L'Enquête

JDE Edition Alpes-Maritimes 06

Aides européennes. Quelle chance pour les PME de Paca ?

ajouté le 5 juin 2009

Les fonds structurels européens dont a bénéficié la région Paca, pour les périodes 2000-2006 et 2007-2013.

Alors que la première Semaine européenne des PME s'est tenue le mois dernier, et que les élections européennes ont lieu le 7juin, la question du lien qui peut exister entre l'Europe et les PME régionales est plus que jamais d'actualité. Car en Paca, si les entreprises sont friandes de financements publics, elles ignorent encore trop souvent l'existence et le fonctionnement des aides européennes. Entre fonds structurels et programmes thématiques, mode d'emploi de ces enveloppes dont les PME locales peuvent disposer.

Dossier réalisé par Alexandre Léoty, Didier Gazanhes, Hélène Lascols, Gaëlle Cloarec et Jean-Christophe Magnenet

Plus de 820M€ de fonds structurels européens attribuables en Paca entre2007 et2013. Plusieurs dizaines de programmes thématiques, dont le plus célèbre, le 7e Programme-cadre de recherche et développement (PCRD), bénéficie d'un total de 50,5milliards d'euros pour la même période.Au moment où la crise frappe de plein fouet le tissu économique régional, les enveloppes allouées par Bruxelles peuvent représenter une réelle opportunité pour les entreprises. Pourtant, elles sont encore peu nombreuses à maîtriser les subtilités du fonctionnement de ces aides et financements européens. «Dans la région, les grosses entreprises sont familiarisées avec ces programmes, mais pas forcément les PME, confirme Blandine Pellistrandi, responsable de la représentation régionale de la Commission européenne, à Marseille. Pourtant, les aides existent, pour les entreprises innovantes et dynamiques qui souhaitent accroître leur compétitivité et s'ouvrir à de nouveaux horizons. Bien entendu, l'Europe n'a pas vocation à financer les ?canards boiteux?». Ainsi, les aides européennes interviennent principalement sous la forme de cofinancements, sachant que les entreprises doivent avancer des fonds qui leur seront ensuite remboursés. «Une PME qui serait en recherche de trésorerie n'a donc aucun intérêt à se lancer dans ce type de procédure», estime Martine Liogier-Coudoux, chargée de mission Europe CRCI pour Enterprise Europe Network Paca, Languedoc-Roussillon et Corse.




«Le réflexe européen»
Concernant les entreprises basées en Paca, le constat effectué par Isabelle Martin-Prevel, chef de la mission Europe au Secrétariat général pour les affaires régionales, à la préfecture de région, se veut nuancé: «Traditionnellement, nous ne comptons pas parmi les meilleurs en ce qui concerne le réflexe européen. Cela peut s'expliquer par la relative bonne santé financière de la région. Nous n'avons pas forcément la même urgence que d'autres à nous adosser à des fonds européens. D'ailleurs, beaucoup d'entreprises préfèrent se passer de ces fonds, d'autant que la commission européenne met désormais la barre très haut...»

Évolution des mentalités
Autre facteur explicatif de cette relative frilosité des PME locales: l'obligation de travailler sous forme de partenariats. «En la matière, l'Europe fait évoluer les mentalités, dans une région où le potentiel est énorme», estime Blandine Pellistrandi, mais où, selon Isabelle Martin-Prevel, «la notion de démarche collective n'est pas forcément naturelle, chacun défendant son pré carré». Un frein culturel auquel s'ajoute celui lié à la nature intrinsèque du tissu économique local. «La région est composée de petites entreprises, qui ne peuvent pas forcément mobiliser les moyens humains et financiers nécessaires à la constitution de ce type de dossiers», constate Martine Liogier-Coudoux, qui ajoute néanmoins que le «réflexe» européen a tendance à se développer depuis quelques années. Une vision optimiste partagée par Christophe Castaner, vice-président du conseil régional Paca délégué à l'aménagement du territoire et aux affaires européennes, pour qui les Pôles régionaux d'innovation et de développement économique solidaire (Prides) et les pôles de compétitivité jouent un rôle majeur dans ce processus: «Le message est passé. Les entreprises ont compris qu'il était possible d'aller chercher l'argent ailleurs, ce qui s'explique aussi évidemment par la rareté des fonds publics. La culture des fonds européens devient désormais une culture de l'action...»

Trouver l'aide adaptée à son entreprise

 Aides européennes.  Quelle chance pour les PME de Paca ?

Il existe deux grands types d'aides européennes accessibles aux PME. Des financements plus ou moins adaptés à chaque profil et à chaque projet d'entreprise.




LES FONDS STRUCTURELS
Pour la période 2007-2013, la région Paca bénéfice d'une enveloppe globale de 824M€ au titre des fonds structurels européens, gérés par l'État, via la préfecture de région, en partenariat, notamment, avec le conseil régional (à hauteur de 98,5M€, principalement sur les questions liées à l'innovation). Le Fonds européen de développement régional (Feder), qui vise à renforcer la compétitivité du territoire, alloue 302M€ à Paca, ce qui la classe au 6e rang des régions françaises. Le Fonds social européen (FSE), axé sur l'emploi et les ressources humaines, prévoit 285M€, classant Paca au 4e rang français. Enfin, le Fonds européen agricole de développement (Feader), qui cible plus particulièrement les entreprises situées en zones rurales, bénéficie de 237M€. «Cette génération 2007-2013, qui suit les orientations stratégiques communautaires actuelles, a resserré ses priorités, prévient Isabelle Martin-Prevel, chef de la mission Europe au Secrétariat général pour les affaires régionales, à la préfecture de région Paca. Désormais, l'Europe évite le saupoudrage, et mise sur la compétitivité et l'innovation, dans un souci de développement durable. Il s'agit de se concentrer sur des thématiques précises, au bénéfice direct ou indirect des PME». Au total, plus de 3.300 dossiers avaient été programmés en Paca entre2000 et2006.

LES PROGRAMMES EUROPÉENS Directement gérés et pilotés par
Bruxelles, les quelque 200 programmes européens thématiques sont organisés sous la forme d'appels à propositions. Le plus connu d'entre eux est le 7e Programme-cadre de recherche et développement (PCRD), consacré à la recherche européenne, qui bénéficie au total de 50,5milliards d'euros pour 2007-2013. Les autres programmes correspondent à autant de thèmes entrant dans la stratégie communautaire. «Il est nécessaire d'étudier le profil et les objectifs de chaque entreprise, afin de déterminer le type de programme qui pourra lui convenir, estime Martine Liogier-Coudoux, chargée de mission Europe CRCI pour Enterprise Europe Network Paca, Languedoc-Roussillon et Corse. Certains programmes ne sont pas accessibles aux PME, et selon les projets, les petites entreprises sont souvent susceptibles d'intervenir en tant que simples partenaires, et non comme chef de file. Les choses ne sont pas simples, car chaque fois que naît un besoin, l'Europe a tendance à sortir un nouveau programme. D'où l'utilité de se faire aiguiller convenablement...»

Pôle Solutions communicantes sécurisées. Le Feder participe au développement local

Les pôles de compétitivité et les Prides constituent d'importants relais des aides européennes, de façon directe, au travers de la participation des entreprises à des programmes européens, et de façon indirecte par les fonds Feder qui leur sont alloués.


Le pôle de compétitivité mondial SCS a été labellisé en juillet2005 et regroupe les acteurs de la microélectronique, des logiciels, des télécommunications, du multimédia, des services et usages des TIC de la région Paca. La mission du pôle est de favoriser l'émergence de projets collaboratifs innovants entre tous les acteurs (chercheurs, industriels, organismes de formation et collectivités territoriales) afin de concevoir et développer des solutions nouvelles qui intègrent composants, logiciels, réseaux et systèmes pour échanger et traiter des informations de manière sécurisée et fiable. «Nous travaillons notamment sur la traçabilité, l'identité, la mobilité et la connectivité. Nous avons ainsi d'ores et déjà labellisé près de 200 projets pour un montant de dépenses en recherche et développement de près de 320M€», souligne Georges Falessi, directeur général du pôle, dont le siège social alterne tous les deux ans entre Rousset et la technopôle de Sophia Antipolis, qui en fut l'un des membres fondateurs. «ertains des projets que nous labellisons s'insèrent dans des programmes européens. Les grands groupes sont en général mieux rodés à ce genre d'exercice un peu lourd et contraignant que les PME. Nous participons à cela en liant des partenariats avec d'autres clusters européens et en favorisant le rapprochement entre les entreprises. Nous travaillons notamment avec Méditerranée Technologis ».

Les fonds Feder financent des opérations collectives
D'un autre côté, des fonds européens, au travers du Feder, permettent au pôle SCS de mettre en place différentes actions.«Nous sommes ainsi en train d'organiser une conférence internationale, ICTF, en partie grâce à des subventions européennes. Le Feder participe également au financement de plateformes, comme Cim Paca, qui a accompagné depuis trois ans près de 10M€ d'investissements pour des entrepriss». Cette plateforme mutualise des outils de conception et de production dont les PME ne pourraient pas bénéficier autrement. «C'est une aide énorme. Nous avons aussi le Paca Mobile Center qui permet à nos membres de disposer des 2.000 derniers téléphones mobiles sortis dans le monde afin de réaliser des test... » Les fonds européens (Feder) participent aussi au dispositif Paca Labs qui favorise des projets d'expérimentation ouverts aux industriels, aux PME et aux collectivités.

Té.: 04.42.53.82.85 www.pole-scs.org

Olivier Personnic. «S'associer à un partenaire expérimenté»

 Aides européennes.  Quelle chance pour les PME de Paca ?



Olivier Personnic, directeur de la pépinière d'entreprises innovantes du parc du Pontet à Meyreuil, structure du groupe Inno TSD, positionné sur l'innovation, la valorisation de la recherche et le management des réseaux européens, rappelle les avantages et les appuis que l'Europe peut apporter aux entreprises.
Les aides européennes sont-elles vraiment adaptées aux PME?
Les PME ont un rôle à jouer et ne doivent pas sous-estimer les aides européennes. La commission a assoupli certains dispositifs. Dans le cadre de PCRD, par exemple, il suffit maintenant de réunir deux entreprises issues de pays différents et un laboratoire de recherche pour pouvoir bénéficier de financement de l'innovation. Si une PME a l'habitude de travailler avec un laboratoire de recherche, il lui suffit donc de trouver un partenaire européen. Même si 90% des projets demeurent liés à une innovation technologique, la notion d'innovation peut être entendue au sens large. Il y a aussi un montant minimum pour qu'un projet soit retenu. En dessous d'un million d'euros, les dossiers ne sont en général pas sélectionnés.
Les PME se plaignent souvent de la lourdeur des dossiers à monter afin de répondre à un appel à projets européen. Qu'en est-il vraiment?
Les PME trouvent en effet le dispositif lourd. Mais, un appel à projets est un concours. Seuls les meilleurs l'emportent. En même temps, les entreprises peuvent alors bénéficier de subventions non négligeables. On ne doit pas oublier qu'il y a une sorte de bonus à l'expérience. Une structure qui a déjà été retenue a plus de chance d'être à nouveau sélectionnée. C'est une notion qu'il faut garder à l'esprit lorsqu'on s'associe avec un partenaire européen ou avec un laboratoire de recherche.
Dans quel délai est-il possible de bénéficier d'aides de l'Europe, dans le cadre des programmes thématiques?
Lorsqu'un appel à projets est lancé, l'entreprise a trois mois pour y répondre. Il ne faut surtout pas attendre la publication de l'appel à projets pour rechercher un partenaire. Il faut déjà avoir un binôme de confiance. Les PME doivent se prépositionner et attendre la sortie d'un appel à projets. Après la remise des propositions, il faut compter un délai de deux mois pour avoir une réponse, puis un mois à un mois et demi pour la signature des contrats. Enfin, les premiers financements interviennent un mois plus tard. Au total, la démarche s'étale donc sur plus de huit mois. Les subventions versées aux entreprises peuvent aller de 50 à 80% des besoins en financement des projets. Pour 300.000 € une entreprise peut prendre part à des projets nécessitants 2M€. Ce sont des sommes non négligeables qui ne sont pas des avances remboursables, mais bien des subventions.

Mobilegov. «Faire connaître sa techno»

«Ne jamais rédiger seul une proposition de projet européen», conseille Michel Frenkiel qui, avant de fonder Mobilegov en 2004, a été pendant une dizaine d'années consultant auprès de la Commission européenne.

La start-up sophipolitaine, spécialisée dans la sécurité informatique, flirte avec la Commission européenne depuis sa création en 2004. Elle participe indirectement au projet R4EGOV, porté par le 7e PCRD, lui permettant ainsi de présenter sa technologie aux grands donneurs d'ordres.


La naissance de Mobilegov est intimement liée aux programmes financés par la Commission européenne. Nous sommes en 2003, Michel Frenkiel est alors coordinateur du projet européen E-justice, consacré aux documents d'identité numériques et à leurs usages. Le spécialiste détecte une faille en matière de sécurité, s'associe avec François-Pierre Lepage et Éric Mathieu, et crée Mobilegov en 2004. Les trois hommes planchent sur la mise au point d'une solution, brevetée début 2005. Depuis, la jeune pousse spécialisée dans l'édition de logiciels de sécurité informatique développe des applications qui exploitent ce brevet, «dont un certain nombre a bénéficié d'aides européennes obtenues auprès de la direction générale ?Société de l'information ?de la Commission européenne», indique Michel Frenkiel.

Renforcer son réseau
Ainsi, le projet MEMO du programme européen eTEN, tourné vers le tourisme, a permis à la start-up de récolter une centaine de milliers d'euros en 2005, «ce qui est très encourageant pour une jeune société». Cependant, pour le dirigeant, «il n'y a pas que de l'argent à gagner dans ces programmes européens. Le plus intéressant pour une PME est la possibilité de renforcer son réseau, de faire connaître sa technologie et de la faire adopter par les grands donneurs d'ordres».

Déploiement commercial
L'homme parle en connaissance de cause. Lorsqu'en 2006, sous son impulsion et celle d'un ingénieur de SAP, le projet R4EGOV du programme européen ICT (dont le but est de proposer une solution permettant aux administrations nationales européennes d'échanger des informations en totale sécurité) est lancé, «Mobilegov n'était pas assez mature pour y participer», raconte l'intéressé. Qu'à cela ne tienne, 18 mois plus tard, le dirigeant présente sa technologie «arrivée à maturité» à la vingtaine de partenaires du projet qui, séduits, «l'ont adoptée sans contrepartie financière». Résultat, la technologie Mobilegov est aujourd'hui utilisée par la chancellerie autrichienne, Europole et le Home Office britannique (l'équivalent du ministère de l'Intérieur français). Des nouveaux contrats qui boostent les facturations de la jeune pousse qui prévoit de multiplier par 10 son chiffre d'affaires en 2009.

Mobilegov - Sophia Antipolis Effectifs: 35 CA: 500.000 € Tél.: 04.93.33.06.66. www.mobilegov.com

@ctis ingénierie. «Être très convaincant pour réussir»

Pierre Sagnières, directeur Activité conseil chez @ctis ingénierie.

En 2005, la SS2I @ctis ingénierie, installée à Bandol, tente sa chance au niveau européen et candidate avec cinqautres entreprises au 6ePCRD. Le dossier n'est pas retenu. Mais l'expérience a été enrichissante et @ctis se dit prête si un autre projet venait à se présenter.


Au départ, lorsque la société varoise de conseils et de services informatiques, @ctis ingénierie, s'inscrit sur les bases de données européennes, «c'est juste pour faire connaître ses compétences», explique Pierre Sagnières, directeur Activité conseil au sein de l'entreprise. Mais, la SS2I, désormais référencée au niveau communautaire, s'est ainsi rendue disponible pour participer à un éventuel projet européen. Contactée en 2005 par un groupement d'entreprises, @ctis est intégrée au projet Edissac, pour apporter ses compétences en sécurité informatique. Le principe de ce projet: «Trouver une voie médiane entre les langages procéduraux des logiciels et les environnements graphiques».

Un dossier administratif pas si complexe
Pour financer ce projet, un dossier est monté dans le cadre d'un STREP (projet de recherche avec cible spécifique). «Il s'agit du dossier le plus simple à remplir. Et, de toute façon, je n'ai pas trouvé la procédure administrative particulièrement complexe. Certainement parce que j'avais de bonnes notions d'anglais, et de finances», confie Pierre Sagnières. Pourtant, malgré ces facilités, le dossier du groupement ne sera pas retenu. Un échec certes, mais néanmoins très enrichissant.

Le lobbying, indispensable
Les points sur lesquels le groupement a failli: l'étude de marché et le lobbying. «Si je n'avais qu'un seul conseil à donner aux entreprises candidates à des fonds européens, c'est d'être très convaincantes sur l'intérêt et la spécificité de leurs recherches», reprend Pierre Sagnières. En effet, l'Europe ne finance pas deux fois le même projet. Il est donc primordial de démontrer sa différence et ne pas hésiter non plus à faire du lobbying. Et, c'est peut-être bien à ce niveau que réside la principale difficulté: «Certaines personnes naviguent depuis des années au sein des instances européennes et savent alors à quelle personne s'adresser. Ce n'était pas notre cas et nous avons donc eu beaucoup de mal à trouver les bons interlocuteurs pour défendre notre projet», raconte Pierre Sagnières. Fort de cette expérience, @ctis, toujours inscrite sur la base de données européennes, se dit prête à renouveler l'initiative, voire même en prenant la position de leader...

@ctis ingénierie - Bandol CA 2008: 5,12M€ www.actis-ingenierie.com

Obtenir une aide. Les bons interlocuteurs en Paca

Il est parfois difficile pour les PME en quête d'aides européennes de ne pas se perdre dans la multiplicité des interlocuteurs. Carnet d'adresses.




Représentation régionale de la Commission européenne
Une entreprise basée en Paca qui souhaiterait obtenir des renseignements de base relatifs aux aides et financements européens peut tout d'abord se tourner vers la représentation régionale de la Commission européenne, basée à Marseille. La seule en France hormis la représentation nationale, à Paris. «Notre région a énormément de chance de disposer de cette courroie de transmission directe avec Bruxelles, estime Blandine Pellistrandi, responsable de la représentation. Il faut le voir comme un atout. Notre rôle est de défricher, de donner les premiers renseignements aux entreprises, et de les rediriger, le plus souvent vers le réseau Enterprise Europe Network».

Tél.: 04.91.91.46.00 www.ec.europa.eu/france/marseille

Enterprise Europe Network
Interlocuteur direct des entreprises, Med2Europe Paca, Languedoc-Roussillon et Corse, membre du réseau Enterprise Europe Network, représente la Commission européenne, et regroupe plusieurs entités: Méditerranée technologies, les CRCI Languedoc-Roussillon et Paca Corse, Oséo et Transferts LR. «Notre rôle consiste à renseigner les PME sur les réglementations européennes, à les accompagner sur les marchés européens, dans leur recherche de partenariats, mais aussi à les aiguiller dans leurs démarches de recherche de financements européens, explique Martine Liogier-Coudoux, chargée de mission Europe CRCI pour Enterprise Europe Network. Nous étudions chaque projet au cas par cas, et redirigeons les chefs d'entreprises vers les fonds et programmes européens susceptibles de convenir à la structure et aux objectifs de leurs PME. En revanche, nous ne rédigeons pas les dossiers. Ce sera au dirigeant, accompagné ou non d'un consultant spécialisé en projets européens, de le faire.»

www.med2europe.eu www.een-france.fr

Préfecture de région Paca
Autorité de gestion des fonds structurels européens tels que le Feder (lire page2), la préfecture de région Paca informe les porteurs de projets et assure l'instruction des dossiers pour le compte de l'Etat. «Les préfectures de chaque département jouent le rôle de guichet unique, afin de simplifier les démarches des entreprises, confirme Isabelle Martin-Prevel, chef de la mission Europe au Secrétariat général pour les affaires régionales de la préfecture Paca. Le préfet, qui est responsable de l'enveloppe globale, peut en déléguer une partie à certaines structures, comme la Région

».

Préfectures: Tél.: 04.91.15.64.13 (Bouches-du-Rhône), 04.94.18.84.18 (Var) et 04.93.72.29.97 (Alpes-Maritimes) www.europe-en-paca.eu Conseil régional: 04.91.57.50.57

Viticulture. Une mobilisation sans précédent pour défendre le rosé

Jean-Jacques Bréban, président du Comité interprofessionnel des vins de Provence (CIVP).

Depuis que l'Europe envisage de faire du vin rosé en mélangeant du blanc et du rouge, les viticulteurs de la région se mobilisent pour défendre des années de travail consacrées à améliorer l'image d'un vin désormais en vogue.


La bataille qui oppose l'Union européenne et les producteurs de vins rosés a fait grand bruit ces dernières semaines. En effet, depuis que les commissaires européens ont envisagé l'idée de lever l'interdiction de couper du vin blanc avec du vin rouge, les viticulteurs, les politiques, mais aussi de nombreux consommateurs sont montés au créneau pour essayer d'influencer la décision finale des Vingt-sept sur cette «nouvelle pratique oenologique», le 19juin. Faute d'inattention ou pas de la part des viticulteurs provençaux? Peut-être. En tous les cas, ils sont décidés à ne pas lâcher leur combat. «Cette proposition de levée d'interdiction de coupage a été pour nous très inattendue, elle est tombée comme un couperet. Mais depuis, nous avons su rassembler nos forces et multiplier les opérations de lobbying pour défendre notre rosé et les 6.000 emplois directs qui en dépendent en région Paca», explique Jean-Jacques Bréban, président du CIVP.

Ne pas céder au lobby du négoce international
Le ministre de l'agriculture, Michel Barnier, a depuis rejoint la cause des producteurs de rosé, mais le problème ne concerne pas que la France. «Il nous faut donc convaincre un maximum de pays. Certains se sont déjà rangés de notre côté, comme la Hongrie, l'Italie et quelques autres», confie Jean-Jacques Bréban. Car, au-delà du patrimoine culturel, l'enjeu est économique. D'ailleurs, si les commissaires européens ont envisagé de lever l'interdiction de coupage, c'est «parce qu'ils ont cédé au lobby du négoce international, qui veut écouler des stocks de vins blancs devenus invendables». Mais c'était sans compter sur l'impact que pourrait avoir une telle décision sur les régions, qui produisent du vin rosé à la mode traditionnelle. «La Paca consacre 85% de sa production au rosé. Une telle décision nous mettrait forcément en péril», ajoute Jean-Jacques Bréban. Et ce ne sont pas les étiquettes «vin rosé traditionnel» (solution proposée par Bruxelles) qui permettront au vrai rosé de se battre à armes égales contre des «vins coloriés». Jusqu'au 19juin, le combat continue. Au-delà de cette date, les viticulteurs réagiront en conséquence. Mais une chose est sûre, ils seront désormais plus attentifs à ce qui peut se passer au sein des instances européennes.

www.coupernestpasrose.com

UMIH. Dix-huit ans de lobbying pour obtenir une TVA à 5,5%

Les restaurateurs devront choisir 7 des 10 produits que présente ici Hubert Boivin pour baisser leur prix de 11%.

La baisse de la TVA a été obtenue en échange de contreparties.


Les restaurateurs crient victoire! Dès le premier juillet prochain, la TVA sera rabaissée à 5,5% pour l'ensemble de la profession. «C'est un combat qui remonte à 1991», rappelle Christine Pujol, présidente confédérale de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih). «En 1995, en 1999, en 2004, nous avons manifesté», se souvient la dirigeante.

Rencontres avec le président de la République
Défilés, présentation d'un livre blanc, élaboration d'un rapport sur les effets d'une baisse de la TVA sur l'emploi, recours devant le Conseil d'État... Durant 18 ans, les actions de lobbying n'ont pas manqué. Auprès des élus locaux tout d'abord: «En 1999, suite à notre mobilisation, plus de 75 questions ont été posées à l'Assemblée sur le sujet par des députés». Puis au niveau national. «Mon prédécesseur, André Daguin, a rencontré Jacques Chirac en 2001, puis 2002», raconte Christine Pujol. Des hommes d'États ont ensuite fait pression au niveau européen, pour obtenir le feu vert de Bruxelles. Un accord est enfin obtenu lors de l'Ecofin (Conseil de l'Union européenne rassemblant les ministres des finances des États membres) du 10mars dernier. La profession s'est en échange engagée à baisser ses prix, embaucher de la main-d'oeuvre, revaloriser ses salaires, et investir dans son outil de travail. «Même si sur le terrain, il n'y aura que peu de contrôles», reconnaît Hubert Boivin, président de l'Union patronale des cafetiers restaurateurs Nice-Côte d'Azur. «Mais il faudra jouer le jeu! Nous allons faire un travail pédagogique important auprès des professionnels pour leur expliquer comment gérer cette baisse de TVA».

Certains anticipent déjà
Sur le littoral azuréen, certains ont déjà pris de l'avance: «J'ai décidé de baisser nos prix», annonce le P-dg de la plage et de l'hôtel niçois Beau Rivage, Antoine Attia. «Redistribuer les gains de cette TVA à 5,5% nous fera par ricochet augmenter notre chiffre d'affaires!» Décision a été prise également de «revaloriser les salaires et d'investir 150.000 € en travaux pour améliorer le service, l'hygiène, la décoration et anticiper les futures mises aux normes. Nous allons égalementpouvoir faire un service continu, de midi à 22h30!»

www.umih.fr