responsable des implantations exogènes à Var Accueil Investisseurs. Lorsque nous démarchons les entreprises industrielles, notre légitimité est d'autant plus forte que nous rattachons notre prospection à une mise en valeur des pôles présents dans la région, facteur d'émulation et de partenariats». Et Robert Maury, président de Provence Promotion, d'ajouter: «Plus de 50% des entreprises qui s'implantent dans le territoire sont motivées par une approche technologique. Nous insistons donc beaucoup sur l'existence des pôles. Les autres atouts de la Provence constituent un ?plus ?». Même son de cloche du côté de Philippe Stefanini, directeur de Team Côte d'Azur: «Nous mettons en avant les budgets de R & D levés par les pôles. Nous parlons de financements et d'effets de levier aux entreprises internationales. C'est du concret. D'autre part, le premier facteur d'une décision d'implantation reste la RH. Or, les pôles permettent d'appréhender au plus juste les compétences du territoire». Pour autant, s'il voit dans les pôles un «merveilleux produit d'appel», Marc Tassel, directeur de la Mission de développement économique régionale Paca, entend nuancer leur poids en terme d'image: «Nous sommes une région généraliste, avec une multitude de pôles différents. Notre image est donc plus difficile à lire. Nous avons donc choisi de dire aux entreprises internationales: ?Il y a tout en Paca?. Et cela fonctionne assez bien...»
Insilio, basée à la Garde, porte le projet Syren au sein du pôle Mer Paca. Un projet labellisé qui connaît des retards de financement.
Insilio a été créée en octobre2005 et propose des services à base de cartes à puce sans contact afin de gérer des accès, gratuits ou payants. «Il existe un large éventail de besoins dans différents secteurs mais nous avons choisi de nous focaliser sur les marchés pour lesquels le client final est mobile », précise-t-il. Ainsi, premier marché d'insilio: les ports de plaisance et les propriétaires de bateaux. «Le navigateur a besoin de services en entrant dans un port: eau, électricité, douches... Nous proposons aux gestionnaires un système permettant de fournir des services, gratuits ou payants, et nous valorisons la sécurité des sites par le biais des autorisations accordées». Des concepts similaires peuvent intéresser les aires de camping-car, les campings, les terrains pour gens du voyage...
Porteur du projet Syren au sein du pôle Mer Paca
Insilio a vu le jour à peu près en même temps que le pôle Mer. Naturellement, la PME s'y est inscrite et a lancé un projet, baptisé Syren, dont le but est de développer un outil de reconnaissance visuelle et automatique des bateaux entrant et sortant d'un port. «Ce système pourrait apporter une réponse au problème des bateaux ventouse et améliorer la sécurité des infrastructures». Au sein du projet, Insilio s'est associée à Micro BE, à un laboratoire de l'Université de Toulon et du Var et à la société CS, dont le siège social est en région parisienne. Une fois labellisé, le projet a obtenu des financements de la région Paca et d'Oséo. «Toutefois, la région n'a pas voulu subventionner CS car son siège social n'est pas en Paca et, de son côté, Oséo a accepté de financer 210.000 € à condition d'augmenter nos fonds propres de la même somme. Nous sommes une TPE et après de longs tours de table je n'ai réussi qu'à mobiliser 140.000 €, soit les deux tiers de la somme. Oséo a accepté de nous financier pour la moitié de la somme initiale et Syren a ainsi perdu près de neuf mois... », conclut-il.
Effectif: 4 - CA: 473.000 € Tél.: 04.98.03.22.89 www.insilio.com
Aujourd'hui installée à Marseille au sein de la pépinière de Marseille-Innovation, l'entreprise a vu le jour en 2005 dans les locaux de Grand Luminy. «Nous faisons du développement en logiciels libres et nous visons à être éditeur de logiciels dès janvier prochain, date à laquelle nous devrions sortir un CRM libre », explique Jean-Michel Armand, l'un des quatre associés à l'origine de la création de l'entreprise. «Notre potentiel de clients est très large, de la petite entreprise de trois salariés à la grande PME ou à la filiale de grand groupe. Nous mettons en place un CRM qui prend en compte et qui modélise l'ensemble du marché dans lequel évolue l'entreprise. La plupart enregistrent les relations entre l'entreprise et ses clients mais omettent par exemple de traiter des données concernant les clients des concurrents ou les clients des partenaires. Nous voulons proposer un outil qui intègre tous ces aspects», précise Jean-Michel Armand.
Pégase et Risques
Hybird est inscrite auprès des pôles Pégase et Risques. «Dans le pôle Risques, nous participons au projet Force porté par la société Sodielec (Millau), dans lequel nous avons une activité de développement. Le projet, labellisé fin 2008, n'a pas encore démarré », explique-t-il. Hybird fait également partie du pôle Pégase. «Nous nous sommes inscrits pour participer à un projet de simulation 3D de drones, mais nous n'avons pas été retenus. En revanche, nous participons activement aux différentes rencontres du pôle qui regroupent de très nombreuses PME, qui peuvent être autant de clients potentiels pour notre CRM. Il y a un effet réseau très important». La petite structure, qui ne compte que sept salariés, n'envisage pas de porter elle-même un projet, mais espère être retenue pour une démarche dans laquelle elle pourrait valoriser ses compétences. «Nous participons déjà au projet Force et nous avons en outre notre propre produit à achever... », conclut Jean-Michel Armand.
Effectif: 7 - CA: 213.000 € Tél.: 04.91.11.87.78 www.hybird.fr
Pôles de compétitivité et Prides (Pôles régionaux d'innovation et de développement économique solidaire): deux outils, deux forces de frappe, pour deux niveaux d'action différents mais complémentaires. En effet, si tous les pôles de compétitivité présents en Paca sont également labellisés Prides par le conseil régional, tous les Prides - on en compte 29 - ne sont pas des pôles de compétitivité. Ces structures, qui ont davantage, selon Robert Maury, président de Provence Promotion, une «finalité d'animation et de promotion interne des filières», ont été mises en place par la Région en 2006.
: 04.42.53.82.85 - www.pole-scs.org Pôle Mer Paca : 04.94.03.89.03 - www.polemerpaca.com Optitec : 04.91.05.59.69 - www.popsud.org Capenergies : 04.42.25.64.25 - ww.capenergies.fr Pôle européen d'innovation fruits et légumes : 04.90.31.58.81 - www.peifl.org Pôle risques : 04.42.12.30.50 - www.pole-risques.com Parfums, arômes, senteurs et saveurs : 04.92.42.34.84 - www.pole-pass.fr Eurobiomed : 04.91.13.74.65 - www.eurobiomed.org Pegase : 04.42.85.77.70 - www.pole-pegase.com Trimatec : 04.66.89.00.49 - www.pole-trimatec.fr
JDE | Édition Bouches-du-rhône 13 | 6 novembre 2009

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